Cécile Vandresse - Art Info
Cécile Vandresse

Cécile Vandresse

1950 - 2015
Dessin Peinture Professeur d'art plastique

1973Etudes artistiques à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. 1975Prix Marie et Prix Jamar à l’Académie des Beaux-Arts.1978(../..-../..) Liège. Cercle des Beaux-Arts. Vandresse Cécile. 1ère exposition personnelle.1981(22/05-10/06) Liège...

Nationalite : Belgique

Communaute : Communauté française

Lieu de naissance : Mellet

Disciplines et techniques

Dessin, Peinture, Acrylique, Craie, Crayons de couleurs, Détrempe, Encre, Encre de Chine, Fusain, Gouache, Huile, Lavis, Mine de plomb, Technique mixte (Dessin), Techniques mixtes

Ecoles et roles

Ecole belge, Ecole liégeoise, Ecole wallonne, Professeur d'art plastique

Mouvements et themes

Figuration, Arbres, Fleurs, Montagnes, Paysage, Végétaux

Artistes lies

Aucune relation pedagogique documentee.

Resume

1973
Etudes artistiques à l’Académie des Beaux-Arts de Liège.
 

1975
Prix Marie et Prix Jamar à l’Académie des Beaux-Arts.

1978
(../..-../..) Liège. Cercle des Beaux-Arts. Vandresse Cécile. 1ère exposition personnelle.

1981
(22/05-10/06) Liège, Galerie l’A. Angeli Marc, Vandresse Cécile.
 

1982
(29/04-30/05) Liège, Musée de l’Art Wallon. 2ème quadriennale des jeunes artistes liégeois (2e).
(25/11-14/12) Seraing, Centre Culturel. [Sans titre]
(17/12/1982-05/01/1983). Liège, Galerie l’A. La Marelle.

1983
(30/04-21/05) Namur, Maison de la CultureJeunes artistes liégeois
(03/10-29/10) Bruxelles, Centre d’Art Contemporain. Parcours. 
 

1984
(…….) Paris/FR. Galerie Haut / Bas. Vandresse Cécile.
(10/02-  /  ) Liège, Cirque Divers. L'Art flamand à Liège.
(14/04-22/04) Liège, aux "Caves de Bourgogne", 33 rue Hors Château. Mythologies individuelles.
(29/04-27/05) Liège, Ancien Cirque d’Hiver. Treize interventions dans le lieu.

 

DEVIENT PROFESSEUR DE DESSIN ET DE PEINTURE À L’ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE VERVIERS.

 

(06/09-06/10) Chaudfontaine, divers lieux. Art Actuel 1.
 

1985
(              )  Gand, Galerie At Work. Angeli Marc. Vandresse Cécile.
(12/01-26/01). Liège, Galerie l’A, Signatures
(01/06-01/09) Mariemont, Musée et Parc. Articulture.
(06/09-06/10) Liège, Musée d’Art Moderne. Art Actuel II.

1986
(21/02-6/03). Liège, Musée d'Art Moderne. Galerie L'A, Rétrospective / janvier 1979-janvier 1986 / 50 expositions.
(19/03-30/03). Liège, Galerie l’A. Vandresse Cécile.
(10/06-28/06). Liège, Eglise St-André. Prix de la Fondation Horlait-Dapsens. Fondation 82-85.
(26/04-24/05) Namur, Maison de la Culture. 50 dessins / 50 artistes.

 

1987
(15/03-29/03) Tournai, Maison de la Culture. Autour de Michel Butor.
(25/04-23/05) Namur, Maison de la Culture. Abstractions '87.
(17/09-15 /11). (Liège, Ancienne linière). Lieu.
 

1988
(19/02-12/03). Bruxelles, Atelier Sainte Anne. Ouvrons les ateliers '88.

1990

(17/06-07/09) Flémalle, La Châtaigneraie / CWAC. Dix années d’acquisition de la Communauté française de Belgique (1979-88) - Artistes Liégeois.

1990-2014 PROFESSEUR À L’ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE LIÈGE – ESAVL. ENSEIGNE LE DESSIN.

1991
(03/03-15/03) Verviers, Galerie du Cercle des Beaux-ArtsArt abstrait contemporain (collections de la Communauté française).
(15/07-15/09) Taipei / Taïwan, Taipei Fine Arts Museum. Signes de Belgique.

1992
(  / -  /  ) Liège, Académie des Beaux-Arts. Hommage à Monet.
(  /  - /  ) Liège, Galerie Cyan. Vandresse Cécile.

1993
(23/10-21/11) Flémalle, La Châtaigneraie / CWAC. Œuvres acquises par la Communauté française (1989-1992), Artistes liégeois.
(20/11-23/12) Bruxelles, Galerie Gilles Stiernet : Cécile Vandresse Cécile.

1994
(  / -  /  ) Alost, Galerie Devos. Vandresse Cécile.
(31/12.-22/01/1995). Marchin, Centre Culturel. Jardins.

1995
(18/05-02/07) Liège, Galerie Cyan. [Sans titre]

1996
(09/03-14/04). Namur, Maison de la Culture. Des formes de la nature.
(30/06-06/07) Libramont, Académie Internationale d’Été, Atelier « Notation… », animé par Cécile Vandresse et Michel Barzin.
(26/09-10/11) Marchin, Centre Culturel. Un mieux, un rêve, un cheval. Dessins – Peintures – Photographies. 

1997
(06-12/07) Libramont, Académie Internationale d’Été. Atelier « Des arts plastiques à la musique (Notations…) » animé par Michel Barzin et Cécile Vandresse.

1998
(16/05-31/05) Namur Arsenal. Femmes et art en Wallonie.
(05-11/07) Libramont, Académie Internationale d’Été, Atelier « Des arts plastiques à la musique (Notations…) » animé par Michel Barzin et Cécile Vandresse.
(20/11-10/01/1999) (Mamac et divers lieux). L’arbre qui cache la forêt.

1999
(04-10/07) Libramont, Académie royale internationale d’été, Atelier « Autour du paysage », animé par Cécile Vandresse
 

2000
(02-08/07) Libramont, Académie Internationale d’Été (AKDT). Atelier « Autour du Paysage », animé par Cécile Vandresse.

 

2001
(01/07-07/07) Libramont, Académie Internationale d’Été (AKDT). Atelier « Autour du Paysage » animé par Cécile Vandresse.
 

2003
(30/06-06/07) Libramont , AKDT. Atelier « Autour du Paysage », animé par Cécile Vandresse.
(12/07-31/07) Redu, Galerie Marine. Arborescence
(18/10-28/10) Bruxelles, Galerie Les Contemporains. Noces d'Or de la Galerie, 30 ans de la revue +-0. Aventure artistique de la famille Rona.

2004
(01-04/07) Libramont, AKDT. Atelier « Etude des formes de la nature », animé par Cécile Vandresse et André Delalleau.

2005
(20/03-17/04). Jamoigne, Grange du Faing / Annexe. Présentation des œuvres de l'Artothèque.
(12-28 /10) Liège, Les Chiroux. Y a pas d’lézarts. Le grand Ecart solidaire.

2008
(25/04-27/04) Liège. Académie royale des Beaux-Arts. ESAL. Lizène Jacques.
(24/05-29/06) Marchin, Centre Culturel. Fleurs. Photographies, dessins, peintures
(08/06-05/07) Verviers, Galerie Arte Coppo. Vandresse Cécile.

2009
(  / -24/04) Amay, Maison de la poésie. Terre commune.

2010
(07/09-30/10) Jambes, Galerie Détour. Vandresse Cécile. Je verrais bien. Peintures et dessins.
 

