de Witte Adrien - Art Info
de Witte Adrien

de Witte Adrien

1850 - 1935
Dessin Gravure et image imprimée Peinture Directeur d'académie Professeur d'art plastique Professeur de dessin

Naissance à Liège, le 2 août, de Lambert Jean Adrien de Witte de Limminghe, fils de Jean Baptiste Corneille de Witte de Limminghe, peintre et de Marie-Catherine-Antoinette-Albertine Andrien.. Formation :- Acquiert ses premières no...

Nationalite : Belgique

Communaute : Communauté française

Lieu de naissance : Warchin

Disciplines et techniques

Dessin, Gravure et image imprimée, Peinture, Eau-forte, Gravure, Huile, Pointe sèche

Ecoles et roles

Ecole belge, Ecole liégeoise, Ecole wallonne, Directeur d'académie, Professeur d'art plastique, Professeur de dessin

Mouvements et themes

Figuration, Femmes (iconographie), Figures humaines

Artistes lies

Berchmans Emile, Edgar Scauflaire

Resume

Naissance à Liège, le 2 août, de Lambert Jean Adrien de Witte de Limminghe, fils de Jean Baptiste Corneille de Witte de Limminghe, peintre et de Marie-Catherine-Antoinette-Albertine Andrien..

 

Formation :

- Acquiert ses premières notions de dessins chez son père puis à l’école Saint-Jean.
- Etudes au Collège des Jésuites. Section professionnelle.
- Dessine beaucoup ; silhouette les gens de son entourage dont ses grands-parents.
* Son grand-père maternel, négociant, installe dans sa propriété de Hocheporte, son importante collection de tableaux.
- 1866. Entre à l'Académie des Beaux‑Arts de Liège située à l’époque en Féronstrée dans l’ancien hôpital Saint-Abraham.
* Suit les cours d’Herman pour le dessin « d’après la feuille », de Chauvin pour le dessin « d’après nature », de Soubre pour le dessin « d’après l’antique », de Drion pour l’Anatomie.

Lors d’une visite rendue à un amateur d’art, M. Keppenne, la découverte d’un tableau de Courbet représentant une femme vue de dos sur un lit lui révèle ce que doit être l’art : l’expression de la vérité.

1870
Collabore avec Léon Mignon et Joseph Demoulin au journal satirique « Le Caustique ».

S’installe avec son ami le sculpteur Léon Mignon dans son atelier, rue de l’Etuve.

Premier essai à l’eau-forte.

Réunions d’un petit groupe d’amis très liés : Alphonse Taïée (sculpteur amateur), Hubert Zeyen (photographe), Félix Nisen (peintre ; fils du célèbre portraitiste Jean-Mathieu Nisen), Jean Ubaghs (peintre), …

Dessine les portraits de ses amis.

1872‑73
Obtient une bourse de 1000 frs et voyage en Italie avec Félix Nisen ; ils passent par Münich et le Tyrol, visitent Venise et Vérone puis séjournent à Rome où ils rendent visite à J. Antoine (Herstal, 1840-Schaerbeek, 1913), pensionnaire de la Fondation Darcis, réalisateur des peintures murales de l’église Sainte-Véronique de Liège.

1873
S'installe dans son atelier rue Hocheporte à Liège

Premiers dessins répertoriés par Charles Delchevalerie dans son catalogue.

Peint son « Portrait de femme au corsage noir ».

1875
Début une belle série d’eaux-fortes.

1879
Peint « La Lessiveuse »

Obtient la bourse de la Fondation Darchis.
* Séjourne à Rome jusqu’en 1884 avec quelques brefs retours à Liège, notamment fin septembre, début octobre 1880 suite à l’effondrement de la maison paternelle, rue Hocheporte, le 23 juin, à cause d’un violent orage.
** Elève à l'Académie Chigi (1879-80) ou il croque, à l'aide du fusain, de la plume, de la mine de plomb et du burin, des scènes populaires d'une grande virtuosité de dessin et de modelé.
***. Peint « Le femme au corset rouge » (1880).
**** Envoie des dessins à Liège, à Hubert Zeyen pour qu’il les vende.
***** Voit passer au Capitole, l’enterrement de Garibaldi (1882).
****** Mort de sa mère au printemps ; il rentre à Liège jusqu’au 4 juin puis retourne à Rome (1883).
******* Voyage dans la vallée de l'Aniene (Italie) notamment à Scarpa et à Anticoli Corrado, dont le cadre agreste et sauvage le fascine ("Scarpa", Liège, M.A.W.) (11/07-28/09/1883)
******** Le choléra sévit à Naples ; il rentre à Liège en septembre (1884)

1884
Réinstallation à Liège, où il assume à l'Académie des Beaux‑Arts l'interim du professeur Nisen

Bref séjour à Paris.

1885
Prosper Drion, directeur de l’Académie lui propose la chaire qui, après de longues hésitations, finit par accepter. Il entre en fonction le 7 décembre.
Désormais, se consacrera à sa charge de professeur au détriment de sa production personnelle.

1887
(11/02) Nommé professeur de dessin d’après le modèle vivant.

1888
(mai) Liège, Salle de l’Emulation avec  Léon Mignon (1847-1898) et celles d’Alfred Hubert (1830-1902). 

1893
(10/04) Nommé professeur de dessin et de peinture à la section des demoiselles.

De 1893 à 1897, réalise ses beaux portraits au pastel d’Edouard Brahy, Maurice Chizelle et Mme de Soer de Solières. Il réalise aussi ses derniers portraits gravés dont celuide Félicien Rops.

Absorbé par son enseignement, travaille de moins en moins pour lui-même.

1902.
Reprend la gravure.
* Il en crée une vingtaine en cette année 1902 mais certaines ne seront pas terminées.

1910
Adrien de Witte est nommé directeur de l'Académie où il succède à Evariste Carpentier.
* Abandonne la fonction le 31 août 1913.

1920.
(19/06-25/07) Liège, Palais des Beaux‑Arts du Parc de la Boverie. Salon 1920 ‑ Liège

1921.
Admis à la pension.

1926.
 (15/05-15/06) Liège, Salle des Fêtes / Boverie: Salon de mai.
***** Grâce à l'amabilité de quelques collectionneurs comme M. Maurice Chizelle, la Société royale des Beayx-Arts a pu faire voir è ses fidèles, au cours de son exposition, quelques-unes des peintures du maitre (de Witte), totalement inconnues du grand public. C'est ainsi qu'il a été possible d'admirer notamment le portrait de femme dont il a été précédemment parlé, le portrait si largement expressif du chien Minka, et la nature morte à l’œuf. 
 (29/05-04/07) Brighton, Public Art Galleries. Exhibition of the works of Liège. Engravers from the XVIe century to the Present Time.

1927.
 (09/09-28/09) Stockholm / SE, Liljevalchs Konsthall. Äldre och Nyare Belgisk Konst.

(  /  -  /  ) Liège, Palais des Fêtes / Parc de la Boverie  RETROSPECTIVE.

Nommé Commandeur de l'ordre de la Couronne.

1933.
Une rue de Liège, dans le quartier des Vennes, lui est dédiée.

1934.
(  /  -  /  ) Anvers, Cercle des Beaux-Arts. Exposition d'ensemble.

1935.
(janvier) Mariage.

(25/06) Décès à l’âge de 85 ans.
* Enterré au cimetière de Saint‑Walburge à Liège.

‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑

1936.
(09/02-28/02) Liège, Salle Lutetia. De Witte Adrien. Rétrospective.

1938.
(19/11) Inauguration par le Bourgmestre Xavier Neujean, dans la roseraie du parc de la Boverie, du buste de l’artiste, œuvre d’Oscar Berchmans.

1939.
(08/07-24/09) Liège, Musée des Beaux-Arts. Cent ans d'Art wallon organisée à l'occasion du centième anniversaire de l'Académie royale des Beaux-Arts.
(juillet-septembre) Liège, Musée des Beaux-Arts. Exposition de la gravure liégeoise.

1940.
(09/03-15/04) Bruxelles, Musée royaux des Beaux-Arts. Les chefs-d'œuvre du Musée de Liège

 

 

1945.
(01/09-21/09) Liège, Musée des Beaux-Arts. Salon quatriennal / Artistes vivants, collections privées, architecture et urbanisme.

1949
(30/04-15/05) Groningen / NL, Prinsenhof. Luikse kunstenaars van heden.
* e. a. Crommelynck Robert, de Witte Adrien.

1950.
(22/06-21/10) Lyon, Musée des Beaux-Arts. La peinture belge contemporaine.
(14/10-12/11) Liège, Musée des Beaux‑Arts. de Witte Adrien. Rétrospective.

1952.
(04/10-11/11) Liège, Musée des Beaux-Arts. Salon 1952  ‑ Liège. Consacré aux œuvres des coll. privées liégeoises et verviétoises.

1955.
(  /  - /  ) Liège, Société d'Emulation. de Witte Adrien. 

1964.
(11/04-10/05) Liège, Musée des Beaux-Arts. 125e anniversaire de l'Académie royale des Beaux‑Arts.

1966

(03/01-14/01) Liège, Cercle royal des Beaux-Arts. Hommage à de Witte Adrien, Donnay Auguste, Heintz Richard, Mataive Alphonse, Maréchal François, Philippet Léon, Rassenfosse Armand.

1970.
(27/06-30/09) Liège, Chiroux et Stavelot, Musée de l'Abbaye. Gravures au pays de Liège. Estampes, verre, armes.

1977.
(29/09-02/12) Liège, Cabinet des Estampes et des Dessins. Gravures du 16e au 20e siècle

1978.
(28/04-11/06) Liège, Cabinet des Estampes. Techniques de la gravure. Le burin et la pointe sèche.

1980.
(janvier) Liège, Salons de la Société Littéraire. Portraits liégeois dans les Collections du Cabinet des Estampes.
(20/03-20/04) Liège, Cabinet des Estampes et des Dessins. Gérardy Paul et ses amis.
(11/10-23/11) Charleroi, Palais des Beaux-Arts. Art et Société en Belgique.

1981.
(  /09-  /10) Liège, Galerie Gustave Drisket. Salon noir et blanc.
(11/09-15/11) Liège, Cabinet des Estampes et des Dessins. De Witte Adrien. RETROSPECTIVE des dessins, pastels, gravures.
(15/09-10/10) Liège, Galerie de la Province. De Witte Adrien. Peintures.

1983.
( /  -  /  ) Liège, Galerie de la Province. Les petits métiers de la rue.

1984
(26/06-19/08) Liège, Cabinet des Estampes. Sans titre.

1985.
(11/05-01/06) Liège, Galerie l'A. Autoportraits

1987.
(16/10-10/01/88) Paris, Centre Wallonie‑Bruxelles. Le Symbolisme – Le Réalisme

1989.
(11/11-10/12) Flémalle, Centre wallon d'art contemporain – La Châtaigneraie. Carte blanche à Jacques Parisse, 25 ans de critique d'Art.

1996.
(  /  -  /  ) Liège, ING Espace Culturel. 125 ans d'art liégeois : peinture, sculpture, gravure en province de Liège, 1870‑1995

1997.
(22/03-20/04) Liège, Galerie Liehrmann. Choix de dessins par Jacques Parisse.
(03/10-15/11) Liège, Générale de Banque. Talents d’hier et d’aujourd’hui.

1998.
(01/05-17/05) Marchin, Centre culturel. Par‑delà nos terres : œuvres de la collection de Philippe Crismer.

2003.
(20/06-21/09) Liège, Cabinet des Estampes. Regards gravés et acquisitions récentes.

2007.
(20/04-01/06) Acquisitions des collections artistiques de l'Université de Liège.1998-2006. Estampes.

2008.
(26/06-13/09) Jeux de miroirs – Cent chefs-d’œuvre rassemblés. Présentés par les Musées des Beaux-Arts de Tournai et de Liège.
(26/06-14/09) Liège, Cabinet des Estampes. Coups de cœur estampés.

 

Biographie

Naissance à Liège, le 2 août, de Lambert Jean Adrien de Witte de Limminghe, fils de Jean Baptiste Corneille de Witte de Limminghe, peintre et de Marie-Catherine-Antoinette-Albertine Andrien..

 

Formation :

- Acquiert ses premières notions de dessins chez son père puis à l’école Saint-Jean.
- Etudes au Collège des Jésuites. Section professionnelle.
- Dessine beaucoup ; silhouette les gens de son entourage dont ses grands-parents.
* Son grand-père maternel, négociant, installe dans sa propriété de Hocheporte, son importante collection de tableaux.
- 1866. Entre à l'Académie des Beaux‑Arts de Liège située à l’époque en Féronstrée dans l’ancien hôpital Saint-Abraham.
* Suit les cours d’Herman pour le dessin « d’après la feuille », de Chauvin pour le dessin « d’après nature », de Soubre pour le dessin « d’après l’antique », de Drion pour l’Anatomie.

Lors d’une visite rendue à un amateur d’art, M. Keppenne, la découverte d’un tableau de Courbet représentant une femme vue de dos sur un lit lui révèle ce que doit être l’art : l’expression de la vérité.

1870
Collabore avec Léon Mignon et Joseph Demoulin au journal satirique « Le Caustique ».

S’installe avec son ami le sculpteur Léon Mignon dans son atelier, rue de l’Etuve.

Premier essai à l’eau-forte.

Réunions d’un petit groupe d’amis très liés : Alphonse Taïée (sculpteur amateur), Hubert Zeyen (photographe), Félix Nisen (peintre ; fils du célèbre portraitiste Jean-Mathieu Nisen), Jean Ubaghs (peintre), …

Dessine les portraits de ses amis.

1872‑73
Obtient une bourse de 1000 frs et voyage en Italie avec Félix Nisen ; ils passent par Münich et le Tyrol, visitent Venise et Vérone puis séjournent à Rome où ils rendent visite à J. Antoine (Herstal, 1840-Schaerbeek, 1913), pensionnaire de la Fondation Darcis, réalisateur des peintures murales de l’église Sainte-Véronique de Liège.

1873
S'installe dans son atelier rue Hocheporte à Liège

Premiers dessins répertoriés par Charles Delchevalerie dans son catalogue.

Peint son « Portrait de femme au corsage noir ».

1875
Début une belle série d’eaux-fortes.

1879
Peint « La Lessiveuse »

Obtient la bourse de la Fondation Darchis.
* Séjourne à Rome jusqu’en 1884 avec quelques brefs retours à Liège, notamment fin septembre, début octobre 1880 suite à l’effondrement de la maison paternelle, rue Hocheporte, le 23 juin, à cause d’un violent orage.
** Elève à l'Académie Chigi (1879-80) ou il croque, à l'aide du fusain, de la plume, de la mine de plomb et du burin, des scènes populaires d'une grande virtuosité de dessin et de modelé.
***. Peint « Le femme au corset rouge » (1880).
**** Envoie des dessins à Liège, à Hubert Zeyen pour qu’il les vende.
***** Voit passer au Capitole, l’enterrement de Garibaldi (1882).
****** Mort de sa mère au printemps ; il rentre à Liège jusqu’au 4 juin puis retourne à Rome (1883).
******* Voyage dans la vallée de l'Aniene (Italie) notamment à Scarpa et à Anticoli Corrado, dont le cadre agreste et sauvage le fascine ("Scarpa", Liège, M.A.W.) (11/07-28/09/1883)
******** Le choléra sévit à Naples ; il rentre à Liège en septembre (1884)

1884
Réinstallation à Liège, où il assume à l'Académie des Beaux‑Arts l'interim du professeur Nisen

Bref séjour à Paris.

1885
Prosper Drion, directeur de l’Académie lui propose la chaire qui, après de longues hésitations, finit par accepter. Il entre en fonction le 7 décembre.
Désormais, se consacrera à sa charge de professeur au détriment de sa production personnelle.

1887
(11/02) Nommé professeur de dessin d’après le modèle vivant.

1888
(mai) Liège, Salle de l’Emulation avec  Léon Mignon (1847-1898) et celles d’Alfred Hubert (1830-1902). 

1893
(10/04) Nommé professeur de dessin et de peinture à la section des demoiselles.

De 1893 à 1897, réalise ses beaux portraits au pastel d’Edouard Brahy, Maurice Chizelle et Mme de Soer de Solières. Il réalise aussi ses derniers portraits gravés dont celuide Félicien Rops.

Absorbé par son enseignement, travaille de moins en moins pour lui-même.

1902.
Reprend la gravure.
* Il en crée une vingtaine en cette année 1902 mais certaines ne seront pas terminées.

1910
Adrien de Witte est nommé directeur de l'Académie où il succède à Evariste Carpentier.
* Abandonne la fonction le 31 août 1913.

1920.
(19/06-25/07) Liège, Palais des Beaux‑Arts du Parc de la Boverie. Salon 1920 ‑ Liège

1921.
Admis à la pension.

1926.
 (15/05-15/06) Liège, Salle des Fêtes / Boverie: Salon de mai.
***** Grâce à l'amabilité de quelques collectionneurs comme M. Maurice Chizelle, la Société royale des Beayx-Arts a pu faire voir è ses fidèles, au cours de son exposition, quelques-unes des peintures du maitre (de Witte), totalement inconnues du grand public. C'est ainsi qu'il a été possible d'admirer notamment le portrait de femme dont il a été précédemment parlé, le portrait si largement expressif du chien Minka, et la nature morte à l’œuf. 
 (29/05-04/07) Brighton, Public Art Galleries. Exhibition of the works of Liège. Engravers from the XVIe century to the Present Time.

1927.
 (09/09-28/09) Stockholm / SE, Liljevalchs Konsthall. Äldre och Nyare Belgisk Konst.

(  /  -  /  ) Liège, Palais des Fêtes / Parc de la Boverie  RETROSPECTIVE.

Nommé Commandeur de l'ordre de la Couronne.

1933.
Une rue de Liège, dans le quartier des Vennes, lui est dédiée.

1934.
(  /  -  /  ) Anvers, Cercle des Beaux-Arts. Exposition d'ensemble.

1935.
(janvier) Mariage.

(25/06) Décès à l’âge de 85 ans.
* Enterré au cimetière de Saint‑Walburge à Liège.

‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑‑

1936.
(09/02-28/02) Liège, Salle Lutetia. De Witte Adrien. Rétrospective.

1938.
(19/11) Inauguration par le Bourgmestre Xavier Neujean, dans la roseraie du parc de la Boverie, du buste de l’artiste, œuvre d’Oscar Berchmans.

1939.
(08/07-24/09) Liège, Musée des Beaux-Arts. Cent ans d'Art wallon organisée à l'occasion du centième anniversaire de l'Académie royale des Beaux-Arts.
(juillet-septembre) Liège, Musée des Beaux-Arts. Exposition de la gravure liégeoise.

1940.
(09/03-15/04) Bruxelles, Musée royaux des Beaux-Arts. Les chefs-d'œuvre du Musée de Liège

 

 

1945.
(01/09-21/09) Liège, Musée des Beaux-Arts. Salon quatriennal / Artistes vivants, collections privées, architecture et urbanisme.

1949
(30/04-15/05) Groningen / NL, Prinsenhof. Luikse kunstenaars van heden.
* e. a. Crommelynck Robert, de Witte Adrien.

1950.
(22/06-21/10) Lyon, Musée des Beaux-Arts. La peinture belge contemporaine.
(14/10-12/11) Liège, Musée des Beaux‑Arts. de Witte Adrien. Rétrospective.

1952.
(04/10-11/11) Liège, Musée des Beaux-Arts. Salon 1952  ‑ Liège. Consacré aux œuvres des coll. privées liégeoises et verviétoises.

