Disciplines et techniques
Decors, Dessin, Gravure et image imprimée, Peinture, Aquarelle, Eau-forte, Fresque, Gouache, Gravure, Huile, Pastel, Tapisserie, Vitrail, Xylogravure
En construction
Nationalite : Belgique
Communaute : Communauté française
Lieu de naissance : Soumagne
Decors, Dessin, Gravure et image imprimée, Peinture, Aquarelle, Eau-forte, Fresque, Gouache, Gravure, Huile, Pastel, Tapisserie, Vitrail, Xylogravure
Ecole belge, Ecole bruxelloise, Ecole wallonne
Expressionnisme, Fauvisme, Figuration, Nature morte, Nu, Paysage, Portrait, Scène religieuse
Aucune relation pedagogique documentee.
En construction
1912
(14/12/1912-05/01/1913) Bruxelles, Galerie Georges Giroux. Les Bleus de la GGG.
1913
(17/05-07/06/1913) Mons, Salle Saint-Georges. Cercle Le Bon Vouloir. Salon (18e)
(04/10-27/10/1913) Bruxelles, Musée Moderne. Xe Salon annuel du Cercle d’art Les Indépendants
( / - / /1914) Bruxelles, Galerie Sélection. [Sans titre]
1916
(18/03-09/04/1916) Bruxelles, Galerie Georges Giroux. XIe Salonannuel du Cercle d’art Les Indépendants
1917
(23/06- /1917) Bruxelles, Galerie Georges Giroux. XIIe Salon annuel du Cercle d’art Salon Les Indépendants
1918
(05/01-17/01/1918) Bruxelles, Galerie Georges Giroux. L’Avenir. Exposition de peinture et sculpture de La Ligue belge d’Expansion artistique.
(27/07-01/09/1918) Bruxelles, Galerie Sneyers. Cercle d’art L’Evolution. Salon d’été.
1920
(18/09-08/10/1920) Bruxelles, Galerie Sélection. Œuvres de cubistes et néo-cubistes : Les Cubistes français et belges.
( / - / /1920) Bruxelles, Galerie Georges Giroux. [Sans titre]
1922
(Janvier 1922) Bruxelles Galerie Georges Giroux. Salon d'Art Moderne Belge (Exposition de jeune peinture et de jeune sculpture)
(15/04-31/10/1922) Venise / IT. Biennale de Venise (13e). Pavillon belge
1923
(fév.1923) Anvers, . Exposition internationale de gravure sur bois (03e)
(01/12-15/12/1923) Bruxelles, Palais d’Egmont. Salon de La Lanterne Sourde, Art belge d'esprit nouveau
1924
(mars 1924) , , Exposition d’arts décoratifs, organisation : Groupe Lumière
(10/05-25/05/1924) Uccle, Château de Wolvendael. Collection Fr. Van Haelen.
(27/121924-06/01/1925) Bruxelles, Galerie Louis Manteau. Blanc et noir
1925
(28/04-25/10/1925) Paris, . Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes
( / - / /1925) Bruxelles, .Exposition d’Art de la Libre Académie de Belgique (Fondation Edmond Picard)
(oct.-nov. 1925) Monza / IT . Exposition des Arts décoratifs (02e).
(1925) Paris, . Exposition des Arts décoratifs de Paris / Pavillon de la Belgique
1926
( / - / /1926) Anvers, Feestzaal. Salon triennal.
1931
(21/03-01/04/1931) Bruxelles, Galerie Georges Giroux. Art Wallon.
1932
(30/04-31/05/1932) Liège, Palais des Beaux-Arts. Salon d'Art wallon contemporain.
1933
(12/08-08/10/1933) Gand, Palais des Fêtes au Parc de la Citadelle. Salon 1933 – Gand (45e). Salon triennal.
1935
(01/05-15/11/1935) Bruxelles, Heysel. Exposition Universelle et Internationale. Exposition internationale d’art moderne.
( / - / /1935) Bruxelles, Galerie Giroux. Groupe des V. Counhaye Charles, Gooris Jean, Scoupreman Pierre (peintre, graveur et sculpteur), Van Goolen Joseph-Gérard (sculpteur), Wolvens.
1937
(23/05-25/11/1937) Paris / FR. Exposition internationale. Arts et techniques.
Premier voyage en Espagne. Selon Dubrunfaut, il y serait allé 10 fois.
1938
(19/02-03/03/1938) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Counhaye Charles, De Pooter Frans, Jascinsky Nina.
1939
(20/05- / /1939) Liège, Exposition internationale de l’eau, grande rétrospective d’art ancien et exposition de « l’art vivant »
(08/07-24/09/1939) Liège, Musée des Beaux-Arts. Cent ans d'Art wallon
( / - / /1939) New York. New York World’s Fair.
1940
( / - / /1940) Bruxelles, Galerie La Sirène. Counhaye Charles.
1942
(03/10-21/10/1942) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Counhaye Charles.
(22/04-14/05/1944) Bruxelles, Galerie Apollo. Counhaye Charles ; Kat Anne-Pierre.
1947
(03/05-02/06/1947) Charleroi, locaux de la Bourse. Les Artistes du Hainaut. Salon Triennal (02e)
(07/09-28/09/1947) Tournai, . Cercle artistique. Salon (57e)
1949
(13/08-16/09/1949) Tournai, Halle aux Draps. Exposition des Arts Religieux anciens et modernes
(24/09-31/10/1949) Liège, Palais des Beaux-Arts de la Boverie. Salon quadriennal de Belgique, Liège 1949
1951
(04/04-25/04/1951) Oslo / NO, Kunstindustrietmuseet. Den Belgischke Kunstindustriutqstilling.
01/12-30/12/1951) Liège, Musée des Beaux-Arts. Salon de la Paix
1952
( / - / /1952) Bruxelles, Nouvelle Galerie Watteau. Premier salon d’ensemble.
(08/10-29/10/1952) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. L'Art Monumental dans les établissements publics et industriels.
(22/11-04/12/1952) Bruxelles, Galerie Watteau. Counhaye Charles.
1953
(03/10-03/11/1953) Liège, Musée d’Art wallon - Boverie. Salon quadriennal de Belgique, Liège 1953.
1954
(06/02-17/02/1954) Bruxelles, Galerie La Sirène. Counhaye Charles.
Voyage en URSS (seul et unique voyage). Il y accompagne une délégation belge invitée par le mouvement culturel moscovite Vox.
(16/09-30/09/1954) New York / US, Architectural League of New York. Belgian Craftmanship, an exbibition of applied art
(15/10-25/10/1954) Paris / FR, Atelier Paul Pouchol. Expositions de quelques œuvres de 3 peintres belges : Bertrand Gaston, Counhaye Charles, Creten Georges,
1955
(08/01-22/01/1955) Bruxelles, Palais d’Egmont. Exposition organisée par la députation permanente de la Province du Brabant.