2012
(18/03-08/04) Marchin, Centre Culturel. Montagne.
(07/09-14/10) Nismes Centre culturel régional. Biennale Internationale « Petit Format de Papier (16e

 

2013
(17/01-02/03) Liège, divers lieux. Jacqmin François. L’œuvre du regard.
(octobre -décembre) Hannut, La maison de la Laïcité, Les Cimaises du 112. Artistes Régionaux. 
(15/11-31/01/14) Liège, Placard à Balais.Vandresse Cécile. Etonnée. Dessins

2014
(13/11-20/12) Liège, Société Libre de l’Emulation. Vandresse Cécile. Ouvrez les yeux, fermez les yeux. Dernière exposition personnelle.
(19/10-16/11) Marchin, Centre Culturel. Dites-moi, m’sieur, faites que je sois un oiseau.
(21/11-19/12) Amay, Maison de la poésie. L’Arbre a dit. 

2015
(12/05) Décès de l’artiste

 

2017
(15/10-12/11) Marchin, Centre Culturel. J’avais 15 ans.
(10/11-15/12) Flémalle, Centre Wallon d’art contemporain. Carte blanche à Françoise Safin.

2018
(07/09-09/09) Liège, Boverie. Manifestation Hors Piste.

2019
(03/05-18/08) Liège, Musée Boverie. Vandresse Cécile. Les pierres du sentier. Dessins et peintures.
(05/05-09/06) Marchin, Centre Culturel. Vandresse Cécile. Dessins, peintures 
15/11-19/01/20) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain / CWAC-La Châtaigneraie. Un panorama des arts plastiques en pays de Liège entre 1980 et 2000. Le temps des commissaires

2020
(28/08-06/09) Liège, Boverie. En piste ! Galeries et Centres d'art s'exposent au musée (avec la Galerie de l’Emulation).

 

 

Biographie

1973
Etudes artistiques à l’Académie des Beaux-Arts de Liège.
 

1975
Prix Marie et Prix Jamar à l’Académie des Beaux-Arts.

1978
(../..-../..) Liège. Cercle des Beaux-Arts. Vandresse Cécile. 1ère exposition personnelle.

1981
(22/05-10/06) Liège, Galerie l’A. Angeli Marc, Vandresse Cécile.
 

1982
(29/04-30/05) Liège, Musée de l’Art Wallon. 2ème quadriennale des jeunes artistes liégeois (2e).
(25/11-14/12) Seraing, Centre Culturel. [Sans titre]
(17/12/1982-05/01/1983). Liège, Galerie l’A. La Marelle.

1983
(30/04-21/05) Namur, Maison de la CultureJeunes artistes liégeois
(03/10-29/10) Bruxelles, Centre d’Art Contemporain. Parcours. 
 

1984
(…….) Paris/FR. Galerie Haut / Bas. Vandresse Cécile.
(10/02-  /  ) Liège, Cirque Divers. L'Art flamand à Liège.
(14/04-22/04) Liège, aux "Caves de Bourgogne", 33 rue Hors Château. Mythologies individuelles.
(29/04-27/05) Liège, Ancien Cirque d’Hiver. Treize interventions dans le lieu.

 

DEVIENT PROFESSEUR DE DESSIN ET DE PEINTURE À L’ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE VERVIERS.

 

(06/09-06/10) Chaudfontaine, divers lieux. Art Actuel 1.
 

1985
(              )  Gand, Galerie At Work. Angeli Marc. Vandresse Cécile.
(12/01-26/01). Liège, Galerie l’A, Signatures
(01/06-01/09) Mariemont, Musée et Parc. Articulture.
(06/09-06/10) Liège, Musée d’Art Moderne. Art Actuel II.

1986
(21/02-6/03). Liège, Musée d'Art Moderne. Galerie L'A, Rétrospective / janvier 1979-janvier 1986 / 50 expositions.
(19/03-30/03). Liège, Galerie l’A. Vandresse Cécile.
(10/06-28/06). Liège, Eglise St-André. Prix de la Fondation Horlait-Dapsens. Fondation 82-85.
(26/04-24/05) Namur, Maison de la Culture. 50 dessins / 50 artistes.

 

1987
(15/03-29/03) Tournai, Maison de la Culture. Autour de Michel Butor.
(25/04-23/05) Namur, Maison de la Culture. Abstractions '87.
(17/09-15 /11). (Liège, Ancienne linière). Lieu.
 

1988
(19/02-12/03). Bruxelles, Atelier Sainte Anne. Ouvrons les ateliers '88.

1990

(17/06-07/09) Flémalle, La Châtaigneraie / CWAC. Dix années d’acquisition de la Communauté française de Belgique (1979-88) - Artistes Liégeois.

1990-2014 PROFESSEUR À L’ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS DE LIÈGE – ESAVL. ENSEIGNE LE DESSIN.

1991
(03/03-15/03) Verviers, Galerie du Cercle des Beaux-ArtsArt abstrait contemporain (collections de la Communauté française).
(15/07-15/09) Taipei / Taïwan, Taipei Fine Arts Museum. Signes de Belgique.

1992
(  / -  /  ) Liège, Académie des Beaux-Arts. Hommage à Monet.
(  /  - /  ) Liège, Galerie Cyan. Vandresse Cécile.

1993
(23/10-21/11) Flémalle, La Châtaigneraie / CWAC. Œuvres acquises par la Communauté française (1989-1992), Artistes liégeois.
(20/11-23/12) Bruxelles, Galerie Gilles Stiernet : Cécile Vandresse Cécile.

1994
(  / -  /  ) Alost, Galerie Devos. Vandresse Cécile.
(31/12.-22/01/1995). Marchin, Centre Culturel. Jardins.

1995
(18/05-02/07) Liège, Galerie Cyan. [Sans titre]

1996
(09/03-14/04). Namur, Maison de la Culture. Des formes de la nature.
(30/06-06/07) Libramont, Académie Internationale d’Été, Atelier « Notation… », animé par Cécile Vandresse et Michel Barzin.
(26/09-10/11) Marchin, Centre Culturel. Un mieux, un rêve, un cheval. Dessins – Peintures – Photographies. 

1997
(06-12/07) Libramont, Académie Internationale d’Été. Atelier « Des arts plastiques à la musique (Notations…) » animé par Michel Barzin et Cécile Vandresse.

1998
(16/05-31/05) Namur Arsenal. Femmes et art en Wallonie.
(05-11/07) Libramont, Académie Internationale d’Été, Atelier « Des arts plastiques à la musique (Notations…) » animé par Michel Barzin et Cécile Vandresse.
(20/11-10/01/1999) (Mamac et divers lieux). L’arbre qui cache la forêt.

1999
(04-10/07) Libramont, Académie royale internationale d’été, Atelier « Autour du paysage », animé par Cécile Vandresse
 

2000
(02-08/07) Libramont, Académie Internationale d’Été (AKDT). Atelier « Autour du Paysage », animé par Cécile Vandresse.

 

2001
(01/07-07/07) Libramont, Académie Internationale d’Été (AKDT). Atelier « Autour du Paysage » animé par Cécile Vandresse.
 

2003
(30/06-06/07) Libramont , AKDT. Atelier « Autour du Paysage », animé par Cécile Vandresse.
(12/07-31/07) Redu, Galerie Marine. Arborescence
(18/10-28/10) Bruxelles, Galerie Les Contemporains. Noces d'Or de la Galerie, 30 ans de la revue +-0. Aventure artistique de la famille Rona.

2004
(01-04/07) Libramont, AKDT. Atelier « Etude des formes de la nature », animé par Cécile Vandresse et André Delalleau.

2005
(20/03-17/04). Jamoigne, Grange du Faing / Annexe. Présentation des œuvres de l'Artothèque.
(12-28 /10) Liège, Les Chiroux. Y a pas d’lézarts. Le grand Ecart solidaire.

2008
(25/04-27/04) Liège. Académie royale des Beaux-Arts. ESAL. Lizène Jacques.
(24/05-29/06) Marchin, Centre Culturel. Fleurs. Photographies, dessins, peintures
(08/06-05/07) Verviers, Galerie Arte Coppo. Vandresse Cécile.

2009
(  / -24/04) Amay, Maison de la poésie. Terre commune.