1955.
(  /  - /  ) Liège, Société d'Emulation. de Witte Adrien. 

1964.
(11/04-10/05) Liège, Musée des Beaux-Arts. 125e anniversaire de l'Académie royale des Beaux‑Arts.

1966

(03/01-14/01) Liège, Cercle royal des Beaux-Arts. Hommage à de Witte Adrien, Donnay Auguste, Heintz Richard, Mataive Alphonse, Maréchal François, Philippet Léon, Rassenfosse Armand.

1970.
(27/06-30/09) Liège, Chiroux et Stavelot, Musée de l'Abbaye. Gravures au pays de Liège. Estampes, verre, armes.

1977.
(29/09-02/12) Liège, Cabinet des Estampes et des Dessins. Gravures du 16e au 20e siècle

1978.
(28/04-11/06) Liège, Cabinet des Estampes. Techniques de la gravure. Le burin et la pointe sèche.

1980.
(janvier) Liège, Salons de la Société Littéraire. Portraits liégeois dans les Collections du Cabinet des Estampes.
(20/03-20/04) Liège, Cabinet des Estampes et des Dessins. Gérardy Paul et ses amis.
(11/10-23/11) Charleroi, Palais des Beaux-Arts. Art et Société en Belgique.

1981.
(  /09-  /10) Liège, Galerie Gustave Drisket. Salon noir et blanc.
(11/09-15/11) Liège, Cabinet des Estampes et des Dessins. De Witte Adrien. RETROSPECTIVE des dessins, pastels, gravures.
(15/09-10/10) Liège, Galerie de la Province. De Witte Adrien. Peintures.

1983.
( /  -  /  ) Liège, Galerie de la Province. Les petits métiers de la rue.

1984
(26/06-19/08) Liège, Cabinet des Estampes. Sans titre.

1985.
(11/05-01/06) Liège, Galerie l'A. Autoportraits

1987.
(16/10-10/01/88) Paris, Centre Wallonie‑Bruxelles. Le Symbolisme – Le Réalisme

1989.
(11/11-10/12) Flémalle, Centre wallon d'art contemporain – La Châtaigneraie. Carte blanche à Jacques Parisse, 25 ans de critique d'Art.

1996.
(  /  -  /  ) Liège, ING Espace Culturel. 125 ans d'art liégeois : peinture, sculpture, gravure en province de Liège, 1870‑1995

1997.
(22/03-20/04) Liège, Galerie Liehrmann. Choix de dessins par Jacques Parisse.
(03/10-15/11) Liège, Générale de Banque. Talents d’hier et d’aujourd’hui.

1998.
(01/05-17/05) Marchin, Centre culturel. Par‑delà nos terres : œuvres de la collection de Philippe Crismer.

2003.
(20/06-21/09) Liège, Cabinet des Estampes. Regards gravés et acquisitions récentes.

2007.
(20/04-01/06) Acquisitions des collections artistiques de l'Université de Liège.1998-2006. Estampes.

2008.
(26/06-13/09) Jeux de miroirs – Cent chefs-d’œuvre rassemblés. Présentés par les Musées des Beaux-Arts de Tournai et de Liège.
(26/06-14/09) Liège, Cabinet des Estampes. Coups de cœur estampés.

 

  • Nationalite : Belgique
  • Communaute : Communauté française
  • Lieu de naissance : Warchin
  • Lieu de deces : Willemeau
  • Geographies associees : Liège (centre)

Catalographie

Charles Delchevalerie, Adrien de Witte, peintre, dessinateur et graveur. Catalogue de son œuvre précédée d'une notice, Liège, 1927.

Note : Dans sa notice de la monographie de la série des « Monographies de l’Art belge » 1949 (3e série, n 6) qu’il publie aux éditions de Sikkel pour compte du Ministère de l’Instruction publique, Ch. Delchevalerie dit que le catalogue fut dressé « avec un soin pieux, en1927, par Armand Rassenfosse, son élève et ami, qui ne dut pas manquer de le consulter pour établir une nomenclature aussi précise et aussi complète que possible ».

Donc si nous comprenons bien, c’est ce catalogue dressé par Rassenfosse que publie Charles Delchevalerie accompagné d’une notice sur l’artiste qu’il rédigea pour y introduire.

Au total, environ 600 numéros.
- c. 80 peintures.
- une dizaine de pastels.
- une cinquantaine d’aquarelles.
- 188 planches pour l’œuvre gravée.
- 260 dessins et croquis à la plume, au crayon, au lavis.

« Une note du rédacteur du catalogue fait remarquer que nombre d’œuvres peintes et dessinées n’ont pu être répertoriées. Force est donc de s’en tenir à ce qui a été rassemblé, du vivant de l’artiste, par un de ses disciples les plus dévoués » (Ch. Delchevalerie in Monographie de l’art belge). 

 

PEINTURES.

1867

Portrait de l"artiste, peinture sur papier (rentoílée).. Collection Maurice Chizelle.

 

1868

Tête d'étude d'homme barbu, de profil, le col de la chemise entr'ouvert.

Tête d'étude d'homme, de profil, avec draperie rouge. Classe de peinture de 1'Académie.

 

1871

Buste de femme, draperie rouge.

Portrait ovale de Mlle C. de W...

Portrait du sculpteur Léon Mignon.

 

1872

Petite vue à Venise. Mme Orban de Menten.

 

1873

Portrait de femme en corsage noir, collerette et manchettes blanches, assise, les mains jointes appuyées sur le coin du dossier d'une chaise de bois. M. Maurice Chizelle.

 

1875

Nature morte : pommes ; dans le fond, poêlon en cuivre et bouteille. Coll. Bourguignon.

Fleurs dans une corbeille. M. Léon Mignon 

Fleurs dans un vase et fruits. M. Léon Mignon.

Portrait de Mlle F. Malmendier.

 

1876

Reines-marguerites dans un vase de Delft. M. Pirotte.

Coin d'atelier : chaise supportant des papiers, un chapeau noir, une guitare ; derrière, une table avec un tapis rouge, sur laquelle il y a divers objets. Coll. Amédée Brahy.

Pensées et Résédas. Mme Margueríte Dupont.

Portrait de Mlle Henrotay en robe Claire.

Portrait de M. Antonin Terme, esquisse.

Fleurs. M. Servais.

Fleurs. M. Pirotte.

 

1877

Buste d'homme en blouse grise et coiffé d'un fez ; fond noir. Coll. Et. de Macar.

Rose dans un vase. Coll. Et. de Macar.

Panneaux décoratifs représentant deux sujets tirés de Daphnis et Chloé.

Daphnis joue de la flûte de Pan et Chloé écoute. Ancienne coll. Bernay.

Daphnis secoue un pommier et Chloé tend sa jupe pour recevoir les fruits. Ancienne coll. Bernay.

 

1878

Nature morte : troís poires ; derrière : un petit panier contenant des œufs  ; deux bouteilles ; à gauche, une vieille lanterne.

Cendrillon, panneau décoratif.(Gravé à l'eau-forte sous le n° 98.). Exécuté pour M. Fétis, à Stolberg.

Peau d'âne, panneau décoratif. Même propriétaire.

Portrait de M. Alphonse Fétis.

Portrait de M. Destexhe, instituteur.

Nature morte : tasse et soucoupe, œuf dans un coquetier sur une assiette, le tout blanc sur une nappe blanche ; une cafetière en métal, un couteau à manche noir, ainsi que l’indication d'un morceau de pain. Coll. Herve.

 

1879

Boules de neige dans un pot à gingembre, sur un velours rouge fané. Coll.. Armand Rassenfosse.

La manne aux légumes. Coll.. Gaston Massart.

Panier et linge sur une chaise. Coll. Gaston Massart.

Un garçon endormi sur un seuil, esquisse.

Charrette et mulets à Rome. Mme Aug. Donnay.

Cour et lavoir à Rome, esquisse. Coll.. Gustave Halbart.

Cour et lavoir à Rome.Coll. Brahy.

Femme, le torse nu, accroupie. Coll. H. de Winiwarter.

La lessiveuse. MUSÉE DE LIÈGE.

 

1880

Le Tibre et le mont Mario. Coll.. Et. de Macar.

Un lavoir à Rome, esquisse. Coll. Gustave Halbart.

Les lavandières à Rome. MUSÉE DE BRUXELLES.

Le corset rouge. MUSÉE DE LÍÈGE.

Paysanne assise. Docteur Librecht.

 

1881

Il Ponte Rotto, esquisse. Coll. DP F. Henrijean.

Paysans devant la porte d’une osterie, Rome, esquisse. Coll., Et. de Macar.

Port de Ripa Grande, ciel blanc. Coll. Et. de Macar.

Port de Ripa Grande, cíel bleu. Coll.. Et. de Macar.

Sortie de la procession (Scarpa), esquisse. Coll. Alf. Duparque.

Paysage à Anticoli, esquisse. Mm Lefebvre-Donnay.

Tête de jeune fille italienne. Severati, Secrétaire de la fondation Darchís.

La baigneuse surprise, dessus de cheminée style Henri II pour la maison Hauzeur au Val Benoít. M. Pirlot.

 

1882

Berge du Tibre et Saint-Pierre dans le fond, esquisse. Coll. Bourguignon.

La laveuse d'assiettes, Rome. Coll. Alf. Duparque.

Femme tenant une mandoline, Rome. Docteur Roskam.

La femme aux bas rayés, Rome. Coll. Gast. Massart.

Tête de femme, presque de face, peinture en grisaille sur carton bleu. Coll. Amédée Brahy.

Le petit pont (Liège-Vennes). Coll. Et. de Macar.

Les meules (Liège-Vennes). Coll.. Et. de Macar.

Les meules (Liège-Vennes). Mme L. Lejeune.

 

1883

Femmes à la fontaine (Scarpa). Coll. Et. de Macar.

Térésina (Scarpa). Coll. G Inet.

La repasseuse (Scarpa).Mm Béchet.

Paysage au soir (Scarpa), esquisse. Coll. Bourguignon.

Temps gris (Scarpa). Coll. Bourguignon.

Coucher de soleil, ciel clair et nuages. Coll. Dr Fr. Henrijean.

Paysan italien assis près d'une table. Coll. Ernest van Zuylen.

 

1885

Femme cousant à la fenêtre, Paris. Coll. Amédée Brahy.

 

1886

L'homme à la pipe, Liège.

 

1887

Portrait de Mm Petitqueux.

Portrait de Minka (chienne Gordon Setter). Coll. Maurice Chizelle.

Nature morte : poires et pommes, théière, tasse et soucoupe, deux verres de confitures, boîte de conserves et bouteilles. Coll. de Mme Van Olen.

 

1890

Quatre panneaux décoratifs (enfants en camaïeu rose). Vicomtesse de Spoelberg, à Bruxelles.

Portrait de Mme Henrard, Ninâne.

 

1893

La Vierge et 1'Enfant. Mme Hamal-Dumont.

Papier à lettres, encrier, pipe, etc., nature morte.

 

1900

Portrait de M. Clochereux, avocat. Mme Ophoven-Clochereux.

 

1905

Deux dessus de porte, d'après des gravures de Boucher. Pour Maurice Chizelle.

 

1907

Portrait de Mme Ancíon. M. le baron Ancion.

 

PASTELS.

1887

Jeune fille endormíe. Vente Brahy

 

1891

Portrait de Mlle Eugénie Zeyen. Mme Clermont

 

1893

Portrait d'Edouard Brahy. Coll. Amédée Brahy

 

1894

Portrait de Maurice Chizelle. Coll. M. Chizelle

 

1897

Portrait de Mme de Soer de Solières. M. M. de Soer

 

1900

Portrait du jeune Baudouin de Marotte. Mme de Marotte

 

1922

Portrait de Mlle L...

 

AQUARELLES.

 

1879

Petit marchand d'allumettes. Vente Brahy.

Paysanne, mendiant. Coll. Alf. Duparque.

Le hallebardier. Coll. Alf. Duparque.

La lessiveuse, croquis. Coll. Alb. de Neuville.

 

1880

Petite tête de jeune fille italienne. Coll. Féiix Schroeder.

Femme de Barbe-Bleue essayant la clef-fée, croquis. Coll. Aarmand Rassenfosse.

Jeune fille italienne. M. Maurice Beerblock.

Femme tenant un tambourin. Mme Clermont.

Femme mangeant. Coll. Gust. Halbart.

Buste de femme nue. Coll. Gust. Halbart.

Femme couchée, baigneuse. Coll. Alb. de Neuville.

 

1881

Hommes attablés. Vente Terme.

Jeune fille au châle. Mlle Marie Bernimolin.

Joueur à la Morra. VILLE DE LIÈGE.

Femme assise. M. Neuman,

Homme à perruque.

Paysanne.

Seigneur du XVIe siècle, debout et tenant un papier à la main. Coll. Vincent.

Femme nue de profil.

Moine. Vente Brahy.

Dame en satin bleu. MUSEE DE LIEGE.

Egyptienne. Coll. Moxhon.
Toréador. Coll. Henrard.

Mauresque. Coll. Alf. Duparque.

Soldat espagnol. Coll. Gauchet.

Porte d’Osterie. VILLE DE LIEGE.

Lavandière, esquisse. Coll. Félix Schroeder.

 

1882

Feuille peinte des deux côtés : Etude de femme japonaise tenant une ombrelle et Un paysage. Coll. DTecqmenne.. 

Paysanne près d’un berceau d’enfant Coll. Fayn.

Femme au fagot. Coll. Demoor.

Grande tête de vieux. Coll. M. Baar.

Vieille paysanne tenant une conque. Coll. Duguet.

Paysan mangeant (gravé sous le n° 156) M. Laloux.

Femme en costume oriental, esquisse. Vente Brahy.

Femme tenant une guitare. M. Duget.

Femme orientale. Coll. De Baré.

L’écrivain public. Coll. Henrard.

Serviteur se chauffant. M. Lechat.

Dame du XVIe siècle. M. Vander Zypen.

 

1883

Portrait de femme. Vente Brahy.

Jeune paysanne portant une conque. Coll. Alf. Duparque.

Paysanne debout, le bras appuyé sur une manne. Dr Librecht.

Femme italienne près d'un berceau d’enfant. M. Gardesalle.

Porte-drapeau. M. Verlaine.
Paysan debout goûtant du vin. Mme Candèze.
Femme vue de dos, faisant la pâte pour les lasagnes. Mme Riga.
Ecorché de plâtre, surmonté de deux chapeaux noirs et de deux bonnets rouges, etc. Mm L. Lejeune.

 

1884

Paysan debout allumant sa pipe.

 

1886

Zoulou pour marque de cigares. Coll. Dr Maurice Dubois.

 

1887

L'amour vainqueur, petite esquisse. Coll. Gaston Massart.

 

1890

Botteresse assise et mangeant sa tartíne, à côté d'elle une manne de légumes. M. L. Dister-Bénard.

 

DESSINS.

 

1873

L'invention du dessin (Dibutades), esquisse au lavis d'encre de Chine.

La toilette, servante essuyant une femme nue à demi couchée, esquisse au lavis sur papier teinté et rehaussé de blanc.

Grand'mère tricotant, plume.

Chien couché sur une chaise, mine de plomb. Coll. A. Rassenfosse.

Portrait d'enfant, mine de plomb. \ Mlle Marie Bernimolin.

 

1874

Femme portant un paquet de linge sur la tête, crayon noir. Coll. Felix Schroeder.

Femme au manchon, lavis.

Le vieux menuisier Gollard en casquette, crayon.(Gravé sous le n° 94.). Coll. Paul Dupont.

La servante d'auberge, fusain. VILLE DE LIÉGE.

 

1875

Jardin à Hocheporte, crayon. Coll. Bourguignon.

Copie-étude d'après la Barque du Dante, d'Eug. Delacroix. Coll. Bourguignon.

Tête de femme, de profil, plume.

Tête de femme, plume. Coll. Gaston Massart.

Tête de femme, plume. Coll. Herve.

Femme endormie, crayon. (Gravé sous le n° 66.)

Femme assise, cousant, plume.

Portrait de femme, plume et crayon.

Le liseur, plume. (Gravé sous le n° 37.) Coll. Micha.

Vieillard, plume. Coll. Jamar.

Enfant endormi, plume. Coll. Magis.

Jeune femme assise, endormie en travaillant, plume. Coll. Bourguignon.

 

1876

Etude de femme pour un panneau décoratif. Coll. H. de Winiwarter.

Etudes de jambes, crayon noir et blanc sur papier bleu. Coll. Gust. Francotte.

Buste de femme, le bras levé, crayon noir et blanc sur papier bleu. Coll. Ernest Sougnez.

Buste de femme, de profil, plume. Coll. Paul Comblen.

Tête de femme, plume. Coll. Henri Duval.

Jeune femme tenant un petit chien sur ses genoux, plume. (Gravé sous le n° 67.). Dr Ginsberg.

Vue de Liège, crayon noir sur papier teinté rehaussé de blanc. Coll. Alb. de Neuville.

Tête d'homme (A. Terme), en coiffure orientale, plume. Mlle A. Drumaux.

Femme lisant, assise, plume. (Grave sous le n° 73.)

Les toits de Hocheporte, plume.

Etude de femme, dessin aux deux crayons.

Deux portraits de Mme Netta Nicolay, plume.

Portrait de M. Armand Fallize, plume.

 

1877

Etude pour Cendrillon, mine de plomb. Coll. Et. de Macar.

Buste de femme, le corsage Ouvert et les mains croisées, lavis encre de Chine. _

Jeune femme tenant un enfant près d'une table ronde, crayon. (Gravé sous le n° 90.) Coll. Jacques Bernimolin.

La partie d'échecs, lavis d'encre de Chine. (Gravé sons le n° 88.) Coll. Jacques Bernimolin.

La partie de musique, crayon. Mn* Marie Bernimolin.

 

1878

La femme au manchon, lavis. Coll. Alf. Duparque.

Le voyage à Chaudfontaine (dans la barque), crayon.

L’indisposée, lavis encre de Chine. (Grave sous le n° 102.)

Tête d'homme.

 

1879

Le dernier verre, Rome, esquisse, lavis de sépia.

Paysan romain, lavis de sépia.

Deux hommes assis à une table recouverte d'une nappe blanche, lavis de sépia. Coll. Gaston Massart.

Paysanne assise sur le socle d'une colonne à Sainte-Marie-Majeure, plume. Mme L. Lejeune.

Paysanne mendiant, Rome, plume. Coll. Paul Dupont.

Le confessionnal, crayon. M. Marcel de Lincé.

Le modèle et le brasero, crayon. Mm L. Lejeune.

Le même sujet vu différemment.

Intérieur d'0sterie, le soir, plume et lavis. Mme L. Lejeune.

Les joueurs, lavis de sépia. Coll. Em. Digneffe.

Paysan remettant des clous à son soulier, lavis de sépia. (Grave sous le n° 104.)

Le vieux marchand d'oranges, plume. Mlle Marie Poncelet.

Le chevrier, crayon. Coll. Micha.

Gens assis vus de dos dans la cour d'une osterie, plume. Mm L. Lejeune.

Joueurs de guitare et mandoline, plume. Coll. Félix Schroeder.

Intérieur de ville, crayon.

Equipage au Pincio, plume. Coll. Gaston Massart.

Etude de femme nue, crayon. Coll. Alb. de Neuville.

Le hallebardier, Iavis. Coll. Em. Digneffe.

Portrait de Mlle Nys, Paris.

Etal de légumes près d'une porte ouverte, lavis et plume. Coll Dr Tecqmenne.

 

1880

Etude de femme nue, crayon noir. Coll. Et. de Macar.

Buste de femme nue, crayon noir.