(02/04-14/04/1955) Bruxelles, en son atelier, rue du Lombard 73. Counhaye Charles.
( / - / /1955) Paris / FR, Musée d’Art Moderne. Figuratifs- Abstraits
(10/10-22/12/1955) Liège, Apiaw. Counhaye Charles.
1956
(déc. 1956) Bruxelles, Galerie Dutilleul. Counhaye Charles
( / - / /1956) Verviers, Musée des Beaux-Arts. Counhaye Charles. Rétrospective.
1958
(21/04-19/10/1958) Bruxelles, Exposition universelle et internationale. L’Art belge contemporain (Palais VII)
1960
(22/10-02/11/1960) Bruxelles, PBA. Counhaye Charles.
1961
( / - / /1961) New-York / US. . Counhaye Charles. Dessins.
( / /- / /1961) . Province Brabant. Counhaye Charles
1962
(04/02-18/02/1962) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Œuvres d’art acquises par l’Etat en 1961
( / /- / /1962) . Province Brabant.
(05/10-19/10/1962) Bruxelles, Galerie Antilope. Counhaye Charles
1964
(11/12-29/12/1964) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Œuvres d’art acquises par l’Etat en 1964.
1965
(mars 1965) Bruxelles, Province du Brabant. Collection du docteur Jean Mage.
( / - / /1965) Bruxelles, Palais des Congrès. Exposition d’art de la Province de Brabant.
(26/11/1965-02/01/1966) Liège, Musée des Beaux-Arts. 20 ans d'Apiaw.
1966
(07/01-25/01/1966) Bruxelles, Palais des Congrès. Patrimoine artistique de la Province de Brabant.
( / /1966) Bruxelles, Galerie Le Creuset. Création de la compagnie « Théâtre vivant ».
(mars) Saint-Gilles, Hôtel de Ville. Salon de peinture et de sculpture
1967
(03/02/15/02/1967) Bruxelles, Galerie Albert 1e. Counhaye Charles.
(13/09-26/09/1967) Bruxelles, Galerie de l’Abbaye. Antoine Paul, Counhaye Charles, de Vlaminck Géo, Ghobert Bernard, Weemans.
1968
(mai 1968) . Patrimoine artistique de la Province du Brabant.
(28/02-19/03/1968) Bruxelles, Galerie de l’Abbaye. Counhaye Charles.
(07/06-19/06/1968) Bruxelles, Galerie Albert 1er. Hommage à Charles Counhaye par ses élèves : L. Collet, P. Devos, Dubrunfaut, P. Nolens, R. Somville, P. Van Thienen.
(13/07-11/08/1968) Spa, Pouhon Pierre-le-Grand. Artistes liégeois contemporains]
(27/09-13/10/1968) Charleroi, Palais des Beaux-Arts. Peintres et Sculpteurs brabançons (* = abstraits) et Artistes liégeois contemporains.
( / - / /1968) Bruxelles, Théâtre National. Aquarelles et gouaches.
1969
( / -13/01/1969) Tournai, Cercle artistique / Sigma 13. Aquarelles et gouaches
(19/03-08/04/1969) Bruxelles, Galerie de l’Abbaye. Counhaye Charles.
(25/03–13/04/1969) Ixelles, Musée communal. Bruxelles, Musée d’Ixelles, Œuvres d’art acquises en 1968 par le ministère de la culture française / Direction générale des arts et lettres
(06/09-28/09/1969) Namur, Maison de la Culture. 50 ans de peinture à Bruxelles et en Wallonie.
( / -03/12/1969) Bruxelles, Galerie Racine. Counhaye Charles.
1971
(06/06/1971) Décès de l’artiste, à l’âge de 87 ans.
(oct. 1971) Liège, Musée de l’Art wallon. Art de cinq provinces.
1972
(23/04-14/05/1972) Namur, Maison de la culture. Counhaye Charles. Rétrospective.
PREMIER HOMMAGE NATIONAL
1973
(12/01-03/02/1973) Mons, Musée des Beaux-Arts. L’art monumental en Hainaut.
(03/02-25/02/1973) Verviers, Musée des Beaux-Arts. Counhaye Charles.
(30/06-13/07/1973) Ostende, Casino. Counhaye Charles.
1974
( / -02/03/1974) Bruxelles, Galerie Présences. Counhaye Charles.
(août 1974) Sainte-Cécile-sur-Semois, . Exposition d’art belge.
(13/07-01/09/1974) Aubel, Abbaye du Val-Dieu. De Ensor à Delvaux. Peinture belge moderne.
(06/11-27/11/1974) Bruxelles, Théâtre National. Le bois dans l’art contemporain.
1975
(12/07-31/08/1975) Aubel, Abbaye du Val Dieu. 35 artistes de la Province de Liège.
1976
( / -13/01/1976) Bruxelles, Galerie Horizons. Counhaye Charles.
(29/01-15/02/1976) Bruxelles, Galerie Présences. Counhaye Charles.
(21/04-11/05/1976) Liège, Galerie Saint-Rémy. Counhaye Charles.
1977
(16/12/1977-02/01/1978) Bruxelles, Galerie Bortier. La peinture belge contemporaine dans la collection Serge Goyens de Heusch.
1978
( / -07/02/1978) Bruxelles, Galerie Horizons. Counhaye Charles.
(22/04-21/06/1978) Petit-Rechain, Galerie Richard Marchal. Counhaye Charles.
( / -22/10/1978) Liège, Galerie Leodico. Counhaye Charles.
1979
(juin 1979) Bruxelles, Galerie Armorial. Cinquante ans de La Cambre, maîtres de l’atelier de peinture.
( / -08/02/1980) Bruxelles, World Trade Center. Counhaye Charles, Wouters Rik.
1980
(15/01-10/02/1980) Bruxelles, Galerie Hutse. Charles Counhaye et ses élèves.
( / -24/05/1980) Petit-Rechain, Galerie Richard Marchal. Printemps ‘80
(26/09/1980-04/01/1981) Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts. 150 ans d'art belge dans les collections des M.R.B.A.
1981
(09/01-24/01/1981) Bruxelles, Salle des Métiers d’art de la province. Counhaye Charles. Dessins.
( / - / /1981) . Counhaye Charles.
1982
(04/06-20/06/1982) Forest, Abbaye. Counhaye Charles.
1983
(21/05-26/06/1983) Flémalle, La Châtaigneraie. 30 -40 : de la Crise à la Guerre.
(juin 1983) Ixelles, Musée Communal.
(22/12/1983-21/01/1984) Bruxelles, Fondation pour l’Art belge contemporain. Counhaye Charles, Somville Roger, lavis, 1942-1967.
1984
(08/06-19/08/1984) Namur, Maison provincial de la Culture. La peinture en Belgique sous le règne du roi Albert.
(16/06-01/07/1984) Flémalle, Centre wallon d’Art contemporain. Tendances et projets.