2010
(07/09-30/10) Jambes, Galerie Détour. Vandresse Cécile. Je verrais bien. Peintures et dessins.
 

2012
(18/03-08/04) Marchin, Centre Culturel. Montagne.
(07/09-14/10) Nismes Centre culturel régional. Biennale Internationale « Petit Format de Papier (16e

 

2013
(17/01-02/03) Liège, divers lieux. Jacqmin François. L’œuvre du regard.
(octobre -décembre) Hannut, La maison de la Laïcité, Les Cimaises du 112. Artistes Régionaux. 
(15/11-31/01/14) Liège, Placard à Balais.Vandresse Cécile. Etonnée. Dessins

2014
(13/11-20/12) Liège, Société Libre de l’Emulation. Vandresse Cécile. Ouvrez les yeux, fermez les yeux. Dernière exposition personnelle.
(19/10-16/11) Marchin, Centre Culturel. Dites-moi, m’sieur, faites que je sois un oiseau.
(21/11-19/12) Amay, Maison de la poésie. L’Arbre a dit. 

2015
(12/05) Décès de l’artiste

 

2017
(15/10-12/11) Marchin, Centre Culturel. J’avais 15 ans.
(10/11-15/12) Flémalle, Centre Wallon d’art contemporain. Carte blanche à Françoise Safin.

2018
(07/09-09/09) Liège, Boverie. Manifestation Hors Piste.

2019
(03/05-18/08) Liège, Musée Boverie. Vandresse Cécile. Les pierres du sentier. Dessins et peintures.
(05/05-09/06) Marchin, Centre Culturel. Vandresse Cécile. Dessins, peintures 
15/11-19/01/20) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain / CWAC-La Châtaigneraie. Un panorama des arts plastiques en pays de Liège entre 1980 et 2000. Le temps des commissaires

2020
(28/08-06/09) Liège, Boverie. En piste ! Galeries et Centres d'art s'exposent au musée (avec la Galerie de l’Emulation).

 

 

  • Nationalite : Belgique
  • Communaute : Communauté française
  • Lieu de naissance : Mellet
  • Lieu de deces : Rèves
  • Geographies associees : Liège, Liège (Province)

Catalographie

Aucune catalographie n est actuellement renseignee dans la base.

Bibliographie

Aucune bibliographie reliee n est actuellement disponible.

Oeuvres documentees

  • Souvenirs de guerre ( à l'hôpital) - 2014 - Papier - 2019 (03/05-18/08) Liège, Musée Boverie. Cécile Vandresse. Les pierres du sentier. Dessins et peintures.
  • Souvenirs de guerre (à l'hôpital) b - 2014 - Papier - 2019 (03/05-18/08) Liège, Musée Boverie. Cécile Vandresse. Les pierres du sentier. Dessins et peintures.
  • Souvenirs de guerre (à l'hôpital) c - 2014 - Papier - 2019 (03/05-18/08) Liège, Musée Boverie. Cécile Vandresse. Les pierres du sentier. Dessins et peintures.
  • Souvenirs de guerre (à l'hôpital) d - 2014 - Papier - 2019 (03/05-18/08) Liège, Musée Boverie. Cécile Vandresse. Les pierres du sentier. Dessins et peintures.
  • Souvenir de guerre (à l'hôpital) e - 2014 - Papier - 2019 (03/05-18/08) Liège, Musée Boverie. Cécile Vandresse. Les pierres du sentier. Dessins et peintures.
  • Ouvrez les yeux Fermez les yeux - 2014 - Papier - 2014 (13/11-20/12) Liège, Société Libre de l’Emulation. Cécile Vandresse. Ouvrez les yeux, fermez les yeux. Dernière exposition personn...
  • Ouvrez Les yeux Fermez les yeux a - 2014 - Papier - 2014 (13/11-20/12) Liège, Société Libre de l’Emulation. Cécile Vandresse. Ouvrez les yeux, fermez les yeux. Dernière exposition personn...
  • Ouvrez les yeux Fermez les yeux b - 2014 - Papier - 2014 (13/11-20/12) Liège, Société Libre de l’Emulation. Cécile Vandresse. Ouvrez les yeux, fermez les yeux. Dernière exposition personn...
  • Ouvrez les yeux Fermez les yeux c - 2014 - Papier - 2014 (13/11-20/12) Liège, Société Libre de l’Emulation. Cécile Vandresse. Ouvrez les yeux, fermez les yeux. Dernière exposition personn...
  • Ouvrez les yeux Fermez les yeux d - 2014 - Papier - 2014 (13/11-20/12) Liège, Société Libre de l’Emulation. Cécile Vandresse. Ouvrez les yeux, fermez les yeux. Dernière exposition personn...
  • Ouvrez les yeux Fermez les yeux e - 2014 - Papier - 2014 (13/11-20/12) Liège, Société Libre de l’Emulation. Cécile Vandresse. Ouvrez les yeux, fermez les yeux. Dernière exposition personn...
  • Fleurs - 04/08/2013 - Papier - 2019 (03/05-18/08) Liège, Musée Boverie. Cécile Vandresse. Les pierres du sentier. Dessins et peintures.

Acquisitions

Aucune information d acquisition n est renseignee.

Manifeste

Aucun manifeste n est renseigne pour cet artiste.

Interview

« Ce qui est important, c’est que le souffle qui anime la plante ou la montagne passe dans le dessin. » (Cécile Vandresse).

Je travaille toujours à partir de ce que je vois. A partir des émotions que suscite en moi ce que je vois. Je fais les choses en suivant mon intuition. C’est dans l’instant que tout se décide : le choix de l’outil ou du support, mais aussi celui du sujet. Pourquoi tel arbre ou telle colline, pourquoi telle fleur plutôt qu’une autre, je n’en sais rien. Ce qui est important, c’est que le souffle qui anime la plante ou la montagne passe dans le dessin. Il faut à chaque fois recommencer et essayer d’être dans les choses comme si c’était la première fois.

 

 

- Cécile Vandresse. Entretien avec Eddy Devolder, in +-0 n°55, février 1990, p.24

Eddy Devolder : Le sauvetage pour commencer. Le geste. Le geste de sauvetage, de secours, de survie. Ce geste élémentaire, ce geste simple... Mais aussi les papiers sur lesquels vous travaillez, papiers de récupération. Comme si vous essayiez, là aussi, de recycler. Cette notion de cycle d'ailleurs, on la retrouve souvent. D'où ces premières questions : comment travaillez-vous, comment un dessin arrive-t-il à être ce qu'il est, quelle est la gestation ou geste en somme (promenade, croquis, errance...)?

Le support, le choisissez-vous aussi méticuleusement en fonction du travail que vous désirez réaliser ou possédez-vous un stock de papiers de récupération ?

 

Cécile Vandresse : Les dessins naissent le plus souvent dans l'instant, ils sont rarement prémédités. Ils sont le résultat d'un dialogue privilégié avec les choses telles qu'elles s'imposent à moi : morceau de paysage, fragments de végétaux, branches, feuilles, graines, parfois une montagne ou un personnage. La plupart du temps, il s'agit de choses quasi-insignifiantes sur lesquelles on marche et que je ramasse, recueille pour l'émotion qu'elles suscitent en moi. Ce sont des éléments qui m'aident à vivre, ce sont des signes. Les dessins sont des tentatives de tracer ces signes, ils sont le lieu de mon rapport au monde, à la terre, à la vie.

Les moyens que j'utilise sont volontairement réduits : encre, fusain, papier (parfois préparé à la détrempe), c'est tout. Je pense qu'avec peu de choses, on peut dire beaucoup.

Je ne recherche pas les vieux papiers par nostalgie ou par soucis esthétique, je les prends comme je les trouve, parce qu'ils font partie de ma vie de tous les jours et qu’ils ont déjà un vécu. Ils portent en eux la trace du temps.