Tête d'homme, plume. Coll. Amédée Brahy.

Paysanne s'appuyant sur une manne. M. Bonvoisin.

Petite tête de femme, plume. Coll. Gust. Halbart.

Homme drapé descendant des marches, plume. VILLE DE LÍÈGE.

Jeune peintre en costume florentin, lavis. Coll. Gust. Halbart.

Torse de femme nue, crayon noir. Coll. Dr Tecqmenne.

Femme nue de face, crayon noir sur papier gris. Coll. Gaston Massart.

Paysan debout, plume. Coll. Goossens, peintre.

Femme nue couchée, étude au fusain sur papier bleu. Coll. H. de Winiwarter.

Osteria al monte Testaccio, crayon noir. Coll. Gaston Massart.

Femme et enfant, plume.

Au Théâtre des Marionnettes, crayon noir. Coll. Alb. de Neuville.

Au Théâtre des Marionnettes, lavis. Coll. Maurice Chizelle.

Deux gamins au Thêâtre des Marionnettes, crayon noir, Dr Ginsberg.

Messe solennelle à Sainte-Marie-Majeure, le jour- de Noël : Le prélat officiant, crayon et Le chapitre, crayon. Coll. De Mme Faucon.

Même sujet, dessin complet. Coll. Vincent, Bruxelles.

Religieuse à l'église du Gesu la nuit de Noël, crayon. M. G. Gaucet.

Prêtres assistants, dans le chœur de l’église du Gesu à Rome, la nuit de Noël, crayon. Coll. Maurice Chizelle.

La charrette de foin, plume. Dr Ginsberg.

Intérieur d’osterie, crayon. M. Olivier Duchateau.

Porta San Lorenzo, plume. Coll. Gust. Francotte.

Cour du Palais d'Arméníe, plume. Coll. M. A. Pirotte.

Vicolo dei Vecchiarelli, plume. M. G. Gaucet.

Palazzo Zucchi, plume. VILLE DE LÍÈGE.

Danse dans une osterie, le soir, plume et lavis. Coll. Gust. Francotte.

Croquis même sujet, lavis.

Ancienne porte à contre-jour à Rome, plume. Mme Populaire-Havasse.

Au Café Greco, plume. Coll. Maurice Beerblock.

Tête de vieux, crayon noir. Coll. Maurice Beerblock.

Danse devant une osterie, croquis, crayon noir. Dr Ginsberg.

Le charretier endormi, croquis, crayon noir.

Croquis via San Giovanni Decollato, plume. Coll. Gust. Halbart.

Croquis d'un âne, plume. VILLE DE LIÈGE.

Groupe de paysans, plume. Coll. Et. de Macar.

Paysans (Piazza Montanara, à Rome), plurne. Coll. Di Tecqmenne.

Le Tibre et le Ponte Rotto, plume. Dr M. Dubois.

Lavoir près du Ponte Rotto, plume. VILLE DE LIÈGE.

Buste de femme, crayon noir et sanguine sur papier teinté. Coll. Alb. de Neuville.

Vieux prêtre mangeant, plurne. Coll. Henrard.

Homme assis, revêtu d'une armure et tenant une épée, lavis. Coll. Terme.

Femme nue debout, Vue de dos, crayon noir. M. 1'avoca.t Waha.

Croquis de paysans assis ou appuyés sur une rampe montante (1880-25-4).Coll. Bourguignon.

Tête de femme, lavis encre de Chine. Coll.:Dr Tecqmenne.

La Scala Santa, Rome, plume et lavis. Coll. Dr Tecqmenne.

Femme assise, le bras appuyé sur une chaise, crayon. Coll. Dr Tecqmenne.

Un Vieux monsieur, assis, coiffé d'un chapeau haute forme et tenant un journal, crayon noir. Coll. Dr Tecqmenne

Buste d'homme, assis, tête nue. Coll. Dr Tecqmenne.

 

1881

Vue à Antícoli, plume. Coll. Gaston Massart.

La partie de cartes en famille à l’osteria (Transtevere).

Femme détressant ses cheveux, dessin au crayon noir rehaussé de blanc sur papier gris. Coll. Gaston Massart.

Même sujet, croquis crayon noir. Coll. A. Rassenfosse.

Cardinal debout, de profil, plume. Coll. Bourguignon.

Serviteur, lavis. Coll. Zeyen.

Gentilhomme tenant une épée, plume. M. Ruysters.

Lavoir au Tibre, près du Ponte Rotto, plume. VILLE DE LIÈGE.

Gentilhomme Henri III, plume. Mme Veuve Drion.

Tête de moine, crayon. M. Van de Casteele.

Tête de femme, plume et crayon. MUSÉE DE LIÈGE.

Mlle de W... au piano, lavis de sépia. Mme Dupont.

Le violoncelliste aveugle, plume. Coll. Bourguignon.

Femme sortant du lavoir, Anticoli, crayon noir. Coll. Dr Tecqmenne.

Femme debout cousant, crayon noir sur papier gris brun. M. Van Hoegaerden.

Tête de femme de profil, crayon noir. Coll. Gust. Francotte.

Le Tibre au Ponte Rotto, crayon noir.Coll. Gust. Francotte.

Les joueurs d'échecs, Café Greco, Rome, plume. Coll. Et. de Macar.

Deux femmes romaines, châle noir, jaquette blanche et robe à traine, lavís encre de Chine. Dr Ginsberg.

Tête d'Italienne, crayon. M. Gérard.

Pulcinello e Colombina, feuille de croquis à la plume. Mme L. Lejeune.

 

1882

Equipage au Pincio, plume. Coll. Gaston Massart.

Au Café Colonna, Rome, plume. Coll. Gaston Massart.

Corps de femme nue, debout, de face, crayon noir. Coll. Gaston Massart,

Berge du Tibre et Saint-Pierre au fond, crayon. Coll. H. de Winiwarter.

Le Tibre, cabane et arbres, crayon. Coll. Bourguignon.

Le Tibre, Saint-Pierre au fond et le mont Mario. Coll. Bourguignon.

Femme nue de face, assise, relevant d'une main sa chevelure et tenant un miroir, sanguine. Coll. Gaston Massart.

Le grand hall de la maison Terme avec une dame assise au piano, plume.

Portrait de Zeyen à son appareil d'agrandissement, plmne. Mme Faucon-Zeyen.

Gustave Halbart dans son atelier, plume. Coll. Halbart.

M. Pavart en costmne d'escrímeur, plume.

Tête de jeune fille, plume. Vente Méan.

Femme coiffée d'un turban, plume. Coll. Gust. Francotte

Le repos du modèle, crayon noir et blanc sur papier gris. Coll. Gaston Massart

A la Bibliothèque Victor Emmanuel, Rome. Coll. Armand Rassenfosse.

 

1883

Tête de femme, de profil à 1'ombre. Mme L. Lejeune.

Femme debout Cousant une grande étoffe, le genou appuyé sur une chaise, crayon. Coll. Bourguignon.

Au Café Greco, Rome, plume. Mme Béchet.

Jeune fille assise, fusain. Vente Brahy.

Femme nue assise à terre et appuyée contre le mur, crayon noir. Coll. Et. de Macar.

Vieux cardinal assis près d'une table, plume. Mme Veuve Bertrand-Duguet.

Tête de vieux mendiant, vue de trois quarts, plume. Mme Veuve Bertrand-Duguet.

Arc de Septime Sévère, Rome, plume. Dr Librecht.

Le compte difficíle ou laborieux, grand dessin à la plume. Dr Librecht.

Buste de femme nue. Coll. Van Cutsem.

Femme nue debout, de face, avec ses bas. Coll. Armand Rassenfosse.

Femme nue debout, vue de dos, plume. Coll. Halbart.

Tête de vieillard, de profil, plume.

Moine, plume. Coll. Gust. Francotte.

Femme endormie, la tête enveloppée d'un mouchoir, crayon.

Tête de vieillard de profil à droite, plume. Coll. Bourguignon.

 

1884

Modèle assis tenant un éventail, plume. Coll. Paul Dupont.

Jeune paysanne italienne filant. MUSÉE DE LIÈGE.

Etude de jeune femme, la main droite levée, sanguine. Coll. A. Brahy.

Deux paysannes italiennes au repos, étude, lavis. Coll. Alb. de Neuville.

Etude pour « La Jeune Mère », crayon noir. Coll. Armand Rassenfosse.

Etude pour « La Jeune Mère », crayon noir. Coll. Et. de Macar.

La jeune mère, grand dessin à la plume. Coll. Maurice Chizelle.

Les conseils maternels, grand dessin à la plume. Coll. Maurice Chizelle.

Paysannes italiennes au repos (l’une, assise, attache sa sandale ; l’autre, couchée, dort), plume. Coll. Paul Dupont.

 

1885

Portrait de Paul Denis, plume.

Femme couchée dans son lit et lisant, crayon. Dr M. Dubois.

Même sujet, crayon.

Portrait de Mme Henrard-Bellefontaine, grand dessin à la plume.

Portrait de Mme Pavard, dessin à la plume.

Portrait d'un enfant mort, crayon.

Portrait d'Eugène Poswick, plume.

Portrait d'Emile Koister, plume.

La couturière, crayon noir. M. Graindorge.

 

1886

Femme couchée entre les feuillets d'un livre, projet d'ex-libris, crayon. Coll. A. de Neuville.

Projets d'ex-libris, feuille de croquis à la plume. Coll. A. de Neuville.

Personnes attablées au Café Mohren. Mme L. Lejeune.

Femme cousant, plume. Coll. Micha.

Femme cousánt, crayon. Vente Brahy.

Table, Iavabo et accessoires, crayon. Dr Ginsberg.

Botteresse debout, plume. M. G. Dumont.

Botteresse assise sur une manne et soufflant sur son café, grand dessin à la plume. Mm Candeze.

Portrait de Mm Roskam, plume.

Le joueur de víolon, plume. Coll. Micha.

La servante revenant du rnauhó, grand dessin à la plume. Coll. Henrard.

Femme cousant devant Ia fenêtre, grand dessin à la plume. Coll. Paul Dupont.

L’indisposée, crayon noir. Coll. Gust. Francotte

Réduction de la botteresse à la soucoupe, plume. Coll. Maurice Chizelle.

Cotíresse coiffée d'un grand chapeau avec deux mannes à côté d'elle, grand dessin à Ia plume.Coll. Maurice Chizelle.

Réplique de la cotíresse sans les deux mannes. M. Hortsmans.

Portrait de Mme Clément, grand dessin à la plume.

Portrait de M. Jos Henrard, grand dessin à la plume. MUSÉE DE LIÈGE.

Portrait de la petite Georgette, fusaín.

 

1887

Femme assise dans un fauteuil et regardant dans un grand livre, crayon.

La laitière, grand dessin à la plume. Coll. Maurice Chizelle.

Botteresse assise sur une manne, à côté d'elle un tas de houille et une pelle, grand dessin à la plume. MUSÉE DE LÍÈGE.

La récureuse, crayon noir et pastel. Coll. Paul Dupont.

La liseuse, crayon. Coll. Alb. de Neuville.

Portrait de R.-J. Boland, lieutenant-adjudant-major de la garde civique 

Portrait du Dr Librecht, lavis de sépia.

La gardeuse de moutons, lavis rehaussé de pastel. Mm Béchet.

Portrait de M. Félix Dumont-Lamarche, plume. Coll. Maurice Chizelle.

Deux répliques de ce portrait exécutées pour la famille, plume.

Dessin d’un enfant mort, crayon.

Femme assise dans un fauteuil et écrivant, crayon noir. Coll. Bourguignon.

 

1888

La mère grondant sa fille, grand dessin à la plume, MUSÉE DE LIÈGE.

Danseuse vue de dos, crayon noir. M. J. Bernimolin.

Jeune fille en chapeau se gantant. Coll. Henrard.

 

1889

Réplique de la botteresse de 1882, plume, Mme Béchet.

Tête d'homme, sanguine. Coll. Brahy.

La partíe de bac (Café Mohren), crayon.

Tante Jacqueline, crayon noir.  M. J. Bernimolin.

 

1890

Femme couchée vêtue d'un jupon et d'un corset, les j ambes croisées et chaussées de bottines, plume. Coll. Bourguignon.

Tête de femme appuyée sur une main, plume. M. Bidlot.

Femme couchée, endormie et rêvant, crayon. Coll. Gaston Massart.

Femme nue, couchée sur le ventre, crayon et plume. Coll. Rassenfosse.

Feuílle de croquis (au Café Continental), crayon noir. Coll. Et. de Macar.

Femme tenant un enfant sur un de ses genoux, mine de plomb. Coll. Et. de Macar.

Dessin pour le bal de charité au profit des chauffoirs publics, crayon noir.

Portrait de M. Victor Hamal, crayon et plume. Coll. Maurice Chizelle.

Jeune fille épluchant des pommes de terre, crayon. Coll. Rassenfosse.

Vieille femme décrépite assise dans un fauteuil, crayon et lavis sur papier du Japon. Dr Roskam.

 

1891

Jeune femme portant au bras un panier, plume. Mme Bachet.

Portrait de M. Ed. Petiqueux, plume.

Portrait de M. Chauvin, professeur à 1'Université, grand dessin à 1a plume.

Portrait de M. E. Georges, plume.

Portrait de M. le Dr Firket, grand dessin.

 

1892

Femme assise, sanguine. Vente Brahy.

Portrait de Mme Poulet, grand dessin à la plume.

Portrait de M. Poulet, grand dessin à la plume.

Portrait de Mme Wasseige, plume.

1893

Enfant, étude pour la Vierge et 1'Enfant. Vente Brahy.

Etude pour la Vierge et l'Enfant, sanguine. Coll. Armand Rassenfosse.

Projet pour dessus de cheminée de salle à manger (servante portant un plateau avec une bouteille de bourgogne et des verres), sanguine et crayon noir. Coll. Bourguignon.

Botteresse debout, de face, tenant un bâton et s'appuyant sur un petit mur. Coll. Gaston Massart.

Portrait de M. L. Pérard, professeur à 1'Université, crayon.

Portrait de Mme Pérard, crayon.

 

1894

Tête d'homme avec un chapeau, plume. Coll. A. Brahy.

 

1895

Homme nu assis, plume. Coll. Bourguignon.

 

1901

Portrait de M. Ernest Mahaim, professeur à 1'Uníversité.

 

1921

Près du pont de Fragnée, crayon noir. Coll. Bourguignon.

Tête de femme, crayon noir. Dr M. Dubois.

Etude de femme, lavis de sépia. Coll. Gaston Massart,

Femme assise cousant, crayon.

Femme assise, crayon.

 

Il existe de très nombreux croquis et de nombreux portraits de famille et d'amis, ainsi que d'autres dessins de tous genres exécutés au fusain, au crayon noir, à la mine de plomb, à. la plume, au lavis et en peinture, qu'i1 est absolument impossible de dénombrer exactement.

 

GRAVURES

[Les numéros sans titre sont sans titre au catalogue Rassenfosse]

1.Tête d'homme barbue de trois quarts d'un cercle.

1bis Têtes diverses, au centre le mot Etude.

2.

3.

4.

 

1875

5. Tête d'homme.

6. Tête de femme penchée.

7. Femme écoutant un Terme.

8.

9. Têtes diverses.

10. Daphnis et Chloé.

II. Portrait de M. T... d'après photographie (détruite).

I2. Tête d'enfant.

13. Dame avec un parapluie.

 

1876

I4. Croquis du numéro suivant.

15. Amour tirant de Farc, objets de toilette (frontispice pour « Oh ! les femmes !... » d'A1fred Herman).

16.'

I7. Portrait de M. Gérimont.

18. Effet de lumière.

19. Femme assise tenant une écuelle et une cuiller.

20. La tricoteuse endormie.

21. Vieux assis.

22. Buste d'homme les bras croisés.

23. Femme qui se coiffe.

24. Frontispice pour « Contes et Rythmes », de H. de Backer.

25. Enfant.

26. Femme nue.

27. Enfant de profil dans sa chaise.

28. Enfant qui dort. 

29. Buste de femme de profil.

30. Portrait de Zeyen_

3I. Portrait d'Alfred Herman.

32. Chat sur une chaise.

33. Baraque et tonneau.

34. Entrée d'un escalier près de S. Pietro in Vincoli à. Rome.

35. Tête de femme italienne de profil.

36. Portrait de Taïée.

37. Homme assis lisant.

38. Tête de trois quarts.

39. Têtes diverses (enfants).

40. Vue à Venise_

41. Vue à Venise, passage voûté et gondole.

42. Nature morte.

43. Petite tête de femme de profil dans un cercle.

44. Petite tête d'ho1nme de face dans un cercle.

45. Portrait de Mlle Martine Zeyen.

46 Portrait de François Nys, imprimeur en taille-douce.

47. Tête de vieillard dans un petit cercle.

47bis Tête de femme dans un petit cercle.

48.  Femme assise dans un fauteuil tenant un enfant sur ses genoux.

49. La même de profil.

50. Daphnis jouant de la flute et Chloé tressant des fleurs.

51. M. Durup fumant sa pipe. >

52. Petite dame de profil.

53. Tête d'homme_

54.

55  Titre (pour une collection d'eauX-fortes). _

56. Vue de Líège_

57 Tête de femme de profil dans un petit cercle.

58. Tête de femme baissée.

59. Botteresses chargeant du charbon.

60. Tête de vieillard. -_,

61. La petite servante.  Ü

62. Petite tête de femme dans un petit cercle.

63. Petite tête d'hon1me en chapeau dans un petit cercle

1877

64. Petite scène de famille (détruite).

65. Chloé lavant Daphnis tombé dans le piège à loups (détruite).

66. Buste de femme appuyée et lisant.

67. Femme assise tenant un petit chien.

68. Tête de femme de trois quarts.

69. Femme assise tricotant et lisant.

70. Portrait de Halleux, sculpteur (d'après photographie).

71. Portrait de M. Erasme Bernard, architecte.

72. Tête d'homme.

73. Femme assise, lisant.

74. Scene d'intérieur (sujet du n° 64).

75. Portrait de M. Prosper Drion, statuaíre, directeur de l'Académie des Beaux-Arts.

76. Buste d'homme assis près d'une table, dans un petit cercle.

77. Buste de femme le bras levé.

78.

79. Charges.

80. Croquis divers.

81. Tête de vieillard à barbe blanche.

82. Portrait de Nicolas Defrêcheux, poète Wallon (d'après photographie).

83. Deux bustes de femmes.

84. Buste de femme.

85. Portrait de Georges Terme.

86. Buste de femme assise le bras appuyé sur le dossier de sa chaise.

87. Portrait de M. Terme (détruite).

87bss Pot sur un socle recouvert d'une draperie.

88. Les joueurs d'échecs.

89. Griffonnement de têtes.

90. Jeune fille assise à une table et tenant un enfant.

91. Portrait de Gustave Halbart.

92. Portrait de Henry Orban.

 

1878

93. Portrait de Beco d'après une gravure.

94. Tête de vieux.

95-

96. Billets pour le jeu de bac.

97. Li voyège di Chaudfontaine.

 

1879

98. Cendrillon.

99. Billet de bac (croquis).

100. Billet de bac de víngt francs.

101. Têtes de femmes (croquis).

102. L'indisposée.

103. Cour et lavoir à Rome.

I04. Paysan remettant des clous à ses souliers.

