Benoît Félix - Art Info
Benoît Félix

Benoît Félix

Ne en 1969
Dessin Multimedia Photographie Sculpture Vidéo Artiste

     En construction

Nationalite : Belgique

Communaute : Communauté française

Disciplines et techniques

Dessin, Multimedia, Photographie, Sculpture, Vidéo, Assemblage, Installations, Multiple, Perforations, Performance, Sculpture Matériaux mixtes, Sculpture papier, Vidéo artistique, Matière plastique, Papier, Papier découpé, Peinture

Ecoles et roles

Ecole belge, Ecole bruxelloise, Artiste, Commissaire d'exposition, Professeur d'art plastique

Mouvements et themes

Information non documentee.

Artistes lies

Aucune relation pedagogique documentee.

Resume

     En construction

Biographie

1992

(  /  - /  /1992) Charleroi, Musée des Beaux-Arts. Biennale des jeunes talents (03e)
** Ensuite : Musée Rimbaud Charleville Mézières / FR.

 

1993

(  / -  /  /1993) Bruxelles, Galerie Pierre Hallet. [Sans titre]
(05/06-14/08/1993) Namur, Maison de la Culture. Triennale des artistes de la province de Namur (6e). 14 artistes de - de 35 ans.

 

1994

(05/05-25/06/1994) Bruxelles, rue de la Chanterelle 8. Prospectus
(  / -  /  /1994) Bruxelles, La Vènerie. Temps de l’art, reprise d’atelier

 

1995

(  /  - /  /1995) Bruxelles, Académie royale des Beaux-Arts. Sélection du prix GS Arts Belgium

 

1996

(  / -  /  /1996) Bruxelles, Atelier de Benoît Félix. Cycle Félix Benoît, Corvilain Renaud. Decoux Didier

 

A étudié la psychanalyse lacanienne après avoir obtenu une licence en art à Bruxelles.

 

2005

(27/10-24/12/2005) Bruxelles, Office d’Art contemporain Félix Benoît. Dessiner.

(19/10-20/11/2005) Liège, Musée d’art moderne et contemporain / MAMAC. Première édition du prix biennal de peinture Georges Collignon.
(  / -  /  /2005) Liège, Monos Art Gallery. Papiers d’hiver

 

2006

(27/04-27/05/2006) Bruxelles, La Vènerie. Félix Benoît. Noémie Goldberg. Par la coupe.
Cycle couper-copier-coller.
(20/06-17/09/2006) Jette, Atelier 340Muzeum. Oceanarticum. Water, zout en zand. (à vérifier)
(20/07-30/08/2006) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. L’Union fait la forme
(08/09-29/10/2006) Namur, Musée provincial de la culture. Triennale des artistes de la Province de Namur(10e).
(23/11-08/12/ 2006) Bruxelles, Atelier Mommens. Au bord d’elle (festival d’art pluridisciplinaire)

 

2007

(24/01-24/02/2007) Woluwé Saint Lambert, GPOA. Du dessin à l'animation du dess(e)in
(27/01-13/03/2007) Roma / IT, Senzatitol0. Félix Benoît. Disegnare
(29/03-15/04/2007) Bruxelles, NKA Gallery, Félix Benoît
(30/03-12/05/2007) Roma / IT, Senzatitolo Roma. Nella luce nell’ombra
(15/04-03/06/2007) Asse, BudA Gallery. Félix Benoît. Ce qui arrive.
(18/04-16/05/2007) Bruxelles, Académie royale des Beaux-Arts / ARBA. Art, anatomie, trois siècles d'évolution des représentations du corps
(12/05-01/07/2007) Breda/ NL, Lokaal 01. Variety
(08/09-30/12/2007) Namur, Musée Rops. Félix Benoît. Félicien Rops en confrontation avec Benoît Félix. Intervention dans le Musée
(11/11-08/12/2007) Laeken, ancienne usine Pfizer, belgicarium, 99 chaussée de Wemmel. .be autiful
(23/11-08/12/2007) Liège, L’An Vert. Au bord d’Elle. Festival d’Art Pluridisciplinaire

 

2008

(12/01-23/02/2008) Liège, Les Brasseurs. Félix Benoît. Je ne suis pas celle que vous croyez

(dans le cycle Dissidence)
(14/02-20/04/2008) Paris / FR, Centre Wallonie-Bruxelles. Du dessin à l’animation du dess(e)in
(16/02-30/03/2008) Grand-Leez, Château de Petit Leez. Exit11. Limited edition: part 2, Bruno Robbe Editions
(26/04-27/07/2008) Grand-Leez, Château de Petit-Leez. Exit 11 Art Contemporary. Benoît Félix, Hors de soi
(24/05-28/06/2008) Liège, Les Brasseurs.. Fleur.
(21 et 22/06; 28 et 29/06; 05 et 06/07/2008) Bruxelles, Galerie H29. La Vie en Rond
(13/09-20/09/2008) Liège, Les Brasseurs (Ouverture de L’Annexe). 15 ans. 1993 - 2008.
(09/10-11/10/2008) Liège, L’An Vert. Objet > 10 signes
(10/12-13/12/2008) Woluwé-Saint-Lambert, GPOA. 1998-2008. Une foire aux Petits formats fêtera (09/11-21/12/2008) Asse, Galerij BudA. [Sans titre]]
(13/11-21/12/2008) Woluwé-Saint-Lambert, Médiatine. Félix Benoît, Mary Xavier.
(  /  - /  /2008) Liège, Les Brasseurs Pages Blanches.

 

2009

(  /  - /  /2009) Bruxelles, rue de Flandre. Félix Benoît. 2 pass Vetro, installation video in situ
(24/01-08/03/2009) La Louvière, Musée Ianchelevici. Le Cube au Carré
(15/05-14/06/2009) Bruxelles, CO21. Bleu
(13/06-13/09/2009) Rauma / FI, Musée des Beaux-Arts de Rauma. By office
(02/10-08/11/2009) Bruxelles, de Markten. ‘t beweegt, ça bouge
(05/07-27/09/2009) Grand-Leez, Château de Petit-Leez, Exit 11. Bornain Alain [exist]
(  / -  /  /2009) Herentals. Drisag nv showroom. 13x13 

 

2010

(24/01-28/03/2010) Petit-Leez, Galerie Exit 11. The Line.
(18/02-10/04/2010) Bruxelles, ISELP.(Grande salle). En quelques traits
(06/03-11/04/2010) Bruxelles, De Markten. Tussen Hond en wolf (Entre chien et loup).
(juin - septembre/2010) Huy. Dédales, rencontres d'art public.
(22/10/2010-23/01/2011) La Louvière, Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée. Pierre-Papier-Litho / Bruno Robbe Edit.
(29/10/2010) ETBF, Musiq3. Entretien avec Pascal Goffaux 
(  / -  /  /2010) Bruxelles, MAAC. Félix Benoît. Borderline (+ Guest, Jonathan Sullam)
(02/10/2010) Bruxelles, Office d'art contemporain Félix Benoît. La nuit tombe. Performance
(  / -  /  /2010) Jette, Atelier 340 Muzeum, Filmotek - Pieds dans l’herbe
(  / -  /  /2010 ou 2012 ???) Dave, chez Alexandre et S Christiaens. Chambres avec vues
(  / -  /  /2010) Huy, Galerie Juvenal. Opposition

 

2011

(23/01-20/03/2011) Grand-Leez, Château de Petit-LeezExit 11 galerie. Exit (2)11
(27/01-12/03/2011) Anvers, MX7 Gallery (MarnixPlaats 7). Benoît Félix //à la lettre
(17/02-04/03/2011) Bruxelles, Galerie de l’ERG. Pas de rapport - morceaux choisis
(25/02-03/04/2011) Bruxelles, De Markten. Drawing in an expanded field
(11/03-25/03/2011) Gembloux Agro-Bio Tech (ULg), Espace Athena. 1 ml de couleur
(21/05-17/07/2011) Lier, Voorkamer. In - and outside - Writing 
(19/06-11/09/2011) Grand-Leez, Château de Petit-Leez. Exit11 Galerie. Onze 
Curateur : Benoît Félix
(21/10 (post vernissage) -30/10/2011) Jette, Atelier 340. Culture reLAXATIVE
(13/09-13/11/2011) Anvers, Anversville, Comme des Bêtes.
(29/05-19/06/2011) Anvers, Galerie MX7. Pink is the most masculine colour
(13/10-10/12/2011) Bruxelles, Office d’art contemporain. Benoît Félix. L’interdiction de regarder / Verboden te kijken / Forbiden gaze
(18/10-18/11/2011) Bruxelles, Towers art Galeries (gare du nord). L’enfer du décor
(15/12/2011-18/02/2012) Anvers, Anversville, Magasin d’usine
(  / -  /  /2011) Stockholm / SE,                     . Supermarketartfair
(Juillet -  /  /2011)  , -Connecticut / US. Proto Gonzo Project at I PARK /(30/07/2011) Performance Opening 

 

2012

(29/01-18/03/2012) Grand-Leez, Château de Petit-Leez. Papiers d'identité
(15/02-22/04/2012) Bruxelles, Centrale for Contemporary Art. Présent ! 
(22/02-27/05/2012) Anvers, Anversville. Grafiek
(25/03-06/05/2012) Asse, Galerie budA. Félix Benoît. The show must go on
(12/09-30/09/2012) Maribor (Slovénie) Manoir de Vetrinj. Mons, a land of scripts 
(29/09/2012-06/01/2013) La Louvière, Centre de la Gravure et de l’image imprimée. [Sans titre]
(04/10-07/10/2012) Bruxelles, White Hotel Brussels. Brussels Contemporary Drawing Fair.. Art on Paper
(21/09-21/10/2012) Tielt, Cultureel centrum Gidhoh., Cuesta ‘12, actuele kunst in Tielt.
(04/12-07/12/2012) Bruxelles, The White Hôtel. The Brussels Contemporary Drawing Fair / Art on paper (03e)
(04/12-23/12/2012) Paris / FR, Librairie Mazarine. Comme un interdit
(06/12/2012-26/01/2013 Anvers, Anversville. Félix Benoît. Tram Trame 33, installation vidéo in situ
septembre -décembre/2012) Spy, Hôpital pédopsychiatrique Les Goélands. Félix Benoît. Le vital dans l'hopillage, 2012.
(  / -  /  / 2012) Anvers, Geneesherenhuis. En avant
(20/04-22/04/2012) Bruxelles,     Slick Art Fair

 

2013

(18/01-03/03/2013) Ingolstadt / DE, Kunstverein. Galerie im theater. Félix Benoît / Ränder / Bordures
(03/02-07/04/2013) Grand-Leez, Château de Petit Leez Exit 11. Please leave a message (Laissez un message)
(15/02-17/02/2013) Stockholm / SE. Supermarket Art Fair.
(19-23/04/2013).Bruxelles,         . Slick Art Fair
(18/05-07/07/2013) Lier, Voorkamer vzw. Ik wordt (à vérifier, pas dans la liste)
(30/08/2013) Anvers, Galerie Anversville. Acte artistique officiel de fermeture 1. Official closure act 1 
(07/09-13/10/2013) Menen (Menin). Centre culturel De Steiger / Stadsmuseum ’t Schippershof. At random (Au hasard)
(10/09-12/10/2013) Jambes, Galerie Détour. 40e anniversaire.
(12/10-17/11/2013) Lier, Voorkamer. [Manoeuvres]
(14/10-23/11/2013) Montbazillac / FR, Château / La Nouvelle galerie / L’art 2013 est ouvert. Benoît Félix. Seconde nature
(09/11-07/12/2013) Liège, Les Brasseurs. XX Ans.
(22/12/2013-02/01/2014) Gand, Huize St. Bonaventura. Félix Benoît
(21/11-12/12/2013) Dublin / IR, Irish Broadcast Gallery. Dublin Doubles.
(  / -  /  /2013) Bruxelles, Espaï. Dessardo Marco, Félix Benoît. Borderline
(  / -  /  /2013) Breda (Nl). Lokaal 01. Einde
(../..-../../2013) Differdange /L, European Forum of History and art 2013. Cross Border / Workshop

 

2014

(26/01- 02/02/2014)) Gand, Huize St. Bonaventura. 4 PLUS VIER, Deleu Kathleen, De Smet Yves, . Félix Benoît, Jacob Carl
(26/01-23/02/2014) Meigem / Deinze, Kunstengalerie D’Apostrof. Lecompte – Félix – Denyz
(15/02/2014) Lier, Voorkamer / Kunstenaarsinitiatief. Niew / Nouveau / Neu
(23/02-30/03/2014) Grand-Leez, Château de Petit-Leez Exit 11. This ONE is for you
(23/03-25/05/2014) Anvers, Galerie Eva Steynen. Deviation(S). Not All I See Is There (Tout ce que je vois n’est pas là)
(25/02-29/03/2014) Jambes, Galerie Détour. Félix Benoît. Jeux de Jambes
(24/07-06/09/2014) Bruxelles, Office d’art contemporain. La collection Bernstein bis
(14/09-09/11/2014) Grand-Leez, Château de Petit-Leez Exit 11. addiction à la soustraction
(05/10/2014) Mortsel, Alpine Club Boechout [Sans titre]
(10/10-09/11/2014) Soumagne, Galerie de Wégimont. Le fil de soi
(19/10-16/11/2014) Marchin, Centre culturel. Dites-moi, m’sieur, faites que je sois un oiseau
(04/11-22/11/2014) Bruxelles, Dehors Contemporary Art Window. Félix Benoît. Ça nous regarde
(14/11-16/11/2014) Charleroi, Passage de la Bourse et environs. Hotel Charleroi 2014.La Force du changement
(  / -  /  /2014) Grand-Leez, Château de Petit Leez. Exit 11. Celui-ci c'est vous[à vérifier : pas dans la section archives du site de la galerie]
(  / -  /  /2014) Anvers (Borgerhout). Park at Borg 2014
(  / -  /  /2014) Kontich, Cult. Altena Kapel. Al Mijn Vrienden Zijn Wetenschappers, Roeland Tweelinkx invite...

 

2015

(07/03-29/03/2015) Namur, Galerie de Beffroi. Le Fruit Défendu / Autour d'Evelyn Axell
(18/03-29/03/2015) Bruxelles, Centrale for contemporary art / Hall. Félix Benoît. Jeu de jambes Et Installation vidéo interactive en vitrine (13 rue Sainte-Catherine)
(24/03/2015) Bruxelles, Kaai Theater. Performatic 2015
(28/03-25/04/2015) Liège, Galerie Quai 4. Pierre, Papier…Lino
(mars/2015) Liège, Résidence Ateliers Vivegnis International / RAVI
(28/-29 03/2015) Liège, Ravi. Ouverture des ateliers RAVI
(02/05/2015) Grez-Doiceau, A Outrance. Dejaer Baudouin, Félix Benoît. Impromptu. Lecture de partitions mouvantes
(19/06-12/12/2015) Mons, Magasin du Papier. Le Grand Large. Territoire de la pensée
(17/09-07/11/2015) Lisboa / PT, Plataforma Revolver. In One Way or Another (D’une manière ou d’une autre)
(03/10-01/11/2015) Soumagne, Galerie de Wégimont. Tomber du ciel (1) 
(09/10-28/11/2015) Ath, Maison culturelle. Le Palace. Félix Benoît, Villers Bernard. Rien à dire
(02/12-30/12/2015) Jambes, Galerie Détour. Quinze au cube
(06/12/2015-31/01/2016) Anvers, Eva Steynen. Deviation(S). Touch Line #2
(12/12/2015-16/01/2016). Namur, Centre culturel de Namur – Abattoirs de Bomel. Space collection présente Espèces d’espaces
(  / -  /  /2015) Chênée, Centre culturel. La Ligne

 

2016

(21/05-18/06/2016) Liège, Les Brasseurs. Space Invaders. Les Brasseurs invitent la SPACE Collection 
(11/06-25/06) Liège, Galerie Quai 4. Grand Large@Liège.be
(24/06-03/07/2016) Deinze/ Meigem , Kunstengalerie D'Apostrof, Verwand
(10/07-15/08/2016) Bastogne, Centre culturel L’Orangerie. Wire Où ailleurs OUT
(04/09/2016) Bruxelles, canal de Willebroek. Action sans autorisation : Rencontre de deux oeuvres, "Onda" de Marco Dessardo et "Dessiner l'eau sur l'eau" de Benoît Félix.
(14/09-06/11/2016) Bruxelles, Botanique (Musée) Félix Benoît, Gaube Bernard. Sans titre 2016
(27/10-17/12/2016) Bruxelles, Galerie GNF. Félix Benoît. Make believe
(05/11-04/12/2016) Bruxelles, Galerie Levy-Delval. WePorn (Nous sommes porno, mon garçon)
(06/11-27/11/2016) Tourinnes-la-Grosse, Fêtes de la Saint-Martin. Balises
(02/12-04/12/2016) Bruxelles. La lettre Volée. Après-coup
(07/12-21/12/2016) Namur, Centre culturel - Abattoirs de Bommel. Laborattoirs. Laboratoire des abattoirs 
(24/09-13/11/2016) Lier. Voorkamer. Twintig. The Last Show / Le dernier spectacle
(03/12/2016) Anvers, Second Room. Benoît Félix – Running after
(  / -  /  /2016) Anvers, Eva Steynen. Deviation(S). BAD - Belgium Art and Design