 

ED: Pour vous, le dessin en soi est-il un mode d'expression qui vous suffit ou est-ce une manière de contenir la pulsion de peindre?

 

CV: Je ne sais pas si mon travail peut être défini comme étant exclusivement du dessin. Pour moi, l'utilisation d'une substance liquide comme l'encre de Chine appartient, aussi bien au monde de la peinture.

J'aurais d'ailleurs bien du mal à définir clairement les frontières entre dessin et peinture.

 

Si, depuis quelques temps, j’ai laissé de côté le problème de la couleur, c'est par besoin de simplifier les choses, d'aller davantage vers la structure, de concentrer mon énergie sur l'essentiel, d'être aussi, dans mon geste, plus proche de ce que je ressens.

 

ED: Puisque votre travail tourne autour de l'essentiel, pourrait-on dire que le dessin est une alchimie par laquelle vous essayez d'aller à l'essentiel?

 

CV: Oui, à travers ce que je fais, J’essaie de sentir ce qui est important, le noyau de l'utile, ce qui contient l'énergie.

Même les choses très fragiles peuvent avoir une force énorme ; un minuscule bourgeon d'aubépine, presque invisible au début du printemps contient un potentiel de transformation étonnant.

 

ED: Dans votre travail, vous sentez-vous liée à un lieu précis (pays, région ou autre)?

 

CV: Je crois que chaque fragment, chaque élément que je choisis et avec lequel j'établis une communication est un lieu, un univers en soi.

De même, chaque dessin devient lieu aussi : espace où j'agis et auquel je donne un sens.

Je ne me sens pas liée à un lieu précis, je pense que le contact avec la nature doit être possible à peu près partout.

Tout dépend de la capacité de s'isoler et de rentrer en soi-même.

 

 

 

Entretien avec Sylvie Canonne in petit fascicule Cécile Vandresse du Centre culturel de Marchin, décembre 2004.
 

Sylvie Canonne : Cécile, que sont devenus ces quatre grands dessins en noir et blanc que j’ai vus dans ton atelier cet été ? 

Cécile Vandresse : Je les ai rangés. Je n’ai pas poursuivi la série. Ils sont restés quatre. Ensemble ils formaient une sorte d’unité. J’avais d’abord recoupé d’autres papiers, pensant prolonger l’ensemble, et puis le travail est allé dans une autre direction. 

Sylvie : J’ai le sentiment que ce travail marque une nouvelle phase, ou un écart par rapport à ton travail habituel. Je me trompe ? 

Cécile: J’ai fait ces dessins dans un moment de deuil, un moment difficile et lourd, je les ai faits dans une sorte d’élan, de pulsion de vie, pour contrer la mort. J’avais besoin d’éprouver la vie, la liberté

Sylvie : Ces dessins m’ont frappée par leur force, leur verticalité, la tension, l’affirmation d’un élan vital que je ne crois pas avoir perçues à ce point dans d’autres de tes dessins. 

Cécile: J’avais fait une série de dessins préparatoires de petit format : des tiges de narcisses. Je les ai ensuite repris sur de grands papiers. Et j’y suis allée d’un geste, sans repentir. Je n’ai pas contrôlé mon trait, je ne me suis pas posé la question de sa justesse, de sa beauté. C’est venu, dans l’instant. J’ai accepté ce qui venait. Ça m’a fait du bien. 

Sylvie ; Tu te poses cette question habituellement : mon trait est-il beau ? 

Cécile : Oui. Habituellement, dessiner est plus ardu. Je suis souvent insatisfaite. J’efface mon dessin, j’en refais un nouveau par-dessus, un autre à côté. Je décline des séries. Je déchire. Je recommence. 

Sylvie : Que cherches-tu ? 

Cécile : Quel grand mystère ! Je cherche quelque chose d’inaccessible, sans doute. En fait, ce que je cherche, je le trouve dans le fait de chercher, c’est le cheminement qui m’importe, chercher. Aller vers. Etre dans l’insatisfaction et m’approcher de quelque chose... y toucher parfois, puis m’en éloigner. Puis refaire le chemin. Le dessin est pour moi un moyen de connaissance de soi. Une façon d’interroger mon rapport au monde, de renouer avec quelque chose. 

Sylvie : Quelle serait cette chose avec laquelle il est besoin de renouer ? 

Cécile : Je crois que c’est impossible à exprimer, impossible à dessiner aussi. C’est irreprésentable. C’est ce qui me restitue, me situe. C’est mon lien avec la vie, avec la mort. Un point de contact avec le monde. 

Sylvie : Comment sens-tu que dans un dessin tu touches à ça ? 

Cécile : Je crois que c’est quand, retrouvant un dessin après un certain temps, il continue à m’étonner, quand il me pose question ou m’apprend quelque chose de nouveau. 

Sylvie : Est-ce un chemin linéaire au fil duquel tu comprends et prends avec toi de nouvelles choses, ou plutôt une spirale sur laquelle tu reviens sans cesse sur les mêmes questions que tu explores nouvellement ? 

Cécile : Le chemin n’est certainement pas une ligne droite. Matisse parlant de sa recherche évoquait un homme qui cherche à tâtons dans l’obscurité. Je reviens sur des anciens dessins, des anciennes questions. Je sais que je suis déjà passée par là, mais d’une autre manière. C’est un chemin très tortueux. C’est pour ça que je dessine souvent des branches. Elles sont une métaphore de ce chemin tortureux. 

Sylvie : Tortureux ou tortueux ? 

Nous éclatons de rire. 

Cécile : Tortureux, ...tortueux. J’accepte le lapsus. C’est dire que c’est difficile. La route n’est pas tracée d’avance, d’un trait. Il y a des moments de désespoir. Le mot peut paraître fort, mais il y a des périodes où je ne travaille pas, pendant des mois. Puis, tout à coup, plein de choses s’amènent, plein d’envies surviennent. Des moments où je rate beaucoup de choses, où c’est à la fois tortueux et tortureux. Ce n’est pas serein. Et si parfois une petite sérénité s’installe, elle est sans cesse à reconstruire. Quelque chose est à renouer à chaque fois que je remonte à l’atelier. Comme si un lien risquait de s’effilocher, qu’il faut préserver, comme si la poussière menaçait de recouvrir ce qui avait été amené à la lumière. 

Sylvie : Que fais-tu dans les moments où rien ne vient ? 

Cécile : Je vais dans mon jardin. J’ai besoin de retrouver le contact avec le réel, avec la nature. De toucher le sol avec mes mains. Je regarde les arbres, les fleurs, le paysage sans arrière-pensées. Je suis là, tout simplement, prête à accueillir l’étonnement. Sans à tout prix vouloir faire. Parce que ça c’est l’enfer ! 

Sylvie : Avec la confiance que le désir reviendra... 

Cécile : Oui. Je n’ai plus trop peur de ces temps "creux". Avec le temps, j’ai senti le processus. Donc je m’attends à ces moments de léthargie. J’accepte mieux que ce soit ainsi. On n’est pas toujours dans l’intense. 

Sylvie : C’est toujours la nature qui te ramène cet étonnement, le désir de faire ? 

Cécile : Oui. Enfant, j’allais observer mon père quand il faisait son jardin. Toute petite je restais longtemps à regarder les fleurs, les papillons. Le jardin est présent dans mes plus anciens souvenirs. 

Sylvie : La nature te fascine ? 

Cécile : Oui, il y a dans cette nature une telle altérité, quelque chose de tellement mystérieux qui m’appelle. J’ai besoin de comprendre, de chercher très profond dedans. Comme s’il y avait en elle un mystère à percer. 

Sylvie : Tu parlais d’un point de contact, tout à l’heure. Est-ce comme si la nature - son étrangeté, ses cycles - faisait écho à des émotions, des sentiments en nous ? 

