Disciplines et techniques
Bande dessinée, Dessin, Gravure et image imprimée, Peinture, Affiche, Caricature, Eau-forte, Ex-libris, Gravure, Lithographie, Livre illustré, Mine de plomb, Muraliste, Pointe sèche
Fils de Léonard Lafnet, cordonnier et d’Elisabeth Boileau (née le 01/07/1866) ; une sœur Yvonne, née en 1905..1909-1912 Etudes gréco-latines au collège Saint-Servais, rue Saint-Gilles à Liège. 1911. Décès de sa mère.1912-1922.Etud...
Nationalite : Belgique
Communaute : Communauté française
Bande dessinée, Dessin, Gravure et image imprimée, Peinture, Affiche, Caricature, Eau-forte, Ex-libris, Gravure, Lithographie, Livre illustré, Mine de plomb, Muraliste, Pointe sèche
Ecole belge, Ecole liégeoise, Ecole wallonne, Artiste
Abstraction, Figuration, Autoportrait, Erotisme, Paysage, Portrait, Scène religieuse
Aucune relation pedagogique documentee.
Fils de Léonard Lafnet, cordonnier et d’Elisabeth Boileau (née le 01/07/1866) ; une sœur Yvonne, née en 1905..
1909-1912 Etudes gréco-latines au collège Saint-Servais, rue Saint-Gilles à Liège.
1911. Décès de sa mère.
1912-1922.
Etudes à l’Académie des Beaux-Arts de Liège.
PSEUDONYMES UTILISES : Il signe son travail publicitaire avec des noms comme Lucan et Lafcat, ses illustrations érotiques avec Grim, Jim Black, Lucas O, Rich, Pol ou Viset, et ses bandes dessinées avec Davine.
1915.
( / - / ) Liège, chez l’encadreur Nicolas Planchar (bld d’Avroy). Bernimolin Emile, Lambert Jef, Lafnet Luc, Manette Joseph.
1916.
( / - / ) Liège, chez l’encadreur Nicolas Planchar (bld d’Avroy). Lafnet Luc, 1e EXPOSITION de dessins, de croquis, de compositions.
Luc Lafnet fonde et anime plusieurs groupes de jeunes artistes comme « Les Hiboux », « Le Cénacle », « L'Aspic » et « La Caque » où se côtoient Edgar Scauflaire, Jeph Lambert, Auguste Mambour et Georges Simenon.
1917.
(13/01-31/01) Verviers, Salle de la Royale Emulation. [Sans titre]
( / - / ) Liège, Galerie du Journal de Liège (rue des Dominicains) Sans titre.
(26/11-26/12) Liège, . Salon de l’Académie des Beaux-Arts.
En 1917, il posa sa candidature pour le prix de Rome, mais n'obtint que le second prix. Celui qui eut le premier prix s'appelait Van Dyck, descendant du prestigieux peintre flamand (ceci expliquant peut-être cela).
1918.
(21/04-05/05) Liège, Journal de Liège / Cercle Art et Bienfaisance. Les Hiboux.
Le groupe des Hiboux tourne court mais Edgard Scauflaire reprendra le nom pour signer les articles, artistiques et de mode, qu'il écrit pour le journal La Meuse: Jean Hibou.
(juin) Liège, Cercle philanthropique Panem et Labore (rue Cathédrale).
(01/09-30/09) Herstal, Salle de l’Union.
Débute dans la publicité avec des affiches pour « Le Pavillon de Flore » (rue Surlet)
1919.
Principal Animateur du Groupe La Caque.
(15/02-15/03) Liège, Galerie Pirard (rue Vinâve d’Île) (entrée 25 cts au profit du Foyer des Orphelins). Salon anti-boche.
(mai) Bruxelles, Galerie Sneyers. Sans titre.
(sept. – déc.) Escapade à Paris.
(25/12-11/01/20) Liège, Galerie du Journal La Meuse (rue des Dominicains). Lafnet Luc.
* PREMIERE EXPOSITION PERSONNELLE IMPORTANTE.
** 95 n°; peintures et aquarelles.
Illustre J. Simar. Contes d'aujourd'hui. Proses et vers. Illustrations de Luc Lafnet, Liège, Herman-Wolf, s.d., 32 p, couv. ill.
1920.
(janv.) Liège, Journal de Liège. [Sans titre]
(29/05- 11/06) Liège, Grande Salle du Charlemagne. Salon de l’œuvre des Artistes (60e)
Réalise avec Georges Rem et H. Frenay-Cid, le reportage du Carnaval d Malmédy.
Illustre Le Cœur populaire de Jehan Rictus. Paris, Eugène Rey, 1920, in 8° de 152 p,.
Finaliste au concours du Prix de Rome.
1921.
(30/01-10/02) Liège, Galerie du Journal La Meuse. Lafnet Luc.
(07/05-26/06) Liège, Palais des Fêtes / Parc de la Boverie: Salon 1921 – Liège. Salon triennal.
Illustre les premiers livres de ses amis Simenon et Vatriquant.
1922.
Reçoit le Prix Donnay.
Illustre Georges Linze, Les Forces comparées, Liège, chez l'auteur, 1922, 56 p., édition originale, 1 dessin signé Luc.
(01/10-26/10) Liège, Galerie du Journal La Meuse. Exposition d’art humoristique et satirique.
À partir de 1922, il est actif comme graveur, peintre et muraliste à Paris., France.
1923.
Séjourne 5 mois à Paris où il habite Montmartre, 86 rue Lepic.
(juin) Rentre à Liège.
(16/06) Epouse la fille du peintre liégeois Valmalderen, spécialisé dans les décors de l'Opéra royal de Wallonie.
Après son mariage avec Jeanne van Malderen, il part s'installer à Montmartre au 13 de la rue Mont-Cenis où il fréquente l'écrivain Georges Simenon et le poète Lucio Dornano
1924.