 

2017

(21/01-19/02/2017) Gand, Galerie Jan Colle. Deleu Katleen, Félix Benoît 
- (04/03-16/09/2025) Félix Benoît. Dessine ce par quoi tu passes - Passe par ce que tu dessines
(11/03/2017) Gand, de Koer. In order of appearance (Par ordre d’apparition)
(01/05-12/11/2017) Seneffe, Château. Parcours d’eau
(18/05-02/07/2017) Anvers. Eva Steynen. Deviation(S). Hier Benoît Felix + Olivier Nottellet. Gisteren Is HIER. C'est Ici, spectacle duo
(01/06/2017) Anvers, M HKA. Artist Talk : Benoît Félix - Eva Steynen Gallery
(20/10-11/11/2017) Liège, Galerie Flux. Felix Benoît, Tweelinckx Roeland. C’est dur quand c’est mou
(20/09-22/10/2017) Namur, centre culturel - Les Abattoirs de Bomel. One+-One+, Félix Benoît, Gilbert Bernard. Quatuor
(15/10-12/11/2017) Marchin, centre culturel. J’avais 15 ans
(29/10-26/11/2017) Varèse / IT, Yellow (Via San Pedrino, 4) You can’t (Tu ne peux pas)
(02/11-04/11/2017) Namur, Kikk festival. Invisibles narratives
(06/11-11/11/2017) Bruxelles, Maison d’art actuel des Chartreux (MAAC). Actus V. Performance Art
(10/11-15/12/2017) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain. Carte blanche à Françoise Safin
(15/12/2017-20/01/2018) Chemnitz / DE. Galerie Borssenanger / Eva Steynen. Deviation(S), extra Muros

 

2018

(26/01-25/02/2018) Anvers, Eva Steynen. Deviation(S). Shadow pieces
(25/02/2018) Bruxelles. Littoral / manifestation « Human wave for solidarity and humanity »  
(10/03-08/04/2018) Huy, Centre culturel (Espace Saint-Mengold). L’amour tout cru. Une exposition collective sur la sexualité
(28/03/2018) Gand, Lucas School of Arts. The Drawing Incident (L'incident du dessin / Woensdag lezingen). Félix Benoît 
(20-22/04/2018) Bruxelles /Saint-Gilles, Maison du peuple. Une exposition-vente aux enchères d’œuvres d'art au profit de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés
(22/04-20/05/2018) Watou. Kasteelstraat 1 - Paviljoen Hedendaagse Kunst. Motility
(04/05-03/06/2018) Huy. Fondation Boilly-Charlier (Huy, Espace Saint-Mangold.) Prix de la Fondation Bolly 2018
(25-26/05/2018) Gand, P/Rops. Denys Francis & Félix Benoît. Performance en lezing, (B)
(30/06-26/08/2018) Montauban-Buzenol, Centre d’art contemporain du Luxembourg belge / Caclb. Seconde nature - Supports multiples 
(14/09-  / /2018) Huy, Centre culturel. Biennale Dédale (05e)
(28/09-30/09/2018) Namur, Bois-De-Villers,                 . Découvrez-vous
(31/10/2018-13/01/2019) Eupen Ikob. Dans le fond c'est très pragmatique
(30/11-08/12/2018) Schaerbeek, Maison des Arts. Ouvrir la maison des Arts
(  / -  /  /2018) Deinze,               . Platvorm

 

2019

(19/01-17/02/2019) Huy, Espace Saint-Mangold. Tihange, esquisse pour un refuge studio 
(23/02 [ou 18/11/2018] -28/04/2019) Schaerbeek, Maison des Arts. Réparation. L’art apporte-t-il des
(23/03-04/05/2019) Anvers, Galerie Eva Steynen, Félix Benoît. Shining Ground (Terre brillante)
(31/03/24/04/2019) Anvers, Galerie Eva Steynen. Déviation(s) (à Bruxelles, Rivoli Building #12). Félix Benoît. On verra
(09/05-26/05/2019) Liège, Cité-Miroir. Expo-vente aux enchères d’œuvres d’art au profit du centre d'aide aux violences familiales à Liège
(10/05-26/05/2019) Herentals, ‘T Eilandje. A question of place- No limits in a cellar
(12/09-15/09/2019) Berlin / DE, Flughafen Tempelhof. Positions Berlin Art Fair
(  / -  /  /2019) Turnhout, Cultuurhuis - de Warande. '.0 (point Zero)’

 

2020

(24/10-14/11/2020 ; prolongation jusqu’au début 2021) Louvain-la-Neuve, Espace 001. Féminin / Sacré (Volet 1)
(19/04-27/07/2020) Anvers, Eva Steynen. Déviation(s). Walk around the park !
(  / -  /  /2020) Anvers, Eva Steynen. Oui, nous sommes ouverts
(19/09/2020-03/01/2021) Charleroi, BPS 22. La colère de Ludd. Acquisitions récentes
(12/12/2020-20/02/2021) Anvers, Eva Steynen. Déviation(s). Félix Benoît. Des dessins qui ne sont pas des dessins parce que ce sont des objets, mais des objets qui ne sont pas des objets parce que ce sont des dessins

 

2021

(  /  -15/02/2021) Louvain-la-Neuve, Espace 001. Félix Benoît, Georges Anne-Sophie. Féminin Sacré

(07/02-25/04/2021) Turnhout, De Warande. Minstens1 ½ uur, en terug (Moins 1 ½ heure, aller-retour)
(07/03-25/04/2021) Marchin, Centre culturel. Prendre l’image au mot
(13/03-11/04/2021) Rixensart, Kamer negen / K9. Félix Benoît - Des petits qui montre aux grands qu'ils ne sont pas plus grand qu'euxBehets Sarah
(02/07-01/08/2021) Deinze, Platvvorm. [RR] moods
(septembre 2021) Anvers, Eva Steynen Deviation(s) Gallery. Contagion. Benoît Félix invite
(09/09-12/09/2021) Berlin /DE, Flughaven Tempelhof. Positions Berlin art Fair

 

2022

(18/06-19/06/2022) Ninove, Garage Neven, Félix Benoît. Neveneens
(23/09-23/10/2022) Soumagne, Wégimont Culture. La courbure de l’horizon
(06/10-09/10/2022) Bruxelles, Vandenborght Building. Art on Paper. Brussels International Contemporary Drawing Fair (7e )
(12/11-27/11/2022) Gand, Galerie Craxhapox. Aynitl #7. Vier Obvier

 

2023

(24/01-04/03/2023) Anvers, Eva Steynen Déviations. 10 years, what a surprise ! Part I
(08/02-12/02/2023) Rotterdam / NL. Van Nelle Fabriek. Art Rotterdam 2023
(25/03-16/04/2023) Chaudfontaine, Galerie du Livre et de l’Etrange Théâtre. Rivages
(05/10-08/10/2023) Bruxelles, Tour & Taxis. Art on paper. Brussels International Drawing Fair 
(25/08-03/2023) Liège, La Boverie. En Piste
(28/10-29/10/2023) Andenne, Quartier du Perron. Hors-Champs # 4
(09/11-12/11/2023) Luxembourg, Place Glacis - entrée Allée Scheffer, Art Week, the international contemporary art fair in Luxembourg
(23/11/2023-17/03/2024) Bruxelles, Centrale for Contemporary Art. L’art de rien

 

2024

(01/04-05/05/2024) Louvain-la-Neuve, Espace 001. Carte blanche à Benoît Félix. Matière Grise
(17/04-17/05/2024) Bruxelles, Sotheby. Who's Afraid of Red, Yellow and Black ?
(19/07/2024) Grand-Leez, Château de Petit-Leez. Exit 11. Varia. Un patchork d’Art Vidéo

 

2025

(22/03-20/04/2025) Heist-op-den-Berg, Centre culturel, Zwaneberg. The Pencil Show
(  / -  /  /2025) Rotterdam / NL, Van Nelle Aliceek. Art Rotterdam
(07/09-18/10/2025) Anvers, Eva Steynen Gallery. Félix Benoît. Voir que ça tient
(06/12/2025-04/01/2026) Liège, Théâtre de Liège / Salle des Pieds Légers. (Anti) Conformisme - Delphine Rama & Space Collection







 

 

  • Nationalite : Belgique
  • Communaute : Communauté française

Catalographie

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Bibliographie

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Oeuvres documentees

  • 2025 Tiré à 4 épingles - 2025 - 21 x 18 x 2 cm - Tiré à quatre epingles (un dessin pour que la peinture tienne), 2025 - dessin découpé, peinture laquée, crayon sur Tyvek, 4 épingles, 21 x 1...
  • 2025 Le poids de la transparence - 2025 - 30 x 21 x 4 cm - Le poids de la transparence, 2025 - image scannée – impression numérique, brique de verre, 30 x 21 x 4 cm
  • 2025 Deux T pour croire que vraiment c'est un élastique - 2025 - 6,5 x 127 x 2 cm - Deux T pour croire que vraiment c'est un élastique - 2025 Encre de Chine, crayon de couleur sur Tyvek, 2 épingles, 6,5 x 127,5 x 2 cm
  • 2025 Soudain la substitution du lisible au visible (un A pour écouter si c'est vrai) - 2025 - 56 x 33,5 x 30 cm - Soudain la substitution du lisible au visible (un A pour écouter si c'est vrai), 2025 - wood, paint, 56 x 33,5 x 30 cmObjet à sais...
  • 2024 Le graphite des interruptions - 2024 - 147 x 218 x 2 cm - 2024 Le graphique des interruptions, dessin découpé, crayon graphite et couleur, encre de Chine sur papier Tyrek, épingles, 147 x 218 x...
  • 2023 Bois ! - 2023 - 32 x 23,5 x 6 cm - Bois !, 2023 - résidus de bois collé, boîte en bois avec verre, 32 x 23,5 x 6 cm
  • 2021 Note de travail 19. Bon, ok, je suis un peintre - 2021 - 2020 Un nouveau morceau d'eau (La mer en interdiction de passer)
  • 2010-2020 A poils - 2020 - 82 x 175 cm
  • 2020 Sur le fil - 2020 - 18 x 35 cm
  • 2020 Un nouveau morceau d'eau - 2020 - 13 x 46 cm - 2020 Un nouveau morceau d'eau (La mer en interdiction de passer)
  • 2019 D'une collection de ratures (Bouche cousue) - 2019 - 6 x 114 cm
  • 2019 Nuage - 2019 - 25 x 27 cm

Acquisitions

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Manifeste

Aucun manifeste n est renseigne pour cet artiste.

Interview

2009

- Benoît Félix, Janvier 2009

Je laisse courir quelque chose qui est une ligne sous mes yeux. Une ligne de fuite : elle continue toujours à courir au-delà de ce qu'elle me dessine. En même temps qu'elle me mène par les yeux vers ce que je ne sais pas encore, cette ligne est le fil qui, déjà, dépasse de la chose qu'elle aura soudain dessiné devant moi. Dessinant, je tire sur ce fil, et la chose qui s'était donnée comme la vérité nue tout-à-coup devant moi, apparaît comme encore un vêtement, et le vêtement se détricote... Ce que je fais défait ce que j'ai fait.

Ce qui s'est dessiné sous mes yeux, je le découpe : je l'incarne. Je découpe ce qui s'est dessiné là devant moi, parce que c'est de se découper déjà de ce qu'elle n'est pas qu'une chose est là devant moi. Mes objets (qui sont des sculptures qui ne sont pas des sculptures puisque ce sont des dessins, mais des dessins qui ne sont pas des dessins puisque ce sont des choses dans l'espace - donc des sculptures), sont la mise en valeur de cette coupure, de cette séparation d'avec ce qu'elle n'est pas, qu'est une chose. Plus - ou moins - que quelque chose, je dessine dans l'espace le bord de ce qu'une chose n'est pas.

 

- Benoît Félix pour l'exposition (octobre 2009)
(02/10-08/11/2009) Bruxelles, de Markten. ‘t beweegt, ça bouge

Une grande salle, un rectangle de ciels bleus projeté sur l'un des murs. Un miroir triangulaire placé debout entre le projecteur et les images projetées impose au milieu de la surface de projection son ombre, comme une partie du ciel en moins. Partie du ciel partie où ? De l'autre côté.

Sur le mur opposé, à l'autre extrémité de la salle, projetée par le miroir, la partie du ciel, lui fait face. Le morceau qui manque à l'image fait face à son absence au milieu d'elle.

Le spectateur, une fois ce constat fait, en s'avançant, passe dans le champ d'un détecteur de mouvements. Surprise ! le miroir commence à s'abaisser lentement. Le triangle bleu que projette le miroir hors de l'image s'élève alors, et balaie l'entièreté du plafond, comme s'il volait, pour venir au terme de sa course, fondre dans l'image, disparaître en elle en comblant l'absence que son départ y avait marqué. Le miroir, couché, ne fait plus aucune ombre au lieu de l'image. Il se remettra en mouvement après un court temps, se relevant jusqu'à retrouver sa position verticale initiale. Du sein de l'espace de ciels projetés, nous assisterons en quelque sorte, à la naissance d'un avion.

Un morceau de ciel se détache du ciel pour accomplir dans l'espace son vol d'avion. Un morceau volé au ciel vole, laissant au milieu de celui-ci le négatif de son absence comme un trou – une blessure ? - un rien, une ombre... et en face de ce rien, bientôt, le positif de ce ciel dérobé, comme l'objet de son absence.

 

2013

- Benoît Félix, notes, décembre 2013
Les oeuvres sont les pièces partielles d'un jeu ouvert d'associations possibles. En les changeant de place et de fonctions les unes par rapport aux autres au fil des expositions, elles se recréent mutuellement. A la limite le travail ne deviendrait rigoureusement plus que l'espace de ces interactions possibles : entre les oeuvres, mais aussi avec les éléments préexistants de l'espace dans lequel elles prennent place - voire avec d'autres objets que ces jeux de connections appellent, oeuvres d'autres artistes y compris. 

Les éventuelles mises en espace successives de telle oeuvre sont une manière de continuer l'interrogation de celle-ci. Sa remise en jeu lors d'une exposition consiste à en réouvrir le champ des possibilités: conceptuelles, spatiales, d'associations avec d'autres… 

Une oeuvre, ou telle installation proposée dans le cadre de telle exposition, ne constitue donc pas nécessairement une entité finie. Seul, peut-être, celui qui se fera l'acquéreur de l'oeuvre ou de telle association momentanée d'oeuvres décidera du statut définitif de celle-ci.

Les dessins découpés à installer sont exemplaires de la logique décrite ci-dessus : étant mous, "tombés de leur forme" une fois décrochés, ils ne sont plus visibles (comme le seraient, par exemple des peintures qu'on stocke), ils vouent celui qui en manipule la dépouille au souvenir éventuel qu'il aura de ce qu'elles étaient, installées. Leur réinstallation, dans ce sens consiste en de véritables retrouvailles. 

 

2014

- Interview de l’artiste sur l’invitation : extrait d’un entretien avec Benoît Félix, janvier 2014.(expo Gal Détours, Jeux de Jambes)

-… Le crayon court sous mes yeux et traîne derrière lui une ligne que j’essaie d’attraper.

Mais c’est réellement que vous voulez l’attraper cette ligne. Comme un objet que vous tiendriez entre vos doigts ! Or ce n’est pas un objet, une ligne !

- Disons une trace. Trace laissée par le contact d’un premier coup de crayon sur la feuille…

Votre version personnelle du premier trait de peinture des Chinois ?

- Oui, mais pragmatique. Je suis un héritier occidental très terre-à-terre de cette question du premier trait de peinture…

Un trait c’est un trait diriez-vous, paraphrasant Donald Judd ?

- Oui, mais avec cette évidence pour moi, qu’un tracé de crayon, si on le directement pour lui-même, c’est quand même encore toujours quelque chose d’autre : que ça évoque, que ça désigne, dont c’est le bord ou le contour…

En tout cas on peut dire de vous que vous dessinez d’un trait !

