Silvin Bronkart - Art Info
Silvin Bronkart

Silvin Bronkart

1915 - 1967
Dessin Peinture Sculpture

Formation :- 1927-1930. Athénée royale de Liège. Etudes moyennes inférieures.- Institut Saint-Luc. Professeurs : e. a. Jean Julémont et Félix Proth 1935.(  / -  /  ) Liège, Institut Saint-Luc. [Sans titre]...

Nationalite : Belgique

Communaute : Communauté française

Lieu de naissance : Onhaye

Disciplines et techniques

Dessin, Peinture, Sculpture, Fusain, Gouache, Huile, Pastel, Sculpture Métal, Plomb

Ecoles et roles

Ecole belge, Ecole liégeoise, Ecole wallonne

Mouvements et themes

Abstraction, Abstraction lyrique

Artistes lies

Julémont Jean

Resume

Formation :
- 1927-1930. Athénée royale de Liège. Etudes moyennes inférieures.
- Institut Saint-Luc. Professeurs : e. a. Jean Julémont et Félix Proth

 

1935.
(  / -  /  ) Liège, Institut Saint-Luc. [Sans titre]

1939.
(27/04-11/05) Liège, Académie des Beaux-Arts. Exposition des travaux présentés au concours du Prix Marie. Le jury lui accorde une prime d’encouragement de 1.000 FB.
(juin-juillet) Liège, Institut Saint-Luc. Travaux des élèves de Saint-Luc.

1939-1940
Mobilisé, il est surpris par la guerre. En mai 1940, c’est l’invasion de la Belgique ; pour l’armée belge, c’est la débâcle, le repli sur l’arrière, la fuite en France.

1940.
(août) Rentre à Liège et habite au 126, rue de la Montagne Sainte-Walburge. Il se remet à peindre immédiatement.

(21/09-21/10) Liège, Musée des Beaux-Arts. Salon quadriennal de Liège.

1941.
(11/05-19/05) Liège, Salons de l’Association des Ingénieurs. Salon de Printemps / Centième salon de l’œuvre des Artistes.

1942.
(25/01-06/02) Liège, Galerie Apollo/31 bld d'Avroy: "Jeunes peintres et sculpteurs"
(05/12-11/12) Liège, Galerie Belle Image (46, passage Lemonnier) Bronkart Silvin (avec Maurice Wéry qui était alors prisonnier) 

1944.
La paix revenue, la vie artistique reprend lentement son cours.

1945.
Epouse Lucie, une des deux filles d’Edgar Scauflaire. S’installent au 88 Thier d’Oupeye à Vivegnis.

1946.
Se rend en Suisse (où habite sa sœur) et présente une exposition en l’atelier du peintre Bonny (07/06-13/06, Lausanne, 3 rue Saint François) : Bonny et Bronkart Silvin.
(11/07-28/0Liège, Institut Saint-Luc. [Sans titre]

1947.
(23/02) Coopté comme membre de l’Apiaw.
(11/05-22/05) Liège, Apiaw. Léonard Maurice, Michel Pierre, Silvestre Armand, Silvin (S. Bronkart dit).
(13/07-29/07) Liège, Institut Saint-Luc. [Sans titre]
(septembre) Liège, En ville (exposition organisée par Le Grand Liège, dans diverses vitrines

1948.
(16/05-27/05) Exposition d’ensemble de ses peintres.
(22/05-03/06) Bruxelles, Galerie Lou Cosyn (rue de la Madeleine). Silvin (Bronkart), Léonard Maurice.
(20/06-20/07) (Flémalle, Hôtel Communal) Les peintres de l'Apiaw exposent.
(18/09-18/10) Liège, Salon d’art moderne et contemporain 1948.
(25/09-17/10) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Salon Quatriennal de 1948.
PREMIÈRES ŒUVRES ABSTRAITES DE MAURICE LÉONARD, DE SILVIN.

1949.
(26/02-10/03) Liège, Apiaw. Henrard Paul, Léonard Maurice, Silvin.
(24/09-31/10) Liège, Palais des Beaux-Arts / Parc de la Boverie. Salon quadriennal
1949-50.
Fondation du groupe Réalité-Cobra par Bury Pol, Collignon Georges, Franck Paul, Léonard Maurice, Plomteux Léopold, Silvin (Bronkart).
PREMIER GROUPE CONSTITUÉ EN BELGIQUE POUR LA DÉFENSE ET LA DIFFUSION DE L'ART ABSTRAIT.

1950.
(27/05-08/06) Liège, Apiaw. Le groupe "Réalité" (Réalité - Cobra) : Bury, Collignon, Franck, Léonard, Plomteux, Silvin.
(09/07-23/07) Liège, Ecole Saint-Luc (26 rue Sainte-Marie). Salon de peinture. Œuvres d’anciens élèves.

1951.
(13/01-25/01) Le groupe "Réalité" (Réalité-Cobra). 2e exposition : Pol Bury, Georges Collignon, Maurice Léonard, Léopold Plomteux, Silvin.
(30/09-  /09) Paris / FR,                  Salon d’Automne (5e)
(01/12-30/12) Salon de la Paix, préludant à l’inauguration du MUSEE DE L’ART WALLON.

1952.
(28/06-10/07) Liège, Apiaw. Réalité-Cobra. 3e et dernière exposition du groupe.
(14/10-11/11) Liège, Musée d’Art wallon. Salon '52, consacré aux collections privées liégeoises et verviétoises.

1953.
(02/05-14/05) Liège, Apiaw. Léonard Maurice, Silvin.
(03/10-03/11) Musée d’Art wallon / Parc de la Boverie. Salon quadriennal.

1954.
(13/03-25/03) Liège, Apiaw.  Bury Pol, Collignon Georges, Léonard Maurice, Rets Jean, Silvin.

1955.
(08/01-20/01) Liège, Apiaw. Bury Pol, Collignon Georges, Holley Francine, Léonard Maurice, Rets Jean, Silvin.

1956.
(07/01-20/01) Bruxelles, Galerie Dutilleul. Silvin.
(04/02-16/02) Liège, Apiaw. Collignon Georges, Holley Francine, Silvin (Bronkart)
(28/04-27/05) Liège, Musée des Beaux-Arts. Dix ans d'Apiaw.
(14/07-10/08) Ostende, Musée communale. Peinture liégeoise d'aujourd'hui.
(15/09-27/09) Liège, Emulation. Jeunes peintres liégeois.

1957
(23/03-03/04) Liège, Apiaw. Collignon Georges, Holley Francine, Silvin (Bronkart)
(14/12-29/12) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Œuvres acquises par l’Etat en 1957.

1958.
(07/03-06/04) Bruxelles, Galerie Europe. Art Actuel, Peintres belges contemporains, 1e Salon.
(15/03-27/03) Liège, Apiaw. Braconier Frédéric, Collignon Georges, Silvin.
(21/04-19/10) Bruxelles, Exposition universelle 1958 / Art belge contemporain (Palais VII)

LE 27 AOUT, SILVIN BRONKART DEVIENT LE REDACTEUR DE LA RUBRIQUE « ARTS » AU JOURNAL « LE MONDE DU TRAVAIL » EN REMPLACEMENT DE MR LEON KOENIG ET LE 15 OCTOBRE 1958 IL DEVIENT SECRETAIRE DE LA COMMISSION DES BEAUX-ARTS ET ORGANISATEUR DES EXPOSITIONS DE L’APIAW EN REMPLACEMENT DE CE MEME LEON KOENIG devenu conservateur du Musée des Beaux-Arts et du Musée de l’Art Wallon.
(13/12-25/12) Liège, Apiaw. Cinq peintres liégeois.