( / - / ) Paris, . Salon des humoristes.
( / - / ) Paris, Grand Palais. Salon d’Automne.
Décroche un contrat avec la galerie Mathot, rue d’Orsel.
Admission à la Franc-Maçonnerie.
1925.
Gom Gut [Simenon, Georges], Au Grand 13, Editions Prima, 1925, 1926 et 1930. Illustration de la couverture signée Luc L. [Lafnet]. Illustration du texte par Ludo Chauviac.
Grave de nombreuses planches à l’eau-forte.
Nombreux projets et travaux publicitaires.
Contrat avec la galerie ( ?) Rhyne.
Fin de l’année. Naissance de sa fille Anne-Marie.
1926.
(mai-juin) Liège, Cercle des Beaux-Arts.
Premier livre illustré d’eaux-fortes « Etreintes sacrilèges » de Lucio Dornano tiré à 120 exemplaires. (cf. informations complémentaires / curiosa)
1926-27. Contrat avec la galerie Darus.
1927.
Ouvrages illustrés et plusieurs suites d’eaux-fortes.
Période de flottement et de tâtonnements, surtout en peinture.
1928.
(02/01-15/01) Paris, Galerie Vignol (20 rue Jacob). Lafnet Luc, Massart Robert (sculpture).
(19/05-19/06) Liège, Palais des Fêtes / Parc de la Boverie. Salon triennal de Belgique.
Poursuit ses travaux publicitaires et l’illustration de livres galants.
1929.
( / - / ) Liège, Galerie Royale. Lafnet Luc.
Illustration de livres galants.
1930.
S’il expérimente la peinture abstraite en 1928 et 1929, il n’exposera ses œuvres de ce style qu’en 1930 à la galerie 23.
(18/04-01/05) Paris, Galerie 23: Cercle et Carré.
Après cette exposition, quitte le groupe… et ses expérimentations abstraites.
Loue, au début du printemps, une maison de campagne à Montamets (Yvelines) où il s’adonne à l’étude des paysages.
Nombreuses eaux-fortes.
(juin) Retour à Paris.
(juillet-août) Voyage en Italie en vue d’étudier les paysages qu’il devra graver pour un ouvrage de bibliophilie : « Euryale et Lucrèce ». * Visite Sienne, Florence, Fiesole et Pise.
De retour à Paris, il mène de front les illustrations d’Euryale et Lucrèce et des Légendes flamandes pour une société de bibliophiles liégeois.
Donne des cours de dessin aux jeunes coiffeurs et réalise des diplômes, affiches et dessins pour des instituts de beauté et des maisons de coiffure.
Illustre des ouvrages galants.
1931.
(octobre) Liège, Galerie Apollo (91 rue Cathédrale).
(29/10) Elevé au grade de Maître secret, 4e degré du rite de l’Orient de Paris.
Travaux publicitaires (couvertures du mensuel « La coiffure et les modes », dessins pour les produits de beauté René Rambaud et Schweiler).
Livres de bibliophilie :
- De Coster, Charles. Légendes flamandes, gravures sur cuivre de Luc Lafnet, aux dépens de l'Union liégeoise du Livre et de l'estampe, 1931.
- Piccolomini (Aeneas-Sylvius, Pape Pie II), Euryale et Lucrèce. Histoire de deux amants, Aux dépens de la Société des bibliophiles du papier, 1931.
- Brie-Comte -Robert, 1931. Suite de 6 eaux-fortes de Luc Lafnet, S.l., aux dépens de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Brie-Comte-Robert.
Un livre galant.
1932.
Livres de bibliophilie :
- Balzac Honoré de, Le Père Goriot, Paris, Mornay, 1933 avec 92 dessins originaux rehaussés de gouache par Luc Lafnet. [à vérifier ; l’exemplaire de l’édition Mornay, 1933indique sue la page de titre que l’ouvrage est illustré de gravure de Cosyns] !!!!!
Livres galants.
Nombreux travaux publicitaires (affiches, dessins pour la revue « Coiffure de Paris »
Commande pour le chantier du Cardinal Verdier.
Panneaux religieux pour les églises de la banlieue de Paris et pour des chapelles.
1933.
(janv.-fév.) Paris, Grand Palais. 44e exposition des artistes indépendantes.
Nouveau changement de domicile : les Lafnet s’installent au 54 rue Notre-Dame de Lorette.
Réande Jean. Inquiétude. Poèmes. Illustrations de Luc Lafnet. Published by P., G. Courville, 1933
Un livre galant.
1934.
(mai-juin) Paris, Hôtel des Ducs de Rohan. L’Art religieux d’aujourd’hui.
* e. a. Lafnet Luc.
Grave plusieurs planches au caractère religieux.
Très intéressé par les « chantiers du Cardinal », cette vaste campagne de constructions d’églises et de chapelles dans la périphérie parisienne, menée par le Cardinal Verdier, archevêque de Paris.
Livres galants.
DEBUTS DANS LA BANDE DESSINEE sous le pseudonyme Davine..
1935.
Chemins de croix pour la chapelle Saint-Pierre à Billancourt, l’église Saint-Charles de Montreuil, l’église de Nanterre, l’autel de la vierge de l’église Notre-Dame de Lourdes (aujourd’hui disparue), l’église de l’hôpital Saint-Louis, à Saint-Jean-d’Angely (Charente)
1936.
Séjourne trois mois au monastère de la Chaume, à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente), pour y décorer la chapelle des Pères Assomptionnistes ; ce sera sa plus grande fresque : 15 m x 4,75 m.
(29/03) Le groupe « Art-Sciences-Lettres » lui décerne une médaille d’argent pour ses mérites d’aquafortiste.
Illustre Jean Lurkin. Chasses joyeuses, Vervoz-Ocquier, édition de Saint-Hubert, 1936.
Un livre galant.