-…Je tire un trait… Peut-être que je tire un trait sur le dessin lui-même en dessinant ce trait…

V au cutter, l’incarnant, vous ne dessinez pas ! A peine la ligne du dessin est-elle lancée, que vous l’extrayez de la page en la découpant au cutter, l’incarnant, dires-vous. Et vous la faite tenir dans l’espace, ensuite, comme un objet 

- …C’est le moment où l’image ou la trace bascule dans l’espace des corps. Et des objets qui m’intéresse. Ou bien celui où un signe se fait tout-à-coup objet. Je crois que ce que j’ai d’emblée dessiné, c’est la jointure entre ces espaces…

Cette jointure est une coupure…

- Fontana ! C’est peut-être bien cette fente que je joue à essayer de tenir entre mes doigts comme si c’était un objet !

Dessins-sculptures, images-objets, vidéos ou vidéos dans l’espace, on dirait bien que c’est autour de cet axe de basculement, en effet, que tourne votre travail…

 

2015

- Pas le dessin d'une chose, la chose d'un dessin. © Benoît Felix 9/2015

Dessins découpés à installer dans l'espace ou à tendre en avant du mur.

En les découpant au cutter, j'extrais mes dessins de l'espace de la feuille blanche où il ont été tracés. Je joue à faire en sorte que ces dessins puissent être des choses que je pourrais attraper? Problème: une fois extraits de la page et passés dans l'espace des objets, mes dessins ne tiennent plus debout. Ils ne passent dans l'espace où la gravité fait loi qu'en tombant. Il faut donc que je prévoie à ces dessins — que je me prépare à découper et à livrer à l'espace des choses — les moyens pour qu'ils y puissent tenir debout? Mes dessins seront donc aussi les dessins de leurs systèmes d'accroche et de mise en tension dans l'espace. Ce seront les fils grâce auxquels je les tendrai entre les murs, le sol et le plafond. Á la limite mes dessins ne se réduiront plus qu'à cela: le dessin des fils et des noeuds, des bras et des pattes qui me permettront, une fois découpé, de le tendre dans l'espace... Mon idée que le dessin de l'objet que je dessine incarnerait soudain cet objet se réaliserait-elle alors? Problème: ces fils que j'ai dessinés, découpés, et tendus dans l'espace pour y faire tenir mes dessins courent dans les pieds des spectateurs qui s'approchent d'eux pour les voir. Il a donc fallu que j'intègre à ces dessins la possibilité que les spectateurs trébuchent dans leurs fils au moment du vernissage de l'exposition, par exemple, et donc rompent ces fils, et fassent tomber en une fois... Quoi? Le rêve que sont seulement ces dessins d'être la sculpture qu'ils dessinent dans l'espace? Je me promène donc toujours, lors du vernissage, avec en poche une paire de ciseaux, un morceau de papier synthétique, un crayon et de la colle à prise instantanée, pour le cas où ces sculptures qui ne sont pas des sculptures puisqu'elles sont leur dessin — mais ces dessins qui ne sont néanmoins pas ces dessins puisqu'ils s'imposent comme les sculptures ou les objets qu'ils tracent dans l'espace, tombent soudain dans la dimension, tout-à-coup ouverte, de la performance, qu'en fin de compte, ils provoquent...

 

2017

Vues de Flandres , une interview de Benoît Felix par Joke Looten, in Flux News n°72, janv.-mars 2017

Benoît Felix: La Belgique a comme particularité d’inclure l'étranger dans son identité. 

La Flandre et la Wallonie : deux mondes qui sont amenés à partager un même pays, alors que les barrières sont multiples. Pour Flux News, je vais à la rencontre des différences, des incompréhensions, des points communs ou divergents entre nord et sud, en étudiant quelques projets et artistes qui essaient de briser ces barrières.

Dans l’article précédent (FluxNews 71), j’ai essayé de formuler quelques conclusions basées sur l’expérience de Florian Kiniques, curateur du Secondroom gantois l’été passé. J’y ai soulevé le côté plus informel et organique de la scène flamande, comparé au cadre institutionnalisé en Wallonie. En plus, on serait attaché à une tradition littéraire en Wallonie, moins présente en Flandre.

Je suis curieuse d’en savoir plus, en interviewant Benoît Felix, artiste résidant en Wallonie, mais très actif à Bruxelles (rappelons-nous ses expos récentes au Botanique avec Bernard Gaube et son solo à la galerie GNF) et en Flandre. 

C’est une série de rencontres qui a amené Benoît Felix à trouver en Flandre un public pour son travail; il expose régulièrement depuis 2011 à Anvers et Gand, mais aussi dans des villes plus petites telles que Asse, Tielt, Deinze ou Lier (Voorkamer, projet mené par Peter Morrens et Rik De Boe) où il s’étonne de trouver galeries privées, centres culturels développant une réelle politique d'expositions de l'art contemporain, et centres d'art subsidiés pointus. Ces différents lieux forment un réseau qui favorise la familiarité de la population avec les formes actuelles des arts plastiques, dit-il, et permet l'émergence d'amateurs d'art et de collectionneurs. Un tel contexte est évidemment bénéfique pour l'épanouissement des artistes... Au moment où Benoît Felix faisait ce constat, les centres d'art tels que Voorkamer, Croxhapox ou Netwerk annonçaient la décision des décideurs politique de la droite flamande actuelle de mettre fin à leurs subsides... Voilà la fin annoncée de ce beau biotope artistique, se dit-il; il n'y a pas de grandes fleurs dignes de leur nom qui rayonnent jusqu'à embellir le jardin des voisins sans qu'au niveau du sol n'éclate de vie un milieu naturel. On continue à arroser les fleurs qui dépassent le mur du jardin, mais on asphyxie le milieu naturel dont elles sont issues... C'est nous qui sauverons les Famands, s'esclaffe Benoît, c'est nous qui allons les inviter en Wallonie, à présent! ... 

Joke Lootens : Tu as fait en 2007 ton “Drapeau belge à tirette”; cette œuvre parlait déjà de la relation Flandre-Wallonie... 

Benoît Felix: – Oui, mais la relation n'était pas au beau fixe: les membres flamands de la commission de l'intérieur de la Chambre votaient la scission de l'arrondissement Bruxelles Hal – Vilvorde ; l'œuvre s'appelle “Drapeau belge, 7/11/2007, ...” , il s'agit d'un drapeau Belge avec une tirette cousue entre le jaune et le rouge; quand on abaisse la tirette, c'est le drapeau flamand avec ses couleurs noire et jaune qui apparait, le pan rouge pendant lamentablement à sa gauche. La carte postale de ce drapeau a, paraît-il, pas mal de succès à Anvers... (Je ne me fais pas d'illusions, la tirette a pu se trouver entre le noir et le jaune à d'autres époques de la Belgique. ) 

Joke Lootens : La différence de langue et de culture font que la Flandre est presqu’un pays étranger. Tu t’exprimes de manière différente dans cet « autre pays » ? Et par rapport aux spectateurs, ton travail est reçu de manière différente en Flandre qu’en Wallonie ? Tu rencontres une différence dans le regard de ton public ? 

Benoît Felix : La Belgique a ceci de particulier qu'elle comporte l'étranger dans son identité; c'est un pays qui est lui-même une frontière entre deux cultures (là où la France, par exemple, Performance at Voorkamer, Lier (B), 15/2/2014 est une culture que ses frontières entourent). L'idée d'aller travailler à l'étranger dans mon pays m'intéresse; c'est un paradoxe: je suis plus chez moi ailleurs en France que chez moi en Flandre. Les expositions successives ont fait que je me mette au Néerlandais, alors que j'étais le dernier de la classe dans ce cours à l'école... Je le parle mal, mais je le parle, et je revendique en tant que Wallon de pouvoir profiter des exercices linguistiques que m'offrent mes expos: “Ik moet profiteren!”. Le fait que vous soyez l'étranger dans une communauté artistique fait, paradoxalement aussi qu'on vous y accueille. Ce qu'il y a, à l'évidence, c'est que les flamands connaissent très mal les artistes Wallons, et quand ils en connaissent un on dirait qu'ils sont étonnés que ça existe... 

Joke Lootens : Comment le fait de voyager et d’exposer souvent ailleurs influence ton travail ? Benoît Felix : drapeau belge, 7/11/2007, ... (drapeau à tirette) 

Benoît Felix: – j'ai fait une œuvre qui consiste en une règle du jeu: j'écris trait par trait en majuscules le nom des chiffres, depuis UN jusqu'à celui dont l'écriture comportera autant de traits que ce nombre en désigne. En français, ça s'arrête à ONZE (on écrit ONZE en onze coups de crayon). J'ai essayé à l'occasion d'expos à l'étranger, en allemand, en Italien et puis en Anglais, mais ça ne va pas; et puis, en vue d'une expo à Voorkamer, j'ai essayé en néerlandais... et, surprise: dat klopt ! Ce n'est pas tous les jours que quelque chose fonctionne en Belgique à la fois en Néerlandais et en Français: en dix traits de crayon on écrit TIEN! (comme d'habitude, les Flamands vont plus vite (rires). J'ai décidé qu'en tant qu'artiste francophone en Belgique, cette œuvre devait avoir la Flandre pour contexte. Ça peut donner lieu à une performance, qui a pour titre: TELLEN = 17 = COMPTER
(voir: https://vimeo.com/105584270 ); ça donne lieu aussi à un dyptique qui se présente sous la forme suivant

 

- Extrait d’un entretien entamé entre Bernard Gilbert et Benoît Félix, mars 2017

"Bernard, est-ce qu’il y aurait dans ton travail l’équivalent d’une règle du jeu ? Pourrais-tu me définir, alors, en quelques mots à quoi ça joue, ton travail, les questions récurrentes qui en ressortent, les éléments que ce travail met en jeu, les termes incontournables autour duquel il se structure… ? Bref, à quoi joues-tu ?

[…]  Mais, au fond, Benoit, que pourrais-tu dire, toi, par rapport à mon travail ? Y vois-tu une règle du jeu ou des questions récurrentes ? Quelle analyse pourrais-tu faire de mon travail, en quelques mots ?  Et je mets à profit cet « échange » pour te dire que, par exemple, je pense et lis à travers ton travail une règle du jeu, à tout le moins une dimension ludique naissant du plaisir toujours répété de la naissance d'une œuvre, et de son inscription spatio-temporelle. Le plan/volume, le dedans/dehors, le vide/plein…

Pour moi, tu es un peintre. Je me dis ceci en particulier d’abord parce que je n’ai pas l’impression que je puisse, moi, me définir sérieusement comme peintre. On me dit parfois que je suis un sculpteur - parce que mon travail saute systématiquement de l’espace de l’image vers l’espace des objets - mais je trouve que c’est forcé… Non. Mes questions viennent de la peinture. Et je reprendrai cette dimension ludique naissant du plaisir toujours répété de la naissance d'une œuvre, dont tu parles : j’ai l’impression que, vraiment, oui, ça te concerne toi aussi ! On voit qu’il y a quelque chose que tu n’as de cesse de remettre en jeu d’une peinture à l’autre, sans doute aurait-on du mal à définir cette chose…".

 

2018

Benoît Félix 2018. Le drapeau national du ciel. Bruno Robbe Ed. / Mons 2015

Un drapeau c’est une image qu’on hisse dans le ciel. C’est un geste. Je ne sais pas s’il s’agit, par ce geste, de rendre au ciel l’image que j’en aurais prise, le geste pourrait alors avoir la valeur d’un rituel. Mais le drapeau c’est d’abord, en général, ce signe identitaire : souvent des bandes verticales ou horizontales de couleurs. J’ai cadré l’image de mon drapeau sur la frontière entre un nuage et le bleu du ciel : le résultat ressemble à tous ces drapeaux nationaux, provinciaux, régionaux... Nous sommes pollués par les discours de repli identitaire. Le drapeau national du ciel doit flotter dans le ciel comme un drapeau-symptôme au milieu des autres drapeaux, ou peut-être plus haut que les autres drapeaux, manière de s’élever au-dessus du niveau où le drapeau marque l’identité... Hisser. À la limite, drapeau d’une identité qu’on verrait se résorber dans le ciel à mesure qu’il y prendrait de la hauteur.

 

- Texte du site de B Félix /Œuvres  expo ((30/11-08/12/2018) Schaerbeek, Maison des Arts. Ouvrir la maison des Arts

Maison des arts de Schaerbeek Bruxelles - 30/11-28/4/2019 projection video en continu sur la porte d'accès à l'espace d'exposition. Avec Ahmed A., Ismaïl B. et Ahmed D. 

J'étais invité à venir ponctuer par quelques interventions artistiques, l’inauguration officielle de la Maison des Arts de Schaerbeek restaurée. Ouvrir la Maison des Arts. Le titre s’était imposé à moi d’emblée et il s’agissait de faire résonner de manière littérale l’injonction d’ouverture que comportait ce titre : portes, armoires, stores, fenêtres… seraient les espaces que j’investirais. Mais ce serait aussi mettre en jeu éventuellement un passage de l’extérieur vers l’intérieur (et vice versa ?). Image grimpante (une image gagnée par les propriétés du lierre dont elle est l’image) entrait ainsi dans le cadre de cette exposition. Un autre axe serait celui de mon regard posé en bordure des travaux de restauration de la maison. Demeurant attentif aux gestes de l’équipe des restaurateurs, l’une ou l’autre œuvre pourrait émaner de mon attention à ceux-ci. Ce n’est plus tant l’articulation entre intérieur et extérieur, qui serait en jeu à ce point, mais une mise en scène possible de la relation de ce qu’était tel élément ornemental de la maison, avec ce qu’il serait, par sa restauration, redevenu… Restaurer. N’y va-t-il pas d’une certaine relation aux revenants ?

  Un dernier axe, que je voudrais évoquer ici, est aussi celui qui s’est imposé à moi le premier : Ouvrir la Maison des Arts aux migrants. Cette première idée était celle du citoyen que je suis au côté de l’artiste que la Maison des Arts de Schaerbeek avait honoré de son invitation. Au moment où Véronique Baccarini et Anne-Cécile Maréchal me faisaient part de leur projet de m’inviter à la Maison des Arts de Schaerbeek, notre gouvernement faisait grand bruit dans les médias avec son projet de loi autorisant les visites domiciliaires chez les citoyens engagés dans l’hébergement des migrants du Parc Maximilien... à Schaerbeek.  Pour différentes raisons, l’accueil de migrants à la Maison des Arts durant le temps de mon exposition n’a pu être concrétisé, mais j’ai voulu à ma manière, quand même, faire en sorte que ces gens autour desquels s’organisent les bénévoles et les citoyens de la Plateforme de soutien aux réfugiés, pour les mettre à l’abri des rafles et du froid de la nuit, soient présents, au moins au titre de fantômes, dans mon exposition. Et c’est à eux et aux citoyens qui prennent la peine d’aller à leur rencontre que je voudrais dédier celle-ci.

Benoît Félix, novembre 2018

 

2021

- Félicien Beni, Entretien avec Benoît Félix, août 2021

Pour l’expo (septembre 2021) Anvers, Eva Steynen Deviation(s) Gallery. Contagion
Benoît Félix invite Cremers Jesse, Falcata Manuel et Degive Jérôme, Félix Benoît, Janne Alice, Smolders Lore.