Cécile : Oui. C’est ainsi que je perçois les choses. Je ne le vois pas d’emblée quand je travaille, mais quand un dessin retient mon attention c’est qu’un lien s’est établi entre l’objet dessiné et quelque chose en moi. Mais je ne sais pas comment définir cette chose. C’est un état de moi. Il faut parfois beaucoup de temps pour que je comprenne le sens d’un dessin. 

Sylvie : Ça touche plutôt à des sentiments, à des sensations ? 

Cécile : Je crois que c’est de l’ordre de la sensation. Le sentiment, c’est plus proche de l’idée. 

Sylvie : Le sentiment, c’est ce qui est vécu profondément, non ? Une sensation est plus épidermique, plus charnelle …

Cécile : Oui mais il y a aussi la présence du dessin qui elle est bien réelle... Il y a des deux, sans doute. 

Sylvie : Tes dessins ont souvent quelque chose de très architecturé. Ils sont construits... 

Cécile : Oui, j’ai besoin d’interroger le visible, de décrypter ses multiples formes. De comprendre comment s’organise une forme, quels en sont les tensions, les équilibres, les déséquilibres. Dernièrement, j’étais un peu "désœuvrée" et j’ai trouvé dans l’atelier une rose en train de se faner. J’ai été surprise par l’architecture de cette fleur. J’y voyais presque des montagnes, des pics, des vallées, des axes. J’ai d’abord travaillé en petit, puis j’ai fait de grands dessins de la fleur, forme à la fois fermée sur elle-même autour d’un axe, et ouverte, avec des sommets, des pointes partant dans toutes les directions. J’y retrouvais une structure déjà rencontrée dans des montagnes. J’ai remarqué souvent des similitudes de formes entre différents éléments de la nature. Certaines vallées ressemblent à des fleurs, forment des creux qui se prolongent vers le bas comme vers une tige. Quand on va au plus près des choses, on voit que leurs formes sont universelles. C’est pareil pour ces dessins de branches s’entrecroisant. Elles m’évoquent nos chemins intérieurs, qui se croisent, se recoupent, se superposent. 

Sylvie : Comme si nous projetions notre réalité intérieure sur les multiples aspects du réel... 

Cécile : Oui, on peut y lire des métaphores de nos traversées intérieures. 

Sylvie : On a parlé aujourd’hui du côté tortureux que pouvait avoir - ton travail. L’autre jour, tu disais avant tout le grand plaisir que tu avais à dessiner... 

Cécile : Je ne suis pas toujours la même... Nous avons plein de facettes. Mais c’est vrai, quand je dessine, importe surtout le plaisir. Ça se complique quand le regard critique intervient

Sylvie : Ce regard-là n’est pas présent quand tu dessines ? Tu en es dégagée ? 

Cécile : Oui. Dans le moment, je suis dans le plaisir et je parviens à me préserver de ce regard jugeant. Je fais, je cherche à travers une série de dessins. Le questionnement vient après, quand j’essaie de me situer par rapport à mon travail. 

Sylvie : C’est aussi dans ces moments que naît le besoin de mettre les dessins en relation les uns avec les autres, de trouver entre eux des liens, une unité dans leur apparente disparité ? 

Cécile : Oui. Je les étale. Je regarde. Alors des parentés s’imposent, des rapports de forme, de sens. Ils se répondent, mettent en lumière des choses l’un par rapport à l’autre. Vient une façon nouvelle de lire le travail, de le comprendre, aussi. Et de définir une façon de le montrer, de l’exposer. 

Sylvie : D’ouvrir sans doute aussi le regard de qui le verra... Ton travail se décline en gris, en noir et blanc, tu n’as jamais été appelée par la couleur ? 

Cécile : On m’a souvent posé cette question. La couleur pour moi c’est un autre monde. Autre chose. Pour le moment je n’en ai pas besoin. J’y viendrai peut-être un jour mais il me semble y avoir déjà tant à explorer dans le trait, la forme. Je n’en ai pas fini avec ça. 

Je ne ressens pas le besoin de la couleur. Peut-être parce que mon travail est de l’ordre de l’écriture. Quand on cherche à comprendre une structure, à se représenter une chose, l’évidence c’est de prendre un crayon et une feuille de papier. Mettre de la couleur, c’est entrer dans un parcours lent, il me semble. Je suis dans l’immédiateté, dans quelque chose qui doit aller vite. Comme si je devais rapidement prendre note d’une chose, pour l’appréhender. Comme s’il y avait urgence. 

Sylvie : Dans la peinture on est souvent relié à son travail pour un plus long temps. La durée entre en jeu. Il faut installer un lien dans le temps et une distance dans l’espace avec le travail en cours. Attendre. Y revenir. Ça t’inquiéterait d’être dans un même travail longtemps ? D’avoir à l’abandonner "inachevé" ? 

Cécile : Peut-être est-ce une fuite... 

Sylvie : Garder le lien... 

Cécile : J’ai l’impression que c’est une démarche qui n’est pas la mienne. Je viens tous les jours dans l’atelier et j’ai besoin d’y laisser à chaque fois une petite trace. Mais ça doit être quelque chose qui touche à l’instant, à la brièveté. Un travail de longue durée, dans lequel il y aurait une réflexion, une élaboration quant à la couleur, etc. n’appartiendrait plus à cette capture de l’instant. Ce serait une toute autre démarche qui pour le moment ne m’intéresse pas. Je vais d’ailleurs dire quelque chose d’énorme, je ne crois pas que la peinture m’intéresse. 

Sylvie : C’est scandaleux ! 

Nous rions. 

Cécile : Je n’appartiens pas à ce monde-là, des peintres, qui mettent des jours et des jours à l’aboutissement d’une oeuvre. C’est comme si ce n’était pas mon métier. 

Sylvie : Ça parle de ta relation au temps, au-delà de ta façon de créer. Être dans la fragmentation des instants. Toujours répétés. Coupés. Autres. 

Cécile : Je n’ai pas cette patience, cette obstination, cette fidélité par rapport à un projet de longue haleine. Je suis toujours impatiente. J’ai toujours besoin d’un projet nouveau, d’un moteur nouveau. C’est comme ça que je fonctionne. Je ne parviens pas à entre- prendre de grandes séries, à m’y tenir pendant un long temps ! Je voudrais parfois, à partir d’une simple chose, élaborer tout un travail. J’ai besoin de ce moment de surprise souvent renouvelé qui déclenche l’envie de faire. 

Sylvie : Pourtant, dans ces grands travaux, les feuilles de narcisses dont nous parlions tout à l’heure, il me semble que quelque chose allait au-delà de l’étonnement, de la capture d’un moment... 

Comme si tu y transcendais le bref tintement de l’évocation.

Cécile : Ce n’était pas prémédité, programmé. La difficulté est de sortir de la fascination de l’objet qu’on regarde. C’est important pour moi de maintenir ce petit écart qui me sépare du réel, de garder la distance qui fait que la chose peut rester interpellante et me renvoie à de nouvelles lectures. Ne pas trop vite dire "c’est ça". Je crois que si on fusionne trop avec la chose, il n’y a plus de place pour le mystère. Si tu dessines une rose de façon hyperréaliste tu imposes un seul regard. 

Sylvie : Mais pour moi, fusionner, ou plutôt communier avec une chose, ce n’est pas du tout être dans un dessin photographique. C’est aller au cœur de l’objet, au-delà de son apparence. 

Cécile : Oui, alors on s’entend. C’est aller au-delà. Quand je travaille, je vis des moments de va-et-vient entre moi et l’objet. Il y a des moments de fusion qui déclenchent le désir de dessiner et puis des moments de retrait, où je me retrouve sujet face à un objet. C’est la distance entre lui et moi que j’interroge, dans ce mouvement de va-et-vient. Ce qui m’importe c’est la relation que j’établis avec lui. Sinon je suis dans le naturalisme, dans la représentation. Cette mise à distance est présente aussi dans la façon de situer l’objet dans l’espace de la feuille, de le cadrer. A ce moment-là, je ne suis plus dans la fusion. Sinon c’est le nirvana. Il n’y a plus rien à chercher, à choisir. Je sors la rose de son contexte. Je l’inscris dans du vide. Elle devient autre chose que la rose. C’est quelque chose dans du vide. Une présence. L’expérience que j’ai faite par rapport à cette rose est une chose ; ce que j’en restitue en est une autre. Et dans la façon dont je donne à voir, il y a un travail de réflexion. Tout n’est pas intuitif.