En fin d’année, Lafnet et achète un terrain à Maule (Yvelines), et y faire construire une vaste maison comportant un atelier.
1937.
Eaux-fortes et peintures.
(août [ ?]) Mort de sa fille à l’âge de 13 ans (leucémie).
1938.
(janv.-fév.) Paris, Galerie contemporaine (36 rue de Seine) Exposition internationale.
(19/03-28/03) Liège, Palais provincial. La gravure liégeoise contemporaine.
(20/05-08/06) Paris, Galerie contemporaine. Sans titre.
Illustre jean Lurkin. Physiologie de la chasse. Illustration de Luc Lafnet. Préface de Flament-Hennebique. Vervoz-Ocquier. Edition de Saint-Hubert, 1938, in 8 de 176 p. ill. d'1 frontispice et de 174 dessins in texte de Lafnet (le titre et la couverture annoncent 160 dessins) Tirage à 1426 exemplaires.
En 1938, c’est à lui que Rob-Vel, le créateur de Spirou, confiera la réalisation des premières planches des histoires du célèbre personnage de la bande-dessinée belge.
Le couple Lafnet s’installe à Paris, 61 rue Damrémont.
Entreprend l’illustration du Spleen de Paris. Préface d’André Suarès.
1939.
(14/01-31/01) Paris, Maison belge (20 rue de Berry). Les Artistes belges à Paris.
(21/01-08/02) Paris, Galerie Contemporaine. Lafnet Luc.
(fév.-mars) Paris, Galerie Bernheim-Jeune (83 rue du Faubourg Saint-Honoré). 19e exposition de la Société du nouveau Salon.
(avril) Paris, Galerie Charpentier (76 rue du Faubourg Saint-Honoré)
(mai) Paris, Galerie contemporaine.
(mai-sept.) Lille, Hôtel de ville. Les œuvres d’artistes belges.
Travaille à l’illustration du « Spleen ».
(juillet-septembre) Liège, Musée des Beaux-Arts. Exposition de la gravure liégeoise.
(sept.) Lafnet dont la santé n’a cessé de se dégrader depuis le mois de mars, est hospitalisé à Rueil-Malmaison.
(29/09) Décède d’un cancer du pancréas.
-----------------------------------------------------------------------
Post-mortem
1940.
( / - / ) Paris, Palais de Chaillot. Exposition de l’art français . Salon national des Indépendants.
1953.
(oct.) Liège, Cercle royal des Beaux-Arts. Lafnet Luc. Rétrospective.
1955.
(11/10-22/10) Liège, Cercle des Beaux-Arts. Lafnet Luc, Rétrospective.
1961.
(01/10-31/10) Bordeaux, Château de Cantenac-Brown (château d’André de Wilde). Lafnet Luc, Rétrospective.
1964.
(avril-mai) Liège, Musée de l’Art wallon. 125e anniversaire de l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège.
1976.
(25/05-12/06) Liège, Province de Liège / Affaires culturelles. Approche de Luc Lafnet.
1977.
(22/06-31/08) Liège, Cabinet des Estampes. Dessins du 16e au 20e siècle.
1980.
(01/05-31/05) Liège, Cercle Royal des Beaux-Arts. 50 ans d’activités, 1895-1945.
1985.
(mai-juin) Liège, Galerie 9A. Lafnet Luc (1899-1939)
1992.
(18/09-20/04/93) Liège, Cercle royale des Beaux-Arts. Le cercle des Beaux-Arts de Liège, 1892-1992.
2013.
(06/02) Artcurial a procédé le mercredi 6 février 2013 en l’Hôtel Drouot à Paris à la dispersion de l’intégralité du fonds d’atelier de l’artiste liégeois Luc Lafnet (1899-1939), resté presque intact depuis 1939. Sa veuve Jeanne Lafnet puis son mari André de Wilde conserva précieusement son fond d’atelier.
Fils de Léonard Lafnet, cordonnier et d’Elisabeth Boileau (née le 01/07/1866) ; une sœur Yvonne, née en 1905..
1909-1912 Etudes gréco-latines au collège Saint-Servais, rue Saint-Gilles à Liège.
1911. Décès de sa mère.
1912-1922.
Etudes à l’Académie des Beaux-Arts de Liège.
PSEUDONYMES UTILISES : Il signe son travail publicitaire avec des noms comme Lucan et Lafcat, ses illustrations érotiques avec Grim, Jim Black, Lucas O, Rich, Pol ou Viset, et ses bandes dessinées avec Davine.
1915.
( / - / ) Liège, chez l’encadreur Nicolas Planchar (bld d’Avroy). Bernimolin Emile, Lambert Jef, Lafnet Luc, Manette Joseph.
1916.
( / - / ) Liège, chez l’encadreur Nicolas Planchar (bld d’Avroy). Lafnet Luc, 1e EXPOSITION de dessins, de croquis, de compositions.
Luc Lafnet fonde et anime plusieurs groupes de jeunes artistes comme « Les Hiboux », « Le Cénacle », « L'Aspic » et « La Caque » où se côtoient Edgar Scauflaire, Jeph Lambert, Auguste Mambour et Georges Simenon.
1917.
(13/01-31/01) Verviers, Salle de la Royale Emulation. [Sans titre]
( / - / ) Liège, Galerie du Journal de Liège (rue des Dominicains) Sans titre.
(26/11-26/12) Liège, . Salon de l’Académie des Beaux-Arts.
En 1917, il posa sa candidature pour le prix de Rome, mais n'obtint que le second prix. Celui qui eut le premier prix s'appelait Van Dyck, descendant du prestigieux peintre flamand (ceci expliquant peut-être cela).
1918.
(21/04-05/05) Liège, Journal de Liège / Cercle Art et Bienfaisance. Les Hiboux.
Le groupe des Hiboux tourne court mais Edgard Scauflaire reprendra le nom pour signer les articles, artistiques et de mode, qu'il écrit pour le journal La Meuse: Jean Hibou.