1959.
(16/05-28/05) Liège, Apiaw. Holley, Silvin.
(03/10-31/10) Liège, Musée des Beaux-Arts : Salon 59.
(17/10-20/11) Ostende, Centre culturel. Grand prix de la Ville d’Ostende pour Peinture.
(24/10-08/11) Bruxelles, Galerie Le Zodiaque. Prix Talens pour la Belgique 1959.

1960.
(19/03-19/04) Ostende, Casino. Grand Prix de peinture de la Ville d’Ostende (01e).Exposition des œuvres retenues.
(02/06-16/06) Liège, Foire internationale MMME. Art d’aujourd’hui.
(14/07-15/08) Bouillon, Musée. L’art à portée de tous. Aquarelles et gouaches.
(13/08-04/09) Maastricht / NL, DominicanerkerkJeune peinture liégeoise.
(24/09-30/10) Gand, Musée des Beaux-Arts. 50e nationaal salon voor Schone Kunsten / 50e salon national des Beaux-Arts. 
(05/11-02/12) Ostende, Casino. Grand Prix de peinture de la Ville d’Ostende (02e). Médaille de bronze.
(17/12-05/01/61) Liège, Apiaw. Caron Marcel, Dumont Marcel, Hick Jean, Holley Francine, Lacour Simone, Léonard Maurice, Picon José, Rets Jean, Silvestre Armand, Silvin (Bronkart).

1961.
(16/03-16/04) Ostende. Musée des Beaux-Arts. Grand prix Europe. Œuvres retenues pour la finale Médaille d’or.
(04/11-30/11) Anvers, Hessenhuis. 4de Groepstentoonstelling G. 58.

1962.
(06/01-18/01) Liège, Apiaw. Boel Maurice, Leblanc Walter, Silvin (Bronkart).
(04/02-18/02) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Œuvres d’art acquises par l’Etat en 1961.
(12/05-17/06) Liège, Musée de l'Art Wallon. Salon de Mai.
(07/04-30/04) Anvers, Académie royale des Beaux-Arts. Kunstbezit in ieders bereik (L'œuvre d'art à la portée de tous).
(juin) Séjour à Comacina (Lac de Côme)
(02/09-16/09) Dinant, Musée communal. La province de Namur invite les artistes de l’Apiaw.

DÉMISSIONNE DE SA FONCTION DE SECRÉTAIRE DE L’APIAW ET DE SON POSTE DE RÉDACTEUR ARTISTIQUE AU MONDE DU TRAVAIL.

1963.
(16/11-08/12) Liège, Musée de l'Art Wallon. Art sans frontière. 
(07/12-05/01/64). Verviers, Musée des Beaux-Arts. L’Art à portée de tous.
CESSE DE PEINDRE POUR CRÉER SE CONSACRE À SES RELIEFS EN PLOMB.

1964.
(17/01-18/03) Liège, Crédit communal. 25 peintres d'aujourd'hui.
(08/02/64-08/03) Liège, Musée des Beaux-Arts. ABSTRAITS WALLONS.
(juin - août) Avionpuits, Centre culturel et artistique. De Picasso à Mathieu. L’art du collectionneur. (75 œuvres de la collection Graindorge). 
(05/09-18/10) Anvers, Hessenhuis. Art d'aujourd'hui en Belgique.
(26/09-25/10) Liège, Musée des Beaux-Arts. Salon 1964. 
(03/10-15/10) Liège, Apiaw. Scevenels Auguste, Silvin.

1965.
(22/05-29/05) Romanel-près-Lausanne / CH, Locaux Campagne « La Naz » (Henri Amstutz). Silvin.
(02/10-14/11) Gand, Musée des Beaux-Arts. Salon National (51e)
(29/10-28/11). Copenhague / DK, Musée Louisiana : Collection Graindorge, Peintures et sculptures. 
(06/11-18/11) Mons, Salle saint-Georges. 7 peintres de l'Apiaw.
(07/11-21/11) Segré / FR, Hôtel de ville. Silvin.
(26/11-2/1/66) Liège, Musée des Beaux-Arts. 20 ans d'Apiaw.

1966.
(01/03-19/03). Paris / FR, Galerie du Damier. Silvin. Plombs ouvrés.
(02/10-31/10) Paris /FR, Musée d’Art moderne de la ville. Salon des Réalités Nouvelles (21e).

1967.
(05/07) Décès de l’artiste.

Post mortem

1967.
(16/10-27/10) Liège, Assurances générales / A. G. Exposition des arts plastiques.
(15/122-31/12) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Œuvres acquises par l’Etat en 1967.

1968.
(05/01-18/01) Liège, Apiaw. Peintres liégeois de l'Apiaw. 

1971. 
(14/07-18/09) Liège, Maison de la Culture Les Chiroux. Abstraits wallons.

1975.
(17/01-30/01) Liège, Galerie Valère Gustin. Silvin.
(12/07-31/08) Aubel (Charneux), Abbaye de Val Dieu 35 artistes de la Province de Liège.
26/03-15/04) Liège, A.P.I.A.W (à la Nouvelle Etuve, rue de l’Etuve 23. 4000 Liège). Silvin.

1976.
(26/03-15/04) Liège, Apiaw (à la Nouvelle Etuve). Silvin.

1981 
(17/10-08/11) Flémalle (Yvoz-Ramet), La Châtaigneraie. Silvin (Bronkart). Rétrospective.

1982.
(09/05-31/05) Flémalle (Yvoz-Ramet), La Châtaigneraie. Réalité – Cobra.

1988.
(24/11-28/11) Liège, Palais des Congrès et (25/11-23/12) Liège, Maison des Artistes. Abstractions ’50, 1e volet.

1989.
(11/03-16/04) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain / Cwac. Abstraction ’50, 2e volet.

1990.
(03/08-16/09) Liège, Galerie Cyan. Art informel ‘60

1993.
(09/04-31/05) (Salle Saint-Georges) Réalité-Cobra.

1995.
(25/11-30/12) Art Gallery (Jean-Paul Delaye) (178, bld de la Sauvenière). Silvin (Bronkart). Rétrospective.

2000.
(11/11-23/12) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain / Cwac. Libres échanges. Une histoire des avant-gardes au pays de Liège de 1939 à 1980.

2003.
(30/04-15/06) Bruxelles, Centre culturel de la Communauté française – Le Botanique. Art abstrait en Wallonie et à Bruxelles de 1900 à nos jours.

2005.
(24/05-24/06) Bruxelles, Parlement de la Communauté française. Abstractions construites en Communauté française de Belgique, 1922-1980.

2008.
(09/05-29/06) Liège, Salle Saint-GeorgesJosé Picon. Un demi-siècle d’abstraction depuis l’exposition « L’Art d’aujourd’hui » avec Boel, Bury, Leblanc, Léonard, Peire, Renotte, Rets et Silvin.

2009.
(20/11-07/02/10) Liège, Musée Saint-Georges. Fernand Graindorge (1903-1985), collectionneur et mécène. Donation à la Communauté française de Belgique.

2015.
(10/01-08/02) Namur, Maison de la culture. Peinture partagée. Une collection d’art abstrait wallon.

Biographie

Formation :
- 1927-1930. Athénée royale de Liège. Etudes moyennes inférieures.
- Institut Saint-Luc. Professeurs : e. a. Jean Julémont et Félix Proth

 

1935.
(  / -  /  ) Liège, Institut Saint-Luc. [Sans titre]

1939.
(27/04-11/05) Liège, Académie des Beaux-Arts. Exposition des travaux présentés au concours du Prix Marie. Le jury lui accorde une prime d’encouragement de 1.000 FB.
(juin-juillet) Liège, Institut Saint-Luc. Travaux des élèves de Saint-Luc.