105. Torse de femme.

106. Portrait de Joseph Dumoulin, poète.

 

1880

107. La lessiveuse.

108. Ex-libris Antonin Terme.

109. Portrait de Alwin de Stein, peintre.

 

1882

110. Portrait de Emmanuel Desoer.

111. Jeanne sur le muletier (Voltaire-La Pucelle).

112. Le château de Fallais.

113. Porte du château de Fallaís.

114. Le comte de Fallaís Henri de Bourgogne, d'après une ancienne gravure.

115. Portrait du général Poswick.

 

1883

116. Portrait de Léonard Terry de trois quarts à droite.

117. Portrait de Léonard Terry de trois quarts à gauche.

118. Portrait de L. Terry de face.

119. Portrait de Eugene Geefs, architecte.

120. Etude de tête.

 

1884 

121. Etude de tête de femme.

122. Croquis de têtes.

 

1887

123. Portrait de Henri Peclers.

124. Portrait de Henri Peclers.

125. Frontispice pour 1'« Histoire du Théâtre de Liège (1735-1887) », par Jules Martiny.

 

1888

126. Portrait du général César Cui, compositeur de musique.

127. Petite tête de vieille femme italienne.

128. Croquis de tête d'après Armand Rassenfosse.

129. Petite tête de femme de fantaisie.

130. Vue à Rome avec le Tibre et Saint-Pierre.

131. La partie d'échecs.

 

1889

132. Etude de tête d'homme, avec un chapeau haut.

133. La projection lumineuse (photogravure retouchée).

134. Portrait de Henri Simon.

135. Petite tête de femme.

136. Portraít de M. M. Grandjean, bibliothécaire de 1'Université.

137. Croquis de deux hommes attablés.

138. Portrait de M. Léon d'Andrimont, député, président de la Banque Populaire.

139. Buste de femme vu de dos avec la tête se tournant de profil.

140. Portrait de M. Jottrand.

141. Il curato a 1'osteria.

142. Croquis divers (tête d'homme en chapeau, tête d'homme à l’aquatinte et femme en corset).

143. Croquis de tête, aquatinte.

144. Portrait du Dr Firket, professeur à l'Université de Liège.

145. Croquis divers, buste de femme, trois têtes, etc.

146. La botteresse au bâton.

147. Botteresse soufflant sur sa tasse de café.

148. Tête d'homme.

149. Osteria al monte Testaccio.

150. Portrait de M. Victor Chauvin, professeur à1'Universíté de Liège.

151. Buste de femme assise dans un fauteuil, regardant dans un grand livre qu'elle tient ouvert devant elle.

152. Planche de croquis parmi lesquels un crâne, six têtes et une femme tordant du linge.

153 Petite tête de femme dans le coin de droite en haut de la planche.

154. Un crâne.

155. Tête de femme à trois quarts dans l'ombre, le regard dirigé en bas.

156. Paysan romain mangeant.

157. Planche de croquis, femme nue couchée et quatre têtes.

158. Planche de croquis, jeune femme en chapeau et gantée, assise et tenant son parapluie, et quatorze autres figures et têtes.

159. L'amateur de tableaux. 

 

1892

160. Portrait de M. Gérard Galopin.

161.

162.

 

1894

163. Portrait de Félicien Rops.
- Maurice Kunel. Histoire d’un portrait. Félicien Rops par Adrien de Witte in La Vie Wallonne, t. XXII, 1948, pp. 194-200

164. Portrait de M. Paul V an Hoegaerden.

165. Portrait de M. Ch. Morisseau.

 

1902

166. Portrait de M. Henri Clochereux.

167. Griffonnements : deux têtes, etc.

168. Tête de femme baissée de profil à gauche (détruite).

169. Torse de femme à droite.

170. Torse de femme vu de dos, la tête dans l'ombre, tournée de trois quarts à gauche (effacée).

171. Tête de femme de profil à droite (effacée).

172. Tête de femme (effacée).

173.

174. Cinq têtes dont deux de femmes, une d'enfant et deux d'hommes sur une petite planche en largeur.

175.

176. Tête de femme, de face.

177. Tête de femme, de trois quarts à gauche.

178. Osteria del Monte Testaccío (planche non terminée).

179 Buste de femme (n° I 55), planche plus grande et non terminée.

180 Femme âgée, de face (croquis), tête de femme.

181. Idem.

182. Idem.

183 La partie de musique (non terminée).

184 Croquis au vernis mou.

185. La grand'mère de profil (n° 49) tenant un enfant sur ses genoux (non terminée).

186 Torse de femme, la tête de profil à droite et penchée en bas.

187. Deux têtes de femmes, de profil à. droite, l'une au-dessus de l'autre.

188. Femme nue de face, vue jusqu'à mi-jambes, appuyée en arrière sur les mains, la tête penchée, de profil à droite (non terminée et effacée).

 

Bibliographie

  • Adrien de Witte - 31/12/1949

Oeuvres documentees

  • Inquiétude - 1927 - 9,7 x 13,7 cm - Collection privée (1981)
  • Etude de femme - 1921 - 42 x 33 cm - Crayon Conté, sanguine et lavis sépia sur papier
  • Autoportrait - 1920 - 13,4 x 8 cm - Cabinet des Estampes de Liège
  • Compotier - 1920 - 14 x 16 cm - Vente Lhomme à Liège, 09.12.06
  • Environs de Cannes - 1916 - Carton - 21,5 x 27 cm
  • Femme et angelot - 1910 - cm
  • Buste de jeune femme - 1902 - cm
  • Portrait de M. Clochereux - 1900 - cm
  • Tête de femme - 1899 - 20,8 x 14,1 cm - Cabinet des Estampes de Liège
  • Portrait de Mme de Soer de Solières-Wittert - 1897 - 60,2 x 50,2 cm - Collection de Soer de Solières (en 1981)
  • Portrait de Félicien Rops - 1895 - 20 x 14,5cm - Liège, Cabinet des Estampes
  • Portrait de Maurice Chizelle. - 1894 - 110 x 78 cm - Membre éminent de l'Institut archéologique Maurice Chizelle a accompli son œuvre avec cœur, mu par une chaude sympathie.Amateur d'art éclair...

Acquisitions

Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts

Bruxelles, Cabinet des Estampes

Liège, Musée Boverie.

Liège, Cabinet des Estampes (très nombreuses œuvres)

Liège, Collection de l’Université.

 

Nombreuses collections privées, essentiellement liégeoises.

Manifeste

Aucun manifeste n est renseigne pour cet artiste.

Interview

‑ Le dessin n'est pas une ligne mais ce qui est entre les lignes.

Texte libre

 

- Rizzardi Luca. Peintres et aquafortistes wallons. Emile Berchmans, Adrien de Witte, Auguste Donnay, Richard Heintz, Armand Rassenfosse, François Maréchal. Bruxelles, Association des Ecrivains belges, 1906 in-8°, 80 pp. ; pp. 45-51.

 

- Alfred Micha. Les graveurs liégeois. Liège, Bénard, 1908, pp 111-112.

(Disserter sur les graveurs liégeois contemporains serait matière délicate pour nous, étant, avec la plupart, lié d’amitié. Heureusement, nous pouvons laisser parler des critiques et des historiens d’art dont l’autorité est établie. Nous nous bornerons à résumer leurs appréciations).

Adrien de Witte est, de même, continue Du Jardin (Jules Du Jardin L’art flamand, t. VII) un artiste liégeois préoccupé davantage de produire de belles œuvres que de rechercher la gloire, d’autant plus que les cours qu’il professe au sein de l’Académie de Liège absorbent une grande partie de son temps. Tout en constatant qu’il s’ingénie à caresser ses œuvres avec amour, au point qu’n ces dernières années, sa fécondité s’en est beaucoup ressentie, pourrions-nous ajouter, l’auteur de L’Art Flamand se demande avec nombre d’autres si c’est défiance de lui-même et si de Witte ne serait arrivé au paroxysme de l’habilité artistique que pour juger avec une rigoureuse sévérité ses propres œuvres, en en sentant trop vivement ce qu’elles peuvent avoir au-dessous de la réalité ?
C’est cela, sans doute, si ce n’est, se demande un autre critique, paresse d’un maître, préférant égoïstement méditer son rêve d’art pour lui seul sans en donner aux autres.
S’il peut y avoir, sous ce rapport, un soulagement apporté à nos regrets, c’est la conviction, en nous profonde, que le maître continue de former des élèves dignes de lui, des disciples aussi convaincus qu’il l’est lui-même, que, suivant l’expression de Victor Hugo, le dessin est la loi première de tout art.

 

 

- Sander Pierron. L’Ecole de Gravure de Liège. Edition de « Savoir et Beauté », 1923, p. 10-18.

Le premier de ceux qui, tout en reprenant les vigoureuses traditions techniques des ancêtres, refondront l'art de graver en le mettant au service d’une observation directe et sensible, est Adrien de Witte de Limminghe, né à Liège le 2 août l850. Avec lui, résolument, la taille-douce et l'eau-forte abandonnent ce rôle en somme servile de procédé de reproduction des œuvres picturales dans lequel elles s'étaient trop cantonnées à travers les années. C’est ainsi que le réveil marque l'ascension de la gravure wallonne au niveau d'un art indépendant, puisqu'elle n'est plus d'aucune façon tributaire des autres arts plastiques.
Phénomène remarquable : en même temps qu'elle renait, la gravure liégeoise se transforme. Ceux qui lui font accomplir cette sorte de métamorphose sont nés, ont grandi dans la fièvre de ce réalisme triomphant qui a surgi vers le milieu du dix-neuvième siècle ; lorsqu’ils eurent choisi le burin comme moyen d'expression, ces adolescents se détournèrent, par le fait même, tout naturellement et sans aucune préconception, des exemples et des modes de leurs grands devanciers. Il y eut chez les jeunes qui reforgeraient une beauté locale, la discipline et la science des ainés : ils les continuent, en somme ; mais ils font plus et mieux que les anciens...
Adrien de Witte, donc, ne connut point ces errements qui avaient réduit les moyens de tant de ses prédécesseurs bien doués ; attiré dès le début par les spectacles de la vie extérieure, il entreprit de traduire sincèrement, fidèlement, en écoutant ses yeux et son sentiment, tout ce qui était plastiquement réalisable. S'il a beaucoup peint, et surtout beaucoup dessiné, d'admirables et fins croquis de personnages à la plume, il a beaucoup gravé aussi. Et toutes ses planches sont d'une valeur supérieure, à la fois par la pureté de forme, par la révélation de la vie morale, par la sûreté savante de l'exécution.
Adrien de Witte a fait dans son œuvre une large place à la célébration de l’amour maternel ; il fut, bien avant Carrière, un poète de la maternité. La première eau-forte que nous connaissons de lui, - elle est de 1876 - dessinée d'un trait large, gras et preste, est un enfant dans une chaise. Il y ajoutera successivement : un gosse endormi dans un fauteuil ; une mère assise dans un fauteuil, son mioche sur ses genoux ; une mère assise, à mi-corps, tenant son bébé sur ses genoux ; une mère serrant son petit dans ses bras, contre sa poitrine ; une mère et une parente caressant le délicieux rejeton. Scènes imprégnées de tendresse, traitées avec liberté, en clair-obscur, avec des noirs profonds et des effets lumineux rappelant Rembrandt. Puis c'est une nombreuse série de têtes féminines ; l'une, dont on devine que la chair est blonde et les cheveux sont blonds assez récente, puisqu'elle date de 1891, présentée à contre-jour, est belle, joyeuse, séduisante comme une bacchante. Parfois de Witte grave de fiers bustes de lemmes nues dont les seins fermes et sains palpitent d’une vie amoureuse. Ces figures et ces bustes ont la grâce, la flexibilité, voire la facture facile, fine et vibrante des œuvres françaises du dix-huitième siècle. Car il n'est point dans l'école liégeoise de maître contemporain qui ait conservé dans la réalisation de ses sujets le reflet si élégant d'une vision exquise. Adrien de Witte de Limminghe, descendant d’une vieille famille patricienne, est fidèle à son sang en pratiquant un art aristocratique dans ses moyens et dans sa sensibilité ; rien dans son expression ne dément ses origines.
Cette noblesse du dessin, conséquence de la noblesse de l’homme, ne fit que s’affirmer au cours d'un séjour qu’Adrien de Witte fit en Italie. Si l'influence romaine s'atteste trop positivement dans quelques-unes de ses planches, notamment dans une vigoureuse et classique figure de femme debout, de face, d'une plastique toute raphaélesque, par contre il exécute plus tard des petites compositions d'un charme tout virgilien ou tout théocritien : il n'est point de planches plus lumineuses, plus nuancées, plus doucement vibrantes que celles où il a réuni au bord de l'eau, å l'ombre des arbres, deux adolescentes qui jouent innocemment, dont l'une est nue, et l'autre à moitié dévêtue. Une volupté plane sur le paysage de cette évocation antique, d'un esprit tout moderne...
On doit å de Witte un nombre assez considérable de portraits, qui non seulement sont physiquement ressemblants, mais où ce scrutateur pénétrant a marqué également la ressemblance psychique : la vie apparente et la vie interne se marient, se mêlent, se confondent dans ces effigies, qui sont autant d'analyses psychologiques : Emmanuel Desoer, Henri Peeters, Henry Orban, Halleux, le général Poswick, le compositeur César Cui, le poète Nicolas Defrècheux ...
Parmi tous ces visages faits d'après nature, ceux de Félicien Rops et du professeur Victor Chauvin ont la grave simplicité des grandes œuvres définitives. Cette dernière effigie surtout est d'une psychologie comme inflexible ; dans le masque au large front couronné d'une chevelure hirsute, toute la pensée est exprimée, toute cette pensée qui s'allie avec l'esprit des livres que serrent les mains nerveuses et où il semble que la lumière qui les éclaire soit un reflet de la lumière enveloppant les tempes intelligentes...
Bien souvent, cette fois en des physionomies plébéiennes, Adrien de Witte a poursuivi la scrutation de cette vie morale qui tant l'intéresse ; c'est pourquoi il s'est plu à graver tant de visages à la pointe sèche et l'eau-forte : tête de femme de profil, tête de femme baissée, tête de femme aux cheveux ébouriffés, tête de femme de trois quarts, la grand'mère de profil, la grand-mère de face, et cette tête de religieuse, âgée, sous sa coiffe blanche, qui est un chef-d’œuvre de ligne et de sentiment... D'autres fois ce ne sont plus seulement des masques, mais des types du peuple ou de la petite bourgeoisie interprétés un peu avec cette cordialité qui nous charme tant chez Chardin, car de Witte non seulement copie ses modèles tels qu'ils sont et tels qu'il les sent, mais il les situe dans leur cadre ; et cela donne à tant de ses estampes un accent de réalisme tempéré par la poésie qui enveloppe les choses familières. Regardez sa lessiveuse, faite d'ailleurs d'après le tableau du maitre appartenant au musée de Liège, et ses deux botteresses assises, la grande et la petite, d'un caractère si familier et si cordial ; il faut totalement les admirer dans les premiers états, d'un métier si sobre, d'un style si simple, qui se compliquent dans les états successifs, comme c’est souvent le cas chez ce merveilleux et, serions-nous tenté d'écrire, trop consciencieux artiste, de Witte reprend si souvent et si longuement ses œuvres qu’il lui arrive de figer ses figures en les emprisonnant dans des contours appuyés, en modelant les formes à l'excès, et en poursuivant alors le détail dans ses recoins ; il fatigue, il étreinte dans ces conditions, la plaque qui, en principe, était magnifique en son langage clair et aisé. Regardez aussi pour leur vérité : la Botteresse au Bâton-et la femme au chien ; cette Scène de Famille, ces Jeune Fille et Enfant près d’une table et les Joueurs d'Echecs, qui sont l’évocation d'un milieu paisible et laborieux rendu sans aucune fantaisie.
de Wítte, en effet, n'a jarnais suivi la chimère sur le chemin de l’imagination : il ne croit que ce qu’il voit, et il traduit ce qu'il voit non sans y mettre quelque subjectivité ... Pour lui seule compte la nature ; mais il la découvre à travers un tempérament délicat, qui prête de la distinction aux éléments les plus vulgaires et enjolive même la laideur. Que de figures douces et méditatives ne compte pas son œuvre, figures repliés aux gestes placides, dont de Witte semble garder le secret ? D'autant plus que son outil est d'une finesse qui évite toutes les rudesses et semble amortir toutes les duretés en les touchant. Cet interprète de la vie humble est de toute manière un aristocrate, par sa technique recherchée et savante et par son esprit subtil à l'abri de la passion et de la violence.
Adrien de Witte est en somme l’initiateur. Il est longtemps isolé. Puis vient un groupe de trois libres disciples : Auguste Donnay, Armand Rassenfosse et François Maréchal ; les deux premiers sont plus peintres que graveurs, le dernier est plus graveur que peintre. 

 

 

- Charles Delchevalerie. Adrien de Witte : peintre, dessinateur et graveur ; catalogue de son œuvre. Liégé, Bénard, 1927, pp. 17-28.

C’est par la peinture que de Witte s’affirme tout d'abord, en brossant en 1867 - il a seize ans ~ ce portrait de lui-même sur papier, si curieusement précis et expressif dans sa naïveté méticuleuse, et que possède M. Maurice Chizelle. Mais avec une extraordinaire précocité, les dons du débutant s'amplifient, sa conception s'élucide et s’approfondit.
Cinq ans plus tard, il réalise ce magistral portrait de femme assise, en corsage noir et collerette blanche, d'une facture si délicate, si ferme, et qu'anime un sentiment si doucement spiritualisé. On pense aux intimités d'un Fantin-Latour devant une œuvre aussi riche dans sa simplicité, et l'on a peine à croire que tant de distinction pensive émane du pinceau d'un artiste de vingt-deux ans...
L'aristocratie de la forme et de la couleur, un sens merveilleusement affiné du choix des tons et de l'accord des valeurs. Voilà ce qui fait la haute séduction des peintures d'Adrien de Witte. Qu’il compose des scènes de genre Comme sa Lessiveuse, Comme ses Lavandières ; qu'i1 peigne des figures, des fleurs, des natures mortes - comme cet étonnant panneau qui date de 1878 et qui montre sur une nappe blanche les reliefs d'un déjeuner et que le bonhomme Chardin eut sans doute signé avec empressement - ou qu'il s'essaie dans la composition décorative, toujours il manifeste ce souci de style qui fait le prestige des grandes œuvres. Dessinateur de science impeccable, Adrien de Witte ~ il faut le dire et y insister parce que cela est moins Connu -- est un coloriste non moins exceptionnel. Qu'il utilise l'huile ou le pastel, sa vision de peintre est merveilleusement subtile et juste. Percevant avec autant de sagacité les modalités de la lumière, il lui est facile d'être opulent avec sobriété et de laisser à d'autres le recours à l'éclat extérieur. La couleur dans sa peinture n'est pas la parure superficielle de la forme, elle en complète le caractère, elle l'anime et la personnalise, elle contribue à lui donner une âme. Tout en étant onctueuse et saine, elle est légère, elle est souple et dégagée de la matérialité. L'artiste Wallon doit penser, a dit Auguste Donnay. On comprend mieux la vérité de cette remarque en regardant les toiles d'Adrien de Witte.
Celui-ci s'est aussi, comme on sait, victorieusement adonné a l'aquarelle. A ce genre mineur et un peu décrié, il a su, souvent, donner l'ampleur et la densité vivante de la peinture à l'huile sans rien abdiquer de la légèreté et de la limpidité de la peinture à. l'eau. Sa production dans ce domaine est comme le délassement d'un grand producteur, elle est substantielle et fouillée sous des apparences d'aisance et de rapidité, et l'on trouverait dans ce bagage de second plan de quoi faire la réputation d'un petit maître.
 