(juin) Liège, Cercle philanthropique Panem et Labore (rue Cathédrale).
(01/09-30/09) Herstal, Salle de l’Union.
Débute dans la publicité avec des affiches pour « Le Pavillon de Flore » (rue Surlet)
1919.
Principal Animateur du Groupe La Caque.
(15/02-15/03) Liège, Galerie Pirard (rue Vinâve d’Île) (entrée 25 cts au profit du Foyer des Orphelins). Salon anti-boche.
(mai) Bruxelles, Galerie Sneyers. Sans titre.
(sept. – déc.) Escapade à Paris.
(25/12-11/01/20) Liège, Galerie du Journal La Meuse (rue des Dominicains). Lafnet Luc.
* PREMIERE EXPOSITION PERSONNELLE IMPORTANTE.
** 95 n°; peintures et aquarelles.
Illustre J. Simar. Contes d'aujourd'hui. Proses et vers. Illustrations de Luc Lafnet, Liège, Herman-Wolf, s.d., 32 p, couv. ill.
1920.
(janv.) Liège, Journal de Liège. [Sans titre]
(29/05- 11/06) Liège, Grande Salle du Charlemagne. Salon de l’œuvre des Artistes (60e)
Réalise avec Georges Rem et H. Frenay-Cid, le reportage du Carnaval d Malmédy.
Illustre Le Cœur populaire de Jehan Rictus. Paris, Eugène Rey, 1920, in 8° de 152 p,.
Finaliste au concours du Prix de Rome.
1921.
(30/01-10/02) Liège, Galerie du Journal La Meuse. Lafnet Luc.
(07/05-26/06) Liège, Palais des Fêtes / Parc de la Boverie: Salon 1921 – Liège. Salon triennal.
Illustre les premiers livres de ses amis Simenon et Vatriquant.
1922.
Reçoit le Prix Donnay.
Illustre Georges Linze, Les Forces comparées, Liège, chez l'auteur, 1922, 56 p., édition originale, 1 dessin signé Luc.
(01/10-26/10) Liège, Galerie du Journal La Meuse. Exposition d’art humoristique et satirique.
À partir de 1922, il est actif comme graveur, peintre et muraliste à Paris., France.
1923.
Séjourne 5 mois à Paris où il habite Montmartre, 86 rue Lepic.
(juin) Rentre à Liège.
(16/06) Epouse la fille du peintre liégeois Valmalderen, spécialisé dans les décors de l'Opéra royal de Wallonie.
Après son mariage avec Jeanne van Malderen, il part s'installer à Montmartre au 13 de la rue Mont-Cenis où il fréquente l'écrivain Georges Simenon et le poète Lucio Dornano
1924.
( / - / ) Paris, . Salon des humoristes.
( / - / ) Paris, Grand Palais. Salon d’Automne.
Décroche un contrat avec la galerie Mathot, rue d’Orsel.
Admission à la Franc-Maçonnerie.
1925.
Gom Gut [Simenon, Georges], Au Grand 13, Editions Prima, 1925, 1926 et 1930. Illustration de la couverture signée Luc L. [Lafnet]. Illustration du texte par Ludo Chauviac.
Grave de nombreuses planches à l’eau-forte.
Nombreux projets et travaux publicitaires.
Contrat avec la galerie ( ?) Rhyne.
Fin de l’année. Naissance de sa fille Anne-Marie.
1926.
(mai-juin) Liège, Cercle des Beaux-Arts.
Premier livre illustré d’eaux-fortes « Etreintes sacrilèges » de Lucio Dornano tiré à 120 exemplaires. (cf. informations complémentaires / curiosa)
1926-27. Contrat avec la galerie Darus.
1927.
Ouvrages illustrés et plusieurs suites d’eaux-fortes.
Période de flottement et de tâtonnements, surtout en peinture.
1928.
(02/01-15/01) Paris, Galerie Vignol (20 rue Jacob). Lafnet Luc, Massart Robert (sculpture).
(19/05-19/06) Liège, Palais des Fêtes / Parc de la Boverie. Salon triennal de Belgique.
Poursuit ses travaux publicitaires et l’illustration de livres galants.
1929.
( / - / ) Liège, Galerie Royale. Lafnet Luc.
Illustration de livres galants.
1930.
S’il expérimente la peinture abstraite en 1928 et 1929, il n’exposera ses œuvres de ce style qu’en 1930 à la galerie 23.
(18/04-01/05) Paris, Galerie 23: Cercle et Carré.
Après cette exposition, quitte le groupe… et ses expérimentations abstraites.
Loue, au début du printemps, une maison de campagne à Montamets (Yvelines) où il s’adonne à l’étude des paysages.
Nombreuses eaux-fortes.
(juin) Retour à Paris.
(juillet-août) Voyage en Italie en vue d’étudier les paysages qu’il devra graver pour un ouvrage de bibliophilie : « Euryale et Lucrèce ». * Visite Sienne, Florence, Fiesole et Pise.
De retour à Paris, il mène de front les illustrations d’Euryale et Lucrèce et des Légendes flamandes pour une société de bibliophiles liégeois.
Donne des cours de dessin aux jeunes coiffeurs et réalise des diplômes, affiches et dessins pour des instituts de beauté et des maisons de coiffure.
Illustre des ouvrages galants.
1931.
(octobre) Liège, Galerie Apollo (91 rue Cathédrale).
(29/10) Elevé au grade de Maître secret, 4e degré du rite de l’Orient de Paris.
Travaux publicitaires (couvertures du mensuel « La coiffure et les modes », dessins pour les produits de beauté René Rambaud et Schweiler).
Livres de bibliophilie :
- De Coster, Charles. Légendes flamandes, gravures sur cuivre de Luc Lafnet, aux dépens de l'Union liégeoise du Livre et de l'estampe, 1931.