1939-1940
Mobilisé, il est surpris par la guerre. En mai 1940, c’est l’invasion de la Belgique ; pour l’armée belge, c’est la débâcle, le repli sur l’arrière, la fuite en France.

1940.
(août) Rentre à Liège et habite au 126, rue de la Montagne Sainte-Walburge. Il se remet à peindre immédiatement.

(21/09-21/10) Liège, Musée des Beaux-Arts. Salon quadriennal de Liège.

1941.
(11/05-19/05) Liège, Salons de l’Association des Ingénieurs. Salon de Printemps / Centième salon de l’œuvre des Artistes.

1942.
(25/01-06/02) Liège, Galerie Apollo/31 bld d'Avroy: "Jeunes peintres et sculpteurs"
(05/12-11/12) Liège, Galerie Belle Image (46, passage Lemonnier) Bronkart Silvin (avec Maurice Wéry qui était alors prisonnier) 

1944.
La paix revenue, la vie artistique reprend lentement son cours.

1945.
Epouse Lucie, une des deux filles d’Edgar Scauflaire. S’installent au 88 Thier d’Oupeye à Vivegnis.

1946.
Se rend en Suisse (où habite sa sœur) et présente une exposition en l’atelier du peintre Bonny (07/06-13/06, Lausanne, 3 rue Saint François) : Bonny et Bronkart Silvin.
(11/07-28/0Liège, Institut Saint-Luc. [Sans titre]

1947.
(23/02) Coopté comme membre de l’Apiaw.
(11/05-22/05) Liège, Apiaw. Léonard Maurice, Michel Pierre, Silvestre Armand, Silvin (S. Bronkart dit).
(13/07-29/07) Liège, Institut Saint-Luc. [Sans titre]
(septembre) Liège, En ville (exposition organisée par Le Grand Liège, dans diverses vitrines

1948.
(16/05-27/05) Exposition d’ensemble de ses peintres.
(22/05-03/06) Bruxelles, Galerie Lou Cosyn (rue de la Madeleine). Silvin (Bronkart), Léonard Maurice.
(20/06-20/07) (Flémalle, Hôtel Communal) Les peintres de l'Apiaw exposent.
(18/09-18/10) Liège, Salon d’art moderne et contemporain 1948.
(25/09-17/10) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Salon Quatriennal de 1948.
PREMIÈRES ŒUVRES ABSTRAITES DE MAURICE LÉONARD, DE SILVIN.

1949.
(26/02-10/03) Liège, Apiaw. Henrard Paul, Léonard Maurice, Silvin.
(24/09-31/10) Liège, Palais des Beaux-Arts / Parc de la Boverie. Salon quadriennal
1949-50.
Fondation du groupe Réalité-Cobra par Bury Pol, Collignon Georges, Franck Paul, Léonard Maurice, Plomteux Léopold, Silvin (Bronkart).
PREMIER GROUPE CONSTITUÉ EN BELGIQUE POUR LA DÉFENSE ET LA DIFFUSION DE L'ART ABSTRAIT.

1950.
(27/05-08/06) Liège, Apiaw. Le groupe "Réalité" (Réalité - Cobra) : Bury, Collignon, Franck, Léonard, Plomteux, Silvin.
(09/07-23/07) Liège, Ecole Saint-Luc (26 rue Sainte-Marie). Salon de peinture. Œuvres d’anciens élèves.

1951.
(13/01-25/01) Le groupe "Réalité" (Réalité-Cobra). 2e exposition : Pol Bury, Georges Collignon, Maurice Léonard, Léopold Plomteux, Silvin.
(30/09-  /09) Paris / FR,                  Salon d’Automne (5e)
(01/12-30/12) Salon de la Paix, préludant à l’inauguration du MUSEE DE L’ART WALLON.

1952.
(28/06-10/07) Liège, Apiaw. Réalité-Cobra. 3e et dernière exposition du groupe.
(14/10-11/11) Liège, Musée d’Art wallon. Salon '52, consacré aux collections privées liégeoises et verviétoises.

1953.
(02/05-14/05) Liège, Apiaw. Léonard Maurice, Silvin.
(03/10-03/11) Musée d’Art wallon / Parc de la Boverie. Salon quadriennal.

1954.
(13/03-25/03) Liège, Apiaw.  Bury Pol, Collignon Georges, Léonard Maurice, Rets Jean, Silvin.

1955.
(08/01-20/01) Liège, Apiaw. Bury Pol, Collignon Georges, Holley Francine, Léonard Maurice, Rets Jean, Silvin.

1956.
(07/01-20/01) Bruxelles, Galerie Dutilleul. Silvin.
(04/02-16/02) Liège, Apiaw. Collignon Georges, Holley Francine, Silvin (Bronkart)
(28/04-27/05) Liège, Musée des Beaux-Arts. Dix ans d'Apiaw.
(14/07-10/08) Ostende, Musée communale. Peinture liégeoise d'aujourd'hui.
(15/09-27/09) Liège, Emulation. Jeunes peintres liégeois.

1957
(23/03-03/04) Liège, Apiaw. Collignon Georges, Holley Francine, Silvin (Bronkart)
(14/12-29/12) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Œuvres acquises par l’Etat en 1957.

1958.
(07/03-06/04) Bruxelles, Galerie Europe. Art Actuel, Peintres belges contemporains, 1e Salon.
(15/03-27/03) Liège, Apiaw. Braconier Frédéric, Collignon Georges, Silvin.
(21/04-19/10) Bruxelles, Exposition universelle 1958 / Art belge contemporain (Palais VII)

LE 27 AOUT, SILVIN BRONKART DEVIENT LE REDACTEUR DE LA RUBRIQUE « ARTS » AU JOURNAL « LE MONDE DU TRAVAIL » EN REMPLACEMENT DE MR LEON KOENIG ET LE 15 OCTOBRE 1958 IL DEVIENT SECRETAIRE DE LA COMMISSION DES BEAUX-ARTS ET ORGANISATEUR DES EXPOSITIONS DE L’APIAW EN REMPLACEMENT DE CE MEME LEON KOENIG devenu conservateur du Musée des Beaux-Arts et du Musée de l’Art Wallon.
(13/12-25/12) Liège, Apiaw. Cinq peintres liégeois.

1959.
(16/05-28/05) Liège, Apiaw. Holley, Silvin.
(03/10-31/10) Liège, Musée des Beaux-Arts : Salon 59.
(17/10-20/11) Ostende, Centre culturel. Grand prix de la Ville d’Ostende pour Peinture.
(24/10-08/11) Bruxelles, Galerie Le Zodiaque. Prix Talens pour la Belgique 1959.

1960.
(19/03-19/04) Ostende, Casino. Grand Prix de peinture de la Ville d’Ostende (01e).Exposition des œuvres retenues.
(02/06-16/06) Liège, Foire internationale MMME. Art d’aujourd’hui.
(14/07-15/08) Bouillon, Musée. L’art à portée de tous. Aquarelles et gouaches.
(13/08-04/09) Maastricht / NL, DominicanerkerkJeune peinture liégeoise.
(24/09-30/10) Gand, Musée des Beaux-Arts. 50e nationaal salon voor Schone Kunsten / 50e salon national des Beaux-Arts. 
(05/11-02/12) Ostende, Casino. Grand Prix de peinture de la Ville d’Ostende (02e). Médaille de bronze.
(17/12-05/01/61) Liège, Apiaw. Caron Marcel, Dumont Marcel, Hick Jean, Holley Francine, Lacour Simone, Léonard Maurice, Picon José, Rets Jean, Silvestre Armand, Silvin (Bronkart).