Cependant, pour le plus grand nombre, Adrien de Witte est avant tout l'homme du blanc et noir, du dessin à la plume ou au lavis, et de la gravure à l'eau-forte. C'est au surplus dans ces directions que son labeur a été le plus fécond. Les dessins et lavis sont fort nombreux et l'œuvre gravé comporte quelque cent quatre-vingts planches.
Faut-il considérer que l’artiste est inconsciemment fidèle à la voix de la race, quand nous constatons sa propension à traduire dans l'ordre graphique son concept de la vérité et ses recherches de style ? Depuis des siècles nombreux, depuis les ivoiriers et les batteurs de cuivre, en passant par les médaillistes des rois, les maîtres de chez nous sont des interprètes de la ligne et du relief. Dans l'école de gravure, depuis Valdor, Suavius, de Bry, Natalis jusqu'à Félicien Rops, la virtuosité Wallonne apparaît comme un apanage héréditaire. A toutes les époques nos artistes ont su ductiliser le trait pour lui faire chanter un poème de vie. Être graveur, c'est encore une façon, pour un Wallon, d'être musicien, c'est tirer du contour des choses une mélodie précise, un rythme lapidaire, qui n'admet ni la fausse note ni l'accord douteux.
« La composition, le métal, la gravure, le dessin par le crayon ou la pointe : voilà les mots, les choses auxquels on se trouve toujours invinciblement ramené quand on essaie de dégager les tendances permanentes de l'art mosan à travers toutes ses vicissitudes »

Qui parle ainsi ? C'est M. Marcel Laurent, dans sa lumineuse préface au catalogue de l'Expositíon de l'Art ancien au Pays de Liège, qui s'ouvrit en 1924, au Pavillon de Marsan, à Paris. Et l'érudit professeur, analysant d'autre part les caractères de la peinture liégeoise, la définit en ces termes révélateurs : « Elle préfère les compositions disciplinées par la sagesse à celles qu'engendre un énergique parti pris ; la mesure et l'ordre par quoi l’intelligence est satisfaite l'emporte chez elle sur l'impulsif élan des sens et du cœur. Ils raisonnent, ces Liégeois par ailleurs si pétulants, ils veulent comprendre ce qu'ils font, et ce simple désir exprimé bonnement constitue peut-être le fond de leur philosophie esthétique. C'est ainsi que le dessin leur parait plus important que la couleur ; que le jeu des lignes, la répartition des masses représentent à leurs yeux les éléments les plus certains de l'expression juste. Quoi de plus français ? Et c'est vrai bien plus encore des graveurs » ...
Tout cela ne semble-t-il pas avoir été écrit à propos d’Adrien de Witte, et pour expliquer ses prédilections.

 

Notre artiste, depuis qu'il sait tenir un crayon, a voulu par la ligne exprimer le frisson de la vérité. Au cours de ses études, il a sacrifié selon les rites aux sujets conventionnels, aux évocations d'archéologie et de mythologie. Mais, dès qu'il peut librement aller à ce qui le tente, c'est l'observation directe qui l'accapare et le possède. Les imaginations du symbole et de la légende ne l'attirent pas : il n'a pas, dit-il, d’imagination. Mais avec les Hollandais, avec Chardin et tant d'autres, il pense qu'il suffit à un artiste d'ouvrir les yeux et de promener son regard sur le monde qui l'entoure pour en tirer, sa vie durant, des images de beauté.
Ses sujets, dès sa vingtième année, il les choisira autour de lui. Le jeu des formes en mouvement, les attitudes naturelles et familières, les scènes de la vie quotidienne fourniront à. sa curiosité des thèmes sans cesse renouvelés. Il n'a aucun besoin de chercher l'exceptionnel, puisqu'il excelle à discerner la force et la grâce de ce que Maupassant appellera l'humble vérité. Des femmes du peuple avec leurs gestes coutumiers de la toilette ou du travail, un enfant endormi, des enfants au théâtre, des joueurs, un vieux marchand d'oranges, une paysanne s'appuyant sur une manne, des lessiveuses, des botteresses, voilà, pris au hasard, les motifs qu'il transpose sur le plan de sa vision, et auxquels il confère la dignité de l 'art. De chacune de ces impressions particulières, il tire, par le prestige de son trait, une leçon de beauté générale. Art sérieux et solide, art de gravité sereine dont les grâces n'ont rien de la superficielle joliesse ...
Remarquons avec quelle harmonie il unit l'analyse à la synthèse. Voyez ses dessins à la plume. Rien de plus minutieux, de plus loyalement fouillé que ces pages qui ont souvent de vastes dimensions. Le procédé lui-même peut conduire à la sécheresse. Mais, ayant constaté sa méticuleuse perfection, prenez du recul, et voyez comment la scène aux mille détails s'ordonne et devient un tableau homogène, largement conçu, ou la lumière circule, et qu'imprègne une atmosphère de pénétrante intimité ! L'artiste a beau avoir voulu s'abstraire devant la vérité, il y a mis de son âme, et c'est pourquoi l'œuvre, qui eût pu nous subjuguer uniquement par une froide perfection, nous apparait si attachante.
Aussi bien, qu'il 1'ait ou non prémédité, Adrien de Witte a si bien observé et si fidèlement traduit les spectacles fragmentaires de la vie populaire à son époque, qu'il s'inscrit pour nous parmi ses plus heureux interprètes. Qu'il ait travaillé à Rome, à Paris ou à Liège, c'est dans la rue ou dans le secret des modestes logis faubouriens qu'il a trouvé ses meilleures inspirations graphiques. Les choses plébéiennes, il les a ainées, il les a comprises, et sa nature aristocratique en a discerné, sous les haillons, la noblesse intrinsèque et permanente, de même qu'il a exprimé, par la simple ferveur de son talent discipliné, la poésie mystérieuse qui les entoure, et qui donne tant de charme à telle de ses planches, comme la Cendrillon, par exemple. Lorsqu'il unit ainsi le lyrisme à la plus précise honnêteté, n'est-il pas, sur un autre plan, un chantre inconscient du folklore ? La loyauté de ses transcriptions populaires leur confère, à cet égard particulier, une valeur documentaire exceptionnelle. Qui donc a, comme lui, fixé les types dès aujourd'hui périmés de la « cotiresse », de la lavandière et de la botteresse ?
Ce qui l'a surtout tenté, c'est le modèle humain dans sa forme et dans son caractère. Dans la nature, la psychologie des visages et des corps l'a plus intéressé que celle des paysages. Néanmoins, il y a dans ses croquis des notations de décors liégeois et romains qui sont, avec le minimum de moyens, pleines de mouvement et de pittoresque. Là encore son crayon, par le choix et la mise en valeur du détail qui signifie, résume la vie mouvante en traits définitifs.

 

Il était armé pour être un admirable illustrateur, s’il avait connu, au temps de sa grande production, l'engouement pour les livres somptueux qui marque l'époque actuelle. Il suffirait, pour se rendre compte de sa virtuosité dans ce genre, d'évoquer sa Cendrillon, et ce dessin au trait, d'un sentiment si pénétrant dans sa sobre élégance, qu'il composa pendant la guerre, pour être reproduit par un graveur sur armes sur la couverture en acier d'un coffret à cigarettes qu'un comité de dames liégeoises avait décidé d'envoyer au général Leman en captivité.
Le cadre était celui d'une fenêtre de prison nantie de ses lourds barreaux croisés. A droite et a gauche, des palmes s'élevaient contre les tiges de fer. A la partie supérieure, dans les interstices des barreaux, neigeaient des corolles de pensées. Mais, sur l'entablement intérieur de la fenêtre, on voyait un cendrier rond dans lequel fumait une cigarette. La fumée montait en harmonieuses courbes, et dans la rêverie que suscitait son déroulement, les barreaux inférieurs avaient disparu pour faire place à une vision nostalgique et poignante : le panorama de la cité ardente, avec, dans la cohue des maisons, la coulée du fleuve et les ponts qui l'enjambent. Composition secrètement éloquente, poème de lignes pures et gracieuses, image ou, dans l'harmonie toute latine des emblèmes, palpitait la sourde ferveur de l’hommage et du souvenir ...
Dans le domaine de l'illustration, il convient de rappeler encore le frontispice exécuté en 1887 pour l'Histoire du Théâtre royal de Liège de Jules Martiny, et, ne fût-ce qu'à, titre anecdotique, L’affiche annonçant le banquet qui commémora, au Conservatoire de Liège, le Centenaire de la Révolution Liégeoise de 1789, et le menu de ce banquet, qui était une réduction de l'affiche. Cette affiche avait été demandée à Henri Berchmans, mais celui-ci ayant jugé le croquis, fait d'après modèle par de Witte, supérieur a ses propres essais, pria son ami d’assumer le travail.
Citons encore, dans une note humoristique et touchante, le diplôme composé pour un cercle philanthropique, le Clapett’s Club ; vers 1870, le titre dessiné pour la gazette satirique liégeoise Le Caustique, que rédigeait Joseph Demoulin, et vers I876, un frontispice pour un recueil de vers d'Alf. Herman : Oh ! les femmes ! ... Il est arrivé aussi à de Witte de se divertir en semant dans le texte d’albums qui furent édités pour les enfants par la maison Dessain, nombre d'images qui durent inculquer aux petits la notion d'un dessin autrement savant que ceux qu'on leur montrait d'habitude. Ceux et celles qui, jadis, contemplèrent les aquarelles d'ailleurs rudimentairement reproduites qui illustraient, par exemple, les Rêves de Mignonnette, la Légende des œufs de Pâques ou les Misères d’un caniche honnête ne se doutaient pas, dans leur candeur puérile, qu'un grand artiste avait dépensé son talent pour les amuser.

 

C'est le moment de parler de l'œuvre gravé d'Adrien de Witte. Le goût de la gravure à1'eau-forte lui est venu au temps de la collaboration étroitement amicale et enthousiaste qui l'unissait, depuis I869, au sculpteur Mignon dont il partageait l'atelier de la rue de l'Etuve. Epoque insouciante et joyeuse ou les farces à la manière des rapins de Murger, les charges, les divertissements fantaisistes alternent avec les heures de travail fervent. Ah ! ces débuts des deux amis dans l'eau-forte ! Ils n'ont rien du matériel indispensable, mais leur inexpérience ne s'embarrasse pas pour si peu. Faut-il avouer que telle de leurs planches initiales fut burinée sur une plaque de cuivre qu'un ami, professeur de gymnastique, plus athlétique que truffé de scrupules, avait, de haute lutte, détachée de la porte d'un notaire ? Les néophytes n'avaient ni encre, ni presse. Pour ébauchoir, Mignon utilisait une latte en buis : on imprimait au moyen d'un crayon roulé, aussi, ne s'étonnera-t-on pas d'apprendre que les amis tiraient bien des épreuves avant d'en obtenir une... perceptible. Ces exploits mémorables s'accomplissaient vers 1875 …
Mais un ami commun, l'écrivain Alfred Herman, qui, le dimanche, fréquentait à Bruxelles les milieux littéraires, y découvrit l'imprimeur Nys qui travaillait pour Félicien Rops. Il obtint de lui qu'il imprimât les essais d'Adrien de Witte, et put ainsi rapporter à celui-ci des épreuves qui l’enchantèrent.
Ainsi commence, avec cette charmante Tête de femme baissée qui porte le no 6 - faite « pour s'amuser » avec une composition : Daphnis et Chloé, avec le frontispice pour les vers d’Alfred Herman, l'abondant et magistral œuvre gravé qui assigne a de Witte une place si enviable dans notre Ecole Wallonne. La Ville de Liège a heureusement constitué la collection de ces planches qui multiplient, avec tant de variété dans l'impeccable distinction, les études d'après le modèle humain, les portraits et les paysages. Cette suite prestigieuse représente la floraison d'un quart de siècle d'observation et de constant effort vers la perfection vivante. Il n'a pas fallu longtemps à l'artiste pour atteindre à la virtuosité technique, et pour s'assimiler les ressources de son art. Qu'il s'agisse d'un croquis trace avec un apparent laisser aller qui donne à la science du rendu l'apparence d'un jeu, ou d'un de ces portraits académiques dans lesquels se montre (comme dans les dessins à la plume) l'analytique minutie du métier, la manière est toujours aussi sure, aussi ferme, aussi largement expressive. Et quel art des contrastes pour donner a une planche sa coloration frémissante, quel sagace emploi des blancs et des noirs dosés sans les brutalités qui rendent l'effet facile, quelles délicates symphonies de nuances dans le mariage des clartés et 'des ombres !
Il suffit de considérer, entre cent autres pages, celle, par exemple, dans laquelle l’artiste a fixa sa propre image sous le vaste chapeau italien, pour se rendre compte de son originale maîtrise. L'œuvre est individuelle, par la souple précision qui anime cette physionomie aux yeux observateurs dans le visage patricien ; elle prend par le style et la profondeur ce haut caractère d'humanité transposée qui dépasse la ressemblance particulière. Toute planche de de Witte fait penser, parce qu'elle est elle-même imprégnée de pensée. Par le moindre de ses croquis, il nous invite à communier avec lui dans sa méditative religion de la vérité.

 

On n'aime pas seulement de Witte, en effet, pour ses dons prestigieux et pour le magnifique équilibre de ses facultés créatrices, pour ses qualités de lucidité, de mesure et d'harmonie, pour la perspicacité de son observation, pour sa puissante et délicate maîtrise expressive. On l'aime encore pour la haute leçon morale de son labeur et de sa vie.
Serviteur de la vérité, il aura été le prêtre de son art. A ses élèves, à ses disciples, à tous ceux qui, à l'Académie et au dehors, ont pu l'approcher, il aura enseigné par l'exemple autant que par les conseils, les fécondes vertus de la discipline. Il leur aura fait comprendre combien il est nécessaire de s'oublier, de faire abnégation de soi-même pour apprendre cet indispensable métier qui rend ensuite toutes les audaces possibles et légitimes. I1 aura inculqué à ceux qui furent assez attentifs pour discerner le bienfait de son langage, ce qu'on pourrait appeler l'amour-propre technique, ce désir hautain de perfection qui crée l’aristocratie de la probité.
C'est éternel ! disait humblement Auguste Donnay, en regardant des œuvres de de Witte. En effet, un respect de l'art aussi pur permet seul de créer les choses qui durent. Nul peut-être n'a montré aussi impérieusement que de Witte, que l'art doit être compris avec la gravité d'un culte. S'il fallait, pour rendre sensible la noblesse de cette foi, écrire un livre imité de Vigny, et qui s'intitulerait : Servitude et Grandeur artistiques, la fière et pensive figure d'Adrien de Witte lui fournirait la plus éloquente illustration.

 

- Hommage à Adrien de Witte dans Art et Critique (Bulletin du Cercle des Beaux-Arts). Liège, décembre 1927.
* Textes de Germaine Renders, Olympe Gilbart, James Ensor, Richard Heintz et Alphonse Mataive.

 

 

- Jules Bosmant. La peinture et la sculpture au Pays de Liège de 1793 à nos jours. Liège, Mawet éditeur, 1930, pp. 146-153.