Sylvie : Pourquoi ce besoin de situer une chose dans un grand vide ? 

Cécile : Le vide est important pour moi. j’y établis un lien entre rien et quelque chose. Dans cet espace, quelque chose se passe mais pas partout et pas tout le temps. Le dessin ne prend pas toute la place

Sylvie : Nous regardons les dessins étalés sur le sol, mon attention est attirée par un petit dessin, déjà remarqué à ma première visite. 

Cécile : J’avais dessiné du gaillet, cette petite plante sauvage dont les feuilles font des étoiles autour de la tige. Le thème de l’étoile me poursuit depuis un bout de temps. 

Sylvie : Tiens, ça a quel sens pour toi l’étoile ? 

Cécile : Une étoile, ça brille. Sa forme irradie, éclate, elle n’est pas fermée sur elle-même, elle rayonne, donne sa lumière dans la nuit. Je trouve ça beau. Et puis, on appelle aussi le gaillet "herbe de la vierge". Il y a autour de cette plante un ensemble de signifiants qui m’ont donné envie de la dessiner. 

Sylvie : C’est drôle, on était restées jusqu’à présent dans le lien avec des éléments palpables de la nature... Avec l’apparition de cette étoile, on lève le nez au ciel, on ouvre la porte vers une strate symbolique : l’étoile, la vierge ; comme si on touchait à quelque chose de l’ordre de la transcendance. 

Cécile : Mais je crois que c’est aussi ça et surtout ça qui m’intéresse dans la fréquentation de la nature. 

Sylvie : C’est cette dimension, oserais-je dire "mystique", qui me touche dans ce dessin-là. 

CécIle : C’est un mot difficile, évidemment. 

Sylvie : Ce dessin évoque une chose de l’ordre du sacré. 

CécIle : Le sacré c’est ce qui touche au mystère. C’est ça qui est passionnant...que, dans le meilleur des cas - ce n’est pas toujours évidemment -, je touche à quelque chose qui est mystérieux, qui me porte au-delà du visible. C’est ce qui me fait continuer à dessiner. 

 

 

Cécile Vandresse, fragments, petits textes et citations.

 

Montagne

La respiration s’accorde aux battements du cœur, 

les battements du cœur s’accordent au rythme des pas,

le rythme des pas s’accorde aux pierres du sentier,

les pierres du sentier s’accordent aux aléas des vents et des pluies.

 

 

Parfois le sentier est incertain,

il faut chercher la trace qui fait signe d'un passage,

ou alors l'inventer

au risque de se perdre...

 

...qu'importe si on n'arrive pas au sommet ...

 

Qu'y a-t-il derrière la montagne ?     

 

 

Etre toujours surprise- étonnée de ce qui vient.

Relever le déchet à une dignité sans honte !

 

 

FAIS ! NE             FAIS                PAS !

Les deux éléments de toute morale. Résultat, l’inertie

 

 

Elle aimant  taire

Je redoute mon bavardage.

Retrouver mon centre, ne pas m’éloigner, résister aux tentations de tout, de trop dire.

 

 

Est-ce la honte ou l’orgueil qui m’empêchent de porter mon travail ?

 

 

M. surtout a parlé d’un émerveillement ! Quel réconfort dans mon incertitude. Il y a quelques semaines encore, je voulais tout arrêter.

 

 

Rêve : je veux faire des boulettes avec du pain (du peint) et les boulettes c’est aussi des gaffes, des ratages, mais on les mange quand même et elles sont bonnes.

 

 

Mais la quiétude ne console de rien, bien au contraire, elle convoque l’angoisse et l’insomnie. Se sentir mourir…

 

 

C’est quoi être artiste quand le capitalisme est le socle de l’art contemporain ? 2012

 

 

Le sublîme, c'est ce qui est dans l'au-delà de toute limite (étymologie sub-limite) comporte aussi le risque et la démesure J-F Lyotard in « l’inhumain »

« La fonction du beau étant précisément de nous indiquer la place du rapport de l’homme à sa propre mort, et de nous l’indiquer que dans un éblouissement » 

Lacan dans le séminaire l’Éthique pg 342 

 

 

 (je ne suis pas adaptée aux circonstances de l’art actuel…)

 

 

C'est très proche de mon état d'esprit actuel (2014)

« Partagé entre Dieu et le Diable, entre entendre Bach et regarder les hommes, entre l'adoration et l'impiété, le mystère et le mépris, l'inquiétude et le ricanement, je ne saurais me décider entre les deux seules attitudes qui puissent séduire l'esprit : la frivolité et le renoncement.(...)

Quel chemin prendre la farce et le sérieux ?

Je renonce à la vie avec ses moyens : c'est le libertinage ; je la fuis-par une méthode qui l'annule- c'est l'ascétisme.

Mais si je pratique les deux voies simultanément ?

Si rien ne vaut la peine, pourquoi ne pas goûter aux voluptés avec l'ardeur d'un ermite et ne s'acheminer vers le renoncement qu’avec l'aisance d'un esprit enjoué ? » 
Cioran

 

 

(renoncer joyeusement?)

 

 

« Si ce n’est ta voix
S’il n’y a  ta voix
pluie seule sur mon silence de fièvres
tu me délies les yeux
et s’il te plaît
parle-moi
toujours »
                              Andréja Pizarnik

 

 

 

Un vol d’oiseaux et tout est écrit dans le ciel le surgissement et la disparition-

Battement d’ailes, battement de cils, présence absence,

 

 

Des chercheurs ont fissuré la Chrysalide pour aider à devenir papillon. Et il est mort. Il est devenu papillon, oui, mais sans muscles, sans 

s’être battu.

 

 

-Respiration                   Permanence/impermanence

              -  « vie éternelle »-

                                                                                                                                                                                                                           

 

 

 

 

Texte libre

Marie Anne Thunissen, 1987, Cécile Vandresse         in catalogue Abstractions 87, Namur, Maison de la Culture (25/04-23/05/1987)

A l’heure où les hommes risquent de rendre la terre à son état premier, dont la vie végétative a mis des éternités à éclore ses structures, Cécile Vandresse est de ceux qui se penchent sur les complexités des phénomènes naturels. Non par passéisme : son observation est dirigée dans le sens du devenir de sa propre personne et, au- delà, du devenir humain ; mais bien, justement, dans le sens positif de l’évolution des choses. 

Derrière le vacarme de l’activité humaine, il s’agit de trouver les bruissements et mouvements des vies organique et inorganique tellement menacées, non parce qu’elles sont menacées - ce qui donnerait à cette recherche un statut désespéré - mais pour les formes qu’elles déploient, pour l’organisation de leur survie et de leur évolution dans le temps, l’espace, et la lumière, ainsi que cette opiniâtreté qu’elles mettent à croître, disparaître, et ressurgir à nouveau, à vivre inlassablement le cycle que les conditions cosmiques leur ont dicté. 

Alors, trouver dans les rythmes du temps et les structures des organismes des formes que nous pouvons constater et nous approprier parce que nous les sentons exister en nous, c’est nous comprendre dans ce mouvement intemporel, qui nous dépasse mais nous inclut, des choses de la nature, Et la connaissance, la reconnaissance de ces choses ne peut être pour nous effective que lors- que nous pouvons y appliquer notre sceau, En quelque sorte, dire qu’à cette chose, cet ensemble de choses (le cycle des saisons, la croissance de la feuille d’asplénium…), nous pouvons appliquer une structure que nous connaissons en nous, nous pouvons donner un nom, celui d’une couleur que notre oeil perçoit et fabrique, et que nous connaissons à nouveau à l’endroit de cette chose ; c’est se l’approprier et, dans le même temps, appartenir à l’ensemble des corrélations qui ont dû s’entrecroiser pour permettre son avènement. C’est trouver cette forme de sérénité qu’est le sentiment d’appartenance à un ensemble naturel, Non l’assujettissement, mais l’individuation dans la non-différence, dans la normalité, tant il est vrai que nous acceptons mieux les normes naturelles de la vie, qui nous semblent plus évidentes - mêmes si elles sont inexorables - que les normes d’une société humaine à laquelle il nous parait plus difficile, et vite démodé, d’appartenir.