1961.
(16/03-16/04) Ostende. Musée des Beaux-Arts. Grand prix Europe. Œuvres retenues pour la finale Médaille d’or.
(04/11-30/11) Anvers, Hessenhuis. 4de Groepstentoonstelling G. 58.

1962.
(06/01-18/01) Liège, Apiaw. Boel Maurice, Leblanc Walter, Silvin (Bronkart).
(04/02-18/02) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Œuvres d’art acquises par l’Etat en 1961.
(12/05-17/06) Liège, Musée de l'Art Wallon. Salon de Mai.
(07/04-30/04) Anvers, Académie royale des Beaux-Arts. Kunstbezit in ieders bereik (L'œuvre d'art à la portée de tous).
(juin) Séjour à Comacina (Lac de Côme)
(02/09-16/09) Dinant, Musée communal. La province de Namur invite les artistes de l’Apiaw.

DÉMISSIONNE DE SA FONCTION DE SECRÉTAIRE DE L’APIAW ET DE SON POSTE DE RÉDACTEUR ARTISTIQUE AU MONDE DU TRAVAIL.

1963.
(16/11-08/12) Liège, Musée de l'Art Wallon. Art sans frontière. 
(07/12-05/01/64). Verviers, Musée des Beaux-Arts. L’Art à portée de tous.
CESSE DE PEINDRE POUR CRÉER SE CONSACRE À SES RELIEFS EN PLOMB.

1964.
(17/01-18/03) Liège, Crédit communal. 25 peintres d'aujourd'hui.
(08/02/64-08/03) Liège, Musée des Beaux-Arts. ABSTRAITS WALLONS.
(juin - août) Avionpuits, Centre culturel et artistique. De Picasso à Mathieu. L’art du collectionneur. (75 œuvres de la collection Graindorge). 
(05/09-18/10) Anvers, Hessenhuis. Art d'aujourd'hui en Belgique.
(26/09-25/10) Liège, Musée des Beaux-Arts. Salon 1964. 
(03/10-15/10) Liège, Apiaw. Scevenels Auguste, Silvin.

1965.
(22/05-29/05) Romanel-près-Lausanne / CH, Locaux Campagne « La Naz » (Henri Amstutz). Silvin.
(02/10-14/11) Gand, Musée des Beaux-Arts. Salon National (51e)
(29/10-28/11). Copenhague / DK, Musée Louisiana : Collection Graindorge, Peintures et sculptures. 
(06/11-18/11) Mons, Salle saint-Georges. 7 peintres de l'Apiaw.
(07/11-21/11) Segré / FR, Hôtel de ville. Silvin.
(26/11-2/1/66) Liège, Musée des Beaux-Arts. 20 ans d'Apiaw.

1966.
(01/03-19/03). Paris / FR, Galerie du Damier. Silvin. Plombs ouvrés.
(02/10-31/10) Paris /FR, Musée d’Art moderne de la ville. Salon des Réalités Nouvelles (21e).

1967.
(05/07) Décès de l’artiste.

Post mortem

1967.
(16/10-27/10) Liège, Assurances générales / A. G. Exposition des arts plastiques.
(15/122-31/12) Bruxelles, Palais des Beaux-Arts. Œuvres acquises par l’Etat en 1967.

1968.
(05/01-18/01) Liège, Apiaw. Peintres liégeois de l'Apiaw. 

1971. 
(14/07-18/09) Liège, Maison de la Culture Les Chiroux. Abstraits wallons.

1975.
(17/01-30/01) Liège, Galerie Valère Gustin. Silvin.
(12/07-31/08) Aubel (Charneux), Abbaye de Val Dieu 35 artistes de la Province de Liège.
26/03-15/04) Liège, A.P.I.A.W (à la Nouvelle Etuve, rue de l’Etuve 23. 4000 Liège). Silvin.

1976.
(26/03-15/04) Liège, Apiaw (à la Nouvelle Etuve). Silvin.

1981 
(17/10-08/11) Flémalle (Yvoz-Ramet), La Châtaigneraie. Silvin (Bronkart). Rétrospective.

1982.
(09/05-31/05) Flémalle (Yvoz-Ramet), La Châtaigneraie. Réalité – Cobra.

1988.
(24/11-28/11) Liège, Palais des Congrès et (25/11-23/12) Liège, Maison des Artistes. Abstractions ’50, 1e volet.

1989.
(11/03-16/04) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain / Cwac. Abstraction ’50, 2e volet.

1990.
(03/08-16/09) Liège, Galerie Cyan. Art informel ‘60

1993.
(09/04-31/05) (Salle Saint-Georges) Réalité-Cobra.

1995.
(25/11-30/12) Art Gallery (Jean-Paul Delaye) (178, bld de la Sauvenière). Silvin (Bronkart). Rétrospective.

2000.
(11/11-23/12) Flémalle, Centre wallon d’art contemporain / Cwac. Libres échanges. Une histoire des avant-gardes au pays de Liège de 1939 à 1980.

2003.
(30/04-15/06) Bruxelles, Centre culturel de la Communauté française – Le Botanique. Art abstrait en Wallonie et à Bruxelles de 1900 à nos jours.

2005.
(24/05-24/06) Bruxelles, Parlement de la Communauté française. Abstractions construites en Communauté française de Belgique, 1922-1980.

2008.
(09/05-29/06) Liège, Salle Saint-GeorgesJosé Picon. Un demi-siècle d’abstraction depuis l’exposition « L’Art d’aujourd’hui » avec Boel, Bury, Leblanc, Léonard, Peire, Renotte, Rets et Silvin.

2009.
(20/11-07/02/10) Liège, Musée Saint-Georges. Fernand Graindorge (1903-1985), collectionneur et mécène. Donation à la Communauté française de Belgique.

2015.
(10/01-08/02) Namur, Maison de la culture. Peinture partagée. Une collection d’art abstrait wallon.

  • Nationalite : Belgique
  • Communaute : Communauté française
  • Lieu de naissance : Onhaye
  • Lieu de deces : Anthée
  • Geographies associees : Liège, Liège (Province)

Catalographie

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Bibliographie

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Oeuvres documentees

  • Petite suite - 1964 - cm
  • Sans titre - 1964 - cm
  • Tropisme - 1964 - cm
  • Sans titre - 1962 - Panneau - 44,5 x 31 cm - Non datée.
  • Sans titre - 1962 - Toile - 80 x 60 cm - Non datée.
  • Sans titre - 1962 - Panneau - 61 x 43 cm - Signée au dos. Non datée.
  • Cagoule - 1962 - cm - 1962-66. Date à préciser.Plomb fondu 
  • Conflit - 1962 - cm - 1962-66. Date à préciserPlomb fondu
  • Rondeau - 31/12/1962 - cm - 1962-66. Date à préciserPlomb fondu.
  • Sans titre - 1962 - cm - 1962-66. Date à préciser.Plomb fondu.
  • Sans titre - 1962 - cm - 1962-66. Date à préciser.Plomb fondu.
  • Sans titre - 1962 - cm - 1962-66. Datation à préciser.Plomb fondu.

Acquisitions

Etat belge.

Collection de la Province de Liège.

Collection du Musée des Beaux-Arts de Liège.

Collection du Musée d’Art wallon.

Collection du Musée des Beaux-Arts d’Ostende.

Collection du Musée de l’Art abstrait à Jette (Bruxelles) / André Garitte

 

Musée de Louisiana à Copenhague / DK.