Après Philippet, père de la peinture liégeoise contemporaine, nous ne résistons pas au désir de présenter Adrien de Witte à qui la gravure liégeoise doit d’avoir repris à son tour une place si marquante dans nos arts régionaux. Assurément nous nous brouillons de plus en plus avec la chronologie ; de Witte, en 1870, n’avait que vingt ans et son œuvre tenait dans trois peintures et quelques dessins ; mais en 1880, il avait déjà peint, entre beaucoup d’autres, sa « Femme au corsage noir », sa « Lessiveuse », les « Lavandières » du musée de Bruxelles (Il serait plus juste de dire : « qui devrait figurer au Musée de Bruxelles » car cette œuvre, acquise seulement en 1921, n’y fit qu’une apparition météorique et a été mise en dépôt au Palais de Justice de Bruxelles où il est tout à fait inutile d’espérer la voir. A nos demandes réitérées et pressantes les guides officiels ont opposé la force invincible de l’ignorance), et ce fameux « Corset rouge » dont l’éternelle jeunesse émerveille les visiteurs du musée de Liège. Ses cartons recélaient, cela va sans dire, une prodigieuse quantité de dessins et aquarelles et le Catalogue de ses gravures avait atteint le n° 109 sur 188 pièces que compte approximativement l’œuvre entier.
Entre 1870 et 1880 il a également terminé ses études commencées à l'Académie des 1866 et fait deux séjours à Rome, l’un très court en 1875, l'autre, en 1879, comme pensionnaire de la Fondation Darchis, quand il y retrouve Léon Philippet. Cette fois les impressions seront plus durables et la moisson plus féconde. Et, cependant, qu’espérait-il trouver à Rome, ce fier adolescent dont l’idéal est déjà formule et dont l’âme, toute de réserve et de scrupule, connaît dès lors cette soif inextinguible de perfection qui désormais la consumera ? Les grands exemples de l'Antiquité, la Beauté apollonienne, la Révélation sacrée réservée aux enthousiastes pèlerins de la Ville éternelle ? Peut-être est-ce un peu tout cela, et c’est trop naturel, qui fait trembler le cœur du jeune artiste en route pour l’émouvante capitale des Arts où, depuis des siècles, ceux de son peuple vinrent méditer devant les chefs-d’œuvre éternels. Mais ce beau feu qui n’est que feu de tête s’éteint vite. Ce qui séduit tout de suite Adrien de Witte c’est la ville elle-même, ses maisons pittoresques, ses osteries, ses paysans et paysannes venus de la proche campagne, ses processions violentes, puis le Tibre avec ses ponts et ses lavoirs, ou bien encore les hallebardiers du Vatican et les superbes cardinaux pourpres. Ce dont le Maitre se souvient, quand il consent à ouvrir les cartons bondés ou sont rangés avec un soin si méticuleux, d’innombrables croquis de cette heureuse époque, c’est le vif détail et l'anecdote localement colorée qui situent le dessin avec une précision vraiment surprenante, quand on pense au demi-siècle écoulé depuis lors. Et voilà qui nous prouve qu’à cette heure de réaction antiromantique, la Ville éternelle resta quand même l’éducatrice des jeunes gens inspirés qui bien que grands admirateurs de la Beauté antique, étaient peu disposes à l’accepter pour guide. Pour pallier la carence momentanée de ses musées, elle leur montra les chauds et nobles modèles de sa race toujours altière, la majesté désolée de sa campagne semée de ruines, le bleu méditerranéen de son ciel classique. Et à ces enfants qui voulaient des leçons de Réalisme, elle sut encore souffler à travers l’amour de la vérité celui de l’idéale perfection. Car la recherche de la Beauté Formelle restera à travers toutes les modes et toutes les écoles, le seul but possible des artistes de chez nous, tant que durera notre civilisation, héritière du paganisme gréco-latin et de ses effusions concrètes vers la Beauté idéalement humaine.
Lors de la Rétrospective organisée au salon de 1927, trois grandes salles du Palais des Beaux-Arts se trouvèrent insuffisantes pour donner une idée d’ensemble quelque peu exacte de l’œuvre du peintre, du dessinateur et du graveur : on fut obligé d’exposer les planches en deux séries. Et cependant de Witte n’est pas un de ces bourreaux de travail qui, à grands coups, dégrossissent la pierre brute pour la livrer tout de suite, vaille que vaille, à nos délectations... ou à nos révoltes ! Assurément ce méditatif besogna lentement. Il suffit, pour s’en convaincre, de parcourir le catalogue de son œuvre dans le livre fervent que lui a consacré Charles Delchevalerie. Pour certaine année il ne renseigne qu’un portrait dessiné. Sans doute de Witte fut un de ces professeurs très rares qui se vouent entièrement à leur tâche pédagogique et, la mort dans l’âme, lui subordonne leur œuvre propre. Or cette tâche fut particulièrement lourde puisque professeur de 1885 à 1910, recteur de 1910 à 1915, il ne prendra sa retraite qu’en 1921, après avoir consacré plus de trente-six années à un enseignement particulièrement fécond d’ailleurs, puisqu’il n'est guère d'artiste de chez nous qui ne réclame, avec fierté, la qualité d’élève d’Adrien de Witte. Il n’est pas douteux que de si grosses charges n’entrainent d’amers sacrifices. Il n’empêche cependant que la production de ses années de plus intense, de plus joyeux labeur ne paraîtrait bien légère à quelques-uns d’aujourd’hui qui brossent un tableau définitif entre le petit déjeuner et la méridienne. Assurément l’impressionnisme est bien pour quelque chose dans ces déplacements de conscience. On doit penser néanmoins que chez de Witte cette probité, ce désir de maximum sont dus, bien moins à l’époque et à ses conceptions, qu’à des vertus permanentes de l'esprit et du caractère qu’aucune mode n’eût été capable de détourner. On ne pourrait imaginer sans erreur psychologique, une autre courbe à son talent, un autre style à ses ouvrages, un autre idéal à son art.
Tout d’ailleurs se tient dans cette œuvre admirablement homogène. Du portrait de « Jeune homme » qui date de 1867, à telle « Nature-morte » plus jeune de vingt ans, à tel « Portrait » né quarante ans après le premier, on sent-le même cerveau, le même cœur, la même main ouvrière. L’égalité de cette carrière qui ne se laisse point partager en périodes à nettes évolutions n’est pas sa moindre originalité.
Et cependant nul œuvre n’est plus varié dans son impeccable unité, et peut-être est-ce ici que de Witte doit quelque chose à son époque. En réaction contre l’art « moitrinaire » elle fut, dans tous les domaines, éprise de vérité, d’objectivité, de naturisme. de Witte dont la discrétion naturelle accentuait encore ces tendances ne consentit jamais à se raconter lui-même. La Vie, multiple et jeune en ses spectacles toujours nouveaux, puis l’Homme observé à tous les âges, à tous les degrés de l’échelle sociale, lui sont des modèles suffisants. Et voilà que ce qui donne à l’œuvre une telle hauteur, lui gagne en même temps sa diversité, sa saveur folklorique, sa valeur documentaire et son intérêt constant. A aucun moment on n’est surpris par cet ennui que distillent finalement les plus belles créations quand elles reproduisent le même type conçu une fois pour toutes, quand elles sont empreintes du même parti-pris, quand elles confessent éternellement la même passion. Ici la forme, le style, le métier sont les seuls liens qui accusent la parenté. Mais que leur puissance est grande et quels sûrs garants de pérennité ! Les idées vieillissent, les Idéaux rancissent, les plus sincères révoltes paraissent factices aux générations étonnées. Seuls la Beauté de la forme, le Style ne meurent pas ! En eux git toute vérité !
Et cette puissance de la forme a des effets plus merveilleux encore et bien propres à dérouter nos préjugés modernes : si l’on considère d’assez près les grands dessins à la plume du Maître on s’étonne du trait qui caresse chaque détail, s’éprend des plus ténues broderies, hachure les étoffes avec application. Et cependant dès qu’on s’éloigne tout s’ordonne, chaque élément prend sa place, l’équilibre inattaqué régit souverainement le tableau. D’ailleurs on sent dans toutes ces choses un œil très attentif aux densités. Nous en trouvons la preuve dans les « Nus », ce sont surtout des bustes féminins, qui en dépit de la diversité des sujets signalés tout à l’heure, constituent dans l’œuvre de de Witte un thème constant repris avec un amour inlassable. Or qu’ils soient peints, dessinés ou gravés, ils attestent une magnifique liberté et nous offrent dans leurs suggestions de volumes, dans leurs passages de plans et de masses, le plus bel exemple d’un art splendidement large et puissant, qui satisfait, sans parti-pris exagéré, aux exigences les plus actuelles. Au surplus, ce faire si médité, si réfléchi sait montrer aussi une spontanéité charmante : de nombreux croquis à la plume restituent en quelques traits un geste, une attitude, toute une scène parfois, avec un don très rare de recréer la vie. C’est peut-être la part, sinon la plus précieuse, du moins la plus vivante de son œuvre et qui témoigne que les disciplines nécessaires ne proscrivent pas une exquise fraicheur d'œil et de main.
Nous n’avons voulu, jusqu’à présent, séparer le peintre du graveur ni du dessinateur, et l’artiste seul nous a préoccupé. Ceci n’était pas sans dessein. On a souvent fait tort à de Witte en grossissant son rôle de graveur au détriment de sa réputation de peintre. C’est une grande injustice. Avant tout et par-dessus tout de Witte est peintre. « La nature morte en blanc - Après le déjeuner » de la collection Herve, « Boules de neige » de la collection Rassenfosse, « Les Lavandières », « La Lessiveuse » qu'il exposait déjà en mars 1880 à la vitrine Koister, place Verte (place du Maréchal Verte) et surtout l'admirable « Corset rouge » qui date de la même époque dispensent de vaines démonstrations. Et que dire du « Portrait de femme en corsage noir » de la collection Chizelle, du portrait au pastel de Mme De Soer de Solières, de ses nombreuses natures-mortes, de ses « Fleurs » et de ce « Gordon-Setter » qui nous surprit tous, au Salon de 1926, comme une magistrale révélation ? Comment a-t-on pu, un seul instant méconnaître ce peintre véritable ? Une circonstance l’explique : de Witte fut notre premier graveur. En son temps, l’aquafortiste fut un précurseur et un chef. Non seulement il a ouvert la voie à ces beaux et fiers graveurs dont nous nous flattons, mais par son exemple, il leur a imposé l’honnêteté, la pureté, la candeur ouvrière et ce respect du procédé sans quoi un tel art perd rapidement toute originalité et toute valeur de création.
Son influence fut considérable et, à cet égard, généralement reconnue. Quelquefois même, en voulant trop prouver, on en fit, par une exagération naïve, le continuateur et comme l’héritier de nos anciens Maîtres, les Natalis, les Lairesse, les Demarteau dont l'école était perdue depuis trop longtemps pour qu’il fût possible, ni même souhaitable qu’on en retrouvât les traditions. Au vrai, il fut tout simplement l’initiateur et l’instructeur de tous ceux qui vinrent après lui. Il orienta la gravure dans des voies originales, la tourna vers l’observation de la figure humaine, l’étude du type et en fit ce souple instrument qui nous devint si utile dans nos voyages d’introspection aux régions inconnues de l’âme Wallonne. Sans doute chaque homme arrive à son heure et si de Witte n’eût pas été là, il s’en fût probablement trouvé un autre qui, quelques années plus tard, se serait passionné à son tour pour ce mode d’expression si convenable à notre génie. Mais on peut penser néanmoins que la gravure liégeoise ne serait pas ce qu’elle est chez Berchmans, chez Maréchal, voire chez Rassenfosse, l'élève et l’ami de Rops, ni chez tous les autres qui viendront après eux, si de Witte ne s’était pas trouvé aux aurores héroïques de la Renaissance pour initier ses jeunes émules aux secrets des morsures et aux pratiques de la pointe, Si aujourd'hui encore une œuvre dc vrai graveur liégeois est tout de suite reconnaissable, parmi des productions étrangères d'égale valeur, elle le doit à une tradition de probité et surtout de pureté du procédé ou l’on reconnaît la marque de de Wtte.
Demain quand « Les Quatre » viendront, à leur tour, tiercer le champ patrial, ils trouveront pour aider leurs premiers essais des recettes déjà éprouvées, une expérience déjà scientifique, et il ne leur restera qu’à développer leur propre tempérament, dont aucune timidité n’entravera l'essor. L’un s’attachera à la figure wallonne, l’autre au paysage liégeois, le troisième exploitera nos vertus graphiques retrouvées dans des élégances où nous reconnaitrons nos filiations latines, le dernier et le plus grand, unira l’âme du paysage et l’âme de la race dans une émouvante et sereine synthèse ou clairement enfin nous reverrons nos Dieux. Mais tous devront quelque chose au grand, au pur, au très bel artiste dont nous pouvons et devons-nous enorgueillir.

 

- Auguste Buisseret. Adrien de Witte lors de l’inauguration du buste d’Adrien de Witte au Parc de la Boverie in L’Art wallon contemporain, Liège, 1939 n° 2, pp.18-19.
En érigeant le buste de Lambert-Jean-Adrien De Witte dans ce beau jardin, qui est devenu au cours des ans un Panthéon de nos arts et de nos lettres, la ville de Liège rend hommage à l'un des plus purs artistes qui l’aient honorée..
Elève brillant, appliqué, enthousiaste de notre Academic, il partagea avec notre grand statuaire Léon Mignon un atelier au-dessus de la Halle aux Viandes, puis rue de l'Etuve, et conquit une bourse qui lui permit de faire à Rome un premier séjour en 1871, à l’âge de vingt-sept ans. Boursier de la Fondation Darchis, il y retourna et y demeura cinq années, de 1879 a 1884. Là-bas, son compagnon d'étude et de féconde flânerie fut Henri Simon, peintre lui-même, qui devait devenir, ainsi que l'a dit si justement M. Olympe Gilbart, le Virgile de notre littérature dialectale.
On imagine les promenades enivrées des deux jeunes Liégeois, parmi les souvenirs antiques, les monuments de la Renaissance et surtout les scènes pittoresques de la rue et de la campagne romaine, où les Wallons se trouvent tout de suite de plain-pied avec une race sœur, leurs exclamations émerveillées en notre savoureux langage.
.Adrien De Witte nous a légué, de cette période, nombre d'œuvres où s'affirme déjà toute sa maitrise ; plusieurs de ses tableaux d'une couleur élégante, d'un impeccable dessin, ceux aussi qui ont suivi et qui ornent nos musées et nos collections, suffiraient a assurer à un artiste une enviable réputation.
Le voici rentré à Liège et bientôt professeur à l'Académie.
Certes, on a pu exprimer le regret que son enseignement ou plutôt son apostolat ait absorbé une grande partie de son activité et privé sans doute la collectivité liégeoise de réalisations picturales de haute valeur. Mais le resserrement de ses loisirs, l’orientation du travail scolaire qu'il dirigeait et animait, n'ont-ils pas contribué à engager et à maintenir Adrien De Witte dans sa vraie voie, celle où il devait retrouver et renouveler l’illustre tradition de la gravure liégeoise ?
La ville des belles armes ornées eut, après Florence, dans le début du XVIe siècle, la première chalcographie d'Europe.
Combien d'artisans ont du se pencher sur des plaques de métal et les historier, avec tout leur amour concentré et patient, pour que puisse jaillir de notre peuple le cortège des graveurs, des familles et des équipes de graveurs qui se déroulent depuis quatre siècles ?
Comme il y a eu l'atelier ou l'Académie de Lambert Lombard et les graveurs du roi, il y a Adrien De Witte et son école.
Le recul du temps, trois ans écoulés depuis sa mort, nous permettent de mieux mesurer l’influence de l’initiateur et les :mérites du réalisateur.
Sa silhouette pleine de gravité se profile sur l’horizon du passé et ne cesse de grandir à nos yeux.
A travers plusieurs générations agitées de mouvements souvent contradictoires et poursuivant à tout prix la recherche de l’inédit, la longue carrière d'Adrien De Witte s'est déroulée égale à elle-même tirant son prestige de sa pureté et de sa sincérité. Il est des époques, en effet, ou l’originalité suprême est l’équilibre de la loyauté.
Par ces qualités mêmes, Adrien De Witte exprime au plus haut degré ce qui caractérise notre Cité, centre d'initiation, centre de culture latine et humaine. Au milieu des brumes du nord, sous un climat tourmenté, l'idéale figure de Liège se dresse, toute baignée de rythmes clairs, pure de lignes comme ses tendres collines et comme un marbre grec.
Il est naturel que, se retrouvant dans un enfant illustre, elle lui voue un culte particulier.
En 1935, au lendemain de la mort d'Adrien De Witte, notre bourgmestre, M. Xavier Neujean, ministre d'Etat, que son état de santé éloigne momentanément de nous et qui m'a fait ‘honneur de me déléguer à cette pieuse cérémonie, a exprimé les sentiments du Conseil communal en termes éloquents et émus, qui sont encore dans nos mémoires.
Deux expositions, organisées l'une en 1927, ‘autre en 1936, ont manifesté, sous une autre forme, la ferveur de tout ce que notre ville compte d'amis des arts.
Le statuaire Oscar Berchmans Pavait, lui aussi, interprétée avec bonheur en modelant, pour sa joie personnelle, le buste en plâtre du Maitre disparu.
Il a bien voulu en faire présent a notre ville. C'est la réplique en bronze de cette œuvre que nous inaugurons aujourd’hui. Le plus beau et le plus juste éloge que l'on puisse en faire est de dire qu'elle est digne de son modèle.
Au nom de l'Administration communale, je m'incline devant la veuve du Maitre, et j'adresse de vifs remerciements à M. Oscar Berchmans, à ceux qui ont contribué à l’organisation de cette manifestation et aux hommes éminents qui l’honorent de leur présence.

 

- René Tonus, professeur à l’Académie des Beaux-Arts. Notice historique au catalogue de l’Exposition de la Gravure Liégeois. Chapitre Les graveurs modernes. Liège, Musée des Beaux-Arts, 1939, pp. 51-52.

Adrien de Witte est le premier artiste [liégeois] de cette lignée [le naturisme]. Son œuvre, par sa haute probité, par la finesse et la rigueur de sa technique, par le sens aristocratique de sa vision, réalise, d’une seule foulée, l’équilibre que l’on peut concevoir entre une discipline classique et l’esthétique naturiste qui le commande.
Adrien de Witte est un dessinateur impeccable, qui apporte un souci de justesse jamais défaillant, dans toutes ses créations. Comme Philippet, il a vécu en Italie, et, comme lui, la vie romaine, les types populaires romains ont été ses modèles préférés, comme le furent durant sa longue carrière dans sa ville natale, les botteresses, les hiercheuses, les femmes su peuple de chez nous.
Les gravures d’Adrien de Witte reflètent fidèlement l’âme probe et aristocratique de ce maître authentique auquel l’école liégeoise doit ses plus fructueuses leçons. La figure de de Witte se dresse, au premier plan de notre histoire moderne des Beaux-Arts, Il fut un professeur d’élite, et son enseignement à l’Académie reste présent à la mémoire de tous ses disciples.
La Ville de Liège conserve la collection de ses planches gravées qui multiplient avec tant de variété dans l’impeccable distinction, les études d’après le modèle humain, les portraits et les paysages. Cette suite prestigieuse représente la floraison d’un quart de siècle d’observation et de constant effort vers la perfection vivante.

 

- Charles Delchevalerie. Adrien de Witte. Anvers, de Sikkel / Monographies de l’Art belge, série 3 n° 6, 1949

Il n’est rien de plus simple et de plus uni que ta carrière du peintre et graveur Adrien de Witte. Né à Liège en 1850, il y meurt en 1935. Son père était peintre et son grand-père maternel collectionnait les tableaux : l’atmosphère était favorable au penchant précoce qu'il montrait pour le dessin. Dès sa seizième année, il suit tes cours de t'Académie des Beaux-Arts de Liège, à laquelle il devait consacrer tant d’années de sa vie. Ses dispositions s’affirment dès ce moment par les corrections amicales qu’il apporte aux essais de ses camarades.
Libéré des écoles, il s’associe à son ami, le sculpteur Léon Mignon pour louer des ateliers de fortune. Avec lui, il s'essaie à la gravure. Dans des conditions rudimentaires et pittoresques, tout en révélant d’exceptionnelles qualités picturales. En 1875, il obtient une bourse qui lui permet un premier voyage en Italie. .Il découvre, brièvement, Venise, Florence et Rome. Bientôt rentré à Liège, il repartira pour Rome six ans plus tard, et y séjournera jusqu’en 1884, en qualité de boursier de Ia Fondation Darchis. Celle-ci avait été créée par un Liégeois pour permettre à de jeunes compatriotes artistes d’aller à Rome prendre conscience de leurs forces en étudiant te passé dans un milieu inspirateur. De cette création bénéficièrent aussi tes peintres Philippet et Heintz, le graveur Maréchal, tes sculpteurs Mignon et Petit.
Heureuse, lumineuse et féconde période dans la vie d’Adrien de Witte, qui serait sans doute resté plus longtemps encore à Rome si le danger d’une épidémie ne l’avait décidé au retour. Il lui était arrivé de laisser s'écouter deux années sans revenir au pays. II avait pris goût à la vie romaine qui offrait un perpétuel et séduisant spectacle à son observation.
It rentre donc à Liège ou l’intérim d’un cours à t'Académie lui est aussitôt confié. Mais Paris l’attire. Il s'y rend et se montre fortement tenté de s'y installer. Tentation naturelle, qui avait fixé le destin de bien d’autres liégeois Ses dons de peintre et de graveur y eussent assurément trouvé le climat le plus propice. Mais I ’Académie de sa ville n’a pas perdu de vue cet élève qui lui fait honneur. Sa maturité hâtive lui vaut une considération particulière. Il s’est d’ores et déjà classé en exécutant des œuvres définitives. En fait, cet artiste qui devait mourir octogénaire avait, à Ia trentaine, donné le plus brillant de sa production.
de Witte hésite avant de se décider à quitter Ia grande ville et son atmosphère électrisante, pour rentrer dans le cher milieu natal, tout de même bien confiné, et pour accepter d’enseigner à dessiner aux autres au lieu de tenter librement et largement l’aventure personnelle. Mais on insiste avec tant de ténacité que cette obstination finit par triompher. H accepte le poste qu’on lui offre à Liège. C’en est fait. La fatalité s’est prononcée. L’artiste va se partager entre le professorat et Ia création picturale ou graphique dans les loisirs que ses cours lui laissent. Mais, désormais, il sera surtout professeur. Professeur précieux et admirable. Ce sera au détriment de sa production originale. Elle ne sera à aucun moment moins parfaite, mais elle va dès ce moment se ralentir et se raréfier.
 