- Les œuvres d’art peuvent-elles être contagieuses entre elles ? ?
- Prenons la question de l’aura, et puis celle de la théorie des ensembles, mêlons entre elles ces deux idées, et faisons une exposition. On y verra l’aura dans le rôle de l’ensemble, et c’est par ce qui se passe à l’intersection des auras singulières de chacune des œuvres que les artistes se serons laissés guidés lors du montage de l’exposition. ?
- Les artistes ? Pas un curateur ? 
- Non, non, le curateur c’est l’idée de ce qui peut se passer entre les œuvres. Quelques artistes rassemblés autour de la question de ce qui peut se passer à l’intersection de ce qui rayonne de chacune des œuvres qu’ils auront choisi de mettre en jeu…
- Jeu !
- Oui, jouer à voir ce que pourra produire le voisinage, le voisinage de vos œuvres avec celles des autres. J’ai proposé ce jeu à quelques artistes que j’aime bien – il y en avait certainement d’autres, ce sont les limites de l’espace qui ont fait que je pense à un jeu à cinq.
- Tiens ! Mais Jérôme Degive et Manuel Falcata, c’est pas Atelier Pica Pica ? 
- Oui, deux des trois... 
- Ils splittent ?
- Je crois que c’est mieux de leur demander. J’avais invité Atelier Pica Pica parce qu’à mon sens cette question de l’intersection, ou de la manière dont peuvent se contaminer les gestes de chacun, elle est vraiment à l’œuvre chez eux. Les travaux qu’ils proposent, c’est toujours la résultante d’idées qui demeurent distinctes mais qu’ils font converger en une chose, une chose dont aucun ne peut dire, au final : « elle est à moi, elle est à moi… ». Mais Jérôme et Manuel viennent avec des propositions qui poursuivent ce souci de convergence, ou d’écho mutuels…
- L’intersection, ou les contaminations de sens qui peuvent se produire entre les œuvres, la manière dont leurs voisinages dans une exposition peut nous faire jouer à les voir comme des interprétants mutuels, la façon qu’elles ont parfois de se parasiter par rapprochements… Ce sont déjà des questions qui sont à l’œuvre chez vous. Quand vous exposez votre travail, on voit que vous faites jouer vos œuvres entre elles…
- Oui bien sûr ! Mais ici, la question est de voir si le jeu peut se jouer à plusieurs. Les artistes qui prennent part à l’exposition me semblaient eux aussi habités par ces questions. Ça m’apparaissait évident pour Alice Janne et Laure Smolders. Alice qui collecte en marchant ses petits objets laissés tombés dans la rue, auxquels elle semble dire ensuite : « Vous n’êtes pas petits, vous êtes grands ! », qui, dans les agrandissements méthodiques qu’elle en produit ensuite, nous fait voir en peinture ce sur quoi on ferme les yeux d’ordinaire, me dis-je – elle les dissémine dans l’espace, ses œuvres, quand elle les expose. C’est comme si elle n’agrandissait tous ces petits objets qu’on jette, parfois sans même s’en rendre compte, que pour les rejeter à nouveau, mais dans l’espace d’exposition, c’est à dire l’espace où l’on s’arrêtera pour les regarder… Ce ne sont pas des travaux de cette série qu’elle présentera – elle est actuellement sur autre chose – mais je pense qu’elle est assez à l’aise avec ce jeu auquel j’ai invité d’autres artistes à jouer avec moi…
- Contagion… Un jeu de cartes, disiez-vous !
- Oui, j’ai proposé qu’on joue aux cartes, qu’on joue aux cartes avec nos œuvres : « Tu m’en montres une et… Ah ! Regarde ! On ne savait pas qu’on avait un travail qui pouvait répondre à tel point à celui de quelqu’un autre… 
- Le problème avec le jeu de cartes c’est qu’il y en a un qui gagne.
- Oui, c’est vrai… et ça ne devrait pas être le problème de l’art : on va faire une réussite ! 
- Ah ! Ah ! …Et Lore Smolders ?
Lore c’est lire si on change une lettre. Elle fait en ce moment des séries d’objets qui sont des lettres, des lettres qui cassent quand elle les manipule, et donc qui deviennent éventuellement d’autres lettres, ou l’idée qu’on se fait qu’il y a là une écriture – comme quand on est un archéologue et qu’on voit que ce par quoi on commence, quand on essaye de lire c’est par ne rien y comprendre. Un archéologue ou un mangeur de nicnacs. Quand elle dispose en ligne des séries de ses pauvres lettres à proximité d’autres de ses œuvres, on à le réflexe de s’y reporter comme au cartel de l’œuvre – ça, évidemment, ça m’avait intéressé pour cette expo-ci . Et puis, Lore travaille aussi à une série de dessins qu’on pourrait eux aussi rêver comme des commentaires ou des plans pour autre chose. Modes d’emploi, plans d’exposition… Donc des œuvres d’art qui jouent à se donner comme le commentaire d’une œuvre qu’on chercherait peut-être ailleurs… Ce serait marrant de lui demander de faire une série de plans de cette expo dont elle ne sait évidemment pas ce qu’elle sera puisque c’est en jouant aux cartes avec nos œuvres qu’on va la monter… 
- Mais pour le montage de cette expo, si vous voulez jouer aux cartes comme vous dites, vous devez bien connaître mutuellement le travail de chacun ? C’est quand-même en fonction d’une certaine connaissance que vous devez avoir chacun du travail que font les autres que vous ferez le choix des quelques œuvres qui constitueront vos jeux de cartes ? Ce n’est pas si courant dans une expo de groupe 
- Oui. Nous-nous sommes réunis et chacun à fait aux autres une présentation globale de son travail, de ses questions… En général, c’est vrai, on a tendance entre artistes, à s’épingler mutuellement avec l’idée d’une ou deux images qu’on a en tête de ce que font les autres, voire votre nom qu’on a entendu quelqu’un d’autre prononcer…
- Et Jesse Cremers ?
- Ah ! Jesse… Avec lui, pour moi, ça bouge, ça peut bouger… Ou bien ses œuvres sont des ustensiles à grimper, à se déplacer, parfois dangereux pour lui, se dit-on. Ça ne tient pas en place, c’est toujours ailleurs qu’où c’est, il y a une chute : quand on comprend soudain, il y a quelque chose qui tombe… Actuellement il sculpte des objets en liège : des objets ordinaires, des objets de consommation… Mais c’est comme s’il voulait nous les rendre plus légers en liège. Ils pourraient flotter sur l’eau si on les y jetait (ça aurait l’avantage de rendre la pollution directement visible)…
- Mais à propos du jeu de cartes…
Oui, c’est peut-être un jeu de cartes géographiques, avec des cartes à gratter, des cartes mères, des cartes de banque – qui sait ? – on verra à la fin de l’expo (ce ne sont pas les artistes qui ont toutes les cartes…), on vient chacun avec, disons, du matériel, avec de quoi répondre…
- Avec du répondant !
- Oui, bien vu ! Des œuvres de nos répertoires personnels à mettre en jeu – à mettre au risque de la présence de celles des autres – mais aussi de quoi répondre en direct, de quoi œuvrer sur place… On va voir.

 

2025

- Benoît Félix, 7 août 2025 (sur le site de la galerie)
(07/09-18/10/2025) Anvers, Eva Steynen Gallery. Félix Benoît. Voir que ça tient

 

Je ne sais pas. Voilà mon point de départ. Ou plutôt ma ligne de départ. C’est comme s’il m’avait fallu tirer un trait sur le fait que je sache ce que j’allais faire pour commencer. Ce que j’ai vu dans ce trait c’est un dessin – pas le dessin de quelque chose : plutôt la marque d’une négation ? Celle d’une séparation d’avec ce qui m’aurait sinon retenu de faire ? Cette ligne tracée devant moi (le plus souvent à mes pieds) était aussi un bord : le bord de quelque chose qui pourrait alors se produire.

C’est peut-être aussi comme s’il m’avait fallu tracer par moi-même l’horizon vers lequel m’avancer. Je fends du bois pour l’hivers. Tout à coup quelque chose est là, là devant moi : « Voir que ça tient ». L’un de ces morceaux de bois, par la forme particulière qu’il a pris – une forme de résistance – m’arrête dans mon entreprise – celle de fendre, de casser, de couper, de réduire. C’est une présence que j’y reconnais – et dans le même temps m’apparaît la dimension destructrice de mon entreprise : je me dis soudain qu’il serait bon que d’autres que moi puissent voir eux aussi la dimension destructrice de leur entreprise (leur entreprise privée, leur entreprise d’état…), et donc s’arrêter.

« Ça tient ». C’est en fait la même chose que je me dis dans l’atelier quand tout-à-coup s’impose à moi comme – disons l’oeuvre – ce à quoi j’étais en train de travailler – découpant, réduisant, trouant, tendant autrement au mur ou dans l’espace pour voir si ça ne donnerait pas mieux... Non, non ! La question n’est soudain plus que ce soit mieux : c’est là.

Ce qui est là n’est ni mieux ni moins bien qu’autre chose, c’est là.

« Voir que ça tient », « Templum », mais aussi « Concetto spaziale », vous verrez, c’est une série de rencontres. Alors que je pensais être occupé à tout autre chose c’est aussi soudain face à l’évidence que je faisais de l’art (déjà) que je me retrouve tout d’un coup là devant ? Et qu’est-ce que je vois ? Je vois que je ne savais pas.

(https://www.benoitFélix.com/oeuvres/voir-que-ca-tient-0709-18102025-eva-steynen-gallery-antwerp)

 

 

Texte libre

2005

- Jean-Marie Stroobants, Bruxelles, août 2005. Texte de présentation de l’exposition.
Au commencement était le trait. Le trait de la main. La ligne libre, libérée de la main même, le mouvement de la pensée dessinée. La figure dans l'obscurité de la grotte. Le trait de Benoît Félix. Sa pensée aujourd'hui. Sa pensée dans notre présent. Le présent de sa main, la ligne, sa fonction dans la ville, dans l'urbanité de la ville qui ne se laisse pas envahir par le tumulte. Le trait, passage pour piétons, trait du sens interdit. Prélèvement des traits couturés ou interrompus. Le couper-coller de notre société du doute. Ici point de doute. La ligne s'affirme au creux d'un pli. La ligne séparatrice qui engendre le volume dans l'espace. La coupure, ses bords. Lieux du traumatisme dans la surface du blanc. L'ombre, l'ombre portée, portée à bout de bras par un dessin contemporain ayant acquis tous les relais de l'histoire. Les bisons de Lascaux, un bas-relief de la Haute Egypte, un acier monumental de Serra. Et s'imposant, ne se réclamant plus de la pensée d'un autre, tel un nouveau solfège, aussi vivant que le chant des oiseaux qui sort du corps dans son entier. Un dessin qui intègre l'abstraction, qui pointe sous la trame des sensations et qui est soumis à la perforation, aux agrafes, aux épingles. Et dans son application féconde Benoît Félix rend sa souveraineté à la couleur, à la transparence de l'aquarelle, au papier teinté par le brou de noix. C'est la loi du dessin qui se fait et ce qui est forme pour l'un sera matière pour l'autre. 
Un corpus subtil empruntant, détaché de toute situation équivoque, des images de corps glanées dans les revues, publicités ou sur internet (fragments de corps dupliqués et collés bord à bord à eux-mêmes). La peau. Rose. La prose couturée à nouveau. Le fil reprisant avec l'espoir d'être fidèle à l'ordre des formes. Ainsi Benoît Félix met en pratique le jeu de la détente et de la contraction. Il libère la tension et de là s'articule la carcasse du dessin. Essaim d'un élan de soi dont le vitalisme rend au dessin l'austérité somptueuse de son essence.

 

- Pascale Viscardy, « Le dessin comme lieu de l'énonciation » in  L’Art même n°29 – 4e trimestre 2005
Le dessin comme lieu de l'énonciation 

Aborder l'œuvre de Benoît Félix, c'est se confronter d'emblée à une pratique du geste qui s'énonce comme autant de « couper/coller » composant l'essentiel du travail de l'artiste. La mise en œuvre du papier, support de prédilection du plasticien révèle une maîtrise de son vocabulaire de même qu'elle se voit aussi investie d'un inconscient libéré par la main. Support de la pensée, la ligne tracée par Benoît Félix (° 1969, vit et travaille à Lustin) impose sa dimension séparatrice dès lors que la coupure définit de nouveaux contours qui s'établissent comme lieux de discontinuité, de troubles se jouant des limites imposées dans le continuum de la surface. Envisagé telle une peau, le papier réagit à l'appel irrépressible du mouvement induit par la découpe, l'artiste recomposant alors, dans l'effort d'une surface agissante, un dessin né de gestes portés au support. Recouper, retracer, ressouder. Les nouveaux bords engendrés définiront l'œuvre à naître, l'artiste s'appuyant également sur les propriétés du papier en ce qu'il génère comme détente à l'imprégnation de l'eau et en ce qu'il suppose également de charge pondérale activée ou non dans la désignation de la forme à lui donner. Opérant par pli, dépli, repli, Benoît Félix souligne la réversibilité de la surface, aiguise des enjeux de perceptions entre le soustrait au regard et le surgissement d'une commissure dessinant le lieu du déplacement. Parfois suturés, les bords - recousus au point de croix, voire simplement agrafés et donc figés par la main - réalisent la figure dont l'inscription au plan vertical du mur renforce la tension. « Rose-peau-prose-couperose » entame un cycle de travaux liés à l'image fragmentée du corps, lequel travaillé par le biais informatique, nourrit un imaginaire sollicitant une intimité revisitée, dupliquée, collée dans un bord à bord duquel émane l'apparition « d'un corps défait de son image en miroir, habillé d'être, d'une image qui précède les mots qui lui ont donné son statut, un lieu de l'image devenu le lieu de l'énonciation » nous dira encore l'artiste. Soit, un paysage mental recomposé à l'aide du vocabulaire qu'affectionne le plasticien : pliure, césure, couture profilent le travail de la main dans un territoire où la ligne est un horizon, une limite qui dessine la fente et l'origine : « l'origine est plus parlante qu'elle n'est visible » Il s'agit d'interroger l'image et sa constitution en ce qu'elles retiennent et enfantent, en ce qu'elles désignent comme fracture à l'œuvre, appellent comme disponibilité à l'écoute d'une parole délivrée à la jointure d'un raccord tel un lieu d'enfouissement à explorer. Les « grands découpés », enfin, se déploient en une seule ligne, une seul geste qui perdure à l'infini pour s'abandonner ensuite à la découpe minutieuse d'un Autre qui prendra corps dans sa juste confrontation à l'espace. Un corps agissant à la rencontre d'un réel qu'il poursuit inlassablement. Une œuvre qui circonscrit un champ poétique dans la désignation d'une sphère de projection qui, entre tracé et rupture, engage le regard à pénétrer les déplacements de surfaces. Et suit par-là même le dessein d'une ligne qui s'oublie pour rencontrer cette disponibilité du regard qui désigne l'origine de l'œuvre à naître.

 

- Claude Lorent "Coudre et couper" in La Libre Culture, 30/11/2005. 
Coudre et couper

En plaçant ce qu'il nomme ses dessins dans des boites, Benoît Félix, jeune artiste fixé dans le Namurois, s'offre la liberté de la spatialité. Il trace, certes, légèrement, il peint aussi avec la même légèreté un peu fébrile, surtout il découpe, plie, colle, courbe, coud beaucoup pour assembler agrafe aussi, joue de l'absence comme forme et emprunte des détails d'images pour suggérer.

Une série rose à connotation érotique, mais très sage, associe toutes les techniques pour donner du relief au propos qui se voit ainsi défini davantage dans la complexité que l'on entendra placer plus dans la lecture personnelle que l'on en aura que strictement par le sens du dessin lui-même. Celui-ci apparaît comme le moteur du regard et du mental, voire des sensations et des émotions. L'adjonction d'éléments photographiques corporels anonymes ajoute certainement le sentiment d'une présence. La seconde série reprend les mêmes ingrédients mais hors thématique et reste dès lors plus énigmatique, plus formelle aussi, ce que sont les développements de papier dans l'espace. 

 

2006

Jean-Marie Stroobants, texte de l’invitation de l’exposition  Bruxelles, PBA. L’Union fait la forme
(avec l’intitulé de lieu : Office national d’art contemporain).

Bruxelles, ma ville, un 21 juillet, jour de fête nationale. Un jour férié. Un jour de repos prescrit par la loi. 
Comme un dimanche chômé pour tous selon la loi du 18 germinal an X.
 Je déteste les jours fériés, je ne suis pas en empathie avec le 7e jour de la semaine.
Je vis pour la cinquante troisième fois le 21 juillet à Bruxelles.
Je m’y suis toujours emmerdé. Rien pour nourrir mes yeux. Sauf des drapeaux accrochés aux balcons et aux fenêtres des maisons. Des drapeaux noirjaunerouge avec pour devise « L’union fait la force ». Moi j’ai toujours refusé de bâtir mon identité et de m’unifier dans la force. Cela a pour conséquence que je me sens dans ce pays comme une valise à l’aéroport dont personne ne vient réclamer la propriété. En outre, plastiquement j’aurais préféré un drapeau arc-en-ciel, les couleurs y sont bien plus subtiles. Mais chez nous le ciel est rare, il a la plupart du temps la couleur de la mer du nord. Tout au bout il n’y a pas d’horizon ; il y a une absence fondamentale de présence. Vivant dans un pays où ceux qui savent ne le font pas savoir, j’ai décidé d’inviter une quinzaine de plasticiens qui en plus de nous offrir de nouvelles œuvres nous font part de leurs réflexions citoyennes. Lisons ce qu’ils écrivent et défilons, ce 21 juillet 2006, jusqu’à l’Office d’Art Contemporain rue de Laeken.