 

Collections privées 

 

Manifeste

Aucun manifeste n est renseigne pour cet artiste.

Interview

Carnets personnels de l’artiste.

[malheureusement aujourd’hui disparus, mais consultés (archives. S. B.) en 1980-81.]

 

 

Carnets I et II. (1938-39) : Carnets de croquis tenus durant ses études 

Que la couleur et le parfum délivrent nos sens au lieu de les asservir. Il n’y a qu’une âme purifiée pour comprendre l’odeur de la rose.

 

Il n’y a pas de dilettantisme possible parce que tout l’être est engagé dans l’art intelligent.

 

L'intelligence est faite pour être possédée par les choses.

 

L'esprit, d'un coup, réalise le bonheur (fin ordinaire de toute choses) ; la vie est lente dans la réalisation de celui-ci.

 

Ce qui est beau réunit.

 

C'est toujours le rapport d'une chose avec les autres qui en donne le sens.

 

La forme est l'essence même de l'être.

 

But de la création : rapprochement de la personne divine de toute chose créée.

 

Le bonheur réside dans l’accord de l’esprit et du corps.

 

La science commence lorsqu’il y a jugement : affirmation et négation.

 

Forme = essence même d’un être.

 

Le désordre est inhérent à chaque créature.

 

L’homme doit être dégagé des servitudes de l’homme envers lui-même et de lui-même envers la nature humaine.

 

La personnalité est dans l’assimilation.

 

Le propre du génie est de connaitre les influences et de frémir à ces influences.

 

La forme est provoquée par ce qui l'entoure.

 

Seul compte le jeu sensible et raisonnable des surfaces colorées.

 

La foule aime les œuvres qui imposent leur chant, qui l’hypnotisent, hypertrophiant sa sensibilité jusqu’à endormir le sens critique.

 

L'œuvre d'art doit laisser l'esprit libre d'en profiter comme il veut.

 

Le scepticisme, une des pires espèces du confort.

 

L’inquiétude amoureuse traduite dans le sensible : une absence qui règne, un despotisme négatif.

 

Est génial tout ce qui sans le moindre automatisme, la moindre mémoire consciente, ait le temps d’intervenir. Toute l’éducation destine logiquement et pratiquement un objet usuel à un emploi imprévu.

 

L’art est non la représentation d'un objet mais l'expression de la perfection de cet objet.

 

L'intelligence établit un ordre du monde, la volonté réalise les rapports exacts dans le monde.

 

Beauté merveilleuse des choses auxquelles nous croyons sans savoir vraiment ce qu'elles contiennent.

 

L'intelligence a besoin de la sensibilité ou de l'imagination pour être en mouvement.

 

L’intelligence constate les rapports entre les choses.

 

L’intelligence connait en établissant des rapports entre les êtres :
a. Logique = rapport.
b. Métaphysique = tendance = acte.

 

L’intelligence établit un ordre du monde, la volonté réalise les rapports exacts dans le monde.

 

Chaque chose est ce qu’elle est.

 

Les idées ne peuvent être servantes des instincts de l'âme.

 

La passion devient impure quand elle s’oppose à la perfection des choses pour seulement les dominer.

 

Toute l’éducation consiste à faire coïncider le bien au beau et le mal au laid. 

 

Entourer une émotion menée jusqu’au paroxysme d'une arabesque composée qui reprenne l'émotion et par sa composition ramène l'émotion au calme initial.

 

Jouer avec les tons et les opposer au dessin.

 

Le péril commun, là où le créateur préfère se servir de ses moyens techniques qu'il connait à fond plutôt que de risquer, une fois de plus, la redoutable aventure à partir, devant son sujet, comme s'il ne savait rien, aussi neuf, aussi nu que devant son premier tableau.

 

Les idées ne peuvent être servantes de l’âme.

 

Beauté merveilleuse des choses auxquelles nous croyons sans savoir vraiment ce qu’elles contiennent.

 

La moralité d'un acte est la qualité, qui établit entre cet acte et la fin de la vie humaine une relation de conformité plus spécifiquement sur le métier de peintre.

 

La technique en peinture peut se hausser à un tel point de perfection que, portant en l'esprit une bienheureuse confusion, elle fait oublier le moyen ou la nature utilisée par le peintre pour n'en laisser subsister devant les yeux du contemplateur émerveillé qu'une apparence magnifiée d'une réalité non encore entrevue.

 

Entourer une émotion menée jusqu’au paroxysme d’une arabesque composée qui reprenne l’émotion et par sa composition ramener au calme initial.

 

L’esprit doit imprégner l’émotion d’intelligence par la composition et par là même faire participer l’émotion à la vie de l’esprit, sinon l’émotion se dégradant en elle-même devient de plus en plus animale (parce que privée d’intelligence).

 

Souvent toute notre vie est dirigée, infléchie par une grande passion que nous ne partageons pas.

 

Une vie générale sur l’homme, un système du monde, une métaphysique, tout me paraît irréel qui n’est pas chair et sang, qui n’est pas ce sang, cette chair.

 

Le rêve remplit de joie le rêveur mais l’isolant des autres rêves, le rend malheureux au contact des autres rêveurs.

 

 

Carnet de croquis qu'il emmena avec lui pendant sa mobilisation. 

Silvin descendra jusqu'à Sète ou dans l'ennui, |'anxiété quant aux êtres qui lui étaient chers et les privations, il retrouve dans la sollicitation de la nature |'espérance inouïe : peindre.

 

- La montagne était superbe avec tous ces tons gris. Les seuls moments de la journée ou il y a de la couleur, aube et soir. Le reste gris décoloré et partout d'une grande intensité.

 

- Dehors les fleurs multiplient, se colorent et parfument la campagne.

 

- Je suis saoul de partum et du vide des vallées.

 

- L'odeur des genêts monte pleine de soleil. Le même qui nous perce le crâne, effaçant toute pensée qui ne soit celle de la lumière. Puissante idée. Je comprends maintenant que des êtres se consument à vouloir la reproduire. Je commence seulement à connaître la lumière. J'en suis presque fou. Elle est très belle mais difficile à exprimer.

 

- Assis sur le lit je contemple le bouquet. Ce sont de simples fleurs des Champs, des œillets sauvages, roses et écarlates. Des marguerites crème, du trèfle violet et d'autres fleurs blanches, /aunes, rouges. Jonc et feuillage tendre.
Leur couleur est éclatante et leurs tons si beaux que je souffre de ne pouvoir les peindre.

 

- Sentir de nouveau l'odeur de l'huile ou la couleur. Peindre !

 

 

 

Extraits de ses critiques.

(...) Il est établi que le peintre s’affirme dans le choix des choses à représenter et les moyens de représentation. Mais c’est surtout dans la mesure où, dépassant l’objet et les moyens employés - quelles qu’en soient l’importance ou la banalité - il les transforme en sujet de délectation que le peintre et son œuvre nous intéressent.