Nous sommes en 1885. L’artiste a trente-cinq ans : il a encore un demi-siècle à vivre. Il assume des cours multiples et s’y dépense avec un zèle attentif. Sévère autant qu'il est courtois, il est adoré de ses élèves, et sa maitrise exerce sur eux un véritable magnétisme. Enseignant notamment le dessin d’après l’antique, il s'attarde auprès de chaque disciple, explique la structure du modèle, la souple architecture de la vie, le rythme des formes en mouvement. Au coin de sa feuille, en quelques traits décisifs, il marque les indications essentielles - et l’élève se réjouit de conserver le croquis que le commentaire a rendu éloquent …
Quel bienfait dans cette autorité éveilleuse et persuasive Les apprentis ne l’oublieront pas. Après des lustres, arrivés eux-mêmes à Ia maturité, ils en garderont le souvenir avec gratitude. Le maitre leur avait appris à voir clair en eux-mêmes, à juger de leurs possibilités.
Mais que devenait sa production personnelle ? On ignorait encore la mode des expositions fréquentes, et notre artiste eut été le dernier à s’y soumettre. Ni le gain, ni Ia notoriété ne l’intéressent. Absorbé par son enseignement, il n'a d'autre souci que de réaliser dans la perfection les travaux de son choix : il accepte de peindre ou de graver quelques portraits, utilisant l’huile, le pastel, l’aquarelle, la plume, le crayon, les procédés de l’eau-forte, avec la même virtuosité attentive, la même aisance large et méticuleuse, œuvrant dans une aristocratique lenteur. Aussi les années deviennent assez creuses. Il y a des intervalles ... La qualité est toujours souveraine, mais la verve de Ia période romaine a fait place à l’application. Et Ia peinture, plus que le dessin et Ia gravure a pâti de cette relative nonchalance.
Distant autant que modeste, il vit à l’écart. Quelques amis composent son entourage familier, et cela lui suffit. En 1888, il se décide à participer à Liège, à Ia Salle de l’Emulation, à une exposition en compagnie du peintre Alfred Hubert et du sculpteur Léon Mignon. Son envoi y est apprécié de Ia façon la plus flatteuse. Ces éloges ne l’incitent pas à recommencer l’expérience.
Comme ses ambitions, ses sujets sont limités. Il a prouvé qu’il sait composer, mais cet exercice ne le tente guère. Même indifférence pour la légende, l’histoire et tes thèmes religieux. Il s’avoue dépourvu d’imagination et déclare que tes inventions d’un Gustave Doré le fatiguent.
Ses essais de paysage sont peu nombreux ; ils attestent pourtant les réussites de sa compréhension. C’est à la figure qu’il s’adonne à peu près exclusivement. Dans le jeu des clartés et des ombres, il suscite les rythmes harmonieux des formes.
Son sujet de prédilection, c'est l’image féminine dans la vérité sensible de la santé et de Ia grâce ; il lui donne une beauté qui n’a rien de sensuel et qui paraîtrait abstraite sans Ia secrète tendresse qui l’anime. Sa ligne est pure et classique dans sa modernité. Il ennoblit la réalité sans le faire exprès, parce qu’il la voit ainsi.
 

Au moment où Adrien de Witte est absorbé par le professorat, il a accompli l’essentiel de son œuvre, tout au moins en peinture. II a révélé lie miracle d’un exceptionnel équilibre des facultés expressives. Clairvoyance et santé de la conception, souplesse et vigueur de l’exécution, sensibilité farouche, profonde et délicate, ignorante de Ia mièvrerie et des paroxysmes. Et si l’on peut attribuer des parentés à Ia spiritualité de son art, on y chercherait en vain des traces d’influences inconsciemment subies.
Il est lui-même avant tout, et lui tout seul, fier, robuste, paisible et pensif. Les comparaisons, à son propos, font venir à l’esprit les noms des meilleurs. Telle nature-morte fait penser à Chardin, tet éclairage d’eau-forte évoque la force et la richesse optique de Rembrandt. Le nom d’Ingres aussi s'offre à la mémoire devant une telle précocité et une telle continuité dans le souci de Ia perfection, et l’on a conscience de ne pas exagérer.
L’ensemble, qu’il a laissé, montre une surprenante égalité, une singulière plénitude de maîtrise, qu’iI s'agisse de peinture, de dessin ou de gravure. Le résultat est toujours impeccable ; sans être froidement impersonnel, il donne l’impression d’être obtenu dans la clairvoyance, la réflexion et la tranquillité. Dans sa force élégante, de Witte est secrètement humain. En Wallon fidèle à ses ascendances, il atteste le sens profond de l’intimité, et la traduit en simplicité, sans recourir aux faciles éloquences du décor et des accessoires.
II est maître de tous tes procédés dont il use. Coloriste, il peint avec une étonnante précocité – d’une touche décidée, onctueuse et légère, qui ne se trompe pas, qui semble à Ia fois primesautière et méditée, ou le jeu de Ia main correspond au commandement lucide de la pensée, à la vision claire, directe, dans la volonté exclusive de traduire la nature et la vie. Il unit dans une harmonie miraculeuse les dons de l’observation et de l’expression.
Récapitulons quelques dates. Le catalogue d’œuvre peint, dessiné et gravé d'Adrien de Witte fut dressé avec un soin pieux, en 1927, par Armand Rassenfosse, son élève et son ami, qui ne dut pas manquer de le consulter pour établir une nomenclature aussi précise et aussi complète que possible. Il totalise environ six cents numéros, dont quelque quatre-vingt peintures, une dizaine de pastels et une cinquantaine d’aquarelles. L'œuvre gravé représente 188 planches. C’est naturellement la liste des dessins et croquis à la plume, au crayon, au lavis, qui est la plus abondante, avec 260 numéros, Mais une note du rédacteur du catalogue fait remarquer que nombre d’œuvres peintes et dessinées n’ont pu être répertoriées. Force est donc de s’en tenir à ce qui a été rassemblé du vivant de l’artiste, par un de ses disciples les p1us dévoués.
 

Les vides de cette liste accusent le caractère dramatique de ce destin créateur. Dès l’âge de vingt-trois ans, le peintre s’impose par l’étonnante réussite de son portrait de Femme au corsage noir. A vingt-six ans, il peint un autre morceau souverain, son Coin d’atelier (nature morte à Ia guitare). Son pinceau énergique et léger a victorieusement prouvé ses ressources. A trente ans, surgit Ia merveille de la Femme au corset rouge, qui a droit à une place de choix dans n’importe quel musée. Celui de Liège s’honore de réunir bon nombre de peintures d’Adrien de Witte. Lorsque son conservateur M. Jules Bosmant, montre ses galeries à des connaisseurs érudits, c’est devant les toiles de notre artiste - et de Richard Heintz – qu’ils disent éprouver leurs plus fortes impressions ...
Mais, dès 1887, sa production picturale se raréfie. Entre cette date et 1922, on compte une quinzaine d’œuvres seulement, dont neuf pastels. La liste des dessins est vide entre 1901 et 1922. Celle des gravures, qui part de 1875, s’interrompt en 1902 ... Mais rien ne sert de dép1orer ces lacunes, en présence du trésor qui reste. Tel quel, i1 suffit surabondamment à classer son créateur.
Ce détachement aide à comprendre, dans une certaine mesure, que ce maître ingénu n’ait pas été apprécié davantage en dehors de son aire de travail. Le seul hommage extérieur rendu à son talent semble bien avoir été l’admission au Musée de Bruxelles de son tableau des Lavandières à Rome, exécuté en 1875. Aussi bien, il est un témoignage éloquent - si l’on peut dire - de l’indifférence avec laquelle de Witte était traité hors de Liège, et dont il s’accommodait sans récriminer. En 1905, dans le cycle des Conférences jubilaires qui dressèrent, à l’Exposition de Liège, le bilan des activités nationales depuis 1830, Camille Lemonnier assuma le soin d’évoquer la floraison des arts plastiques. Le célèbre écrivain, qui avait conquis la réputation d’un critique éminent, équitable et compréhensif, dut avoir à cœur de n’oublier aucun nom important dans sa nomenclature. Or, il ne cite même pas Adrien de Witte, alors qu’i1 se montre justement généreux envers ses cadets. Il l’ignore tout simplement ...
Indice pénible à constater d’une méconnaissance collective. Et pourtant, il suffit de feuilleter un choix de reproductions d’Adrien de Witte pour se rendre compte de Ia pure et vigoureuse originalité de sa personnalité riche de dons naturels au service d’une conscience inflexible.
Le peintre s’impose par son harmonieuse maitrise de coloriste. Au pastel et à l’aquarelle, il confère Ia densité expressive de Ia peinture à l’huile. Le dessinateur, dans le moindre de ses croquis, atteste Ia souple perfection de son trait. Quand il exécute ses dessins à Ia plume, souvent vastes comme des tableaux, la minutie analytique de son travail ne l’empêche pas de réaliser des synthèses aérées, ou toute ligne concourt au vivant équilibre de l’ensemble. Et le graveur excelle à doser les valeurs dans le contraste nuancé des blancs et des noirs. Son initiative ranime l’Ecole de gravure de Liège, dont Ia tradition séculaire s’était interrompue. Tout ce qui sort de ses mains porte la marque de l’effort heureux, volontaire et sensible vers la beauté essentielle, telle que les classiques Ia révèlent.
Idéaliste, A. de Witte a pratiqué l’effacement et le dédain du lucre, comme nombre d’artistes de sa race. Il s’est libéralement dépensé pour les autres au détriment de sa gloire. Il a vécu dans l’ombre, négligeant d’exploiter sa valeur, Comme s’i1 n’en avait pas eu Ia nette conscience, alors qu’il était si hautement doué. C’est un devoir pour ceux qui l’admiraient de lui rendre justice et de lui attribuer l’honneur posthume qu’il a si noblement mérité.

 

- Léon Koenig. Histoire de la peinture au Pays de Liège. Liège, éditions de l’Apiaw, 1951. CHAPITRE XIV. Adríen de Witte - Auguste Donnay - Ernest Marneffe - Armand Rassenfosse - Emile Berchmans, pp. 58-59.

Œuvre rare et précieuse que celle d’Adrien de Witte. C’est peut-être à cela qu'est due son absence de popularité. Le renom du graveur, en même temps, a beaucoup nui au peintre. De plus, ses rares tableaux sont malgré leur simplicité et leur objectivité, difficilement déchiffrable au littérateur dont l’épithète requiert, pour jaillir, le secours soit du sujet pittoresque, soit de l’apparence ostentatoire du procédé ou le support de souvenirs célèbres, soit encore le léger choc sentimental que tout être ressent au contact de « la beauté qui tout de suite s’abandonne ». Celle dont de Witte a paré sa peinture est infiniment plus secrète, plus subtile, mais aussi plus durable. Elle tient au seul charme de son méticuleux équilibre, de son harmonie serrée, de sa haute justesse. Ce ne sont point, là, qualités ordinaires. Pas une outrance, pas une fausse note, pas de cris ni de gesticulations ; de Witte est un peintre classique et sa perfection même donne à ses sujets tout quotidiens (femme ou nature morte) leur grande profondeur et leur permanence d’accent. La surprenante révélation que fut pour tous le « Gordon-Setter » (cf. J. Bosmant) du Salon de 1926 se renouvelle chaque fois que le hasard chasse une peinture d’Adrien de Witte de quelque collection privée. La « Nature morte » (aujourd’hui au Musée de Liège) qui figura, en février 1939, à l’exposition d'ouverture des nouveaux locaux du Cercle des Beaux-ArtsX~A1'ts nous remit en présence du miracle de la plus simple chose peinte ou, sans recourir au stratagème, l'objet très humble, une table, une nappe, un livre nous révèle le sens d’une existence en dehors de nous-même, nous met en présence brusquement de la réalité transcendée et nous place devant l’émotion de la vie. Réussite fortuite ? Non, de Witte y parvint à force observation, de mesure, de rapports. Sa couleur est d’une grande souplesse, car elle se meut a l’aise dans l’harmonie et juxtapose sans heurt un noir et un rouge, ce qui est bien la marque des forts. Allons à la « Femme au corset rouge » du Musée de Liège, et à ce rouge noyé, modulé, qui est le thème, le prétexte de la toile, il a si bien marié le tout que cette couleur, dangereuse et magnifique en même temps n’impose pas à l’ensemble un règne tyrannique ; la ligne même, le geste des bras, l’arrondi des hanches, la tête penchée avec douceur, contribue à l'enveloppement calme, à l’atmosphère sereine mais forte et bien assise de l’œuvre. Et de Witte avait trente ans lorsqu’il peignit cette toile !
Il s’exprima en réaliste, mais son réalisme dépourvu d’intentions abonde en résonances cachées ; de son art, il a transformé le monde modeste qui l’entourait. On lui est reconnaissant d’avoir eu cette tranquille assurance, cette probité, cette fidélité à la nature, avec ce que cela comporte d'amour, de patientes recherches et de silencieuses découvertes. Ces sources rassurantes de beauté sont souvent fécondes, on ne devrait jamais les perdre de vue.
Pauvre de Witte, pauvre grand artiste ! Revenu de Rome a 35 ans, il commença à Liège une longue carrière de professeur à l’Académie des Beaux-Arts. C’est tout ce que lui offrit sa ville, cette Liège de 1880, timorée, mesquine et incompréhensive provinciale, qui restera sourde à ses accords délicats, comme elle avait laissé passer Philippet, comme elle ignorera Auguste Donnay et Ernest Marneffe et à qui il faudra le coup de tonnerre de Richard Heintz pour enfin réveiller de l’hibernage d'un long siècle sa sensibilité engourdie dans le tintamarre des affaires ; ou ceux qui dirigeaient l’opinion et décidaient du talent des artistes tournaient encore leurs regards vers l’heureuse et bénie époque des prince-évêques et aspiraient languissamment au retour de ce régime de cocagne ! Hélas ! le magnifique enthousiasme de la foi chrétienne s'est mué en un cléricalisme fait d’habitude et l’opportunisme, d’autre part, les bourgeois libéraux ont oublié l'idéal civique qui animait leurs devanciers du XVIIIe siècle, et le veau d’or règle plus que jamais les rapports des hommes. Ces patriciens d'un nouveau genre vont à leur tour faillir à leur rôle d’élite. Vaguement conscients de leur vanité, ils lorgnent timidement, entre deux affaires, du côté de l'esprit et ils innovent cette curieuse manie des antiquités, cette perversion du goût qui consiste à renifler les relents des choses mortes ; car il est évident qu’il y a un monde de différence entre leurs délectations moroses et la curiosité qui se penche sur l’œuvre des hommes d’un autre âge. A Liège, le mal sévit avec rigueur. Il n'est plus d'art hors du papier jauni et de la toile craquelée ; l’Art Ancien au Pays dc Liege devient le leitmotiv de toute manifestation du genre et la mesure de tout talent. Adrien De Witte, après Philippet, devait se heurter à l’indifférence du public et à l’immense incompréhension des doctes et prudes écrivains d'art. A Bruxelles, ou le groupe des « XX », sous l’impulsion d’0ctave Maus, défendait la peinture impressionniste, on eût peut-être réservé au Liégeois un accueil sympathique, quoique sa peinture, singulièrement solide, eût pu paraître suspecte aux yeux de ces ardents néophytes. La technique de de Witte, nonobstant sa largesse de touche, ne s’apparentait pas à l'école nouvelle. Il a suffi de la monstrueuse incurie des bourgeois de l’époque pour étouffer son œuvre dans un silence d’où la ferveur de Charles Delchevalerie et de quelques autres n’ont pu la tirer aujourd’hui, pour qu’elle reste aussi obstinément ignorée en dehors de nos murs.

 

- Jacques Hendrickx in Catalogue 125e anniversaire de l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Liège, Musée de l’Art Wallon, 1964, 99 34-35.

Léon Philippet (1843-1906) et Adrien de Witte (1850-1935) sont les initiateurs du renouveau. Ils ont renoncé à la peinture d’imagination et au langage théâtrale de leurs prédécesseurs pour transcrire simplement sur leurs toiles le spectacle quotidien des choses ; ils ont ouvert les yeux sur la nature et ils ont oublié les recettes d’atelier ; leur palette s’est illuminée de clarté et de fraîcheur. C’est au contact de l’Italie – non pas celle des musées, mais celle De la réalité contemporaine – qu’ils ont acquis ce style fait de ferveur et de vérité S’il arrive à Philippet d’être vulgaire, ses meilleures œuvres évoquent celles des maître contemporains français par la franchise de la vision, la fougue du métier, la saveur de la pâte ; quant à de Witte, son œuvre plus restreinte, discrète et secrètement vibrante, atteint chaque fois, infailliblement aux harmonies à la fois sobres et riches Michaela Gimondi de Philippet et Femme au corset rouge de de Witte sont des œuvres qui, par leurs qualités esthétiques, se situent au niveau du chef d’œuvre.

 

- Joseph Philippe. Les artistes liégeois à Rome in Bulletin de l’institut archéologique liégeois. Liège, Musée Curtius, 1964, p. 140.

 

-  Jacques Hendrickx. Peintres liégeois : quelques aspects du Musée de l’Art wallon : Auguste Donnay, Adrien de Witte, Richard Heintz in La Vie liégeoise, 1970, fasc. 10, pp. 10-12

 

- Marie-France Bacquelaine. Adrien de Witte, graveur et peintre, 1850-1935. Université de Liège, Faculté de Philosophie et Lettres. Section d’Histoire de l’Art et Archéologie. Mémoire de licence dactylographié, année académique 1970-1971.

 

- Jacques Parisse. Les maîtres de la relance dans : Art Actuel XX. La peinture à Liège au XXe siècle. Liège, Mardaga, 1975, p. 32.

Dans notre « renaissance », le rôle d’Adrien de Witte a été prépondérant. Il fut un extraordinaire dessinateur, un peintre à l’œuvre peu nombreuse mais d’une souveraine distinction. Nous lui devons la générosité, au détriment de son œuvre personnelle – un professeur admiré et écouté. Lemaître, Dupagne, Mambour, Crommelynck, Scauflaire, Steven, Jean Donnay ne manquaient pas, ne manquent pas de dire encore leur respect et leur fidélité.
Le principal de l’œuvre d’Adrien de Witte a été réalisé en une dizaine d’années ; de 1870 à 1880. Il devait enseigner 36 ans à l’Académie, jusqu’en 1921 ! En 1880Adrien de Witte a peint La Lessiveuse, La femme au corset noir et le célèbre Corset rouge, une œuvre liégeoise connue dans le monde et toile-vedette du Musée de l’Art Wallon. Lui aussi a fait le voyage d’Italie. Il y est en 1873 et en 1879 comme pensionnaire de la Fondation Darchis en même temps que Léon Philippet. Rome et sa campagne, qui avaient donné tant de sujets aux pèlerins romantiques allaient en fournir autant à leurs adversaires. La différence réside essentiellement dans le choix et la manière de peindre le « motif ».
Adrien de Witte, dans sa volonté de vérité, peindra la ville et ses habitants. Son œuvre abonde en admirables croquis – œuvres achevées – dans lesquels il accentue le détail qui « actualise ».
Ce n’est pas en archéologue ou en antiquaire qu’il observe la ville ou la campagne, le Vatican ou le Tibre, le garde-Suisse ou le paysan mais en humaniste soucieux de pénétrer l’âme d’un pays et de son peuple à travers l’homme et le décor quotidien de son existence. En fait, il observe et recrée. Il possède à un tel degré l’art du dessin qu’il peut tout exprimer par le crayon.
L’œuvre d’Adrien de Witte peintre a injustement et doublement pâti de la célébrité (légitime) qu’à atteint le fameux Corset rouge, sublime hommage rendu à la femme, œuvre de vérité et d’harmonie qui baigne dans une douce lumière rouge ocrée, dans laquelle la ferme inscription des bras, la tête appliquée à retrouver l’habitude quotidienne du geste concourent à donner, à cette toile peinte par un jeune artiste de 30 ans, sa suavité, sa poésie intimiste. La tentation de la facile érudition dont se plaignait déjà Montaigne nous incite à associer en toute fausse candeur un titre à un nom. C’est oublier qu’Adrien de Witte mérite mieux que de se voir réduit à n’être le créateur que d’une seule œuvre si belle soit-elle.