(09/09-30/09/1984) Liège, Les Chiroux. Germinal Pluriel.
1985
(15/05-13/07/1985) Bruxelles, Caisse d’Epargne et de Retraite / CGER. Magie du verre.
1988
(18/06-04/09/1988) Flémalle, Centre wallon d'Art contemporain de Flémalle / CWAC. Fondation pour l'Art belge contemporain – Serge Goyens de Heusch.
1989
( / - / /1989) Tournai, Maison de la Culture. L’œil au bout des doigts. 100 dessins des collections de la Communautéfrançaise et de l'Etat belge accompagnés des œuvres de 15 jeunes dessinateurs.
Ensuite : (15/07-27/08/1989) Redu, 6 espaces / (septembre à ?1989), Arlon, Maison de la Culture / et en 1990, au Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel en Suisse.
(11/11-10/12/1989) Flémalle, Centre Wallon d’Art Contemporain - CWAC. Carte blanche à Jacques Parisse, 25 ans de critique d'Art.
1990
(14/02-28/04/1990) Bruxelles, Fondation pour l'Art belge contemporain. L’art belge au XXe siècle.. Acquisitions 1988-1989.
(12/10-16/12/1990) Ixelles, Musée communal. L’impressionnisme et le fauvisme en Belgique.
1996
(27/11/1996-31/01/1997) Liège, Espace BBL. 125 ans d'art liégeois - peinture, sculpture, gravure en province de Liège / 1870-1995.
20022
(31/03-07/05/2022) Bruxelles, Association du Patrimoine Artistique / APA. Le Fauvisme belge. La révolte de la couleur.
Aucune catalographie n est actuellement renseignee dans la base.
Aucune bibliographie reliee n est actuellement disponible.
Aucune oeuvre n est reliee a cet artiste dans la base.
COLLECTIONS.
Etat belge
Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts
Anvers, Musée royale des Beaux-Arts
Liège, Musée d’Art wallon
Ixelles, Musée communal
Verviers, Musée des Beaux-Arts
Province du Brabant wallon
Fondation pour l’Art belge contemporain
Paris, Musée d’Art moderne
Aucun manifeste n est renseigne pour cet artiste.
« Charles Counhaye. Petite histoire du vitrail » in Journal des Ingénieurs n° 2. Bruxelles, 1957, pp. 17-18, 38.
« Charles Counhaye. Petite histoire du vitrail. A moyen neuf, technique nouvelle : le béton translucide » in Journal des Ingénieurs n° 3. Bruxelles, 1957, pp. 23-28
Charles Counhaye. « Le rôle du cartonnier », texte de conférence en vue de la création d’une association de cartonniers, s. l., s. d., 6 p.. Tervuren, coll. Edmond Dubrunfaut
Charles Counhaye. « Note manuscrite » sur papier grené, 20 x 16 (1960). Bruxelles, coll Lefèvre.
Lettres de Moscou envoyées à Juliette : 14/07/1954, 15/07/1954, 17/07/1954, 48/07/1954, 19/07/1957 et de Léningrad, 22/07/1954. Toutes dans la collection Walbers.
Lettres de Dax à Jean Lefèvre, 20/05/1955, 21/05/1955. Coll. Lefèvre
Lettre de Paris à Jean Lefèvre, 26/05/1955. Coll. Lefèvre
Lettre de Géo Norge à Charles Counhaye. Saint-Paul de Vence , 14/09/1970. Liège, coll. Walbers.
Poèmes
- Turco, mon chien. Poème manuscrit à Juliette Counhaye. Liège, coll. Walbers.
- Poème inédit pour Juliette, 24/12/1938. Liège, Coll. Walbers.
-
- in https://journals.openedition.org/textyles/6632
(oct. 1922) Avec Paul George (pseudonyme de Paul Nougé), André Guéry-Famerie, le compositeur Eugène Samuel Holeman, Paul Hermant (qui avait collaboré à L’Art libre) et l’hispaniste Étienne Vauthier, bibliothécaire à la KBR, il participe au comité de rédaction de la revue bimensuelle d’art et de littérature Aujourd’hui que dirige Henri Fast, poète et journaliste à L’Étoile belge et à La Flandre libérale, futur directeur du satirique Panurge (1931-1933), et bientôt éditeur.
Il y propose des bois gravés, mais bénéficie aussi, dans la première livraison, d’un bel article d’André Guéry-Famerie qui le présente comme un peintre d’avant-garde particulièrement cultivé. Sans doute mécontent de quelques réserves exprimées dans le texte, Counhaye rédige pour la seconde livraison un article intitulé « Peinture » qui peut apparaître comme une première esquisse de ses convictions. Il y prend ses distances avec l’expressionnisme, plus encore avec le dessin « bien fait » des formations académiques inspirées de Poussin. Désormais, conclut-il : « L’unité que nous cherchons, le style que nous pressentons, ne peuvent venir qu’en corollaire d’un ordre social nouveau bâti sur des lois économiques moins précaires que les nôtres, à la suite aussi d’une morale qui ne trouvera ses sanctions qu’en notre humilité. »
Se lie d'amitié avec les futurs protagonistes du fauvisme brabançon et son art expose alors à la fois des explosions de couleurs pures qui ignorent les contours et des influences cubistes qui semblent plus constructives.
Evolue vers la synthèse du design et la maîtrise de l'expressionnisme.
Inspiré principalement par la figure humaine. Ses œuvres témoignent d'une humanité profonde et ont souvent une dimension sociale. Réalise entre autres des compositions avec figures, nus, portraits, natures mortes.
Joué un rôle important en tant qu'innovateur de l'art décoratif monumental contemporain. Forme, entre autres, les artistes du Groupe Force Murale. A souvent séjourné en France et en Espagne.
- André Guery Charles Counhaye in Apollo n° 17, 1e déc. 1942, pp. 1-4
Vorci deux mois, les salles du Palais des Beaux-Arts accueillaient une exposition qui tranchait singulièrement sur la médiocrité, sur la facilité ou sur la banalité rassurantes des multiples manifestations du même genre proposées aux bruxellois amateurs de peinture. Je veux parler de l'ensemble solide, équilibré, réfléchi, offert à notre curiosité par Charles Counhaye.
Certains ont semblé surpris par cette révélation soudaine d'un peintre d'une telle valeur, d'une œuvre d'une aussi haute signification.
Pour moi, puis-je me prévaloir d'avoir fait cette découverte voici vingt ans déjà ? En juillet 1922, à l'occasion d'une étude sur Charles Counhaye, publiée dans le numéro de la revue Aujourd'hui, j'écrivais en effet : “Si loin que remontent mes souvenirs, aux heures où l'impressionnisme était triomphant, Counhave gardait dans ses œuvres les plus colorées, les plus baignées d'air et de lumière, un souci constant de la pureté de la ligne, de l'équilibre des masses, et de l'harmonie de la composition. Ses portraits datant de cette époque n'ont jamais sacrifié le caractère et le style à la joie et à la fantaisie de la couleur pure.
