1983
- Claude. Lorent,. In catalogue La Pierre dans l’Art Belge contemporain Atelier 340, 1983, pg 223 (texte choisi par C Claus)
Préoccupé depuis toujours du rapport qui peut exister entre la création artistique, plastique et la nature, allant jusqu'à concevoir de multiples œuvres pour être intégrées dans un site « naturel », évidemment remanié par l'homme pour les besoins sociaux et urbanistiques, on ne s'étonnera pas de constater que les sculptures de Christian Claus ont un rapport direct à la notion d'architecture. Plus d'une civilisation, parfois distante de milliers de kilomètres, a opté pour les constructions de forme pyramidale quand il s'agissait de traduire une certaine spiritualité souci d'élévation dont les fameuses ziggourats sont les témoins les plus sûrs, marques de croyances, preuve d'un idéalisme marqué au plus profond des êtres humains... tant de réponses sont envisageables d'autant plus que le xxe siècle possède aussi ses pyramides carrées dont on n'est pas sûr qu'elles soient autre chose que l'impression d'une vanité plutôt mal placée. Le sculpteur a repris une forme générale, belle parce qu'elle allie, dans une pureté qui accepte d'être prise en défaut par les marques du temps ou autres agents, d'une part la ligne rigoureuse, arête vive jusqu'au point de fusion, d'autre part les surfaces au caractère géométrique qui dans les cas les plus proches du modèle égyptien, véhiculent aussi leurs symboles; parce qu'elle joue sur le volume et s'inscrit avec une facilité imposante et évidente dans la nature la plus concurrente; parce qu'elle se prête aussi à de multiples interprétations sans vraiment rien perdre de sa force; parce que séculaire elle ne porte pas une ride de fatigue et étonne par sa modernité, et cette forme il l'a placée dans des situations qui appellent à la fois l'admiration et à un cheminement mental qui élève : on touche à la véritable expression plastique et non à ce qui tourne autour en se servant des biais littéraires ou des alibis de certaines figurations voire la poudre aux yeux du savoir-faire. Art non figuratif ? La question est largement dépassée, finalement, Christian Claus se distingue par son audace, or, il en faut pour reprendre un tel thème et parvenir à lui donner des accents aussi actuels et pour le porter à l'aide de matériaux bien contemporains, à de nouveaux sommets de l'expression. Tout est toujours à redire et rien n'est jamais dit totalement, il faut sans cesse approcher notre réalité et notre fragilité. »
2000
- G. Désir, in Arts 2000 Monographies d’artistes – Centre culturel Woluwé-Saint-Lambert]
« Son œuvre se situe entre minimalisme et abstraction construite ou déconstruite non sans humour : lignes de force et de fragilité d’escaliers ne menant nulle part ; étranges maisons de pierre, aveugles et figées dans le silence d’une ouverture qui se perd à l’ombre noire de l’intériorité ; passages et couloirs dans la ligne de plans verticaux, parfois à la dérive oblique… Tout cela entre le lisse et le brut, la découpe et la cassure, l’unicité et la pluralité, la pierre bleue et le marbre blanc, gris ou rose.
Depuis ses débuts il y a près de cinquante ans, Christian Claus a fondé son art sur sa rencontre avec la matière, qu’elle soit pierre, sable, huile noire ou acier. En filigrane, il y a inscrit ses questionnements sur le temps, le monde, la vie et la mort : une réflexion sur le sens, toujours subtil, de ce que l’on croit figé, opaque, interdit, fermé mais aussi et parfois en même temps ouvert, fluide, accueillant. Au long de ses années de création, son travail n’a cessé de parler le langage du vide et du plein qui, depuis des siècles, interpelle notre humanité par sa symbolique universelle. » [Annie Préaux 22 février 2023]
« Traverser l’œuvre de Christian Claus se révèle être un parcours initiatique, car toute sa création est une quête philosophique … D’une pureté formelle extrême, ses pierres (…) concentrent l’essence même de la roche, jouent avec les lois de l’équilibre et déclinent les formes de base, le cercle, le carré.
2001
Claude Lorent, in publié le 19 03 2001
La formule est simple : l'invité, en l'occurrence Christian Claus, choisit deux co-exposants. Baudrienne Stalpart, sculpteur de la mouvance construite, et Philippe Toussaint, équilibriste de la forme érodée et investigateur spatialiste. Christian Claus, en ses sculptures, s'en tient au carré, en pierre souvent, auquel il adjoint l'immatérialité diffuse de la lumière bleue ou les sables mouvants. Sans déroger à ses investigations depuis plus de vingt ans, c'est-à-dire une rigueur de conception, de formes, de réalisation, il réintroduit l'instabilité des sables de couleur en y ajoutant, pour mieux souligner ce caractère, le mouvement sous-terrain. La matière tremble, vibre, vit, se modifie sous l'action d'une force cachée. Et le mystère du monde en perpétuelle évolution par les puissances naturelles, s'accomplit. Dans les meilleures pièces, une magie s'accomplit.