Il est possible de trouver dans les métamorphoses d’une plante, depuis le germe sans souvenir jusqu’à la fleur, une image de sa propre évolution psychique, comprise comme une étendue presque sans limite temporelle : si l’homme arrête de croître dans son corps, la plante vieillit mais continue de grandir, et se sème à la terre et au vent. Ainsi, "la nature constitue pour celui qui la contemple une initiation" (texte de l'introduction à l'expo de la galerie L'A, avril 86), - quête d’une sagesse et d’une intelligence du monde - dont l’aboutissement est la fusion de l’esprit et du corps avec l’objet de sa contemplation, la certitude de l’appartenance complète au "réseau entremêlé des forces dont nous sommes". 

Le dessin, prolongement du regard intérieur et / ou tourné vers le monde, est dès lors un instrument de connaissance - crayon et encre de Chine ne chargent ici la représentation que pour en dessiner le contour, traces diaphanes sur un support très présent - mais aussi un don fait au monde (les spectateurs que nous sommes) de ce travail de contemplation. 

Les peintures à l’échelle de l’homme (la proportion des calendriers et diagrammes est toujours importante), structures ou couleurs du temps, cycles, trajectoires réelles ou oniriques (constructions géométriques dans lesquelles sont disposés les signifiants colorés ou / et verbaux) contrastent avec les dessins qui s’attachent à la plante. Le dessin s’éloigne ici de la monumentalité et du système des diagrammes et des calendriers, et modifie le sentiment de sécurité qu’apporte l’isométrie entre représentation et spectateur. 

Le dessin est, à quelques exceptions près, de petites dimensions, parce qu’il est "le moyen le plus direct de transmettre l’image contemplée" (idem). 

Mais il est aussi le moyen d’isoler un élément du tout, et constitue une forme d’égarement dans un autre monde : la feuille du gui est plus petite que mon petit doigt. Pourtant, je peux y déceler une image de moi-même, puisqu’elle rencontre en moi, lorsqu’elle est couchée sur le papier, trace d’encre et de pinceau, la sphère de la joie. 

Quelle géographie sous-terraine, plus intime que celle des événements dont nous sommes entourés et marqués, quel chemin secret - dans l’ombre de la terre, dans le temps d’une germination ou d’une éclosion -rencontre les portes ouvertes de notre attention, les méandres de l’esprit, cette matière un peu confuse de la pensée d’où jaillissent des formes ? 

La pensée croit-elle vraiment comme le germe vivant, avec les mêmes rythmes, les mêmes dépliements, les mêmes scissions ? Possède-t- elle au départ, comme la graine, toutes les don- nées de l’être fini ? 

Ce sont peut-être ces rencontres entre les règnes qui donnent son pouvoir à la magie qui les comprend, et utilise en rites et codes les points de rencontre entre deux formes d’existence, à l’endroit où deux signes trouvent leur identité, et peuvent échanger leur charge. 

Car dessiner une plante, c’est aussi en donner jusqu’au premier des indices, et peut-être avant tout celui-là, le signe où le sens bascule vers autre chose que la chose elle-même. Dessiner, c’est ici retenir les signes distinctifs premiers de la plante ou de l’événement, et par là, retenir l’âme des choses, comme on en retiendrait le noyau où tout existe, dégarni des futilités et des accidents, malformations et caractères, débarrassé du temps et de son cortège d’affronts, comme pour conjurer tout ce qui nuit à la vie individuelle, et retrouver l’espace où chaque vie particulière peut se confronter à l’autre vie particulière, sur un terrain d’éternité.

 

 

 

Daniel Demey, mars 2019, texte pour la revue du musée de la Boverie, Liège 

 

SOUS LE SIGNE DE L’AMOUR

« JE VERRAI BIEN »

 

Hommage à cette femme-artiste, cette artiste-femme en juste retour de ce que son art et sa présence toutes ces années aura bâti sans tapage, d’une œuvre silencieuse, d’une vie à elle, dans une qualité d’ombre.

Ombre qu'elle appréciait pour finir, d'être à la fois le "reflux" de l'être et sa révélation.

Ce qui le cache, le dissimule, le refroidit aussi, où il pourrait manquer du plein soleil, capable de réchauffer, mais également de brûler, d'aveugler, même de détruire. 

 

Ombre de l'abri, à l'heure de la sieste, bienvenue du repos sous le figuier, le baobab, ou le tilleul chez nous ; sieste que l'on invente, crée derrière les volets de la chambre. 

 

L'ombre portée, comme marque de l'être, sans laquelle le regard ne se conçoit pas d'être la signature humaine, sa part tronquée, d'absence à être lue, indéchiffrable, indéfinissable, étrangère en corps à "lui", dans ces aspects doubles si favorables, défavorables.

 

Personne ne veut vivre à l'ombre lorsqu'elle est imposée où elle évoque la prison.

Prison alors de l'être, de sa propre ombre, de son propre destin dans une assignation à vivre dans l'ombre des autres, d'un frère, d'une sœur, d'une mère, d'un mari, d'un père, d'un cercle, à n'en plus rien savoir de sa lumière, de son chemin.

Ombre vécue comme poids d'une faute, d'un péché que l'on n’a pas commis dont on ne sait rien qui assigne à un "pourquoi?", à l'hébétude d'un « pourquoi ? » et qui entame comme la vague le littoral et sa falaise, la naïveté, la candeur ingénue depuis l’enfance dans la fragilité des ailes d'un papillon, la transparence d'une libellule, d'une feuille morte, l’opalescence, d'une fleur, l'éclat, le « narcisse », jusqu’à la tige sèche, fripée ne laissant voir après la rutilance que son architecture.

Une branche, un bourgeon dans la nature, « la montagne de la nature » grenier des signifiants de l'ombre attachée propre à tous… 

Alors que la vie chatoyante passe, est passée, que la chair un peu grasse des tissus s'en est allée et avec elle, la gourmandise que donne leur richesse en appétit d’une réjouissance, reste le reste… 

La part de l’ombre- derrière le fond qu'il y a au rempart de l’apparence heureuse ou malheureuse de l’image, du corps fini du « tu es belle, non, je ne suis pas beau ! »- la structure qui nous tient, qui nous retient au-delà de nous-mêmes, que l’on laisse comme empreinte d’une marque mystérieuse, d’une profondeur aussi… car l’ombre est le relief des choses, la densité d’une vue… comme le silence est le volume du son, sa mélodie.

L’éclat de la lumière naît de la fracture de l’ombre, la dessinant, chaude, claire brûlante ou dure.

Le trait traverse, répare l’absence.

Mettre et amener à la lumière par le fragment du trait comme déjà l’ombre, ce qui de l’ombre parle, nous parle.

La beauté des fragments, la masse énorme des petites lettres, des petits signes, de la nature, leur répétition, l’obstination accrochée du désir… 

comme les cailloux d’un Petit Poucet sauve de l’ogre, des loups, de la forêt perdue… 

De petites lumières, des fragments simples de lumière dans l’ombre de la nuit. 

« Ce que je vois par la fenêtre »

Une femme, une épouse dans sa beauté d’artiste de la vie, une prof dont on se souviendra,

toute à son fil, à coudre, à repriser une exigence, réparer, tisser, tricoter point par point, sans un esclandre, la laine de son départ.