Mais Charles Counhaye n'a jamais sollicité par des moyens étrangers à son art, ou par d'habiles adhésions, à des mouvements tapageurs, l'attention du grand public.
Il n'a pas davantage soumis sa curieuse personnalité à des modes passagères, sous prétexte de recherches ingénieuses ou d'exploitations hardies de toutes les possibilités de la technique.
Ce pur Wallon, Verviétois comme l'excellent sculpteur Wansart, comme le grand Guillaume Lekeu, patiemment, longuement, mais aussi passionnément médité son œuvre tout en perfectionnant avec une inlassable persévérance ses moyens d'expression.
Nul plus que lui n'a épuisé toutes les ressources du dessin. Nul mieux que lui n'a scruté la figure humaine tout en s'attachant à en dégager l'essentiel avec une scrupuleuse et parfois angoissante vérité.
Ce travail en profondeur. Counhaye l'a poursuivi sans arrêt pendant quarante ans, tout en enrichissant sans cesse une culture étendue, servie encore par les apports d'une sensibilité toujours en éveil.
Loin des groupes et des clans, Counhaye s'est gardé cependant de tout isolement hautain et stérile, de tout refus systématique. Tous les mouvements, toutes les tendances, toutes les expériences sincères ont retenu son attention. Rien de ce qui pouvait contribuer à l'enrichissement de 35 techniques ne lui est demeuré étranger. Mais ce furent des acquisitions bientôt et totalement assimilées.
Un moment aux heures de la réaction contre l'impressionnisme, de la plastique pure, de l'étude de l'objet en soi, etc. Counhaye s'est attardé dans des recherches abstraites. Alors que les bases solides de sa formation le mettaient, mieux que quiconque, à l'abri des déliquescences et de l'amorphisme, il fut de ceux qui s'imposèrent avec une sorte de sombre et calviniste fureur, une règle de strict dépouillement, un appauvrissement volontaire.
Si cette claustration délibérée a pu rendre service à certains qui, privés de discipline personnelle et de science véritable, s'abandonnaient à une dangereuse facilité, j'ai toujours estimé que Counhaye avait consenti là de lourds et vains sacrifices.
Au cours de cette période de pénitence, l'artiste, poussé par sa scrupuleuse volonté de ne rien montrer en public qui ne soit solide et loyal, devait détruire des dizaines de toiles, des centaines de dessins, le plus souvent avec une déplorable sévérité.
Mais qui songerait encore à lui faire grief de cette rigueur à laquelle il n'a point renoncé en présence des résultats acquis, de l'authentique et haute maîtrise qui aujourd'hui s'affirme ?
L'œuvre de Counhaye se présente avec cette force drue et nerveuse à la fois muscles, nerfs, et os - que possèdent seuls ceux qui, à tous égards, et sans restrictions, disposent des ressources de leur métier. On sent que jamais dans l'expression de sa personnalité, de sa sensibilité, de sa volonté, le peintre n'est retardé ou dévoyé par une difficulté technique. L'obstacle est abordé de front et franchit en souplesse. En souplesse et en force. Jamais par ruse, jamais par une pirouette.
Je veux dire que si la conception a pu être lente, mûrie, voire épurée par la ferveur douloureuse de la création, la sûreté de la réalisation ne fait jamais songer à cette virtuosité désinvolte, à ces trucages insolents, bien propres à éblouir les naïfs. L'art de Counhaye est un art prodigieusement intelligent, mais c'est un art sans “ficelles”.
Cette honnêteté de l'artiste, sensible dans le paysage, dans la nature morte, s'affirme avec une pleine autorité dans les figures, dans les portraits. Nous voici revenus, devant ces toiles, à la joie joic seconde mais délectable qui retient et rappelle l'amateur devant les œuvres des beaux peintres.
Si, abstraction faite des émotions spirituelles suscitées par le premier contact avec l'œuvre, l'œil est d'abord attiré par le charme de la mise en page, l'opulence du coloris, la fermeté du dessin, l'équilibre général de la composition, si l'esprit et le cœur sont atteints ensuite par la sincérité et l'élévation de l'inspiration, par la révélation de la sensibilité d'un artiste qui décèle avec une troublante perspicacité le caractère secret le drame de chacun de ses modèles, aussi bien que l'ambiance dans laquelle ils se meuvent, c'est à la perfection classique d'un métier sans bavures, sans hésitations, comme sans négligences que nous devons de nouvelles et durables satisfactions.
Et l'on se délecte à goûter la richesse et la transparence des pâtes. le mystère moelleux des ombres, le jeu subtil des éclairages, la franchise du coup de brosse, la luminosité des glacis, le savant dépouillement des moyens mis en œuvre ; bref on se délecte à cet inventaire “matériel” de l'oeuvre, si décevant devant la grande majorité des pages qui nous sont présentées aujourd'hui.
De l'ensemble, en fin, de l'étroite épousaille de ces dons et de cet acquis, de ces richesses spirituelles et sensibles, se dégage l'affirmation d'une maîtrise authentique.
*
Si certains peuvent passer devant la somptuosité ardente et contenue des toiles de Charles Counhaye sans percevoir la science qu'elles révèlent, les plus profanes seront pleinement éclairés en prenant contact avec ses aquarelles, ses lavis, ses dessins, où s'affirment d'une manière plus directement sensible les ressources inépuisables d'un métier assez sûr pour demeurer discret.
Le trait est si net, si incisif et si souple à la fois, qu'il fait songer å la précision déliée d'une écriture, pleine de noblesse et de force élégante.
Et ici l'on touche le point même où se lient pour l'artiste authentique, les pleins pouvoirs que délivre la maîtrise de la matière, l'expression de la personnalité dans ce qu'elle a de plus secret, de plus pur, de plus spirituel, et cette personnalité elle-même, avec ses passions, ses espoirs, ses enthousiasmes et ses turpitudes.
On conçoit qu'il n'y a plus place dans des pages de cette qualité et de cette résonance, pour des morceaux de bravoure, des recherches occasionnelles et moins encore pour de heureux hasards.
Les œuvres dans leur extrême diversité demeurent liées par la continuité qualitative du style et de l'inspiration. Toutes, ensemble. et chacune en particulier, ont la valeur d'un message. A nous de pouvoir le lire, d'en pénétrer le sens secret. l'appel et le mystère. ou de demeurer “à l'extérieur”.
A l'extérieur, où se coudoient ceux qui, par indifférence ou par impuissance, demeurent insensibles à certaines formes supérieures de l'expression artistique. et aussi ces théoriciens du bon goût et du bon ton esthétique, pontifes de l'histoire de l'art, incapables de contempler un paysage sans l'affubler du nom d'un peintre, d'apprécier l'apport d'un peintre vivant sans évoquer un maître défunt, ou sans l'enfermer dans les limites d'un isme à la mode.