- Piccolomini (Aeneas-Sylvius, Pape Pie II), Euryale et Lucrèce. Histoire de deux amants, Aux dépens de la Société des bibliophiles du papier, 1931.
- Brie-Comte -Robert, 1931. Suite de 6 eaux-fortes de Luc Lafnet, S.l., aux dépens de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Brie-Comte-Robert.
Un livre galant.
1932.
Livres de bibliophilie :
- Balzac Honoré de, Le Père Goriot, Paris, Mornay, 1933 avec 92 dessins originaux rehaussés de gouache par Luc Lafnet. [à vérifier ; l’exemplaire de l’édition Mornay, 1933indique sue la page de titre que l’ouvrage est illustré de gravure de Cosyns] !!!!!
Livres galants.
Nombreux travaux publicitaires (affiches, dessins pour la revue « Coiffure de Paris »
Commande pour le chantier du Cardinal Verdier.
Panneaux religieux pour les églises de la banlieue de Paris et pour des chapelles.
1933.
(janv.-fév.) Paris, Grand Palais. 44e exposition des artistes indépendantes.
Nouveau changement de domicile : les Lafnet s’installent au 54 rue Notre-Dame de Lorette.
Réande Jean. Inquiétude. Poèmes. Illustrations de Luc Lafnet. Published by P., G. Courville, 1933
Un livre galant.
1934.
(mai-juin) Paris, Hôtel des Ducs de Rohan. L’Art religieux d’aujourd’hui.
* e. a. Lafnet Luc.
Grave plusieurs planches au caractère religieux.
Très intéressé par les « chantiers du Cardinal », cette vaste campagne de constructions d’églises et de chapelles dans la périphérie parisienne, menée par le Cardinal Verdier, archevêque de Paris.
Livres galants.
DEBUTS DANS LA BANDE DESSINEE sous le pseudonyme Davine..
1935.
Chemins de croix pour la chapelle Saint-Pierre à Billancourt, l’église Saint-Charles de Montreuil, l’église de Nanterre, l’autel de la vierge de l’église Notre-Dame de Lourdes (aujourd’hui disparue), l’église de l’hôpital Saint-Louis, à Saint-Jean-d’Angely (Charente)
1936.
Séjourne trois mois au monastère de la Chaume, à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente), pour y décorer la chapelle des Pères Assomptionnistes ; ce sera sa plus grande fresque : 15 m x 4,75 m.
(29/03) Le groupe « Art-Sciences-Lettres » lui décerne une médaille d’argent pour ses mérites d’aquafortiste.
Illustre Jean Lurkin. Chasses joyeuses, Vervoz-Ocquier, édition de Saint-Hubert, 1936.
Un livre galant.
En fin d’année, Lafnet et achète un terrain à Maule (Yvelines), et y faire construire une vaste maison comportant un atelier.
1937.
Eaux-fortes et peintures.
(août [ ?]) Mort de sa fille à l’âge de 13 ans (leucémie).
1938.
(janv.-fév.) Paris, Galerie contemporaine (36 rue de Seine) Exposition internationale.
(19/03-28/03) Liège, Palais provincial. La gravure liégeoise contemporaine.
(20/05-08/06) Paris, Galerie contemporaine. Sans titre.
Illustre jean Lurkin. Physiologie de la chasse. Illustration de Luc Lafnet. Préface de Flament-Hennebique. Vervoz-Ocquier. Edition de Saint-Hubert, 1938, in 8 de 176 p. ill. d'1 frontispice et de 174 dessins in texte de Lafnet (le titre et la couverture annoncent 160 dessins) Tirage à 1426 exemplaires.
En 1938, c’est à lui que Rob-Vel, le créateur de Spirou, confiera la réalisation des premières planches des histoires du célèbre personnage de la bande-dessinée belge.
Le couple Lafnet s’installe à Paris, 61 rue Damrémont.
Entreprend l’illustration du Spleen de Paris. Préface d’André Suarès.
1939.
(14/01-31/01) Paris, Maison belge (20 rue de Berry). Les Artistes belges à Paris.
(21/01-08/02) Paris, Galerie Contemporaine. Lafnet Luc.
(fév.-mars) Paris, Galerie Bernheim-Jeune (83 rue du Faubourg Saint-Honoré). 19e exposition de la Société du nouveau Salon.
(avril) Paris, Galerie Charpentier (76 rue du Faubourg Saint-Honoré)
(mai) Paris, Galerie contemporaine.
(mai-sept.) Lille, Hôtel de ville. Les œuvres d’artistes belges.
Travaille à l’illustration du « Spleen ».
(juillet-septembre) Liège, Musée des Beaux-Arts. Exposition de la gravure liégeoise.
(sept.) Lafnet dont la santé n’a cessé de se dégrader depuis le mois de mars, est hospitalisé à Rueil-Malmaison.
(29/09) Décède d’un cancer du pancréas.
-----------------------------------------------------------------------
Post-mortem
1940.
( / - / ) Paris, Palais de Chaillot. Exposition de l’art français . Salon national des Indépendants.
1953.
(oct.) Liège, Cercle royal des Beaux-Arts. Lafnet Luc. Rétrospective.
1955.
(11/10-22/10) Liège, Cercle des Beaux-Arts. Lafnet Luc, Rétrospective.
1961.
(01/10-31/10) Bordeaux, Château de Cantenac-Brown (château d’André de Wilde). Lafnet Luc, Rétrospective.
1964.
(avril-mai) Liège, Musée de l’Art wallon. 125e anniversaire de l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège.
1976.
(25/05-12/06) Liège, Province de Liège / Affaires culturelles. Approche de Luc Lafnet.
1977.
(22/06-31/08) Liège, Cabinet des Estampes. Dessins du 16e au 20e siècle.
1980.
(01/05-31/05) Liège, Cercle Royal des Beaux-Arts. 50 ans d’activités, 1895-1945.
1985.