 

- Olivier Pé, Texte de présentation sur le courriel-invitation.de l’expo  Bruxelles, Atelier Mommens. Au bord d’elle (festival d’art pluridisciplinaire
Outre les jambes flageolantes, les agitations de la poitrine et du bas ventre, l’univers érotique suppose généralement une activité cérébrale pour le moins intense, du côté de l’imaginaire. Une invitation à l’égarement, aux jeux de caches et de dévoilements des corps désirants qui provoquent un défilement d’images et de gestes susceptibles d’en attiser l’élan, et ce souvent par des détours inventifs et inavoués ou du moins peu conformes à la bienséance. On ne sera pas surpris de croiser sur ce chemin une part considérable de la création artistique dans le champ des arts visuels qui s’y abreuve comme à un puits originel. Mais si l’érotisme implique un jeu sur les apparences qui sert d’ailleurs assez bien le marché du sexe et des corps, il induit aussi une dimension cachée, plus obscure, une logique intérieure, ambiguë et énigmatique, ou se nouent et se jouent davantage les troubles, les relations et l’effusion – aussi, la représentation des corps et ses costumes peut-elle faire place à d’autres figures relatives à ces coulisses de non-dits et autres canaux de transmissions plutôt indéfinis voire invisibles propre à la texture agitée, à la substance anonyme du désir en émoi. C’est, il me semble, de ce côté que l’art aborde les dérives des corps amoureux. C’est du moins aussi de ce point de vue qu’il tentera d’investir les lieux des propositions et des questions qui troublent les calmes consciences et stimulent nos fantasmes jusqu’à aussi parfois révéler les instincts les plus sombres.
Une dizaine d’artistes ont été invité à nous faire part de leur vision, en interaction avec l’événement, l’ensemble des œuvres exposées, et les particularités du lieu d’exposition. Photo, peinture, dessin, sculpture, installation et vidéo détermineront l’espace scénographique de l’événement dans son ensemble. Pour autant, nous n’avons pas opté pour la théâtralité, mais davantage pour une disposition sobre et aérée, laissant place à d’autres interventions qui auront lieu parallèlement durant le festival, et favorisant une écoute appropriée pour chaque proposition.

 

2007

- Julie Bawin: novembre 2007. In "Je ne suis pas celle que vous croyez" plaquette éditée par les Brasseurs, Liège à l'occasion de l'exposition de Benoît Félix. Dans le cadre du cycle "Dissidence"
Les incertitudes de l'image

Quand il ne lit pas, il écrit. Quand il n'écrit pas, il se laisse guider par le geste, par la main qui dessine. L'art de Benoît Félix, sorte de buisson secret et épineux de lignes et de traits, se forme et se joue dans ce dessein qui n'en finit pas de recommencer : regarder, comprendre, agir. Tout procédé, qu'il soit lent ou court, ne peut faire obstacle au passage, quasi immédiat, de la pulsion à la création. Il n'y pas un projet d'ensemble déterminé au préalable. La forme engendre la forme, le dessin suscite du dessin. Le trait est là. A la base de tout. Le dessin ne cherche pas à représenter quelque chose. Il est le devenir d'une chose dont on ne sait pas encore ce qu'elle sera. Je cours après des histoires que je demande à une ligne qu'elle me raconte. L'art de Benoît Félix ne doit pourtant rien au hasard. Il est de l'ordre de l'intelligence du visible. Autant dire qu'il va vers le motif, sans cesse retardé, presque rompu dans le tâtonnement. Le cheminement est long. Images à rebours d'une période fertile en artifices, en images construites et commerciales qui inondent et fascinent les regards, Benoît Félix compose des œuvres qui se tiennent dans un battement entre l'image, l'illusion de cette même image et le réel de l'objet. Flirtant très clairement avec les trois registres lacaniens - le réel, l'imaginaire, le symbolique -, il cherche surtout à mettre l'image hors d'elle-même, à imposer un temps d'arrêt sur le pouvoir qu'on lui confère. Mon travail naît de l'image en ceci qu'elle tient par les yeux celui qu'elle fascine. Le trait marqué au lieu de l'image est une tentative de différenciation. Sutures Découper, fendre, diviser, rompre : autant d'opérations qui permettent à l'artiste de raccommoder la peau de l'image. Le travail de suture auquel il s'adonne patiemment, méthodiquement, rappelle à quels degrés de complexité il sait atteindre. Mais la démonstration va bien au-delà. Entre équilibre et déséquilibre, harmonie et dissonance, ses compositions appellent des temps et des distances de regards différents sur l'image. Il y a « arrêt sur image ». L'image coupe dans sa progression celui dont elle suspend tout-à-coup le temps. La menace, ce serait que ce temps devienne l'éternité. Mais l'image n'en est pas moins, d'un autre côté, une suture nécessaire, un temps d'arrêt dans l'écoulement du temps, parce que si le temps s'écoulait indéfiniment, ça n'irait pas non plus... Encore une façon d'évoquer cette impasse entre la chose et le désir qu'elle suscite. Défasciner l'œuvre dans un temps de suture. Quignard n'est pas loin : à l'écart d'une société tronquée par le fasciné, il invite le regardeur à se « dé-sidérer ». Pièges Parce que Benoît Félix ne cesse d'expérimenter des façons de faire œuvre par une désarticulation savante de l'image, ses travaux peuvent passer pour hermétiques. On imagine des procédés métaphysiques, parsemés de références littéraires, philosophiques, psychanalytiques. Ce n'est pas inexact : les références sont là - Freud, Lacan, Bataille, Quignard - et la métaphysique aussi, mais dans son état ultime, tout cela peut être aussi un jeu, une illusion, un piège caressant. Faire des œuvres qui sont tout près du mensonge qu'elles sont ; des œuvres qui sont le bord du mensonge qu'elles sont Ainsi quand on croit la tenir, la vérité se dérobe. Ses sculptures de filets, ses longues bandes de papier au bout desquelles des choses sont suspendues oscillent entre le mystère offert à l'œil contemplatif et le désir de nous attirer dans des labyrinthes, de nous voir pris au piège. Le visiteur n'est ni un voyeur, ni un consommateur. J'aime l'idée qu'il puisse être un joueur Bascules Entre espièglerie et poésie, Benoît Félix joue sur les polarités contraires. Du papier tendu au bord de la rupture aux formes dansantes et papillonnantes, il trouble la perception par un jeu habile de bascule entre rigidité et mollesse, tension et légèreté. L'artiste définit ainsi un espace de liberté qui va de pair avec des tentatives de ne jamais rien imposer, de provoquer des glissements de sens que lui-même n'a pas prévu, n'a pas initié. Le savoir de ce que ce sera manque. Voilà la règle du jeu. Je suis le premier à m'émerveiller devant ce qui se passe (de tout petits événements, un peu dérisoires), et je ne sais rien de ce qui peut faire éventuellement l'émerveillement de certains visiteurs. Je regarde mon travail après eux en me demandant ce qu'ils voient. Troubles Dans ce désir de réceptivité, Benoît Félix rôde dans une zone où les coupures et les recompositions peuvent parfois être interprétées comme le souvenir épuré, presque imperceptible, d'une expérience connue de lui seul. Mon travail n'est pas un exutoire, il est l'accueil de quelque chose que j'ai pris beaucoup de temps à voir autrement que comme une maladie ou une fuite (dans un sens il est effectivement une fuite : celle de la signification hors d'elle). Toujours le refus de la définition et de la compréhension immédiate. Toujours le sentiment de se trouver face à une œuvre polymorphe soumise aux troubles de l'inconscient. Corps Grands et petits formats, assemblages légers, installations vibrant dans l'espace : les œuvres de Benoît Félix s'accordent toutes à la dimension physique et corporelle de son travail. Le rapport au corps se rencontre dans les traces du geste physique laissé par l'artiste, dans l'espace au sein duquel les œuvres évoluent, dans le mouvement qu'elles nous proposent. Le corps c'est ce que l'image ne peut, ou ne peut qu'à distance. Il arrive aussi que le corps se dévoile de manière tactile, presque charnelle. Une enveloppe de peau. Trahison de nos humeurs, de nos fractures. Il dessine de son trait sinueux les contours d'une anatomie à peine dévoilée, des morceaux de chair. Cette suavité se voit tempérée par des géométries à angles droits, où se reconnaissent des réminiscences de l'abstraction, donnant naissance à des pictogrammes, des signes connotés : un triangle, une jointure, une bande verticale. Illusions Je ne suis pas celle que vous croyez Encore l'image. Benoît Félix fait parler l'image, cette image qu'il veut sortir d'elle-même, défaire et recomposer sans cesse. L'image serait-elle le double féminin de l'artiste ? S'en amusant lui-même, Benoît Félix sait que l'ambiguïté est la seule manière de nous entraîner, jusqu'à l'évidence, dans ce qui est probablement son obsession majeure : l'illusion de l'image. L'image sait mentir, fasciner notre regard. Mais elle peut également dire sa première vérité : qu'elle ne cesse de nous mentir. La vérité devrait dire, pour qu'elle soit, le mensonge qu'elle est en réalité. L'illusion qu'est l'image est un mensonge. Il faut donc de l'illusoire comme tel. Est-ce que je ne suis pas simplement en train de produire, dans ce que j'appelle conventionnellement mon « travail », de l'illusoire en tant que tel ? À nous d'y répondre. À nous de suivre, avec nos vérités et nos incertitudes, les mouvements, les détours, les sauts et les précipices d'une œuvre qui n'a d'autre propos que de nous engager dans une liberté d'être et de savoir. 

 

Tristan Trémeau « L'inclôturable lieu de l'œuvre », in L’Art même n°37 nov 2007-janv 2008.
Dans la perspective de la prochaine exposition de Benoît Félix (°1969, vit et travaille à Lustin) aux Brasseurs à Liège, saisissons l'occasion de faire le point sur les enjeux esthétiques de cette œuvre ouverte et prometteuse.
Les récentes expositions de Benoît Félix à Rome (Spazio Senzatitolo), Breda (Variety, collective à Lokaal 01) et Asse (galerie BudA) confrontent aux murs et dans l'espace des œuvres de plus ou moins grands formats, porteuses d'un sentiment d'achèvement ou, au contraire, pareilles à des chutes, des bribes de formes et d'espaces (non) délimités. Si les configurations géométriques - point, ligne, plan, rectangle, triangle, trapèze... -, nées d'opérations de dessin, de découpes, d'épinglage et d'évidemment, demeurent visibles, elles exposent dans le même temps les effets de pesanteur, de tension et/ou de détente propres à leur mode d'exposition, lequel peut respecter comme excéder ce qui, dans chaque œuvre, se détermine comme forme et terme d'un processus. 
Chacune peut être appréhendée de façon autonome, encore que cette qualité soit relative. Même dans les œuvres qui imposent une saisie visuelle et tactile globale, quasi instantanée - Une seule ligne. Incarnation (avec deux poignées), 2006 -, leurs limites débordent le fait plastique d'une ligne découpée dans du papier synthétique et épinglée au-devant du mur. Le tracé de la ligne se dédoublant en ombre projetée, le lieu de l'œuvre inclut de ce fait l'espace-entre.
Cette question de l'espace-entre n'est pas limitée à celle de la définition des œuvres comme lieux relativement autonomes. Elle s'étend à leur mise en espace dans le moment de l'exposition, que celle-ci ait lieu dans son atelier - celui-ci étant, on le sait depuis les photographies prises par Picasso dans son atelier [1], un lieu tant de production que d'exposition - ou dans une galerie ou un centre d'art. 
Une conséquence en est l'aspect de plus en plus profus et touffu de ses expositions, ce que devrait confirmer celle qu'il prépare aux Brasseurs à Liège. Les visiteurs sont pris dans un espace-entre de type quasi arachnéen ou végétal, délicat ou piégeux pour les déplacements physiques - il s'agit parfois de ne pas se prendre les pieds dans les pièces tendues/détendues entre le mur et le sol. 
À l'heure où sont republiés les écrits de Michael Fried [2], qui ont contribué il y a quarante ans à produire une vision toujours dominante d'une séparation entre œuvre d'art autonome et situation incluant les spectateurs, entre opticalité et tactilité, peinture et objectité, il est important de voir et de comprendre qu'un artiste, né au moment de la mise en place de cette vision, implique dans ses œuvres et son travail de l'exposition d'autres généalogies, d'autres visées esthétiques et des actualisations de celles-ci. 

Sur un plan généalogique, le travail de Benoît Félix reprend un certain nombre de problématiques issues du postminimalisme. On devine dans ses œuvres un écho de la critique en pratique, par Richard Tuttle et Daniel Dezeuze, de l'autorité de la forme de type Gestalt et de la force de conviction que celle-ci, dans les œuvres modernistes (Noland, Poons, Stella) comme dans les situations minimalistes (Morris, Judd, Smith), imposent avec une plénitude d'effet d'adresse aux spectateurs en tant que sujets [3]. Ces échos sont perceptibles dans l'allègement matériel et symbolique du poids des supports (ici du papier, parfois synthétique, quand Tuttle usa de tissu et Dezeuze de bois de cageot ou de gaze de tarlatane) et de la peinture, détachée du régime du tableau, un paradigme qui domina tant le modernisme que, sur un mode théâtral, le minimalisme[ 4]. 

De même, une qualité entropique réside dans certaines œuvres de Benoît Félix (les contours découpés d'une forme en creux deviennent des lanières, des sortes de peaux ou de squelettes dérisoires) et dans l'expérience de ses expositions. Plus encore, c'est une conception unitaire du sujet et, binaire, de la relation esthétique, qui est ici remise en cause, en raison d'une insistance sur les processus de division et de déplacement au sein de chaque œuvre et entre les œuvres. Il ne s'agit pas simplement de contrepoints mais de différences, d'écarts entre une forme perçue dans une œuvre et ses diverses identifications métonymiques ou métaphoriques selon sa mise en rapport avec d'autres formes (dans l'œuvre ou au sein des autres) et d'autres opérations de production à la forme (dessin, découpe, renversement, tension...). 

Il y a toujours du tiers, de l'autre, au sens d'un indécidable, d'un inclôturable lieu de projection et d'inscription - même lorsqu'on est confronté au Dessin d'une place vide (2006) - quand bien même il distille dans nombre de pièces et dans ses expositions des éléments a priori identifiables à une dimension quasi signalétique. L'on peut songer à la façon dont Dezeuze a, dans les années 70, négocié dans ses gazes murales découpées des rapports entre points de fixation du regard, déplacements de la grammaire visuelle des formes et ventilation spatiale des œuvres et du regard. Il en va d'autant plus aujourd'hui, pour Benoît Félix, d'enjeux tant esthétiques que politiques.

Si le modèle de la subjectivation autoritaire, résiduel dans le minimalisme, a, semble-t-il, fait long feu - malgré le succès public de l'exposition « Voici » en 2000 à Bruxelles -, une forme communicationnelle et des critères d'évaluation critique et marchande se sont progressivement imposés dans le champ de l'art : l'efficacité de la forme, de l'objet et/ou de l'image fétichisés (jusqu'à anticiper la réussite des médiations des œuvres en leur conférant d'emblée une qualité photogénique), la reconnaissance pauvre et réifiante d'une identité, d'un « message », voire même d'un « pur » signe sans contenu, réduit à sa valeur d'échange et à n'être qu'un élément - parmi d'autres - d'esthétisation de la vie [5]. 

On peut comprendre les œuvres et les expositions de Benoît Félix comme des stratégies d'invalidation critique de ces critères. L'une d'elles consiste en la profusion et la densité des expositions qui parasitent l'appréhension des œuvres, visuellement intriquées. Un maximum d'attention et d'implication des visiteurs est suscité pour en isoler l'expérience et tisser les liens avec les autres œuvres. Ici, ce sont les œuvres elles-mêmes, dans leurs positions spatiales, qui rendent leur approche difficile et non, comme chez Emmanuelle Villard, des dispositifs exogènes, tels les tréteaux qu'elle avait disposés dans l'espace de La Criée à Rennes (2001), lesquels compliquaient le parcours et l'appréhension des tableaux, voire interdisaient l'accès à une salle. Sur deux modes distincts, Félix et Villard problématisent clairement le désir d'en découdre avec l'attitude réifiante vis-à-vis des œuvres, caractérisée par une consommation passive, une évaluation strictement quantitative et une absence de sens de l'altérité et de l'expérience. 

Une autre stratégie concomitante est celle du piège, suffisamment visible (telles les sortes de « lassos » qui pendaient depuis le plafond à Breda) pour qu'il ne soit pas à prendre de façon littérale mais comme une manifestation quasi comique de maintenir une distance et de souligner l'irréductibilité des œuvres aux mécanismes de reconnaissance : « je ne suis pas celle que vous croyez », s'amusa-t-il à envisager comme titre de son exposition aux Brasseurs lorsque nous évoquions cette question du piège pendant ma visite de son atelier. Ceci indique que ses œuvres et ses expositions allégorisent aussi la question du désir, et d'abord le sien : celui d'être à la fois l'opérateur et le premier spectateur de la forme dans sa production et son événement, désir et plaisir qui sont aussi - pas si paradoxalement que cela si l'on songe au désir amoureux et à la dimension temporelle, suturante de tout événement vécu - ceux de la chute, du hors de l'événement et, ici, de la forme. Quand certaines œuvres imposent un sentiment de totalité ou, pour reprendre un terme de Fried, de « présenteté », d'autres - négatifs, chutes, lanières, pièges - leur objectent le caractère illusoire de la réalisation totale du désir. Ce qui, en un contexte de valorisation des métabolisations artistiques bienveillantes et réenchanteresses des sujets et du monde, n'est pas la moindre qualité critique de ces œuvres. 