J'imagine volontiers que l'œuvre de Counhaye n'est point faite pour les mettre à l'aise, ni les uns ni les autres.
Elle se refuse aux uns, elle fait fi de l'érudition pédantesque des autres. Elle se suffit à elle-même. car elle ne se réclame que de sa sincérité profonde. des vérités qu'elle révèle, et des certitudes de durée dont elle est chargée.
Essentiellement et généreusement peintre, Counhaye nous convie, dans ses pages les plus simples et les plus directes, à des effusions spirituelles et sensuelles à la fois qui dépassent la simple appréciation d'une ligne, d'un ton, d'un équilibre de volume ou d'une heureuse mise en page. Et cependant, c'est par ces moyens exclusivement plastiques, dépouillés de toute littérature, qu'il nous entraîne dans un monde par lui créé et qu'il nous offre comme une révélation. En même temps, par l'honnêteté de sa technique et la simplicité savante de ses moyens, il s'écarte aujourd'hui, avec sérénité, de tous les courants où tant d'autres se débattent tapageusement au milieu des épaves de mouvements morts.
*
Mais son long labeur. Counhaye ne l'a pas consacré uniquement à la peinture pure. Pour en donner une idée tant soit peu complète, il faudrait parler encore du décorateur, du créateur de tapisseries et de tapis, du dessinateur de meubles, du céramiste, du vitrailleur, de l'illustrateur, du dessinateur de costumes et même de l'étalagiste ...
Dans chacune de ces activités, Counhaye, servi par ses qualités de dessinateur et de peintre, par les apports de sa par l'abondance et la qualité de son inspiration, a donné des œuvres d'une haute et durable qualité. Et cela, soit comme créateur isolé, soit en collaboration avec des architectes qui trouvèrent en lui un ingénieux et habile illustrateur de leurs conceptions monumentales. Dans ses grandes pages les plus directement publicitaires, les plus ouvertement commerciales, Counhaye a au réserver la plus large place aux exigences du goût et de la discrétion, tout en faisant appel à l'originalité, à la fantaisie, voire à l'humour. L'ensemble révélant toujours la forte personnalité de l'artiste, le style caractéristique de sa technique, son sens de la grandeur et sa fidélité à ses disciplines spirituelles.
Pour illustrer ceci d'un exemple qui a été soumis à l'appréciation de la très grande foule, je rappellerai les vastes panneaux décoratifs conçus par Charles Counhaye pour le stand présenté par l'Institut National Belge de Radiodiffusion, en 1938, au Salon annuel de la Radio, et dont le plan général était dû à l'architecte Jean Mathieu.
Un public plus restreint se souviendra des réalisations suivantes : vitrail La Sainte Cène, exécuté pour l'abbaye de Tongerloo ; vitraux de la chapelle royale à l'Exposition de Bruxelles, 1937: vitraux de la chapelle du château de Bioul ; carton de tapisserie exécuté pour l'Exposition de New-York, etc., etc.
J'ai jugé indispensable d'évoquer ainsi les interventions de Charles Counhaye dans les métiers d'art, car elles tiennent, à mon sens, une place importante dans les éléments constitutifs de son attachante personnalité. Au surplus, lors de chacune de ces interventions, c'est le peintre qui a dominé toujours la pensée de l'artiste créateur. Ce sont les dons du peintre qui ont enrichi les conceptions du décorateur participant ainsi, avec une sorte de joie passionnée, à une œuvre largement publique, sociale, destinée à la grande foule et susceptible de la servir en lui offrant de la beauté dans le décor le plus quotidien de sa vie.
Celui qui entend pénétrer l'œuvre de Counhaye, en goûter les multiples et subtiles résonances, en percevoir la haute signification, doit connaître ces divers aspects du vaste labeur d'un créateur qui a su se révéler tout entier dans la ligne des grandes traditions de son art. Tous se complètent et procèdent de vertus identiques, car tous le sollicitent avec une égale sincérité.
Ainsi se dégagent, très schématiquement, les éléments essentiels du portrait que l'on tracera quelque jour de l'un des plus beaux peintres dont la Belgique contemporaine puisse s'enorgueillir.
x. Charles Counhaye, le peintre verrier. Bruxelles, 1942.
R. Puttemans. Les dessins de Charles Counhaye. Bruxelles, 1944.
- Paul Fierens. « Expositions des Arts décoratifs de Paris 1925. La section belge » in Gazette des Beaux-Arts, n° , 1925, p. 230
Bien décorative aussi, mais tout autrement vivante, la frise de Charles Counhaye, dans un clair oratoire, dispose une farandole, un cramignon de saints et saintes belges, sous les rinceaux de vignes stylisées. Gudule, Waudru, Gertrude, Wivine font face à Bavon, Hubert, Eloi … Une rudesse de vieille gravure, de vieille image folklorique, leur confère un charme naïf sans rien enlever de cette rigueur toute contemporaine qui caractérise leur architecture anatomique et leur discrète gesticulation.
- Paul Caso. Charles Counhaye, Bruxelles : Éditions Meddens, pour le Ministère de l'éducation nationale et de la culture, collection « Monographies de l'art belge », [1964]
- Jacques Collard. « Charles Counhaye, l’homme seul ». Ostende, éd. Erel, 1973, p. 53.
Il s’agissait d’un château du XVIIIe siècle dont les propriétaires avaient fait entreprendre le réaménagement. Robert Puttemans imagina sans peine ce que la collaboration de Charles Counhaye pouvait apporter en « ton » à ce château qu’on entendait faire vivre et non pas se transformer en une reconstitution historique dénuée de vie. C’est bien dans cet esprit que Counhaye conçut pour le salon, ces « Douze mois » exécutés dans son atelier sur une toile de 60 m2 d’un seul tenant, avec la collaboration de ses élèves. En dépit du problème qu’il posa, le marouflage fut exécuté habilement et sans raccord.
- Jacques Collard. 50 artistes de Belgique (9ème ouvrage de sa Collection « Nos Héritages »), Louis Musin éditeur, Buxelles 1976 [Charles Counhaye pp. 60-67].
(…)
Bilan impressionnant que celui de cette vie. Il y a cette œuvre somptueuse d'un aristocrate par tempérament, qui magnifiait les humbles en parlant d'eux. Il y a son enseignement officiel : à La Cambre, au Collège français. Mais il y a aussi cet atelier des Galeries Nationales qui deviendra un jour un haut lieu de l'histoire de notre art. De là sortirent « Forces murales », l'expérience des ateliers de Dour, le « Mouvement réaliste belge » et la renaissance des arts du Mur.
Nous écrivions en 1970, ce texte :
HOMME SEUL ?