(mai-juin) Liège, Galerie 9A. Lafnet Luc (1899-1939)
1992.
(18/09-20/04/93) Liège, Cercle royale des Beaux-Arts. Le cercle des Beaux-Arts de Liège, 1892-1992.
2013.
(06/02) Artcurial a procédé le mercredi 6 février 2013 en l’Hôtel Drouot à Paris à la dispersion de l’intégralité du fonds d’atelier de l’artiste liégeois Luc Lafnet (1899-1939), resté presque intact depuis 1939. Sa veuve Jeanne Lafnet puis son mari André de Wilde conserva précieusement son fond d’atelier.
Aucune catalographie n est actuellement renseignee dans la base.
Aucune bibliographie reliee n est actuellement disponible.
Aucune information d acquisition n est renseignee.
Aucun manifeste n est renseigne pour cet artiste.
Luc Lafnet, 1923 repris in catalogue de l’exposition Luc Lafnet à la galerie 9A de Liège (Michel Lhomme), mai-juin 1985.
Les êtres beaux que je rencontre, je les veux plus beaux encore. Je veux dans mon rêve des larmes d’acide, des colères divines et des paix paradisiaques. Et même la douleur, quand elle passera, je la veux intense, monstrueuse, satanique ou grotesque.
Luc Lafnet 1925 (idem).
Regarde la vie, commets le plus possible d'indiscrétions, pénètre chez ceux qui pleurent et recherche les occasions d'assister aux spectacles des passions.
Luc Lafnet, 1927 (idem).
. Je découvrais en moi-même une vilaine difformité, c'est que j’éprouve une attirance pour toutes ces pauvres choses unanimement repoussées.
Luc Lafnet, 1927 (idem).
Il y avait en moi une dualité gênante : la gravure et la peinture. Je n'arrivais pas à confondre les deux en une même extériorisation. Certes leurs moyens sont différents mais non pas ennemis et mon subconscient, mon inspiration, ma vie intérieure étant un, il n'y a pas de raison que la peinture et la gravure dont la tâche est d'extérioriser cette même vie intérieure n'arrivent pas à s’entendre. La gravure le faisait mieux parce que sur le cuivre je me laisse aller à répandre abondamment tout ce qui naît, c’étaient des multitudes parce que c’était né spontanément de ma vie intérieure qui est telle. Mais la peinture était plus sèche, plus immobile, différente, car la peinture ne m'apporte pas la grande rapidité d'exécution de la gravure et est donc nuisible au mouvement abondant de mon inspiration. Ma peinture se propose plutôt des sujets plus simples ou la richesse de la matière et de la forme méprise l’abondance imaginative.
Donc voilà ce que je n'avais pas assez compris. Voilà le trait d'union entre ma peinture et ma gravure. Ma gravure est le tout pêle-mêle et ma peinture est un choix dans le tout.
Luc Lafnet, 1927 (idem).
La gravure à l'eau-forte est pour moi l'art par excellence, L’expression de cette imagination abondante car son exécution est surtout d’improvisation.
Faite pour être vue et tenue en main, elle invite au détail et supporte l'anecdote.
Je confie à l'eau-forte toute mon imagination et ma fantaisie.
Luc Lafnet, 1931 (idem).
Le mystère nous entoure, nous précède, nous succède. Il est en permanence autour de nous et en nous. C’est ce mystère que je veux exprimer. C’est lui dorénavant que je veux incliner dans mes œuvres, il est la vérité, tout l'inconnu, tout mon rêve. Je le représenterai partout où il s'insère, dans des légendes, des scènes religieuses, dans la moindre des choses, dans toute la vie.
Mme L. Lafnet-Schreder. Interview (commentée) de Luc Lafnet, 1936.(idem).
Bien que Paris ait exercé sur lui, comme sur beaucoup d'artistes d'ailleurs, son attraction inéluctable, Luc Lafnet n'en est pas moins un enfant de chez nous que l'Académie de Liège a contribué à former.
Situer son œuvre serait bien difficile, étant donné que depuis ses premières années, toutes instinctives, Luc Lafnet a frappé à toutes les portes, a touché à tous les genres, et pour reprendre une phrase du peintre lui-même : « l'entraînement des rythmes innombrables sur l’élan essentiel, relie toutes choses, et pour bien situer la plus simple des choses, on atteint tout de suite au seuil de l’Infini ».
Comment est née sa vocation ?
« Il me semble que j’ai toujours dessiné. Je n'ai pas connu d' « Anchio son pittore» ni de « Chemin de Damas ». C'est une faculté native qui fait partie de mes besoins; je dessine comme je pense; Comme je ressens ».
Ceci est incontestable lorsqu’on regarde ses tableaux, ses dessins « intellectuels» et « spiritualisés ». Des idées sur la toile, des idées d'une inspiration audacieuse parfois, en tous cas, originale, telle cette présentation allégorique d'Adam et Eve en une seule personne.
- Votre inspiration a-t-elle subi une évolution ?
- Beaucoup de flux et de reflux, dit |'artiste.
En effet, à quelle variété de sujets a atteint ce peintre multiple, sensible, qui voit toutes choses au travers d'une personnalité très particulière sa peinture est toujours construite sur une architecture géométrique (et pentagulaire) basée sur le « nombre d'or ».
Lafnet nous parle de l'art actuel.
« Du point de vue de /'art (comme pour toutes les activités d'ailleurs) notre époque est une autre tour de Babel; l'unité est démembrée en d’innombrables subdivisions qui se traduisent en une foule d' « ismes » qui semblent s'opposer, mais qui, en réalité, ne sont que des détails d’un seul ensemble; ce sont les multiples facettes d'un prisme unique.
Rien de neuf, si ce n'est le démembrement. Ce qui importe, c’est de renouer avec la tradition, en reconstituant l'unité.