 

- Francis Vanelderen et Georges Comhaire. Dessin, gravure et lithographie en Wallonie au XIXe siècle dans La Wallonie, le Pays et les Hommes. Lettres-Arts-Culture sous la direction scientifique de Rita Lejeune et Jacques Stiennon. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1978, p. 559.
Après un premier voyage en Italie, A. de Witte repartira pour Rome, comme boursier de la Fondation Darchis. Le séjour romain allait, vraiment, former le jeune artiste. Ce qui l’impressionne, c’est le spectacle pittoresque de la ville. Il lui enseigne le réalisme et, pour tout dire, la vérité.
Dessinateur et aquafortiste, A. de Witte impose un style : il substitue l’observation du modèle à l’imagination. Peu de sujets éveillent sa curiosité, hormis la figure et, surtout, la figure de la femme, son sujet de prédilection. Non qu’il recherche la sensualité dans la beauté féminine. Au contraire, il l’idéalise. Les portraits de femmes ou de jeunes mères touchent par une vérité affectueuse.
Tandis que d’autres traduisent la réalité en quelques traits, A. de Witte, dans ses dessins et ses eaux-fortes, les multiplie avec une minutie, une sûreté réfléchie0. C’est à une telle application, sans cesse attentive à l’ensemble, que son œuvre graphique – à noter des dessins à la plume de grand format – doit la densité, impérieuse, dont la sévérité n’embrasse pas l’harmonie triomphante des valeurs. la construction

 

- Eugène Rouir. Cent cinquante ans de gravure de Belgique. Caisse général d’Epargne et de Re à associertraite, 1980, p. 14, 3 illustrations.

La période moderne fut préparée par Adrien de Witte de Limminghe (1830-1935). Avec lui, l’eau-forte et le burin abandonnent le rôle servile de reproduction pour se hisser au niveau d’un art originale et indépendant. Attiré, dès le début, par le spectacle de la vie extérieure, de Witte entreprit de traduire sincèrement, fidèlement, tout ce qui était plastiquement réalisable, C’est un dessinateur impeccable qui apporte dans toutes ses créations un souci de justesse jamais défaillant. Les modèles qu’il préfère sont les femmes du peuple liégeois, vaquant à leurs occupations de tous les jours : Buste de femme, Femme que se coiffe, Femme endormie. On lui doit aussi d’excellents portraits : Gérard Galopin, Autoportrait. De Witte ne croit que ce qu’il voit et traduit ce qu’il voit en y mettant le moins de subjectivité possible. Il en résulte un art un peu sec, parfois figé mais aristocratique dans ses moyens et dans sa sensibilité. 
A cet isolé succédera un groupe qui formera le noyau de l’école liégeoise de gravure au 20e siècle : Donnay, Berchmans, Rassenfosse et Maréchal.

 

- Jean Donnay. Mes maîtres et mes amis dans La vie wallonne. Liège, 1980, t. LIV, pp. 158-174.

 

- Françoise Clercx - Léonard-Etienne, Conservateur adjoint aux Musées de la Ville de Liège, Cabinet des Estampes. Adrien de Witte in Catalogue A. De Witte. Dessins- Pastels – Gravures, Liège, Cabinet des Estampes (Musée de la Boverie), 1981.
L'ŒUVRE.
Lorsque Adrien de Witte voit le jour, en 1850, Barthélemy Vieillevoye, peintre romantique, est encore en vie. A la mort de celui-ci, cinq ans plus tard, c'est un peintre formé à l'Ecole de Düsseldorf, Auguste Chauvin, qui lui succédera en qualité de directeur de l'Académie.
La peinture liégeoise est alors principalement tournée vers |'histoire locale et le portrait. C'est dans ce climat que de Witte entreprend ses études artistiques en 1866. S'il retirera de cet enseignement une solide formation technique, ii ne puisera pas aux mêmes sources d'inspiration que ses aînés. La vue d'un tableau de Courbet lui avait entre-temps révélé ce que devait être l'art : l'expression de la vérité. D'autres amis partageaient les mêmes vues : le peintre Léon Philippet, le sculpteur Léon Mignon, Henri Simon, qui fut peintre avant d'être l'auteur du Pan dè Bon Diu. Ces artistes feront prendre à l'art liégeois le chemin du Réalisme.
Dès ses débuts, de Witte cherche ses modèles parmi les êtres qu'il côtoie, hommes et femmes penchés sur les tâches de la vie quotidienne, dans les intérieurs paisibles de Liège ou dans les rues animées de Rome.
S'il est peintre et graveur, c'est par le dessin qu'il s'est exprimé le plus. Plusieurs portraits nous le montrent occupé à dessiner. Pendant 36 ans, il enseignera cet art difficile à l'Académie royale des Beaux-Arts avec une rigueur et une exigence qui ont marqué ses élèves.
« Le dessin n'est pas la ligne mais ce qui est entre les lignes », disait-il. Les quelques 120 dessins que cette exposition rassemble en apportent la preuve. La variété des techniques et des procédés graphiques permet de saisir toutes les nuances dans la manière de rendre la figure humaine.
L'écriture diffère selon que l'artiste emploie le pinceau qui donne un effet plus pictural que graphique, la mine de plomb au reflet métallique, le fusain qui est velouté, l'encre de Chine qui permet les contrastes de noir et de blanc ou le pastel qui donne vie au portrait.
A partir de 1875, Adrien de Witte commence une magistrale série d'eaux-fortes. Depuis le siècle des Demarteau et des Coclers, cet art était tombé en désuétude. Leonard Jehotte, mort en 1851, avait surtout réalisé de l'illustration et des travaux de commande. D'autres graveurs comme Constant Jehotte et Frédéric Villot firent carrière à Paris, l'un comme illustrateur, l'autre comme graveur des œuvres de Delacroix.
Adrien de Witte fait prendre à la gravure liégeoise un tournant décisif. Libérant la gravure de son rôle de reproduction, il la traite pour elle-même, faisant œuvre originale. Les sujets sont puisés dans la vie quotidienne. Il a surtout travaillé l'eau-forte, mais comme le précise Jean Donnay, « un grand nombre de ses gravures commencées à l'eau-forte furent poursuivies à la pointe sèche dans des travaux de demi-teintes, mais toujours ébarbée, celle-ci reste très difficile à départager des fines morsures de |'acide ».
Nous présentons plusieurs états de certaines gravures, ce qui permet de comprendre l'évolution du travail du graveur. Les amateurs préféreront peut-être les états moins fouillés, plus spontanés. Félicien Rops quant à lui considérera son portrait comme définitif au 7“ état. L'achèvement du buste eût peut-être trahi ce « portrait synthétique, éternel » tel que le souhaitait le graveur namurois.
L'œuvre d'Adrien de Witte est marquée du signe de la fidélité. La Femme portant un paquet de linge sur la tête (1874) possède déjà les qualités de synthèse et de vérité que l'on retrouve jusque dans les œuvres tardives. Le métier s'affirmera mais la démarche artistique restera la même : observer et saisir le caractère du modèle.
A partir de 1895, absorbé par son enseignement, de Witte travaille de moins en moins pour lui-même. Les années les plus fécondes furent certes celles de la période romaine pendant lesquelles il ne vécut que pour son art.
En dessin comme en gravure, c'est à la figure humaine qu'il a accordé la plus grande part. S'il s'est tourné vers les types populaires, ce n'est pas par goût du pittoresque mais parce qu'il y a trouvé |'authenticité. Une grande sérénité émane de ces visages ou s'exprime une vie intérieure profonde, de ces hommes et de ces femmes si attentifs à ce qu'ils font. C'est en humaniste que de Witte aborde son modèle. Témoin des travaux et des jours, il révèle la noblesse et la beauté des gestes les plus simples de la vie quotidienne.
A travers de remarquables portraits, c'est un moment de Ia vie des Liégeois qui ressurgit du passé.
Nombreux sont les admirateurs de |'œuvre d'Adrien de Witte qui ont répondu à |'appel de |'Echevinat des Travaux publics et des Musées et qui ont spontanément prêté des œuvres qui leur sont chères afin qu'elles puissent être vues de tous. Nous leur en sommes infiniment reconnaissants.
En ce début de saison, la Ville de Liège rend hommage à l'un de ses meilleurs artistes. Bonjour, Monsieur de Witte !

 

- Jean Puraye, La Fondation Lambert Darchis à Rome, Liège, 1993, p. 241.
Ill. coul. De la Femme au corset rouge (p. 176) et de La femme au corsage noir (p.178) ; ill. n. et bl. du Palazzo Zucchi via Gregoriana à Rome (p. 180) et Petite dame de profil (p. 181) ; très, très brève biographie, p. 241.

 

- Bernard Wodon, Dictionnaire des Peintres belges du XIVe siècle à nos jours depuis les premiers maîtres des anciens Pays-bas méridionaux et de la Principauté de Liège jusqu'aux artistes contemporains, Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995, p. 377.

Boursier de la Fondation Darchis en 1879, A. de Witte qui avait déjà séjourné à Rome en 1872 en compagnie de F. Nisen, s’y rend à nouveau de 1879 à 1884. Il y croque à l’aide du fusain, de la plume, de la mine de plomb et du burin, des scènes populaires d’une grande virtuosité de dessin et de modelé. L’été 1883, il voyage dans la vallée de l’Aniene, notamment à Scarpa et à Anticoli Corrado, dont le cadre agreste et sauvage le fascine. Il se montre également attentif au modèle vivant.

 

Catalogue Vers la modernité. Le XIXe Siècle au Pays de Liège. Liège, Musée de l’Art Wallon, 2001.

* David Bronze. La peinture, le dessin et l’estampe, p. 67.
Adrien de Witte s’attache, à fixer les scènes de la vie quotidienne et les types populaires, que ce soit à Liège sa ville natale ou en Italie où il séjourne à plusieurs reprises. Ses œuvres, d’une apparente simplicité, révèlent un peintre au tempérament méditatif en quête d’harmonie et de sérénité, qui parvient à transcender la réalité et à lui conférer un caractère éminemment poétique. L’artiste peint dans une gamme chromatique à dominante sourde et use d’une touche vibrante au moyen de laquelle il rend compte de l’atmosphère et de l’action corrosive de la lumière sur les formes. « La forme au corset rouge » (1880 Liège, Musée de l’Art Wallon), véritable chef-d’œuvre de mesure et de simplicité, faits aussi la preuve d’un coloriste particulièrement raffiné. Malheureusement, Adrien de Witte ne s’est pas beaucoup consacré à la peinture et a seulement livré quelques dizaines de tableaux. Il s’est davantage exprimé par le biais de l’eau-forte et du dessin. Particulièrement habile dans le maniement de la plume, il a exécuté au moyen de celle-ci de nombreux dessins extrêmement virtuoses dans lesquels il fait preuve des mêmes qualités que dans ses réalisations picturales.

 

Christine Messens, Adrien de Witte in La Lettre Mensuelle, octobre 2002.

(…) Dès ses débuts, il choisit de représenter les êtres de son entourage et leurs activités quotidiennes. Son métier s’affirmera mais sa démarche artistique d’observation et de saisie du caractère du modèle restera identique. C’est ainsi qu’il accorda la plus grande part de son art à la figure humaine (Portrait de Félix Dumont, 1887, plume). Sans transposer ni déformer la nature, il lui donnait son propre style en rendant aux types populaires leur authenticité comme leur noblesse intrinsèque. Humaniste, idéaliste, Adrien de Witte exprime le sens de l’art orienté vers la vérité. Sa vérité, pour être complet, car il ne fait entrer aucune notion de fantaisie ni d’effusion. En homme qui ne tutoiera que peu de monde, il marque sa sympathie par sa simple présence et son intérêt par le respect. Il dessine ses grands-parents, le domestique, le voisin qui vient jouer à la maison, selon son besoin instinctif. (…)
Six ans après sa retraite a lieu une rétrospective importante de ses œuvres, organisée par la Société royale des Beaux-Arts à la Boverie. Il est aussi nommé Commandeur de l’Ordre de la Couronne. Six ans plus tard encore, une rue du quartier des Vennes, à Liège, lui est dédiée de son vivant. Elle se trouve à côté de la rue Richard Heintz, prolongeant joliment le lien existant entre l’élève et le maître.  Dans son Œuvre, les résultats varient en fonction de l’utilisation d’un pinceau pour un effet plus pictural (Tête de femme, 1880, lavis et encre de Chine), d’une mine de plomb pour un effet plus métallique (La Liseuse, 1877), d’un fusain pour son velouté (Sollicitude maternelle, sd). Il utilise aussi l’encre de Chine pour les contrastes forts qu’elle permet ou encore le pastel et son côté vivant (Portrait d’Edouard Brahy, 1893), … Quelquefois, il mélange les techniques (Femme portant un paquet de linge sur la tête, 1874, mine de plomb rehaussée de fusain).  Pour lui, le dessin n’est pas la ligne mais ce qui est entre les lignes et il est ravi par les attitudes sans cesse renouvelées. Adrien de Witte est un naturaliste à la manière noble. Il montre l’animation des marchés, les paysans et leurs ânes, l’ambiance des tavernes romaines, les spectacles de théâtres, les scènes de lavoirs. Sur ses croquis abondants, il note le choix de la technique préférentielle au rendu de l’impression. Bien que peintre et graveur, c’est en effet le dessin qui lui permet de s’exprimer le plus (Femme sortant du lavoir Anticoli, 1881, crayon Conté).  Dès 1875, il travaille à l’eau-forte (Femme assise dans un fauteuil, tenant un enfant sur les genoux, 1876) et fait prendre à la gravure liégeoise un essor nouveau en la traitant pour elle-même de manière originale. De plus, il lui arrive de terminer ses eaux-fortes à la pointe sèche (Portrait de Félicien Rops, 1894, eau-forte et pointe sèche) !  Son œuvre est restée fidèle à son attrait pour l’authenticité des types populaires. Une belle sérénité émane de ses visages empreints d’une profonde vie intérieure. Toute sa démarche semble avoir été semblable à celle de ces hommes et ces femmes tellement attentifs à ce qu’ils font. Ainsi, il représente en quelque sorte son modèle dans les deux sens du terme et valorise ainsi la noblesse et la beauté des simples gestes de la simple vie. Peut-être est-ce là un message que l’on peut retenir de cet observateur et témoin de travaux et de jours dont nous sommes tous un peu issus.

 

 

 

Notes

- Jean Donnay. Adrien de Witte in catalogue A. de Witte. Dessins – Pastels – Gravures. Liège, Cabinet des Estampes (Musée de la Boverie), 1981, pp. 9-11.

Sander Pierron qui a bien connu Adrien de Witte écrit :« Adrien de Witte de Limminghe, descendant d'une vieille famille patricienne, fut fidèle à son rang en pratiquant un art aristocratique : rien dans son expression ne dément ses origines... »
On peut penser que ce fait a volontairement influencé son comportement dans la vie et son comportement en tant qu'artiste.
Grand, racé, impeccable, distant, taiseux, il en imposait.
Professeur du cours supérieur de dessin d'après le modèle vivant à l'Académie, il s'installait sans mot dire devant le dessin de l'élève et exécutait dans la marge de la grande feuille un croquis schématique auquel il apportait tous ses soins. Ce croquis se voulait indication des grands rapports de proportions entre le torse et le bassin du modèle et encore direction des mouvements qui articulaient l'une à l'autre ces deux parties. Il s'y appliquait un long temps. « Le dessin n'est pas la ligne, mais ce qui est entre les lignes », lui avions-nous entendu dire sentencieusement. Ensuite il embrouillait de la main ou effaçait tout à fait le croquis Comme s'il était mécontent du résultat, et quittait l'élève sans en dire plus, sans doute, il pensait avoir montré ce que devait être le souci principal du jeune artiste et avoir ainsi prouvé la vertu de son axiome.
Il n'était encourageant pour personne et savait être assez méprisant pour l'élève médiocre qui bâclait son travail pour en avoir vite fini et parce que cette tension vers la qualité à atteindre, qui lui était imposée, le fatiguait trop.
Le Professeur, lui, se faisant la plus haute idée du dessin, devait considérer comme une injure le fait de ne pas y donner toute son attention.
Adrien de Witte a peu accordé dans son œuvre à la composition, on ne connaît de lui dans cette direction, que quelques petites scènes, qui relèvent de l'illustration. Mais une vision chargée de sens et l'imagination est présente chez lui, sous-tendue, dans ses plus belles œuvres. Il suffirait pour en être convaincu de voir, entre autres, l'admirable dessin de « L'Arc de Septime Sévère », ou elle affleure : cette image de Ia Rome antique nous apparaît, aussi nourrie de rêves, quoique différente, que la vision d'un Piranèse.
Dans certaines figures gravées et dans des portraits particulièrement, l'art de la nuance - allant du frémissement de la lumière à la profondeur de l'ombre - n'a rien à envier au métier d'un Rembrandt, quand ce grand magicien de l'eau-forte grave, par exemple, le portrait de Jean Six debout devant sa fenêtre. D'un côté comme de |'autre nous sommes émerveillés par le prestige du métier mais nous l'oublions pour n'y voir que les qualités artistiques. Ce souci de jouer des possibilités extrêmes du métier n'était que le désir de se surpasser : inquiétude que de Witte dut partager avec les plus grands.

Il aima la difficulté pour elle-même, parfois. Si l'on se tourne vers le grand peintre du « Corset rouge », on en conviendra, lui qui réalisa cette nature morte de la collection Hervé - un œuf sur une assiette, le tout disposé sur une nappe blanche _ ou, malgré cette ascèse d'art, la couleur sans fard garde, dans ses nuances, toute sa sonorité. A propos de ses natures mortes peintes, un critique Charles Delchevalerie, 1927) a pu écrire : « On pense à Chardin, c'est toujours les plus grands noms qui se présentent à l'esprit quand on veut se permettre un rapprochement à propos de de Witte »
J'avais connu de Witte comme professeur, je devais le connaître mieux et de plus près par la suite.
Après la retraite du professorat à |'Académie, de Witte dut se sentir assez désemparé. Alors que son enseignement lui prenait la grande part de ses journées - il donnait des cours le matin et le soir - du jour au lendemain ces mêmes journées durent lui paraître vides de contenu, comme d'autre part, son grand air distant n'avait pas favorisé le contact avec |'entourage, on l'imagine alors assez solitaire. Je le connus à cette époque, plus proche, plus humain si j'ose dire, pas du tout l'homme glacial et lointain qu'élèves nous imaginions et je restai assez surpris. 
A sa demande, je passai tout un après-midi dans son atelier à fixer, de concert, les prix pour ses dessins et ses gravures.
Le grand et vieil artiste dont l'activité artistique s'était manifestée principalement avant 1900 devait à la suite du bouleversement général des monnaies qui avait suivi la guerre 1914-1918 se trouver passablement désorienté pour évaluer la valeur monnayable des choses surtout en ce qui regardait les œuvres d'art. Après son entrée dans l'enseignement en 1888, Adrien de Witte n'avait plus guère produit, ni exposé, ni donc vendu de ses œuvres.
Un ami, amateur d'art, ayant appris à de Witte que nous nous voyions habituellement chaque semaine dans un café du centre de la ville et l'ayant invité à nous y rejoindre, de Witte ne manqua plus nos rendez-vous. Et si quelque obligation empêchait l'un de nous d'être présent, la semaine suivante de Witte ne manquait pas de nous faire la remarque amicalement : « On ne vous a pas vu la semaine dernière ? »
Je pense que nos petites réunions lui plaisaient, pourtant, il était resté assez taciturne. Il prenait surtout plaisir à nous écouter, approuvant ou contestant d'un mot et plus souvent d'un sourire, nos conclusions. Une fois, il nous parla longuement d'une collection de médailles réunie par lui dans ses années romaines mais abandonnée depuis. Quelquefois, l'une ou l'autre remarque brève sur sa vie à Rome où il avait vécu 6 ans nous laissait espérer et savoir plus dans la suite. Nous avions sa confiance, notre société lui plaisait.
Il continuait à visiter les expositions, ou, pas plus qu'ailleurs, il n'était fort loquace, mais le connaissant, sa seule présence marquait un intérêt de sympathie.
En 1935, les vacances étant là, nos rendez-vous hebdomadaires au café furent interrompus. A la rentrée, nous ne devions plus retrouver.

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