On l'a dit souvent : dans la pléiade des grands oubliés, Charles Counhaye occupe incontestablement la position de l'être éminemment libre qui paie de cet isolement le prix de son indépendance d'art et de pensée.
Personnage érasmien ? Non pas : c'est leur absence d'engagement, leur parti pris de se tenir au-dessus des événements et des mêlées qui valent aux Erasmes les anathèmes des Luthers en même temps que l'exécration des papes. Charles Counhaye, au contraire, s'est isolé par une série d'engagements qui tous collent à son être, à sa puissante, à sa fascinante personnalité, mais dont aucun n’était, hélas, compatible avec la faveur des pouvoirs publics, ni même avec l’appui des groupes…
Dans l'enseignement ? Il fuit, vers la Cambre, la sécheresse de l'enseignement académique que gênaient d'ailleurs ses options audacieuses. Mais ses vrais disciples : les Somville, les Dubrunfaut, il les forme en atelier.
En politique ? C'est son cœur, c'est son sens profond de l'humain qui le portent à gauche - comme tous les hommes de sa génération qui détestaient les conformismes. Mais lors d'un voyage en U.R.S.S. qui fit là-bas quelque bruit, il réduit à ses vraies dimensions le débat autour du réalisme socialiste, en déclarant tout de go au nez des officiels que, si l'on peignait mal maintenant en Russie, c'est qu'on y avait toujours mal peint !
Mais le gauchisme, alors, ne menait pas aux biennales !
SENTIMENT TRAGIQUE DE LA VIE
En peinture aussi, il fait cavalier seul. Wallon, il a pourtant l'amour sensuel, tactile de la couleur-matière. Mais il tient de sa mère tolédane des affinités qui le rapprochent du vérisme espagnol. Mieux : il adopte volontiers cette palette qui, des Romans catalans à Juan Gris, voire même à Dali, à un certain Picasso, est une constante de la peinture ibérique : les ocres, les bruns, les noirs, le rouge du sang séché. L'éclat de sa couleur s'affirme comme celui d'une pierre précieuse. Mais la pierre, en l'occurrence, est de la famille sombre.
Seulement, au lieu de dégrossir la forme à la hache, ce Latin construit, met en place, relie les uns aux autres les organes du tableau.
CHAINON D'UNE FILIERE (REALISTE)
Homme seul ? Oui. Mais à présent qu'il est tant parlé d'une résurgence réaliste, il est temps de désigner du doigt les chainons manquants qui nous font comprendre que (quoi qu'en pensent les inattentifs), il n'y a là rien de « néo ». Il y a tout simplement un retour en surface d'un courant qui, derrière le primat abstrait, poursuivait, depuis l'expressionnisme, sa démarche souterraine. On n'explique chez nous ni Somville, ni « Forces murales » (ni tout ce qui en découle : le regroupement autour d’une idée -force exprimée dans un manifeste dont on parla) sans dire et répéter que la source de tout cela, c'est l'atelier, c’est enseignement de Charles Counhaye qui désignait à l'attention un expressionisme alors négligé : celui des grands Mexicains, et qui, partant de là, rénova notre art monumental.
Maís encore ! Là aussi, l'homme seul prend ses distances - comme nous l'allons voir. Il ne reconnaît pas toute la progéniture des poussins qu'il a couvés !
Tout cela, jusque dans ses outrances, ne part-il pas cependant de ce même appétit d'authentique, de cette soif de bonne monnaie qui sonne franc et juste ? Et cette soif ne marque-t-elle pas aussi le réalisme espagnol dont, en peinture comme en dessin, s'imprègne l'œuvre de Charles Counhaye ?
VITRAIL ET MOSAIQUE : LE SENS MONUMENTAL
● Tranchons dans le vif : l'homme que, en 1926, vous fûtes, a décoré de vitraux et de mosaïques, l'abbaye de Tongerloo qui ressuscitait ?
- Je m'en sentais le droit. Chrétien ? Non, je ne le suis pas, mais j'ai le sentiment profond de la présence du Christ. De qui cela me vient-il ? De ma mère qui, même à son lit de mort, ne voulut pas voir de prêtre, mais qui priait ?
● Les servitudes du vitrail- la dépendance, par exemple, de l'artisan - ne vous ont-elles jamais dérangé ?- Pas du tout ! J'en ai d'ailleurs pénétré la technique et en ai fait beaucoup. Je domine aussi la peinture monumentale lorsque je dois m'y attacher. On m'a chicané les dimensions de ma peinture de chevalet ? J'y reste fidèle parce que, dans ce langage-là, c'est mon format d'expression à moi. Mais j'ai peint aussi pour une autre destination, et donc dans un autre propos, des toiles de 23 mètres !
PEINTURE DE GRAND VIVANT
Charles Counhaye est du temps où les artistes avaient encore assez de santé pour être de grands vivants, pour avouer bien bravement leur amour de la vie, et de la femme...
« L'art n'est jamais chaste », disait Picasso. Et tous les ateliers ont leurs enfers. Mais on reparlera peut-être un jour de l'œuvre du « second rayon » de Charles Counhaye. Très libre, mais de haute qualité, elle est un défi aux chlorotiques à problèmes - une dérision jetée aux éréthismes, aux tripatouilleurs de perversions suggérées par l'impuissance...
● Rops ? est-ce un dessinateur ? Claude Lyr, un jour, me désignait les faiblesses de son crayon !
- Rops pense beaucoup. Trop, peut-être. Son dessin, oui, manque de souplesse et parfois de mouvement vrai. Le sujet, chez lui prédominant, lui cache parfois le poids de la chair.
Charles Counhaye, lui, dessine mouvant. Il affectionne la plume qui lui permet de revenir, de réaffirmer la forme tout en la creusant en profondeur. Et ce n'est pas à l'Académie qu'il a demandé des leçons d'anatomie, mais bien... aux médecins, à l'amphithéâtre !
Il y a d'ailleurs entre eux et sa peinture pleine de santé, des atomes crochus. Je crois que c'est le peintre qui en totalise le plus dans son public, dans ses amis aussi, à côté des Mogin.
LES ELEVES
Laissons parler Somville : - C'est à la Cambre que Counhaye m'a rencontré,
« C'est à la Cambre que Counhaye m'a rencontré, arraché à une voie fausse : je faisais des études d'architecte décorateur. Je n'étais pas fier à ce moment de mon dessin, de ma peinture. Charles Counhaye me prit en charge. Cela débuta le jour où, retenant le modèle, il dessina pour moi, durant trois heures, en commentant. Mes yeux s'ouvrirent à la vision du peintre. En deux mois, il m'a fait faire mes humanités artistiques - et m'en a appris plus que je n'en avais appris en cinq ans. »
Repassons la parole au maître :
- Le mouvement réaliste ? S'il veut vraiment frapper un grand coup, il importe que l'on y soit très, très sérieux. Exposer dans des endroits inhabituels pour aller à la foule ? Oui, à condition de ne pas tomber dans le canular. Quant à la fonction sociale de l'art ? Voici ce que j'en pense : on est d'abord peintre. Axé en peintre sur la vie. Et la peinture peut inclure - notamment - le social, parce que la vie l'inclut.