J'ai pour ma part tente de le faire, et j’ai, un par un, assimilé les éléments divers pour enfin les répandre dans l'unité. En résumé, je crois que l'œuvre d'art est la projection totale d'un individu. Le symbolisme, le réalisme, le surréalisme, le cubisme ne sont que des projections partielles de certaines de nos facultés, isolées, abstraites, par rapport au « tout » que chaque individu réalise. Pour préciser, il faudrait évidemment déterminer ce «tout » par l'analyse et la synthèse. Mais ceci devient de la philosophie et même un peu plus...
(...) Il n'y a pas un public, il y a des hommes, tous différents, et chacun suivant l'impulsion de sa dominante, va vers les œuvres qui présentent avec lui le plus d'affinités. Ce qui est vrai pour « l'homme qui œuvre» est vrai aussi pour « l’homme qui regarde »; chaque « isme » a son public, mais une projection totale rencontrera une réception équivalente ».
Cette « projection totale », Luc Lafnet l'a réalisée en multipliant Ia diversité de son talent, en touchant à tous les genres, mais toujours guide par le souci sincère de traduire avant tout ce qu'|| ressent, ce qui dans son être est le vrai.
Au fond, je pense que le sujet n'a aucune importance en soi, l'objet, oui, mais son accident, non. Tout est en tout. Une pomme résume l'univers.
Lafnet nous semble panthéiste. Mais n'est-ce pas le secret d'aimer mieux tout, par conséquent de rendre mieux, de grandir l’art, en voyant un peu de Dieu.
Qu'i| est donc magnifique, ce don de trouver une âme aux choses, âme que tout cœur noble et généreux peut découvrir et comprendre, mais que seul un grand artiste peut concrétiser !
- Jean Capseo-Laporterie, La Vie de Bordeaux, 11 juin 1961 in catalogue de l’exposition Luc Lafnet à la galerie 9A de Liège (Michel Lhomme),mai-juin 1985
Du premier contact résulte une impression extraordinaire de variété, et il est difficile de penser que ces œuvres diverses ont eu le même auteur. La facture qui est d'une maitrise absolue, permet au peintre de s'exprimer tantôt comme un graveur romantique, et parfois l'influence de Gustave Doré est éclatante, et tantôt comme le plus minutieux des miniaturistes, et surtout comme un élevé de Bruegel.
Toutes ces formes, aussi variées soient-elles, ont leur unité assurée par la présence d'une âme extrêmement tourmentée, avide de perfection formelle et de construction en profondeur, vivifiée par un ésotérisme puisé aux plus hautes sources. Les dernières œuvres en particulier sont émouvantes, lorsqu'on voit le travail géométrique qui a précédé leur réalisation. La Section d’Or était la hantise de ce grand peintre, mais parfois la plus généreuse truculence l'arrachait à une méditation morose ou sa minutie l'aurait enfermé.
Comment aurait-il évolué ? Tout permet de penser qu'un pareil tourment moral et qu'un pareil souci de perfection n'auraient pas connu de terme et que le peintre aurait essayé toujours de nouvelles formules, chaque œuvre à réaliser posant un nouveau problème et suscitant de nouvelles solutions.
Dans ce besoin de se renouveler, je vois personnellement une nécessite du créateur, mème si ses admirateurs perdent pied et le regrettent. Luc Lafnet était certainement de ceux qui ne s'enferment pas dans une mème formule et il a eu assez de métier, d'inspiration et de foi, pour laisser le plus attachant des témoignages.
- Jacques Parisse. Lafnet exhumé, mai1985. Texte d’introduction au catalogue de l’exposition Luc Lafnet à la galerie 9A de Liège (Michel Lhomme),mai-juin 1985.
Nous entretenons les paradoxes qui nous conviennent. Georges Simenon est liégeois d'Outremeuse, expatrié depuis 1919 et célèbre; Luc Lafnet était liégeois de Sainte-Marguerite, expatrié depuis 1923 et, à ce jour, ignoré du monde artistique, à commencer – c’est la règle ! - de celui de ses compatriotes. Ce n’est pas le moindre défaut de nos concitoyens : il n’est de carrière glorieuse que celle qui est forgée en dehors des murs. Nos artistes le savent qui ne rêvent que d'en sortir,.. Dès lors, Simenon -qui fut, soit dit en passant, l’ami de Lafnet - est promu au titre de « citoyen le plus illustre », celui qui nous honore et nous permet parfois de donner des points de repère à l’étranger.
«C'est la faute à Lafnet» disent certains parmi ceux - devenus rares - qui le connurent. Il est mort trop tôt. Il était né trop tard pour être considéré comme Philippet, de Witte, Auguste Donnay - comme un des maîtres de la relance des arts plastiques à Liege à la fin du dix-neuvième siècle. Il était cape de velours noir, trop chevelu, romantique attardé quand le réalisme pointait, trop bohème - marginal dit-on aujourd'hui - pour une ville de province qui aimait que les hommes et les choses soient dans l’ordre. On oublia qu'il était, dès les études académiques, le plus doué de ses pairs pour mieux se souvenir que ce talentueux dispersé - mauvais, ça ! - (peintre, graveur, illustrateur, caricaturiste, affichiste,...) avait, en art, l'esprit plus germain que latin, que chez lui le fantastique primait l'idéalisme, que ses crises de mysticisme avaient une odeur de souffre et que le corps se plaisait dans les jeux d'alcôve qui ne prédisposaient pas au salut éternel. On n’a donc pas vu ou pas voulu voir que dans ses phases, les gammes de l’apprentissage achevées, il y eut en Lafnet - superbement, personnellement - Bosch, Jacques Callot et Gustave Doré, Gustave Moreau, Ensor et son contemporain aussi exilé Félicien Rops.