[1] Voir l'excellent catalogue Picasso photographe 1901-1916 (Anne Baldessari éd.), Paris, RMN, 1994. 
[2] Voir ma critique de Contre la théâtralité. Du minimalisme à la photographie contemporaine (Paris, Gallimard, 2007) dans ce même numéro. 
[3] Fried parle du caractère « irrésistible » des effets recherchés dans les tableaux Op' de Larry Poons, qui impliquent un mode de communication dans lequel les œuvres « s'adressent à nous en tant que sujets, et non en tant que spectateurs » (op.cit., p.252, note 54). Pour une mise en perspective approfondie de mon assertion, voir « De quelques effets idéologiques. Le mythe phénoménologique dans l'art », La Part de l'Œil , n°21-22, 2006-2007, pp.147-165. 
[4] D'après Dezeuze, les minimalistes conservent, « dans leur art de l'installation, une forme de mise en scène (c'est-à-dire un espace focalisé comme un théâtre à l'italienne ou une peinture obéissant aux règles de la perspective). » (C. Besson, « Ventilation, Les Gazes de Daniel Dezeuze (1977-1981), l'histoire en filigrane », in Daniel Dezeuze, gazes découpées et peintes, œuvres 1977-1981, Dijon, Frac Bourgogne, 2004, p.13). 
[5] Ce à quoi je songe est trop vaste pour en faire ici la liste. Deux pistes toutefois : certaines issues post-Pop, depuis les néo-géos new-yorkais jusqu'au minimal pop suisse actuel, nées d'une lecture inversée de l'évaluation négative par Jean Baudrillard de la fétichisation et de l'évidement des signes. Et, en signe avant-coureur, l'aménagement d'objets, de photos et de tableaux dans le studio du photographe dans Blow up d'Antonioni (1966).

 

2008

- Dominique Legrand: "Je ne suis pas celle que vous croyez" in Le Soir, 16/01/2008
Je ne suis pas celle que vous croyez

De la cave au grenier, l'univers de Benoît Félix fait éclater tous les volumes des Brasseurs dans une exposition épineuse, toute de lignes et de traits, sutures, pièges et troubles de l'image.
Fidèle à sa technique qui piste les incertitudes et les mouvements. L'artiste travaille tout simplement au cutter, scalpel chirurgical sur les multiples peaux du papier.
De cette extrême pauvreté de moyens nait une poésie de l'image, son envol et sa trace, son contrepoint.
Chez cet artiste du volume épuré dans l'espace, il est souvent question de fil qui reprise, de carcasse sensorielle, de mises en tension ciselées, collées, surpiquées, assemblées dans un jeu de mémoire dans un jeu espiègle et troublant. A nous de suivre les mouvements et détours de l'homme de Lustin, jusqu'aux précipices de la trace dévoilée.

 

- Claude Lorent « Duo monographique », article de La Libre publié le 10/12/2008
Poursuivant sa politique éditoriale, le Centre culturel Wolu-Culture publie deux nouvelles monographies d'artistes jumelées à deux expositions personnelles à la Médiatine. 

Repéré dès 2005 avec ses Ritournelles, oeuvres de bois divers associés, aux formes imposantes comme des sigles, et emboîtables pour une sculpture sans fin, manière Brancusi, Xavier Mary (Liège 1982 - vit à Bruxelles) a, depuis, donné de l'ampleur à son travail. Il conçoit des structures sculpturales de plus en plus monumentales auxquelles participent des objets usuels (pylônes d'éclairage autoroutiers) ou des matériaux industriels, généralement en relation avec l'architecture. Ses constructions, à l'apparence plus ou moins sophistiquée, mélangent le pseudo-scientifique, le banal usuel, la référence architecturale et spatiale, en un tout puissant mais hybride, jouant fréquemment de l'effet miroir pour mieux isoler et se constituant une identité propre, sculpturale.

Tout part de la feuille blanche dans le travail de Benoît Félix (Bruxelles 1969 - vit à Lustin). Il a éliminé l'image corporelle et parcellaire encore présente dans les travaux de 2005/06 exposés à la Vénerie et à l'Office d'art contemporain. Elle a retrouvé la blancheur d'origine, mais en même temps, parcimonieusement, la couleur ajoutée, peinte. De la sorte, un glissement s'est opéré, qui est aussi un retour aux sources d'un travail qui s'est finalement peu modifié en une dizaine d'années. La feuille est découpée pour devenir structure souple, ligne, pour donner naissance à des formes, à des vides, à des complémentarités. L'encre de Chine, la lithographie, la couleur, le graphite du crayon, le fusain interviennent dans des structures qui doivent une part à l'aléatoire. Le papier se fait volume, occupe l'espace, le sol ; la ligne se promène, se fait échelle, tourne en rond sur elle-même, se tend se fait cadre. Ces propositions de l'artiste rejoignent les recherches et questionnements des années 70 des Dezeuze, Viallat, Buraglio.

 

- Dominique Legrand « Arts Monographies à la Médiatine : Félix l’espiègle suture et reprise » in Le Soir. Publié le 9/12/2008 

Epingles, perforatrices, ciseaux, PVC, papier. Chez Benoît Félix, ce n’est pas tant le fil qu’il faut regarder mais le fil du dessin découpé, le dessein à chaque fois surprenant, ces fragiles incarnations de lignes tantôt tendues à un fil, tantôt en douce avalanche sur le sol. Benoît Félix est un elfe du papier et du ciseau. D’ombres, traits, découpes et pièges, ses installations s’écoulent dans l’espace. 

Confrontée aux murs blancs et bruts, à cet espace labyrinthique de La Médiatine, l’œuvre déploie tous ses possibles, son autonomie, ses pièges relationnels, ce treillis qui trame le désir du lien. Fidèle à sa technique qui piste les incertitudes du mouvement, c’est au scalpel et aux points de suture que l’artiste, -né à Bruxelles en 1969, aujourd’hui vivant et travaillant à Lustin –, met en tensions ciselées ses légères allégories.

Il y a Incarnation- une seule ligne, Il n'y a pas de rapport, Un filet d'encre, Chose fendue - fente chosée.... des contrastes de jeux et matières où l'ombre n'est pas le troisième couteau. Cette ombre révèle les tensions, les chutes au sol, la pesanteur, la détente, l'espace-temps quasi arachnéen.

Peaux ou squelettes, lanières de vide, chaque œuvre minimaliste impose sa plénitude d'adresse, sculptant l'espace dans une extrême pauvreté de moyens.

« Le cutter est son pinceau, écrit Yves Depelsenaire, philosophe et psychanalyste qui interroge l'œuvre dans le dernier cahier des Monographies éditées par la commune de Woluwe-Saint-Lambert. "Il y a ce qu'il n'y a pas", c'est ce qu'il ne cesse de nous montrer. Vers où nous conduira à présent Benoît Félix à travers différences et répétitions ? Je l'ignore, mais la nécessité interne qui oriente son travail est si certaine qu'elle ne peut réserver qu'heureux avatars, crises fécondes, trouvailles imprévisibles ».

 

2011

- Claude Lorent « Ah ! La belle équipe » in Arts Libres n° 108, in La Libre Belgique, 24/06/2011.
Onze plasticiens de Wallonie et de Bruxelles sont invités par l'un d'eux à exposer en groupe tout l'été en la galerie Exit 11 au château de Petit-Leez.

Invité par la direction de la galerie, le plasticien Benoît Félix s'est transformé en commissaire d'exposition mais ne souhaitant pas donner une orientation précise à cette exposition ni travailler par affinités artistiques, il n'a imposé aucune thématique et a invité des artistes, connaissances ou amis, dont il apprécie habituellement la démarche. Les artistes sélectionnés vivent et travaillent en Wallonie et à Bruxelles.

Ils appartiennent à diverses générations puisqu'Alice Jane est une toute jeune diplômée, qu'un Bernard Hubot, par exemple, est né en 1956, et que le commissaire est pour sa part né en 1969.

ILS SONT ONZE, OUI COMME UNE ÉQUIPE de foot, réunis par l'un d'eux, Benoit Félix, et pour la cause commissaire. Les onze d'un ensemble improbable car rien au fait ne les relie, à moins que le 11 de l'exit ne soit le dénominateur commun, autrement dit la galerie Exit 11. Mais exit dans quel sens ? Sortir comme les personnages de la performance de Dominique Thirion au vernissage, inertes, couchés au sol, en attente de se transformer en petits dessins disséminés dans la galerie, petits êtres tombant et flottant dans l'espace. Sortir du lieu, de l'existence, de soi, de sa situation ? Planer ou tomber ?
Sortir à la manière du foot et des Etablissements Decoux, c'est-à-dire se mettre ou être hors-jeu, volonté ou sanction, choix ou obligation, position artistique tandis que la partie se joue ailleurs, soit absurde, soit dans la représentation ? L'artiste par métaphore serait-il hors-jeu du grand jeu de l'art, mais alors qui manipule ? Exit ! crie aux fenêtres Djos Janssens accompagnant son mot d'un texte à peine lisible tandis que le onze figures des participants à l'exposition se débattent en un milieu glauque entre le dehors et le dedans du lieu, observateurs et acteurs, et qu'une belle méduse bien réelle, bien vivante, séductrice, s'exhibe attendant sa proie pour la glacer... jusqu'à l'effroi ?

Toutes les participations ne se rallient pas à cette référence même si Benoît Félix fait sortir de l'image un tracteur quand un bolide l'élimine, même si on peut s'interroger sur la sortie d'un Sarajevo déserté ou d'un crime ou d'une attente avec Lucie Bertrand et ses dessins, même si on peut se sentir coincé entre le Burn et le Fade de l'installation lumineuse de Jonathan Sullan inspiré d'une chanson de Neil Young, même si le labyrinthe désarticulé de Bernard Hubot trouve son chemin dans les mails échangés avec une partenaire informée par images de l'évolution d'un work in progress forcément en devenir.

De son côté Alice Jane collecte sur son chemin les rebuts les plus anodins, de petite taille, inutilisables, jetés ou perdus, qu'elle transforme en installation picturale, voire en sculpture, et qu'elle réactive habilement : sortis du monde, ils y rentrent par la voie artistique. Plus énigmatiques sont les interventions de Nicolas 

Biéva qui fonctionnent comme autant de pièces d'un puzzle impossible constitué d'expériences et de hasards. Alors qu'Olivier Pé, patiemment, au crayon et pastel, dessine finement et sans se lasser un rameau sans envie apparente de s'y soustraire. Quant au photographe Alexandre Christiaens, c'est dans l'infini de l'horizon marin ou dans le tourbillon de l'eau qu'il se perd, en silence.

Attention tout cela se passe sous la surveillance permanente et un peu hautaine du capitaine d'une équipe qui tourne le dos aux spectateurs pour n'être qu'une suite de numéros, de personnes anonymes. Si tout est sous surveillance et sans exit de secours, comment en sortir ?
https://www.benoitFélix.com/sites/default/files/2011-Claude%20Lorent-ONZE-Exit11-r.pdf

 

- Claude Lorent « Des figurations décalées », mis en ligne le 02/11/2011.

Au Tag City du Nord, trois anciens magasins cèdent la place à une ASBL artistique qui réunit une flopée d’artistes belges autour de trois thématiques. De temps en temps, sortir des sentiers et chemins trop fréquentés conduit à des surprises, là où sans prétention, des artistes exposent sous la houlette d’un commissaire. Dans trois lieux on ne peut plus bruts de chez brut de décoffrage, une ASBL, dont la tête pensante et la cheville ouvrière est Etienne Tilman, a réalisé une expo nécessairement en triptyque. Pour les voir, il faut s’aventurer au-delà des grandes tours de verre et bien clean, sous le tunnel routier, derrière la place Rogier. En passant, on pourra s’arrêter dans le Artatrium du Coven Garden où un artiste allemand Roland Schauls expose une grande fresque composée de 504 portraits sélectionnés dans la Galerie des Offices de Florence. Christophe Bortels Trois lieux voisins, trois ensembles, trois thématiques et rien que des artistes belges ou vivant en Belgique, appartenant à plusieurs générations puisqu’un Jacques Charlier, toujours en verve en objet ou en images peintes, dont il faut bien mesurer le degré pour apprécier, se retrouve aux côtés, entre autres, de la jeune Rachel Marino. Voilà justement quelqu’un à découvrir qui ne manque pas d’humour et travaille dans la concision. Sa chaise en mouvement et sa vidéo valent le détour. Bien que regroupées par affinités thématiques, ce qui donne un plus indéniable aux ensembles, les œuvres exposées valent surtout pour elles-mêmes et peuvent être considérées individuellement. Ainsi, par exemple, de ces sièges de chaises peints de manière monochrome par Bernard Villers et exposés, tels des tableaux, ainsi de cette ancienne mais belle peinture du regretté Michel Frère ou de cet étonnante sculpture très ready-made, clin d’œil à Duchamp de Daniel Locus qui a, en la circonstance, troqué son appareil photographique, ou encore des petits reliefs monochromes à base de photos de Nadia Kever Les trois thématiques : chaises, l’enfer du décor et Fig (salut à Marcel Broodthaers) ont en commun une bonne part d’insolite, voire même de bizarrerie; partout, il existe un décalage, subtile, léger ou évident, c’est selon, mais rien à proprement parler ne suit la norme. Les chaises ne sont pas faites pour s’asseoir, même celle du jeune designer Serge Vizcaino; la figuration picturale ou sculpturale verse souvent du côté du clin d’œil ou de l’étrange quand ce n’est pas du croisement avec Michel Moffarts qui associe l’abstraction monochrome jaune solaire avec une petite peinture figurative intégrée non sans malice. Le minimal peut être pris très habilement au piège du contrepoids par Komeel Devillé; quant à la peinture, sous les pinceaux de Philibert Delecluse, entre autres, et aussi de Joëlle Delhoveren, elle peut avoir un côté jubilatoire ou déroutant. Et ce ne sont là que quelques appâts d’ensembles appréciables.

 

 

2011-Mark Holthof, Hart78, 3:3:2011-A la lettre-MX7.pdf
- Marc HOLTHOF « Benoît Félix Une ligne dans le ciel », in Harts le 03/03/2011.
NL : Benoit Félix (1909) is een Brusselse kunstenaar. Zijn poëtische constructies in papier waren recent o.m. tijdens twee groepstentoonstellingen in De Markten ("Tussen Hond en Wolf', 2010 en "t Beweegt', 2009) te bekijken. Nu toont de Antwerpse galerie MX7 een ruime selectie van zijn recent werk.

Félix tekent en werkt met papier maar hij knipt die tekeningen uit en werkt er driedimensionaal mee. Of zoals hij het zelf zegt: "Mijn objecten zijn sculpturen die eigenlijk geen sculpturen zijn, mar tekeningen. En mijn tekeningen zijn geen tekeningen omdat ze in de lucht zweven en sculpturen zijn. Minder of meer dan een ding, teken ik in de ruimte de contouren van wat dat ding niét is."

Félix weet dat paradoxaal lijkende artistieke uitgangspunt te vertalen in een serie papieren sculpturen en sculpturale tekeningen die heel poëtisch en vaak mysterieus aandoen. Aan de ingang van de tentoonstelling hangt een Fontana-achtig werkje: een blauwe foto die diagonaal, van linker benedenhoek naar rechter bovenhoek, bijna helemaal doorgeknipt is. Maar Félix gaat niet met een mes een schildersdoek te lijf zoals Fontana. Nee, hij snijdt heel zorgvuldig een flinterdunne pijl uit een monochroom blauwe foto. "Une ligne dans le ciel'’ heet het werkje dat door het verwijderen van de dunne pijl niet langer een plat vlak is, maar een minimalistische sculptuur die een zekere ruimtewerking heeft.