LA MODE ET LE STYLE
• Qu'est-ce qui, selon vous, différencie dans une époque, l'une et l'autre ?
- Voilà, en effet, la question qui dissipe les équivoques ! Une mode ? C'est un engouement superficiel, subi par l'artiste aussi bien que par la foule. Le style par contre est senti, agi. C'est l'expression profonde de l'âme, de la manière d'être et d'être telle d'une époque. Seules les sociétés fortement structurées et riches en individualités de grand format peuvent créer un style.
D'autres questions me viennent : je les garde pour moi. Non : ce n'est pas ici le lieu d'évoquer certains aspects de ce néo-réalisme qui a déjà son académisme, qui impose déjà à l'œil des « concernés », ses conditionnements, et qui devient déjà le plus commode des fourre-tout.
Et l'anti-art ? Ou le dernier train parti : le non-art ? Je pense à la Voie Royale de mon ami La Bourdonnaye : Charles Counhaye y marche, incontestablement. Artiste jusqu'aux moelles : dans le cœur, dans la sensibilité, dans la sensualité même - et revendiquant le droit à l'orgueil d'artiste. Comment pourrait-il à ce parti pris de dérision répondre autrement que par un haussement d'épaules ?
Cette peinture sombre et somptueuse comme une toilette d'infante ne ravale jamais, même et surtout quand elle parle des humbles. Elle magnifie, elle anoblit ce qu'elle touche. Charles Counhaye est un grand, un très grand monsieur. Peut-être trop grand ? On n'aime pas les têtes qui dépassent...
A NAMUR ET A VERVIERS EN 1972 RETROSPECTIVES ON COMMENCE A COMPRENDRE
Tout de même, de l'eau passa sous les ponts ! Lorsqu'en 1970, nous évoquions le honteux isolement dans lequel les pouvoirs publics laissaient l'œuvre de ce tout grand bonhomme, on faisait la sourde oreille. De sorte que ce fut finalement Namur qui fit pour ce grand Wallon ce que Bruxelles aurait dû faire depuis longtemps pour ce grand Belge ! Mais voilà : toutes ces palabres avaient pris bien du temps, et Counhaye nous quitta en septembre pour un monde meilleur sans avoir eu la joie de voir cet hommage de ses fervents...
Sa ville natale, Verviers, lui rendit le même honneur en ce musée où figure cet « Hommage à Counhaye » que, dans un élan généreux, le disciple, Roger Somville, offrit spontanément à la ville désargentée... Ostende a suivi. L'on est en droit de croire que Bruxelles n'osera plus rester en arrière ! (1) (Elle l’est toujours).
« PLUS FRANÇAIS QUE BELGE ? »
C'est ce qu'en a dit longtemps notre critique, et on la comprend : la période parisienne de Counhaye s'étale de 1916 à 1926, pratiquement jusqu'à sa quarantaine. Et son dessin nerveux, et sa peinture anguleuse et construite, paraît alors novatrice et inquiète les pusillanimes et même les amis plus rassis comme André Guéry.
Après les années d'apprentissage (à Verviers avec Rensonnet, à Bruxelles avec Montald). Counhaye évolua au quartier Montparnasse : J’ai dit-il, fait tous les métiers pour subsister. Tapisseries sur toile de jute pour Robert. Portraits d'’ancêtres’ pour comtes romains, à un franc par jour, et que sais-je encore ? Dessins alimentaires, chronique judiciaire de « I' Intran », qu'il illustra longtemps. Dessin polémique dans « Le Monde » de Barbusse jusqu'à la mort de ce dernier... Son style dans « Montparnasse » (revue confidentielle devenue rarissime) était cubiste.
A son retour en Belgique en 1926 correspond le début de son enseignement qui allait être lourd de fruits et de conséquences. En 1934, il reprend, à la Cambre, le cours d'art monumental qu'après Van de Woestyne, avait assuré Anto-Carte. Il l'assura jusqu'à sa retraite, en 1946, lorsque Delvaux le reprit.
C'est là, mais plus encore dans l'atelier des Galeries nationales, où il réunit les disciples choisis : Dubrunfaut, Collet, Somville, qu'il attira l'attention sur l'importance qu'allaient reprendre, avec la renaissance de l'architecture, les arts du Mur : tapisserie, vitrail, fresque, céramique. Le modèle qu'il proposait ? Cet expressionnisme auquel à l'époque, chez nous, peu prêtaient attention celui des grands Mexicains, Orozco, Siqueiros, Rivera, révélés à Barcelone lors d'une exposition qui fit date, en 1921, et qui coïncida avec la publication du Manifeste de l'art révolutionnaire mexicain, de Siqueiros.
Les arts décoratifs ? Lui-même les pratiqua en développant une invention, une originalité, une fécondité extraordinaires, disent les Ghobert, les Puttemans, les Van de Velde, tous les architectes avec lesquels il collabora. C'est lui qui réalisa en 1923 les vitraux de Tongerloo, ceux des chapelles de Bioulx et d'Alost : en 1958, ceux de l'église Saint-Christophe à Char et juste avant sa mort enfin, la grande verrière de l'institut agronomique de Gembloux.
En tapisserie ? Il y eut celle de New York, d'autres encore, plus les projets retrouvés à sa mort, du « Cirque », du « Golgotha », de la « Chute des anges rebelles ». En fresque ? Le plafond, la salle à manger du château de Feluy. Et parlerons-nous des multiples projets de tissus, de paravents, d'autres éléments d'ameublement ?
ON L'A COUVÉ. SORTIRA-T-IL ENFIN ?
« Est-il plus peintre que dessinateur ? » C'est une question que souvent je me suis posée, sans jamais oser y répondre.
Incontestablement, son œuvre dessiné est très, très important et le serait plus encore si subsistait ce qui n'a pas survécu à sa véritable manie de la destruction (ô le grand difficile ! Mogin le savait bien, qui achetait souvent, et enlevait à même l'atelier, des œuvres manifestement achevées...). Mais qui pourrait, même après de consciencieuses recherches (et nous sortons d'en prendre !) évaluer l'exacte importance de son œuvre picturale ? Une sorte de fatalité l'a poussé à vendre à des collectionneurs qui, au lieu de montrer, le couvèrent jalousement. Et lui-même, de ce fait, gagnant bien sa vie, et étant de nature peu communicatif, exposait peu. C'est dire que les rétrospectives furent quasiment des révélations.