Luc Lafnet était baudelairien, partagé entre les deux postulations existentielles simultanées : dieu et satan. Et bien d'autres: mysticisme et rationalisme, latinité et germanité, vertu et vice, nature consolatrice et villes serviles... Artiste bohème, il y avait en lui du maudit même si Paris, où il vécut et travailla de 1923 à 1939, lui conféra - honneur rare - un début de notoriété méritée et d’aisance matérielle. Dans la mort, Luc Lafnet suivit sa fille. C'était en 1939. Il avait quarante ans,
Voici - enfin - l'occasion attendue de redécouvrir - ou découvrir - Luc Lafnet et de donner à son œuvre riche, diverse, une place qu’à ce jour nos musées qui possèdent des œuvres n'ont pas cru digne de leurs cimaises.
Michel Lhornrne et ses amis, dont la passion a cru dans la recherche difficile, nous procurent - monographie rigoureuse à |'appui - la première rétrospective Lafnet aussi complète que possible: 35 tableaux, 45 aquarelles et dessins, 50 eaux-fortes, 45 livres illustrés, un chapitre varia groupant lithographies, affiches, ex-libris et menus, bandes dessinées et revues, autographes, objets de curiosité...Plus de 230 pièces rassemblées, serrées, confrontées comme dans ces cabinets d’amateurs ou la passion tient lieu de règle muséographique.
- Lettre de Jean Hélion à Marc Renwart, 27 août 1985.
Cher Marc Renwart, '
Merci de votre lettre du 20 août qui nous a fait grand plaisir ainsi que le catalogue de l'exposition Luc Lafnet [en mai-juin 1985 à Liège, Galerie 9A : Luc Lafnet (1899-1939) Commissaires : Patricia Adam, Michel Lhomme.] que ma femme m'a lu puisque je n'en suis plus capable.
Je m'étonne un peu de n’y voir nulle part mentionné son grand ami et protecteur Aquarius "Bidus" dont je suis bien sûr que Simenon se souvient bien. Dommage qu'il ne soit fait aucune mention de l'amitié qu'il m'a portée et de celle qu'il a eu avec le peintre de Spa, Engel Pak, aussi Louis Fernandez, Torres-Garcia, et surtout le pianiste belge Daniel Campara et quelques autres tels que Hubert Dubois et Auguste Mambour que j’ai rencontré chez lui quand il habitait rue du Mont Cenis. Ces derniers ont acquis quelque réputation depuis sa mort mais il les tenait en haute estime à ce moment-là. Est-ce que Mambour n'avait pas eu le premier prix de Rome de Belgique l'année ou Lafnet eût le second. Je pense aussi au romancier Léon Ruth, sa femme Claire Premor la comédienne et le dramaturge Paul Demazy dont on jouait à Paris au studio Champs Elysées d'après Mac Orlan "La cavalière Elsa" disons en 1926 ou 1927 et en 1928 Dalilah à l’Odéon. Même s’il paraît qu’il ne s'est pas bien conduit pendant la guerre je ne vois pas de raison de passer sous silence ce qu'il peut avoir fait de bien auparavant.
Daniel Campara fut autant men ami que celui de Luc Lafnet et après que ce dernier se fut fâché avec moi en 1928, il m'en donnait des nouvelles. Il est mort, je crois, pendant la guerre. Mais hors d’état de se battre et d’être fait prisonnier comme je l’ai été de 1940 à 1942 quand j’ai eu la chance de m’évader du Stalag 28 à Stettin. Je crois que Georges Simenon aujourd’hui est le seul qui ait connu tous ces gens chez Luc Lafnet lui-même.
Ce dernier a été mon premier maître J’ai exposé avec lui à la Foire aux Croûtes pendant plusieurs années autour de 1925. Après les conseils de Luc Lafnet, un peu académiques, j’ai reçu ceux du peintre uruguayen Torres-Garcia en 1927 et 1928 et dès 1929 ceux du peintre hollandais Van Doesburg qui mourut en 1931, l’année où j'avais fondé avec lui le groupe Abstraction Création que j'ai quitté en 1935 et dès 1936 j'ai vécu aux Etats Unis mais je suis revenu à la fin de 1939, début I940, partager le sort de mes compagnons français et cela a été bien sûr la captivité en Poméranie, etc. J'avais du reste là-bas un grand ami belge qui était devenu après la guerre conservateur du musée royal de la guerre. Comme depuis quelques années je n'ai plus eu de ses nouvelles, je crains qu'il ne soit décédé. C'était un personnage très distingué et très brillant et fut en captivité un parfait camarade. Nous étions tous les deux interprètes à bord du Nordenham d'où j'avais fait le projet de m'évader avec lui mais il fut change de camp quelques semaines avant que je parte.
Je serais toujours intéressé par les nouvelles que vous pourrez avoir concernant Luc Lafnet et son œuvre. La dernière fois que j'ai parlé de lui ce fut à l'occasion de mon vernissage à l'exposition de Liège en 1981. Le conservateur de ce musée, une dame dont je ne sais plus le nom, mais qui était charmante, le tenait en haute estime et s'occupait de ses gravures.
Je tiens à vous faire savoir que Georges Simenon avait donné à un musée de Liège (je ne sais plus lequel) un portrait de Luc Lafnet peint par moi en 1925,pendant qu'il en faisait un de moi que je possède encore.
J'ai gardé un bon souvenir de lui et une grande estime, également pour sa femme Jeanne, que je n'ai jamais revue mais avec qui j'ai correspondu dans les années 60 un peu avant sa mort.
Il va se tenir à Bruxelles cet hiver une exposition « La couleur depuis Matisse » dans laquelle je suis bien représenté. Je ne sais plus où elle doit se tenir, au palais des Beaux-Arts probablement. Mon critique et ami René Micha de Bruxelles peut vous donner tous les détails qui pourraient vous intéresser sur moi.
Croyez que j'ai une haute estime pour l'effort que vous faites pour conserver le souvenir de Luc Lafnet.
Recevez mes cordiales salutations.
Aucune video exploitable n est renseignee dans la base.