« Je ne fais que passer »

Vous ne saurez jamais le manque,

la peau, les petits seins, l’intimité, la voix, les petites marques, le souffle… 

la part de l’ombre, la force de son désir, dans « les souvenirs de guerre », l’instant,

la puissance de l’instant, une rédemption.

 

Je l’espère.

 

-Respiration         Permanence/impermanence

« Vie éternelle »-

Elle termine ainsi son carnet… dans ce regard de la durée, du dépassement.

 

Et elle nous laisse. 

Avec ses ombres, au surgissement des points d’une traduction de sa vie peinte, dessinée, sans la courroie d’un projet fixe, d’une ligne de sens, à la parfois austère aridité de ses propos …

Femme-artiste se cherchant et dans son art ne cherchant que par elle, par la ligne jetée de ses sens à remonter les petits poissons de sa vie. 

C’était son choix de radicalité… de ne pas servir, de ne pas s’asservir à l’utile ni à l’agréable, surtout pas à la demande de sens, d’une esthétique de l’Autre.

 

« Mais que fait-elle ? Mais que nous montre-t-elle ? »

Une illisibilité qui en aura repoussé pas mal. Je me souviens d’une exposition à la Galerie Détour, dont une critique l’avait d’abord glacée n’y voyant rien ni personne, qu’un accrochage raté, décousu.

Rien qu’un détour. Comme une erreur affirmée, un tâtonnement. Les gens cherchent des réponses, ne veulent pas la faute. Il faudrait rassurer. Elle se lançait fébrile dans des questions.

 

À l’affût, de toutes les beautés d’un monde perceptible, elle captait tout par le regard, l’intelligence, par l’ouïe fine. Du chant des oiseaux qu’elle reproduisait parfaitement, à s’y méprendre, au secret de la graine enfouie dans sa cosse, dans une genèse d’enfant qui boit, qui mange, se nourrit des palpations d’un monde la pénétrant.

La recherche de vivre d’une femme, de vivre l’art, de vivre prof,

éprise de ce non-sens de soi, d’une légèreté,

de ce qui au giron dans l’ombre, cachée, surprise à son énigme, fait le plaisir, le nid, l’intimité secrète :

« Alors qu'importe l'habilité, la cohérence et toutes ces inquiétudes secondaires, on tisse son nid! Il ne faudrait pas s'éloigner de ça et aller sereinement dans son travail...

Je dessine quoi? mon désir de vivre...
Je le traduis - tra-ducere"

Partie beaucoup trop tôt… 

Elle tisse sa position de femme 

avant toute chose, avant une consécration à un soleil de l’art, 

qui noie la femme et nuit

à la consécration du secret,

puisée de son ombre,

dans son intimité.

 

Elle est partie, elle restera.

Que cela soit ça, qui passe.

 

Elle n’en n’avait rien à f... de la gloriole spectaculaire, et de l’argent, et du marché !

Elle aimait le socle vacillant de la vie de femme… 

l’indéfinissable, l’indéchiffrable, l’inaccessible du nom, dans la résolution de la quête, 

celle du chemin, de l’événement intérieur, du peu, la touchant dans l’intime 

et ce bonheur à découvrir la joie des choses au surgissement. 

Un corps de consentement. Rencontre… dans un apprivoisement par une approche des signes : mots du poète, balise du dessin, dessein des paroles, la musique, les sons, les voix de la nature dans l’inconscient. 

 

Le reste ne l’intéressait pas. Elle s’en méfiait, aguerrie à sa précarité, à la gratuité aventureuse de son « Je verrai bien » avec comme entrée, « la faille, la fille, l’aile »…

« Le reste » comme l’intégration de son travail aux profits du marché, à la valorisation politique du spectacle, à la grande in-di-gestion  de tout et tous aux flots du visible à tout prix, cette consummation néo-libérale des choses de la vie en projets de choses, d’espèces sonnantes et trébuchantes, de galons comptables ou de chapelles ; l’efficience entrepreneuriale de « l’art contemporain», l’immonde de la spoliation dans l’art, elle s’en détournait… elle n’en voulait pas !

 

Ce « reste » idéologique qui éloigne du corps « m’aime », de son geste, de son goût, de sa question gratuite en quête d’une vie de soi, elle en savait le piège, l’obstacle de la forfaiture.

 

Recherche humble dans une trace sur une piste incertaine. Quête humble d’une femme humble, elle avait faim de signes… puisait dans le témoin d’un signe partout dans « la nature » vaste de la sphère humaine, même dans le soin des rebuts, des plantes mortes… qu’elle relevait de la honte à une dignité d’accueil, de résonance comme source d’une surprise étonnée, d’un entendement.

La justification seule aux faits, aux actes de la vie, au travail de la gestation, de la naissance et de l’accouchement de signes, forge un être dans une éthique : une éthique... de l’amour de la vie.

Signes que l’on va chercher de son être de passage, mortel, pris dans ceux qui nous atteignent, nous touchent, et qui surgissent parlant de soi, par accident, comme de son chemin, de son corps emmanché à cette intimité et au secret de l’ombre, de l’invisible, de l’indicible nous habitant.

 

Elle voulait de l’amour. De l’amour recevoir, de l’amour prendre, donner, vivre, en vivre. Son éthique, sa perspective d’artiste de la vie.

Aux confins de ces signes, le corps trou(v)é, la vertu ample, généreuse des sens épris à ce « bricoler dans l’incurable », oubliant l’être, le sens… 

Seule la marée ample prend la terre basse, l’envahit comme un reflet d’abord, puis la submerge en onde tiède et fraîche, seule la marée lente dépose la bienfaisance d’un enveloppement de la présence qui couvre.

Alors, le geste et l’art nous orientant, peuvent servir, ont cette légitimité d’adresse du Réel, 

en héritage, ce pactole de « jouissance » à faire nid, de faire le lit et le bonheur d’une rencontre possible avec la condition de vivre.

 

Cécile était l’éthique de cette vie de femme en chemin d’ombre par la lumière de son trait ; artiste de la vie, pour ses enfants, petits-enfants, ses amis, son compagnon, une épouse magnifique, mèreveilleuse.

 

 

Notes

 

Daniel Demey, 15 sept 2019                              texte pour l'expo à la Châtaigneraie  Le temps des commissaires / galerie L’A , (non publié au catalogue)

LE LÀ

Elle choisissait un "fragment de nature", graine, coquille, pousse, bourgeon, fleur...

Descente au secret intime de leur propriété qu'elle cherchait à atteindre, à joindre

en une saveur d'elle, les dessinant.

Une captation non dans la simple figuration, mais

dans une propriété d'être de vie, de bourgeonnement, d'énergie, de mort, de trace aussi.
Elle en extrayait ainsi la substance en en gardant la moelle.

Dessiner, était pour elle une nourriture, un repas, un moment

pour engranger un savoir, non une compréhension, mais une préhension des sens à travers les choses.

Choses les plus banales, petites, insignifiantes de son environnement, un moyen pour elle,

d'apprendre à mieux manger la vie, et d'aborder depuis ce bord du dessein dessiné de l'autre,

son antre, son propre ventre, en être de gestation de présent et d'à venir,

A-prendre, le peu, et à la fois, le plus vaste de simplement l'intime inénarrable de l' être là d'une jouissance embrassée, intériorisée, aimée.

Loin des conflits, dans une présence à soi, goûtée, comme un appel aussi, la leçon discrète d'un

"Il y a" : "Regardez! il y a"

Encore et toujours, depuis toujours  son "je verrai bien": une montagne

 

Le monde en fureur, la fureur du monde, ses embrouilles, la désertaient.

Pourtant, aussi belle que ses germinations, elle se montrait.

A l'image de ses sujets de dessins, de peintures, dans leur insignifiance banale "d'être"... il fallait juste la voir.

Au risque de passer inaperçue, de la fouler, de l'écraser, elle nous a montrés une place. Oui, bien là.

 

 

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