- Edmond Dubrunfaut. « Note pour le catalogue de l’exposition de Charles Counhaye dans les locaux des Métiers d’art de la province du Brabant ». Bruxelles, janvier 1981, p. 1
J’ai souvent eu l’impression, durant les trois à quatre années passées à la Cambre et ensuite par les contacts avec Counhaye durant plus de 35 ans, d’une amitié spirituelle profonde, que cet homme était un créateur chargé de l’esprit de la renaissance, à cheval entre Titien, Tintoret, Véronèse et l’Espagne de Vélasquez, de Zurbaran et de Goya. Il disait d’ailleurs : « Je suis né cinq siècles trop tard, soit un siècle trop tôt, pour connaitre le nouvel épanouissement humaniste » tant il était certain qu’après les expériences souvent gratuites de l’entre-deux-guerres et celles d’après la libération, le retour à l’homme serait inévitable.
- Alain Viray, Charles Counhaye, Institut Jules Destrée, coll. Nos Artistes, Charleroi, 1991
- in https://journals.openedition.org/textyles/6632
Counhaye publie des bois et deux grands articles dans Monde qui participera à l’illustration ce cette publication jusqu’à la mort de Barbusse en 1935.
Dans le premier, il renouvelle sa condamnation du surréalisme autant que de la plastique pure. Deux mots-clés apparaissent dans son texte : la vie et le sujet, qui paraissent former le credo artistique auquel il restera fidèle
- Counhaye (Charles), « Peinture moderne », Monde, 9 juin 1928, p. 4.
Du cubisme intégral à l’expressionnisme naïvement prétentieux ; du dadaïsme, petite farce bourgeoise, au surréalisme, fécond en cas pathologiques, l’art plastique s’est avoué, depuis quinze ans, en réaction constante contre la vie. […] Priver l’œuvre de son sujet, c’est limiter la vie à son moi et ne plus se réserver que l’investigation des éléments qui composent notre toute petite personnalité. […]
- Counhaye (Charles), « L’étalage un art d’aujourd’hui », Monde, 12 novembre 1928, p. 4.
Dans le second article, il développe l’idée qu’il n’y a pas d’art mineur, et que l’embellissement de la vie quotidienne est bien un « Art d’aujourd’hui […] L’appel fait par les grands comptoirs de vente à la sensibilité créatrice dépasse déjà le stade de la publicité et nous apparaît comme une manifestation nationale marquée par les caractères de la race. […] un Art nouveau s’édifie en dehors des élucubrations de la mode sous le contrôle permanent de l’esprit ».
Ces prises de position en faveur d’un art réaliste, associé au mouvement social, ne doivent pas faire confondre Counhaye avec les défenseurs du réalisme socialiste. Son dessin à l’encre de Chine intitulé « Les résistants », vraisemblablement exécuté vers 1944-1945, est une exception dans son œuvre par sa référence à une action militante. S’il est sensible aux êtres humains, s’il dessine et peint de très nombreux personnages anonymes, le plus souvent des femmes, quelques usines et des personnages au travail, il réalise surtout des paysages et des portraits que rien ne relie à un engagement politique. Mais par sa détestation du surréalisme et de l’art abstrait, puis par l’enseignement de l’art mural à La Cambre à partir de 1936, et par une vision figurative, vivante et synthétique de ses sujets, il a contribué à donner à ses élèves des modèles dont l’esthétique de Forces murales (Louis Deltour, Edmond Dubrunfaut et Roger Somville) se souviendra.
- A. Guery-Framerie. Charles Counhaye in Apollo / Chronique des Beaux-Arts n°17. Bruxelles, 01/12/1942 , pp. 1-4
Publication : "Dessins de Charles Counhaye", 27 dessins avec texte de Robert Puttemans, éditions Galerie Apollo, Bruxelles 1944.
- Roger Avermaete. L’aventure de Lumière. Anvers, 29/08/1966, p. 216.
(…) Pour la première fois nous n’avions pas assez de matériel et la qualité, à peu de choses près, laissait à désirer. Quelques reliures, de la broderie, des tables, des affiches et des tapis, formaient un ensemble des plus disparates.
L’honneur fut sauvé, si j’ose dire, par l’envoi de l’Ecole française de Bruxelles. Les travaux de ses élèves, exécutés sous la direction de Charles Counhaye, firent sensation. Ils furent promus décoratifs pour sauver la face car ils n’étaient pas décoratifs du tout. Au contraire, ces dessins témoignant d’une fantaisie s’éployant en toute liberté. Plus tard, quand les pédagogues, enfin revenus de leurs stupides méthodes, permirent aux enfants de s’exprimer librement, les résultats furent tout aussi brillants. Notre ami Charles Counhaye fit donc œuvre de pionnier.
- Voiturier Michel, « La beauté de l’eau », in Le Courrier de l’Escaut, 27 janvier 1969.
- Collard Jacques. « Relégué pour cause de grandeur : Charles Counhaye » in Pourquoi pas ?. Bruxelles, 13/11/1969.
- Serge Goyens de Heusch (dir.). Art / W20. Un siècle d’art en Wallonie. Bruxelles Dexia - La Renaissance du livre, 2001
Texte repris et légèrement remanié, in Art belge au XXe siècle, collection de la Fondation pour l’art contemporain Serge Goyens de Heusch – Musée de Louvain-La-Neuve, ed Racine, Bruxelles 2006 (p 116)
Séduit, au cours des années dix, par le Fauvisme, puis par les découpes cubistes, Charles Counhaye trouve, au début des années vingt, sa voie définitive dans une vision âpre et synthétique de la réalité, en une gamme de tons sombres tendant à la monochromie ; dès lors, on peut estimer que son art s’apparente à l’expressionnisme.
Durant ces mêmes années vingt, l’artiste apparaît d’abord comme l’un des meilleurs rénovateurs de l’art monumental en Belgique ; plusieurs commandes de fresque, de vitraux, de céramiques monumentales et de tapisseries en témoignent amplement.
Un intérêt pour la figure humaine, marqué par une humanité profonde et des convictions politiques très à gauche, le porte, dans ses toiles et ses nombreux lavis, à transcrire d’un trait nerveux les attitudes et les gestes de ses contemporains, ( notamment lors de ses voyages en Espagne). Une vision plutôt dramatique de l’existence d’où ne sont plus exclus les sarcasmes vis-à-vis des injustices ou des poncifs du temps, apparente sans doute son art à celui de Goya qu’il admirait grandement.
Artiste à la forte personnalité, professeur fécond qui inspira la démarche de plasticiens comme Edmont Dubrunfaut et Roger Somville, Charles Counhaye est à considérer comme l’un des représentants les plus originaux de l’expressionnisme wallon.
-Jacques Collard. « Charles Counhaye reconnu par les pouvoirs publics » in Pourquoi pas ?, 15/01/1981.
- Puttemans Pierre. « Charles Counhaye » in Brabant Tourisme n° 2, février 1981, pp. 10-17.
Pas de notes complementaires disponibles.
Aucune video exploitable n est renseignee dans la base.