Wat verder hangen vier stroken in een zelfde monochroom blauw. Maar hier herkennen wij ze als foto's van de condensatiestreep van een straalvliegtuig door de blauwe lucht. Boven deze vier lange, smalle foto's heeft Félix een minimale beschilderde boord in papier of eigenlijk maar de helft ervan, een rechte hoek aangebracht. Het geheel noemt hij 'Bord de la peinture'. 

geheel noemt hij 'Bord de la peinture'.
Félix' werk is licht en efemeer. Hij vervaardigt een walvis- en een wolfsculptuur uit papier en weerom zijn ze half getekend, half uitgeknipt. Die techniek, het uitknippen van objecten in papier om die daarna - met spelden of andere hech-tingstechnieken - een ruimtelijk effect te geven, past Félix steeds weer toe in de serie objecten die te bekijken zijn in de galerie. Zoals in een grote sculptuur van een kluwen van papieren stroken die tot een kunstige, grote sculpturale compositie zijn gemaakt, tegen de muur vastgemaakt met spelden. Op een krukje ligt een kleinere versie. Soms zijn Félix' werkjes ronduit enigmatisch, zoals een serie ringetjes in papier die aan een spijker hangen in een piepklein houten kistje. Of hyperminimalistisch zoals een koord met een strop (om iemand op te hangen?) aan beide kanten. Het enige wat een beetje jammer is aan deze intrigerende tentoonstelling is dat er in de kleine ruimte van de galerie wat té veel objecten te bekijken zijn: ze krijgen niet allemaal de ademruimte die ze verdienen. 

 

FR : Benoit Félix (né en 1909) est un artiste bruxellois. Ses constructions poétiques en papier ont récemment été présentées lors de deux expositions collectives à De Markten, entre autres ("Between Dog and Wolf", 2010 et "t Beweegt", 2009). Aujourd'hui, la galerie anversoise MX7 présente une large sélection de ses travaux récents.

Félix dessine et travaille sur papier, mais il découpe ces dessins et les travaille en trois dimensions. Comme il le dit lui-même, "Mes objets sont des sculptures qui ne sont pas des sculptures, mais des dessins. Et mes dessins ne sont pas des dessins parce qu'ils flottent dans l'air et sont des sculptures. Moins ou plus qu'une chose, je dessine dans l'espace les contours de ce que cette chose n'est pas".

Félix parvient à traduire ce postulat artistique paradoxal en une série de sculptures en papier et de dessins sculpturaux qui semblent très poétiques et souvent mystérieux. À l'entrée de l'exposition est accrochée une pièce semblable à celle de Fontana : une photographie bleue coupée presque entièrement en diagonale, de l'angle inférieur gauche à l'angle supérieur droit. Mais Félix n'attaque pas une toile au couteau comme Fontana. Non, il découpe très soigneusement une fine flèche dans une photographie bleue monochrome. "Une ligne dans le ciel" est le nom de la petite œuvre qui, en retirant la fine flèche, n'est plus une surface plane, mais une sculpture minimaliste avec un certain effet spatial.

Un peu plus loin, quatre bandes sont suspendues dans un camaïeu de bleus similaire. Mais ici, nous les reconnaissons comme des photographies de la traînée de condensation d'un avion à réaction dans le ciel bleu. Au-dessus de ces quatre images longues et étroites, Félix a appliqué une bordure peinte minimale en papier, ou en fait seulement une moitié, un angle droit. Il appelle l'ensemble « Bord de la peinture » 

whole. L'œuvre de Félix est légère et éphémère. Il réalise une baleine et un loup en papier, à moitié dessinés et à moitié découpés. Cette technique, qui consiste à découper des objets dans du papier et à leur donner ensuite - à l'aide d'épingles ou d'autres techniques de couture - un effet spatial, Félix l'applique à plusieurs reprises dans la série d'objets exposés dans la galerie. Comme dans une grande sculpture composée d'un enchevêtrement de bandes de papier, qui devient une grande composition sculpturale artistique, fixée au mur par des épingles. Une version plus petite est posée sur un tabouret. Parfois, les petites œuvres de Félix sont carrément énigmatiques, comme une série d'anneaux de papier suspendus à un clou dans une minuscule boîte en bois. Ou hyperminimalistes, comme une corde avec un nœud coulant (pour pendre quelqu'un ?) aux deux extrémités. La seule chose qui est un peu dommage dans cette exposition intrigante est qu'il y a un peu trop d'objets à voir dans l'espace restreint de la galerie : tous n'ont pas l'espace de respiration qu'ils méritent.
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)

 

2013

- Karin Derstroff. Jouer avec la perception

Ingolstadt Ingolstadt (DK) La « Borderline », c'est le trait dessiné. Et en ce sens, la vidéo éponyme d'une performance de Benoît Félix à l'entrée de la galerie du théâtre explique en fait déjà tout de cette exposition tranquillement ambiguë. La manière dont l'artiste belge s'efforce de tracer une ligne épaisse sur un mur à la hauteur de ses genoux, la manière dont il veut y entrer et la franchir et s'effondre soudain derrière (!) lui, le semblant de crayon à la main, est aussi drôle qu'éclairante.

Le trait n'est-il pas un trait ? La surface n'est pas une surface ? S'agit-il plutôt de sculpture de lignes et d'espace ? Les travaux de Félix se situent entre le bi- et le tridimensionnel, la perception et la réalité ; 
« Ränder » est le nom approprié de l'exposition captivante qu'il présente maintenant pour l'Ingolstädter Kunstverein.

Il s'agit de la première exposition de cet artiste de 43 ans en Allemagne, organisée par Thomas Neumaier, qui a fait la connaissance de son collègue belge lors d'un séjour d’« artiste en résidence » dans le Connecticut et l'a contacté. Rien d'étonnant à cela : comme lui, Neumaier travaille finalement sur le flou de la perception et le détournement, mais principalement dans l'objet. Félix, en revanche, est sans aucun doute un dessinateur, et pas seulement parce qu'il possède un diplôme correspondant de l'Académie de Bruxelles. Non, la ligne délicate, ses liens et ses entrelacs sont sa passion - certes sculpturale.

À quoi cela ressemble-t-il ? Toujours différente. Toujours poétique. Et toujours plein d'humour. La galerie est remplie d'innombrables œuvres, beaucoup vont ensemble, d'autres sont isolées et pourtant, elles se lient soudainement aux conditions spatiales, comme les fissures du plâtre sur le mur. Félix dessine des fils - pour ensuite les découper et les épingler sur un mur comme une fine toile. Il a pris une affiche avec l'image d'une vitre fissurée et a tout découpé, sauf les fissures : Le papier filigrané de l'impossible repose à son tour sur du verre, lui aussi étrangement borderline.

Les arrangements muraux de grande surface, pourtant très fins et riches en détails, sont magnifiques : un cadre en papier, devant lequel la longue branche d'un buisson d'épines ressemble à une ligne verticale craquelée, entre les deux, des boîtes en bois avec des ready-made - oui, la peinture charmante qui s'y trouve est tout simplement le reste d'un emballage déchiré - où est l'avant et l'arrière, où est l'espace, où est la surface ? On donnerait cher pour pouvoir voir un instant avec les yeux de Félix, qui scannent apparemment les lignes et les formes de l'extérieur de manière cohérente. Et c'est là que quatre petites encoches dans le mur, proches du sol (depuis quand sont-elles là ?), deviennent les interlocuteurs de jumeaux noirs en papier, qui soulignent l'ensemble de l'arrangement. Il va de soi que Félix, à l'exception de quelques objets finis, ne crée son travail que sur place.

Il y a aussi une magnifique installation faite de bandes de papier et d'une boîte - « qui tient qui », tel est son titre. Une minuscule boîte à regard qui confronte le spectateur à son propre œil fixe - l'ambigu « objet-regard ». Et il y a le magnifique « filfilfilfilfilfilfilfilfilfil » - un multiple qui montre 16 fois un fil à haute tension 
(« fil ») sur fond de ciel bleu, dont la ligne légèrement ascendante déplace aussi doucement les cadres. 
Le jeu avec les mots est également important pour lui, dit Félix. Cependant, il n'en est rien : Il est difficile de décrire son œuvre avec des mots. Alors, allez la voir !
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)

 

- Félicien Béni. Notes au sujet du travail de Benoît Félix, Monbazillac, Seconde nature, Octobre 2013.

Des traits de crayon vert, c'est de l'herbe, et pour faire ressortir cette herbe comme de l'herbe réelle, Benoît Félix les découpe un par un. Pousser l'herbe. Si le crayon avait été noir ç'aurait été des poils...

L'eau aussi, on peut l'attraper, ou plutôt la représentation de l’eau : le graphisme le plus simple qu'un enfant ferait pour la représenter. Cette représentation, Benoît Félix en fait un objet : un filet d'eau, à la lettre, qu'il fait flotter sur l'eau elle-même, comme pour rapprocher au plus près, l'objet et sa représentation... pour voir s'ils se confondront ? Ou plutôt pour trouver la limite où le champ du langage et celui du réel se repoussent l'un l'autre. On verra donc l'eau porter sa représentation, alors qu'on pourrait dire que c'est plutôt leur représentation qui porte les objets, les découpant du réel comme entités distinctes, pensables... L'eau, donc, portant comme le filet de langage qui permet de la concevoir, sa représentation...

Si le langage découpe du réel indifférencié les objets en les désignant, on pourrait dire de Benoît Félix qu'il réalise cette opération à la lettre (est-ce qu'il se prend pour le langage ?). Ce qu'il identifie dans une image, qu'il voit se découper sur le fond, par exemple d'un paysage, il le découpe effectivement, au cutter ; manière d'aller saisir dans l'image l'objet dont elle est la représentation, comme cet objet même, à sa place... Evidemment, ce qu'il tiendra en main, alors, ce ne sera pas l'objet lui-même – et, n'est-ce pas, là, ce dont, inlassablement, le travail de Benoît Félix est la vérification ? – mais plutôt un lambeau d'image. Morceau d'une image, qui, parce qu'on l'aura fait passer dans l'espace des objets, tombera tout à coup – lamentablement – sous le coup de la loi de la gravité...

Mettre l'image hors d'elle, voilà peut-être le programme à l'œuvre chez cet artiste ; et l'évidence vers laquelle nous mène ce programme est la suivante : les images ont un corps, ou bien : les images sont des objets, mais des objets particuliers en ceci qu'ils doivent nous faire oublier qu'ils sont des objets dans le temps où on les voit comme ces images... Ce serait donc une seconde nature, l’image ? Et c'est leur première nature d'objet que Benoît Félix tenterait de saisir ? Mais... comme la poule aux œufs d’or ? Noli me tangere. Si tu la touches, elle tombe !

Considérée dans l'état où il l'a mise – hors d'elle – l'image, il faudra à l'artiste, ensuite, la relever : l'installer, la retendre, comme le filet qu'elle ne dit pas qu'elle est, dit-il (filet à regard). On trouve quelque part dans l'exposition, épinglée en avant du mur, une Image grimpante : image gagnée en quelque sorte par les propriétés du lierre grimpant dont elle est l'image...

L'opération consistant à attraper l'image par sa peau, Benoît Félix l'avait d'abord mis en jeu dans ses dessins : pas le dessin d'une chose, la chose d'un dessin, dit-il : c'est le cycle des Incarnations : dessins découpés et installés, ceux-ci sont, dit-il encore, comme le désir que serait le dessin d'être une sculpture. Désir réalisé.

C'est donc bien en touchant ou en manipulant physiquement des dessins ou des images que Benoît Félix travaille. On pourrait encore préciser au sujet de ses dessins qu'ils découlent strictement de ce contact : toucher.

Couper, est l'acte quasi unique, aussi, avec ses effets de sens, qu'il met en oeuvre au moment du montage dans certaines de ses vidéos.

Déplacer, est l'opération qui fait acte dans des travaux tels que Lift left (vidéo), et les photographies Remettre le monde à l'endroit et Gravité.

Une dernière dimension essentielle de ce travail, que je ne ferai qu'évoquer ici, est celle de l’espace : les œuvres, mise en jeu à l'occasion d'une exposition y deviennent les pièces partielles d'un jeu à plusieurs dans lequel l'espace lui-même est entraîné. C'est l'espace d'un parcours, et si certains travaux y prennent une place maîtresse, c'est peut-être afin qu'on puisse ne pas voir, dans le même temps, certains autres éléments plus discrets, dans lesquels éventuellement on aura manqué de peu de se prendre les pieds. Oui, avec Benoît Félix, l'image vient parasiter l'espace où nous nous déplaçons, impliquant déambulations, et temporalités variées du parcours, faisant, peut-être du corps du spectateur, tout-à-coup, celui d'un presque danseur ? Oui ; ou bien non : un chasseur, un chasseur de quelque chose qu'il ne sait pas encore.

Trouver ce que je ne sais pas que je cherche, voici encore l'un des mots d'ordre de l’artiste ; et le chemin sur lequel on s'avance quand on s'aventure dans la trame que tissent ses travaux entre eux et avec les particularités de l'espace, est un chemin qu'on a perdu, on s'y risque à la trace, morceau par morceau, en perdant la dimension de l'ensemble à mesure que ses détails nous font signe. C'est un paysage que la promenade à laquelle il invite met en pièces.

 

2015

- Félicien Béni, mars 2015,Benoît Félix, éditions Bruno Robbe.
capté sur internet  https://www.brunorobbe.com/artiste/benoit-felix
Né en 1969 à Bruxelles. Vit et travaille à Lustin et Bruxelles.

C’est d’un trait de crayon sur une page que Benoît Félix ouvrait, au début des années 90, l’espace de son travail. Un trait, comme la frontière entre ce que le dessin dessine et le corps matériel du dessin. L’artiste étend cette logique à l’image en général à partir de 2003 avec son cycle Rose peau prose / couperose (images de corps / corps d’images) et ses Incarnations (où le dessin, extrait de l’espace de la page au cutter, devient un enjeu sculptural). Il entreprend avec Bruno Robbe en 2008 un travail de subversion de la notion de multiple (où les possibilités de combinaisons de plusieurs éléments d’une édition peuvent donner lieu à une pièce unique), et ouvre un nouveau champ d’exploration à la jonction de l’image et du corps (mais aussi de l’image et du langage, voire du langage et du corps) avec la vidéo à partir de 2009, et puis la performance à partir de 2010. Benoît Félix considère ces modes de recherche apparus successivement dans son travail comme des familles pouvant évoluer en parallèle et se nourrissant mutuellement.

 

- Aldo Guillaume Turin « Un temps sans âge » / chronique 15, , in Flux News n°72, janv mars 2017
Les serres, désormais occultées, du Botanique de Bruxelles viennent de prêter leur pavillon à Bernard Gaube et à Benoît Félix. Deux carrières, deux individualités. Plusieurs toiles de Gaube disaient l’abandon à des traits de sensibilité qui apparaissent tel un crescendo continuel vers plus de risque et plus d’aveu. Aux formes qui abdiquent devant l’invasion de vibrations arrivant on ne sait comment à dénouer avec insistance leurs rapports et contiguïtés, répondait la mise à l’épreuve des images que le peintre introduit à son habitude non dans ce qui s’appellerait un théâtre intime, mais du moins une sorte d’avant-scène, entre le promontoire et la cabane dans les arbres. Parmi ces images se retrouvait une fois encore l’autoportrait, celui que Gaube anime d’éléments signifiants afin soit d’agrandir la figure au sein de son milieu, soit d’en restreindre le caractère d’effigie dominante parmi autant d’accessoires que ce peut, tous symboliques. Toutefois l’image de soi se trouvait ici étrangère à celles connues. Le visage s’offrait en devinette, revêtu d’objets extérieurs bariolés, surabondants, vivants, comme ce perroquet postimpressionniste et qui aurait été fort à l’honneur chez un Ensor, ou représentés au stade de l’évanouissement dans le pur informel. Sur les murs alentour, encore des images, cette fois mobiles, constellaires, les vidéos réalisées par Benoît Félix et qui réinterrogeaient la modernité en des termes valant pour l’écho que de loin en loin elle réussit à évoquer, oblitérée qu’elle est par l’affairement de l’époque. Et par le pessimisme promu en guise de viatique. Dans ces plans frontaux, s’il s’agit de les relier pour qu’au final la vision se révèle hostile à l’unilatéralisme assumé par maints experts de l’art, alors l’ajustement qui en organise le concours dépend de la cible en jeu beaucoup plus que de l’arme utilisée. A savoir : le leurre en quoi consiste la maîtrise technique couplée à son plan propre avec le crédit à l’« efficacité ». L’acuité de transgression des règles établies, des postures, prend ici le rôle d’un dispositif d’humour.

 

2016

- Notice sur Benoit Félix in texte de présentation expo : Anvers, Eva Steynen. Deviation(S). Touch Line #2

Pour Benoit, le dessin est le véhicule de la pensée. Il travaille autour du dessin comme objet et du trompe l'œil comme image tridimensionnelle. L'artiste joue avec le concept du dessin comme esquisse de la réalité. Le dessin crée une nouvelle réalité sur le plan bidimensionnel, mais une fois que nous découpons cet objet dessiné, il perd sa réalité. Nous dessinons les objets, nous en créons une image comme s’ils existaient réellement, mais la ligne elle-même ne fait pas partie de la réalité. Tant qu’une image est une image, cela ne veut pas dire qu’elle existe.