Car, c’est au travers de cette délectation que l’œuvre d’art tend à nous confirmer dans le goût d’une perfection toujours possible et dans le sentiment que la vie vaut d’être vécue grâce à la liberté dans la recherche de la beauté indispensable. (03-04 janvier 1959)

 

Le fait de la peinture est de SIGNIFIER et non seulement FIGURER, cela étant le propre de l'art photographique. (6 mars 1959)

 

Lorsque nous regardons une œuvre d'art nous ne pouvons plus seulement nous contenter de ce qu'elle nous offre de rappel d'un vague souvenir pittoresque ou émotif mais nous y cherchons d'avantage la délectation récréative, la joie d'être homme. (20 mars 1959)

 

Si l'auteur celait moins son émotion, cela lui permettrait de dépasser l'apparence trop extérieure des choses. (25 septembre 1958)

 

L’œuvre d'art vivante est le signe qui détermine le degré de vitalité supérieure d'une société dont les artistes expriment les plus secrètes et les plus profondes aspirations. (9 janvier 1959)

 

La réussite technique pour elle-même ne sera jamais poésie. (23 janvier 1959)

 

Depuis on a pris la Bastille mais que la liberté est difficile, comme il est pénible pour beaucoup de tolérer que le peintre ou le sculpteur réfléchisse et voit au-delà de nos apparences. Comme il est insupportable que l'artiste nous aide à prendre conscience de nous-mêmes, qu'il nous libère de nos pesanteurs et de nos mythes. (14 août 1958)

 

L'artiste n'est pas un gardien de l'ordre établi mais une force créatrice.

(4 septembre 1959)

 

C'est dans la mesure ou l'artiste délaisse l'anecdote pour s'attacher uniquement à peindre, à rendre ses formes expressives, à composer plastiquement et non en amuse-galerie, à être de réflexion plutôt que réfléchissant qu'il figure réellement. (16 octobre 1959)

 

On devrait en vouloir à ceux qui, contrariants, trouvent que la lune n'est pas ronde et cherchant à connaitre cette face qu'on lui sait être, bien qu’elle ne soit pas connue de tous, reposent continuellement de nouveaux problèmes.
Quels nouveaux inquisiteurs condamneront ceux-là et celui-ci, Etienne Gilson, déclarant à propos de la spécificité de la peinture : « Il n'est plus question de savoir ce qu’est la nature, ni jusqu'à quel point il convient de l’imiter. La notion d'imitation n'y a plus de place » retrouvant ainsi Delacroix sur le chemin de l'art plastique actuel «la nécessite d'éviter le réalisme, qui est l’antipode de l'art ».
Certes, une certaine confusion, très entretenue d'ailleurs, règne encore chez les peintres actuels devant les nouvelles libertés acquises dans leur art. Cela n’engage qu’eux et non la peinture d'aujourd'hui. ( 23 janvier 1959)

 

Transcrire la vie, la rendre sensible est du domaine de l'artiste. Lorsqu'il s'agit de son œuvre, trop de spectateurs confondent encore dans ce monde vérisme et vérité. Ce ne serait donc plus une œuvre d'art utile que celle qui continuerait de satisfaire nos vieilles habitudes rétiniennes. C'est pour cela que beaucoup de nos artistes vivants ont renouvelé leur conception de l’œuvre issue de toutes les recherches progressives de leurs devanciers. Le domaine des arts plastiques en est abordé avec un sens de vérité plus exact.
Ce n'est donc pas comme certains passéistes le clament par réel, non plus signifier un irréel que nous ne connaissons pas mais simplement pour s'associer aux efforts constructifs des hommes (...)
Nous n'ignorons pas ce qu'est la poésie. Pour nous, il s'agit d'un fait, celui d'appréhender toute la réalité avec harmonie et non d'en traduire un aspect avec plus ou moins de bonheur (24-25 décembre 1959)

 

Toute l'histoire des formes se ramène, en somme, à la découverte de nouveaux aspects du monde réel et de nouveaux sujets dans le monde (9 février 1960)

 

L'émotion poétique précède l'émotion plastique. Il faut donc entendre en même temps que voir, la peinture.
Dans tous les domaines où il se manifeste, l’art contemporain est devenu autonome de toute intrigue, représentation extérieure du visible
Comme l’artiste reste en contact, avec la nature, c’est surtout la relativité des choses visibles qu’il révèle et, ce faisant s’exprime la conviction que, par rapport à l’ensemble de l’univers, le visible n’est qu’un exemple isolé et que d’autres vérités existent, latentes, en bien plus grand nombre.(11 mars 1960)

 

Le privilège de l'art contemporain est d'avoir restitué l'art dans cette autonomie trop longtemps sacrifiée à des contraintes extérieures. L'art est un objet de délectation en même temps qu'un moyen de révélation de cette réalité dont nous sommes. (18 mars 1960)

 

Berthold Brecht fait dire à un de ses personnages que « le but principal de la vie bourgeoise est d’entretenir et de développer des habitudes ». Un autre nous disait : « important est que le peuple peigne » sous entendant par-là que pendant ce temps « il » reste tranquille. 
Nous ne sommes pas d’accord avec cela.
Le sort des arts concerne tout le monde : il y a là une question de goût et non seulement de loisirs organisés. Les artistes doivent trouver toutes les conditions, tant matérielles que morales, pour pouvoir créer dans une entière indépendance leurs œuvres, destinées à tous. Seul un système de vie, politique parce que social, peut mettre à la disposition des hommes tous les moyens, tant scientifiques qu’artistiques, qui leur permettront d’accéder à une plus haute culture. Le système qui organise les affaires culturelles, depuis la recherche scientifique jusqu’à sa fin lucrative dans l’industrie et le commerce, seulement, ne peut être le nôtre.
D’autre part, l’autorité envisageant l’art, uniquement comme moyen d’occuper les loisirs, négligerait le principal, c’est à dire le travail de création qui rend l’œuvre d’art valable et lui donne son caractère humain.
Par définition, nous aimons les manifestations collectives, lorsqu’elles rassemblent des individualités librement associées, dans un but final qualitatif et pas seulement de nombre. Nous applaudissons nos amis quand ils font tout le possible pour organiser les loisirs sains des travailleurs quel qu’ils soient. Qu’ils n’oublient pas que le beau s’obtient par une éducation bien comprise et que la formation artistique, utile, ne s’improvise pas. (6 mai 1960)

 

Toute révolution artistique provoque une modification enrichissante de la mentalité des individus et par voie de conséquence transfère dans l'ordre social cette force révolutionnaire (20 septembre 1960)

 

Dans les modes d’expression du paysage tels qu’ils se pratiquent aujourd’hui, nous avons vu que certains s’attardent à une ressemblance tout extérieure, d’autres osent y ajouter les indices de leur personnalité, d’autres encore y apportent des préoccupations intellectuelles, ce qui a permis à des littérateurs de qualifier (d’) « abstraites » des œuvres simplement d’une intelligence moins limitée. Par ailleurs, d’autres artistes pousseront l’expression de leur peinture dans des recherches plus qualitatives, dont les trouvailles permettent de concrétiser la « peinture pure » que nos aînés avaient rêvée. Ce qui prouve, une fois de plus, que le rêve de qualité est un instrument d’action. ( 29-30 octobre 1960)

 

La qualité seule approche de la beauté (26-27 novembre 1960)

 

Nous rappelant les propos d’Apollinaire : « Nous qui quêtons partout l’aventure - Nous ne sommes pas vos ennemis - Nous voulons vous donner de vastes et étranges domaines - », nous abordons deux manifestations liégeoises avec l’état d’esprit qui convient. À l’APIAW, salle de l’Emulation, le peintre Jean Leppien, - au cercle des Beaux-Arts, le peintre Charles Gilbert.
L’art du XXe siècle nous a restitué l’usage de la liberté. Mais celle-ci ne vaut que dans la mesure où l’artiste et le spectateur veulent bien s’en servir. Trop souvent, l’un comme l’autre, habillent des habitudes en traditions et s’oublient en quiétude confortable. Certes, l’agitation n’est pas vie et discourir sur la peinture est absurde. Ce sont les peintures qui sont méditations et c’est de leur échange que naît la connaissance.
Pendant longtemps, les gens d’art ont volontairement confondu figuration et description. Celle-ci s’apprenant à l’école, la première étant symbole, plus intuitive, exigeante de plus d’intelligence. La nature, dont nous sommes éléments, ne nous apparaissait plus que sous formes d’images extérieures et, par opposition, les jeux les plus gratuits comme une alchimie digne d’être remarquée. L’information qui a résulté de la confrontation de ces choses conformistes ou apparemment absurdes aura au moins permis d’obliger à réapprendre l’usage de la liberté.
Les deux artistes que nous avons visités ont en commun le fait que des événements, dans leur existence, leur ont révélé que l’intelligence ne peut se satisfaire de lieux communs et que leur art ne pouvait être convaincant que s’il était animé de leur passion de la peinture. C’est pourquoi les œuvres de Leppien nous touchent par la belle matière avec laquelle il exprime son goût de la vie et celles de Gilbert par la rigueur nouvelle dont il raisonne ses tableaux.
L’un et l’autre de ces artistes ont choisi la voie difficile de la liberté. C’est elle qui nous les fait aimer. (16 novembre 1960)

 

Le spectacle de la Meuse, que nous contemplons chaque jour, nous fait souvent rêver à des richesses que transportent, dans un sens ou dans l’autre, des bateaux de toute l’Europe, de Vienne comme de Bâle, de Rotterdam comme de Givet.
Mais le commerce n’est pas seulement trafic, il est aussi relations, fréquentations.
La fréquentation de l’art contemporain, que nous montre l’APIAW depuis quinze ans, aura permis aux meilleurs, ceux pour qui la curiosité esthétique est indice de liberté d’esprit, de satisfaire les besoins de connaissance, d’information critique, sans lesquels se meurt toute vie intellectuelle.
Cette conscience du rôle que l’art joue dans la société en tant que force créatrice, cet encouragement qui a permis à des artistes d’être mieux connus, à d’autres de lutter pour se faire valoir, l’entière liberté de la création artistique dans les œuvres proposées à notre attention, font que nous adhérons avec enthousiasme à cette œuvre de justice.
Les spectacles divers [Gorin - Burssens - Dupagne] nous auront permis de comprendre que la qualité seule approche de la beauté. (26-27 novembre 1960)

 

« A partir de ce moment, il est possible de dire que la peste fut notre affaire à tous »
Par cet extrait de texte (Camus), nous nous excusons d’avoir souffert de la mort de Mouloud Feraoun. C’est la -peste, parait-il. Mais un autre jour - nos camarades étudiants liégeois viennent de nous le rappeler opportunément « Exposition sur la guerre d’Espagne » - Garcia Lorca tombait, assassiné de la même façon.
'Pourquoi tue-t-on les poètes ? Pourquoi les dictateurs chassent-t-ils les artistes ? Inutiles, dégénérés, disent les menteurs, ces rêveurs, ces libertaires dont la dialectique se complait à, l'éloge de la liberté.
La liberté, la liberté artistique, cette possibilité offerte à chacun, si riche ou si démuni, qu’il soit (matériellement parlant) de « retrouver le monde par une autre fenêtre » (Michaux).
Pourvu qu’il soit intelligent, simplement sensible et attentif, chacun raisonne par analogie et comprend les structures, les rapports existants entre choses, à des degrés divers, suivant les possibilités artistiques lui offertes, sachant par la même qu'il y a d’autres choses possibles, meilleures que celles qu’il connait, les attendant, les cherchant par confrontations; devenu tolérant par la passion mise dans cette recherche d’enrichissement par les nuances du réel. Prenant conscience de l’homme tout entier dans l’enchevêtrement de sa vie terrestre, de sa nature et de l'encore inconnu (surnaturel) ; par cette liberté d’appréciation, également apprenant ces complexes rapports entre hommes et choses, entre connu et inconnu restant à dénommer. Cette vaste solidarité qui fait que chacun n’existe qu'en fonction des autres et de l’accomplissement mutuel. Mais aussi la souffrance pour chacun, l’appauvrissement de tous lorsque l’élan est arrêté, la confrontation interrompue.
Donc, comment arrêter notre émancipation, sinon en tuant les artistes, ces antennes sensibles qui perçoivent les mouvements, les rythmes, les nuances, les rapports du monde, de l’homme ces réalités que définissent ensuite les scientifiques dont usent les juristes et que vulgarisent, après, les technocrates.
« Je voudrais pouvoir dessiner les effluves qui circulent entre les personnes. J’aimerais aussi peindre l’homme en dehors de lui, peindre son espace. Le meilleur de lui qui est hors de lui, pourquoi ne serait-il pas picturalement communicable ? » (Michaux) (29 mars 1962)

 

L’œuvre d’art contemporain a depuis longtemps dépassé le rôle d’amuse-seigneur, lui réservé pendant des siècles. Aujourd’hui, l’artiste – selon des moyens qui lui sont particuliers – apprend à lui-même et aux spectateurs à bien connaître toutes les choses, qu’elles soient matérielles ou spirituelles, à leur restituer le respect qui leur est dû et s’adressant à la sensibilité critique de chaque spectateur lui facilite une libre appréciation personnelle.
La connaissance donne confiance en soi-même. Entre la personnalité de l’artiste et celle du spectateur s’établira un échange mutuel de compréhension lequel, parce qu’il est désintéressé, aidera à percevoir les affinités comme les différences, les divergentes même, entre ces personnalités ; en les admettant librement, permettra, dans la tolérance, les rapprochements utiles. (11 avril 1962)

 

L'art commence avec l'intelligence et la volonté de choix (4 octobre 1969)

 

Dans l'œuvre d'art, l'auteur lutte d'abord avec une matière, ce n'est pas l'excentricité mais bien une meilleure connaissance de cette matière et de toutes ses possibilités qui modifie, selon l'époque, les aspects extérieurs de l'œuvre d'art (12 octobre 1960)

 

C'est dans la beauté qu'est la liberté (10 février 1960)

 

C'est aussi un des rôles de l'artiste de prouver que l'imagination est indispensable à l'activité réelle. D'ailleurs ce qu'on appelle imagination n'est que l'intuitif moyen de connaissance (10 février 1961)

 

 

 

 

 

Texte libre


- Mme S. Houbart-Wilkin in Catalogue Exposition L'Art belge contemporain - Art Plastiques. Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles, 1958.

Silvin débute dans l'esprit du groupe “Cobra”, en un style anguleux et échevelé. Il manie le fusain, s'essaie à la gouache et à l'aquarelle, dessine, grave, expérimente diverses techniques afin de s'assurer les moyens de s'exprimer de façon plus subtile et plus savante. Après ses dessins rehaussés de couleurs délicates et discrètes, il aborde l'huile et réalise des œuvres rigoureusement abstraites, séduisantes par le jeu intelligent des lignes et des formes. Ses compositions souvent animées d'un dynamisme intérieur s'équilibrent d'une façon stable et gagnent en force comme en souplesse.
 

- Jacques Parisse in Actuel XX, Liège, éd. Mardaga, Liège, 1975, p.186-187.