 

- Claude Lorent. « La peinture même et ses hors cadre potentiels ». Article de La Libre pis en ligne le 21/09/2016.
Pour chacun de ces plasticiens, Bernard Gaube et Benoît Félix, cette exposition est une première en institution officielle de référence. Elle est également et surtout une expérience inédite en duo. Un exercice difficile et risqué dans la mesure où le projet n’était pas de simplement juxtaposer les œuvres de chacun mais d’examiner, voire de créer, des connexions entre les deux démarches.
Pour atteindre au résultat proposé, deux commissaires ont œuvré de concert avec les artistes. La solution commune est une sorte de work in progress d’un positionnement possible et temporaire orchestré par les deux commissaires, Catherine Henkinet et Marie Papazoglou.
En quelque sorte une expo à quatre têtes, qui montre des œuvres dans une salle commune, des essais d’interconnections et même, en un lieu fermé, une espèce d’atelier laboratoire comprenant des éléments documentaires du cheminement qui a conduit à la mise en place de l’expo. Par contre, chacune des deux cursives de l’étage est réservée à un solo des artistes, indépendamment de la proposition commune. Des pratiques inhabituelles, indispensables à connaître pour visiter l’expo en connaissance de cause.
La grande salle du rez-de-chaussée est donc réservée à une exposition commune dans laquelle les œuvres se mélangent. Et c’est donc cet essai d’osmose que l’on est invité à considérer plutôt que les deux individualités.
Il y est essentiellement question de peinture. Car elle domine. Elle apparaît à la fois comme la pratique et la cible de la réflexion. Les deux plasticiens prennent en compte son espace propre et ne cessent de l’interroger. Parmi les questions soulevées, on compte celles du regard, de la pratique dans le cadre et hors cadre, celle de l’image et de l’objet peint. Dans cette approche l’écueil à éviter est de s’égarer dans le discours qui supplanterait le travail.
Au premier constat, il y a mélange d’influences, soit phénomène de syncrétisation. Il y a regard réciproque par voie de portraits : l’un pictural, l’autre en vidéo. Il y a rapprochement et comparaison : la peau et sa couleur. Il y a croisement, autrement dit hybridation, notamment lorsque l’un (Félix) s’empare de traces de peintures en l’atelier de l’autre. Mais il y a surtout deux voies distinctes.
La pratique picturale.
Bernard Gaube (1952, vit à Bruxelles) est peintre. "Si un jour j’ai décidé de peindre, c’est pour me mettre au monde", dit-il. Et depuis près de trente-cinq ans, il somme constamment la peinture de répondre à ses interrogations sur ce qu’elle peut, sur ce qu’elle est, sur les images qu’elle véhicule. Il le fait en lien étroit au monde, aux êtres, à la nature. Sa peinture est charnelle et en sensibilité.
En sensualité également, par les sujets et par la matière. Il le fait comme personne d’autre en décomposant et recomposant. Tout se résume dans sa pratique picturale. Toutes ses interrogations, picturales et autres, humaines, ont des réponses picturales. Chaque tableau est une symbiose complète de la question et de la réponse. L’image est le reflet de cette intimité de la pensée et du faire. Elle est pensée dans la pratique picturale.
L’objet pictural.
Par rapport à la peinture, Benoît Félix (1969, vit à Lustin) a pris le parti de l’étude du pictural. Il se place hors cadre. Dans les extensions possibles qui reprennent des éléments de la picturalité. Il l’installe volontiers dans l’espace et opère une fréquente mutation vers un objet peinture qui n’est pas un tableau.
Il se conduit en quelque sorte en analyste qui donne à voir, qui traduit ses conclusions par des lignes, des couleurs, une trame comme une toile d’araignée qui attrape la peinture. Il cible aussi des problématiques en opérant hors peinture, en vidéo par exemple. Il porte dans l’espace réel l’illusion spatialiste de la peinture ou du dessin en tendant des lignes de papiers colorés.
Il se dégage de cette pratique qui, par plus d’un trait ne manque pas d’humour, un aspect didactique, démonstratif et pédagogique par lequel il invite à décoder l’art tout en s’appliquant à le nourrir.

 

- Jean-Marie Wynants. « Benoît Félix, Bernard Gaube. Sans titre 2016 » in Le Soir (Mad, 02/11/2016)

Il n’est jamais simple de faire se rencontrer les univers de deux artistes. Le résultat est souvent mitigé, voire carrément boiteux. Rien de tout cela au Botanique où Marie Papazoglou, responsable des expositions, a eu l’excellente idée de ressembler Benoît Félix et Bernard Gaube puis de travailler avec eux durant plus d’un an, en compagnie d’une seconde commissaire d’exposition, Catherine Henkinet. Vu de l’extérieur, on pourrait se dire qu’il s’agit de la rencontre entre un peintre, Bernard Gaube, et un adepte des installations, Benoît Félix. Mais les choses sont loin d’être aussi simples. A l’arrivée, le résultat est un petit miracle. Les deux univers se croisent, dialoguent, se complètent, se distancient l’un de l’autre puis se retrouvent pour de nouvelles aventures. C’est si réussi qu’on a l’impression que les deux hommes ont créé nombre de pièces en commun alors qu’il s’agit simplement de rapprochement d’œuvres créées par l’un et l’autre à des périodes et dans des lieux différents.

 

Hadelin Feront. Benoît Félix (texte du PDF édité par la galerie, p 5 à 19.) (27/10-17/12/2016) Bruxelles, Galerie GNF. Félix Benoît. Make believe
http://gnfgallery.com/sites/default/files/documents/GNF_livret_%2320_MakeBelieve.pdf

Benoît Félix est un artiste polymorphe Partant d’une économie de moyens radicale, il déploie un éventail de formes tout aussi important, interrogeant leurs possibilités et leurs limites plastiques. Simultanément à cela, Benoît Félix effectue un travail conceptuel qui consiste à renvoyer la forme à ses faux-semblants et, de ce fait, à nous renvoyer à nos conceptions de la forme. Cet exercice pourrait sembler une forme de tautologie, pourtant il n’en est rien. Car le jeu proposé n’est pas clôt sur lui-même : il invite au plaisir, c’est-à-dire au dépassement de sa propre finalité. Pour ces raisons, il est difficile de tracer une continuité à travers une œuvre versatile, éclectique, imprévisible. Le plus sage serait peut-être de l’aborder comme la tentative de représenter un changement, une oscillation constante entre ce qui est, ce qui nous apparaît et ce que nous voudrions percevoir. Dans cette perspective, il est important de souligner la place primordiale accordée à la ligne dans le travail de Benoît Félix. Celle-ci est, à beaucoup d’égards, le seul fil conducteur, l’objet premier du travail de l’artiste. Là où beaucoup d’autres la relèguent au rang de moyen, de trace constructive, Benoît Félix fait d’elle un sujet. Travaillée comme une dentelle, elle en devient transfigurée, à la fois plus forte et plus fragile qu’elle ne l’est. C’est dans ce retour à l’état premier de toute forme – la ligne – que le rapport au plaisir peut prendre essor, la ligne nous renvoyant à une condition primaire, celui qui précède toute construction du regard et de la perception. Il nous est donné à nouveau de mettre en forme, c’est-à-dire de construire notre perception à partir de ses composants élémentaires.

L’OMBRE EST-ELLE UNE FORME DE FUMEE ? 
Le renversement de la forme est une dynamique récurrente de l’œuvre de Benoît Félix: l’objet créé se joue de ce qu’il crée, il se dédouble et inverse la fonction première de la représentation. Ceci nous place devant un problème, celui de la tension créée entre la forme et ce qui s’en détache, entre ce qu’elle prétend être, ce qu’elle est et ce qu’elle projette.

TENIR UNE LIGNE 
D’une certaine manière, la ligne, davantage que le papier, pourrait être considérée comme la matière première de Benoît Félix. Tracée en continu, tirée au cordeau, épinglée, détachée de la surface, se projetant dans l’espace, interrompue ou rattachée et prolongée par l’espace qu’elle divise, la ligne est ténue et néanmoins autonome, assumant une présence à part entière.

LA PEINTURE EN TENSION
 La peinture chez Benoît Félix est réduite à une structure sous-jacente, à un ensemble de tensions qui structure et organise son espace. Seuls quelques traits de couleur nous renvoient à la peinture telle qu’objet ”plein”. Ni abstraction, ni représentation, elle est une peinture dévoyée, heureuse de montrer ses racines.

L’OBJET TRANSCENDE 
Les objets sont présents dans l’œuvre de Benoît Félix, et pourtant sans y être. C’est dans une forme spectrale qu’ils nous sont offerts, en miroir du rapport que nous entretenons avec eux, nous rappelant qu’on ne possède jamais l’objet de notre désir. Paradoxalement, ce pas de côté par rapport à l’objet concret nous libère de lui et, dans le même temps, nous en rapproche. Nous pouvons à nouveau le penser.

RECOMBINAISON 
L’œuvre de Benoît Félix se compose, d’une part, de pièces conscientes de leur propre audace, capables, en quelques fils, d’occuper un espace plus vaste et qui semble les dépasser. En regard de celles-ci, elle est composée, d’autre part, d’interstices – c’est-à-dire d’œuvres si minimales et si discrètes qu’elles pourraient passer pour n’être rien. Ce sont ces interstices, précisément, qui viennent découdre un propos qui, sans eux, ne serait que trop littéral. Recombinables entre eux, ils deviennent une matière fine, une écriture, qui rend la liberté à ce que l’art prétend fixer.

L’ARTISTE COMME CORPS ETRANGER

Il y a également, dans l’œuvre de Benoît Félix, une utilisation du corps de l’artiste qui bouscule notre rapport au temps de l’exposition. Presque par effraction, le corps est projeté dans l’espace, répétant en boucle une séquence sans début ni fin, une action en apparence sans but. Rappelant le fait que l’exposition est une construction, ces séquences la mettent paradoxalement en doute, faisant de la présence de l’artiste un objet de considération à part entière.

 

2017

- Aldo Guillaume Turin « Un temps sans âge » / chronique 15, , in Flux News n°72, janv mars 2017

Les serres, désormais occultées, du Botanique de Bruxelles viennent de prêter leur pavillon à Bernard Gaube et à Benoît Félix. Deux carrières, deux individualités. Plusieurs toiles de Gaube disaient l’abandon à des traits de sensibilité qui apparaissent tel un crescendo continuel vers plus de risque et plus d’aveu. Aux formes qui abdiquent devant l’invasion de vibrations arrivant on ne sait comment à dénouer avec insistance leurs rapports et contiguïtés, répondait la mise à l’épreuve des images que le peintre introduit à son habitude non dans ce qui s’appellerait un théâtre intime, mais du moins une sorte d’avant-scène, entre le promontoire et la cabane dans les arbres. Parmi ces images se retrouvait une fois encore l’autoportrait, celui que Gaube anime d’éléments signifiants afin soit d’agrandir la figure au sein de son milieu, soit d’en restreindre le caractère d’effigie dominante parmi autant d’accessoires que ce peut, tous symboliques. Toutefois l’image de soi se trouvait ici étrangère à celles connues. Le visage s’offrait en devinette, revêtu d’objets extérieurs bariolés, surabondants, vivants, comme ce perroquet postimpressionniste et qui aurait été fort à l’honneur chez un Ensor, ou représentés au stade de l’évanouissement dans le pur informel. Sur les murs alentour, encore des images, cette fois mobiles, constellaires, les vidéos réalisées par Benoît Félix et qui réinterrogeaient la modernité en des termes valant pour l’écho que de loin en loin elle réussit à évoquer, oblitérée qu’elle est par l’affairement de l’époque. Et par le pessimisme promu en guise de viatique. Dans ces plans frontaux, s’il s’agit de les relier pour qu’au final la vision se révèle hostile à l’unilatéralisme assumé par maints experts de l’art, alors l’ajustement qui en organise le concours dépend de la cible en jeu beaucoup plus que de l’arme utilisée . A savoir : le leurre en quoi consiste la maîtrise technique couplée à son plan propre avec le crédit à l’ « efficacité ». L’acuité de transgression des règles établies, des postures, prend ici le rôle d’un dispositif d’humour.

 

- Texte de présentation  de l’expo Anvers. Eva Steynen. Deviation(S). Hier. Benoît Félix + Olivier Nottellet / Gisteren Is HIER. C'est Ici, spectacle duo

Benoît Félix a invité l'artiste français Olivier Nottellet à créer de nouvelles œuvres en réponse l'une à l'autre. Les deux artistes explorent différentes facettes du dessin sur papier. Le dessin devient un objet tridimensionnel, qu'il soit ou non en relation avec un sujet ou qu'il suggère une expérience. En dialogue avec les dessins ludiques de Félix, découpés sur du papier tyvek, Nottellet présente un ensemble de dessins et de peintures murales créés in situ. Des silhouettes à hauteur d'homme, stratégiquement positionnées dans l'espace de la galerie, donnent littéralement un aperçu de la relation entre le travail sur papier et l'expérience visuelle de la perspective.

L'ensemble des œuvres du duo Félix-Nottelet sert de support à la réflexion. Comme ce que l'on voit n'est pas toujours ce que l'on voit, l'ensemble se nourrit de leurs analogies et de leurs divergences. De même, le mot hier dans le titre « gisteren was HIER c'est ici » reflète le bilinguisme belge. Félix, un artiste belge francophone ayant une formation en psychologie lacanienne, expose souvent ses œuvres en Flandre et utilise l'ambiguïté de la langue plutôt comme un art de la scène. De nouvelles interfaces sont créées à partir de différentes significations.

Dans l'œuvre de Félix, le traitement découpé au crayon ou à l'encre se libère littéralement du cadre et s'inscrit dans les dispositions de l'espace. Fasciné par les possibilités de la vidéo numérique, il initie le trompe-l'œil dans ce qui semble parallèle dans le visible et l'invisible, dans le cadre de l'image et le hors-champ. 

A son tour, le dessin présente un objet qui perd sa réalité. En découpant le dessin et en le positionnant dans l'espace 3D, il n'est plus la représentation d'un sujet. Félix redonne ainsi au dessin sa valeur d'existence dans la réalité. Avec la peinture à l'huile, il applique des accents de couleur et explore les limites du support par la détérioration, jusqu'à ce qu'il puisse « saisir le tableau ». 

Nottellet, quant à lui, crée à l'encre noire et à la peinture jaune ou bleue des corrélations entre le dessin et la matière. La figure apparaît sous des formes schématiques, des silhouettes imparfaites. La composition est toujours inachevée, instable, émergente, et défie la mobilité du regard. Le noir et blanc qu'il décline sur le papier, les peintures murales ou les installations a un caractère direct pour le spectateur. Le dessin est remis en question. Une ligne peinte transcende le bord du papier de sa frontière et se répète sur le mur, se transformant avec la matière d'un papier blanc. Les dessins de Nottellet ne représentent pas l'objet. A travers une instabilité vibratoire se produit un événement de transition de l'objet dans son environnement.

Tout comme celles de Félix, les œuvres de Nottellet, qui ne sont ni des dessins ni des sculptures, sont toujours littéralement à la périphérie, rendant le bidimensionnel tridimensionnel. Les contours impeccables suggèrent plutôt qu'ils ne montrent un objet. La perception est une re-cognition. Sa tentative n'est pas de représenter une réalité, mais de mettre l'accent sur une expérience de composition et de perception, en créant un espace intermédiaire entre l'abstrait et la figure. La complexité des différentes couches donne de l'espace, met en scène une expérience plutôt qu'une interprétation. Le pas de deux de Félix-Nottellet entoure le spectateur d'un paysage d'ici et de maintenant.

Le travail de Benoit Félix (°1969, vit et travaille à Lustin,(B) a déjà été présenté lors de différentes expositions de groupe à la galerie et l'année dernière à Bruxelles au Botanic en duo avec Bernard Gaube et en solo à NFgallery et Jan Colle (Gand). Ces dernières années, les œuvres de Félix ont été exposées à Anvers (SecondRoom), Lier (Voorkamer), Bruxelles (Performatik !, OAC, La Centrale), Gand, Namur, Liège, Munich (D), Lisbonne et en France.

Olivier Nottellet (°Alger 1963, vit et travaille à Toulouse, Lyon, Paris, New York). Ses œuvres ont été exposées dans différents lieux à Paris et dans toute la France, à New York, Bruxelles, Amsterdam et à la Biennale de Sao Paulo, Brasilia.                       Traduit avec DeepL.com (version gratuite)

 

 

 

Notes

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