Cet ami intelligent et ombrageux laisse une œuvre qui, par la continuité dans la recherche, par les sacrifices qu’elle exigea d’un homme pour qui seul l’art compte (au point peut-être d’y avoir sacrifié sa vie), mérite mieux que ce demi-silence. Mais j’ai foi en l’œuvre de Silvin : elle est un moment important de l’aventure abstraite de nos peintres. Léon Koenig qui fut son ami et son préfacier a bien parlé de sa peinture (…).
Puis Silvin découvrit – et par là nous aurions pu l’inscrire dans les peintres reconvertis au « relief » - le plomb qu’il faisait fondre avec amour et humilité dans son atelier du quai des Tanneurs., l’antre de Vulcain dangereusement empesté par les toxiques émanations. Pour Silvin, le plomb réagit comme une matière vivante, asservie mais aussi servie par la main ouvrière de l’homme.
Il contrôle le hasard, surveille la coulée du plomb. Le peintre devient orfèvre et le plomb ouvré prend la somptuosité de l’or, matériau réputé noble. Soudain figé, fixé, le plomb – comme dans un jeu d’enfant ou dans ce passe-temps des enfants japonais qui plongent dans l’eau de mystérieux papiers et en attendent personnages ou fleurs – le plomb donc nous livre ses histoires, et dans ces reliefs-là chacun, suivant ce qu’il est, y trouvera – selon le mot de Proust – un miel à son goût. Lyrisme de la forme accidentée, chaleur du matériau sur lequel la lumière multiple s’accroche, se déchire et irradie, il y a continuité dans une œuvre vouée toute entière à dire l’étrange beauté de la matière. D’ailleurs, Silvin créateur de reliefs, n’avait pas totalement sacrifié la couleur puisqu’il déposait ses plombs ouvrés sur de beaux tissus chaleureusement colorés.

 

- Léon Koenig in Jacques Parisse, Actuel XX. Liège, éd. Mardaga, 1975, p. 186 [repris du texte de présentation de l’exposition de Lausanne en 1965.

J’ai pu comparer sa composition à la phrase proustienne, tout en retours, en incidents, enveloppements et développements subitement traversée de couleurs ; comme elle, paraissant s’égarer dans le détail mais concourant à l’édification d’un ensemble qu’une extrême sensibilité seule lie avec maîtrise. Je sais que Silvin est un grand peintre et risquer cette analogie n’est pas le surfaire : elle impose son évidence.
Il se fait qu’un jour, toujours pressé par la nécessité, Silvin a découvert la « magie du plomb ». Rencontre plutôt que recherche. Je l’ai souvent entendu regretter que dans un pays de métallurgistes,  peu d’artistes se soient enquis des recherches expressives d’un matériau familier. Il devait y venir et le miracle eut lieu.
Je tiens en effet pour miraculeux que ses travaux d’orfèvre épousent exactement les suggestions de son âme et qu’elles se traduisent, dans le plomb par le rythme qu’elles adoptent dans sa peinture. Je m’explique : il quitte la couleur, il accepte le relief et l’on aurait pu croire, comme il est commun, que l’emploi d’un matériau neuf l’induirait à de nouvelles recherches (ou trouvailles) de formes. Le forte personnalité de l’artiste a prévalu et le métal en fusion a chanté, sous son outil, sous sa main, le monde émouvant qu’il a « dans le cœur, dans la tête et dans le sang » dans le prolongement de sa peinture.

 

- Jacques Parisse. Silvin (1915-1967) Un artiste de caractère in La Meuse, 12-13/08/1995.

Il n'est pas nécessaire de remonter à la nuit des temps, ni aux guerriers vaincus qui contribuèrent à dresser les pyramides, ni aux sculpteurs anonymes des cathédrales qui dévalèrent de leurs échafaudages d'infortune, ni aux bronziers florentins, ni aux verriers vénitiens qui périrent dans l'incendie de leur atelier.
Si certains vivent de leur art, si l'Art aide à vivre ceux qui ne se satisfont pas des seules nourritures terrestres, certains meurent de la pratique de leur art. Nous nous souvenons, il y a quelques années, de l'explosion et de l'incendie qui s'ensuivit et ravagea l'atelier commun des deux jeunes artistes liégeois Debatty et Bianchini. Ils y perdirent la vie et nous, deux jeunes artistes riches de talent et d'avenir qui créaient des décors de théâtre pour pouvoir être peintre et sculpteur. En 1967 -- dans notre mémoire: c'est hier- Silvin Bronkart -il signait Silvin - mourait d'un cancer des poumons. Certes, il fumait beaucoup... comme bien d'autres, mais il prit plus de risques encore. Nous n'oublierons jamais

- parmi tant et tant de visites d'ateliers d’artistes - celui de Silvin. Son antre infernal était situé dans une mansarde sous les toits, Quai des Tanneurs. C'était la forge de Vulcain. Il y régnait une chaleur accablante, lourde, qui vous étreignait les poumons. Elle noyait livres et tableaux, les quelques meubles et la chambre. Là, sur un petit poêle alimenté par des sacs de charbon qu'i| hissait dans sa mansarde, Silvin faisait fondre le plomb, dédaigneux - ou suicidaire ? – des émanations toxiques. Là, dans la plus grande discrétion - Silvin recevait très peu -il se tuait lentement, inexorablement. Mais il semblait heureux - pouvait-on savoir avec cet artiste si réservé, si secret, avec cet ami si difficile à vivre ? - car il avait, au terme d'un certain nombre de changements de «manières», de styles, trouvé son matériau et sa voie.
Le chemin d'un écorché.

Le 14 juin 1915, Silvin, Joseph, Louis Bronkart naît à Liège. Après avoir, durant quatre ans, suivi les cours de l'Athénée de Liège, il s'inscrit à l'école des Beaux-Arts Saint-Luc. De ses professeurs, il retiendra surtout les cours de Jean Julémont, un disciple de talent d'Auguste Donnay et un tenant de «l'esprit» de l'école de Verviers, et de ceux de Félix Proth. Marc Renwart, grand dénicheur de documents rares, notera qu'|l y fut un étudiant très doué, remarqué, dès ses études, par des critiques locaux. Des carnets retrouvés signalent un étudiant qui ne se contente pas de faire des exercices scolaires, il prend des notes, réfléchit l’art, se forge une culture au contact des œuvres et des théoriciens. Ce point restera un trait permanent de Silvin : cet homme secret aime les débats d'idées et les discussions qui se prolongent jusqu'au petit matin. Il «théorise» volontiers et souffre mal la contradiction. Il pouvait être à la fois, par le verbe et l'écrit, impitoyable ou généreux, acerbe ou attentif au désarroi des autres. Il quitte Saint-Luc en 1939 obtenant le Grand Prix. Mobilise, il est surpris par la guerre. Il quitte la Belgique et, par les chemins de l'aventure, parvient à Sète. Il se découvre heureux au soleil «Assis sur le lit, je contemple le bouquet. Ce sont de simples fleurs des champs, des œillets sauvages, roses et écarlates, des marguerites, du trèfle violet et d'autres fleurs blanches, jaunes, rouges. Jonc et feuillage tendre. Leur couleur est éclatante et leurs tons si beaux que Je souffre de ne pouvoir les peindre ». Enfin, il peut noter sur son carnet d'exil: «Sentir de nouveau l'odeur de |'huile ou la couleur. Peindre ! ». Pendant la guerre, il participera à quelques expositions : pour l'Œuvre des Artistes, à la galerie Apollo. Une «marine» est acquise par le grand mécène liégeois Ernest Van Zuylen.
Vie d’artiste.
Pour vivre, Silvin fera bien des petits métiers dont celui de pompiste. Sur tout cela, ce grand orgueilleux restera taiseux. Ceux qui lentement apprendront à mieux le connaitre percevront ses moments de doute, de mal vivre, au travers de l'acerbe de ses propos. La création de l'Apiaw (Association pour le Progrès Intellectuel et Artistique de la Wallonie) en juillet 1945 va, d'une certaine façon, changer le cours de la vie de Silvin Bronkart. Il devient membre effectif de l'Apiaw en février 1947. Il sera - avec d'autres, seul ensuite  un assidu des murs de l’Apiaw à l'Emulation, face à l'Université. Il y sera le témoin du passage des plus grands artistes. Peu de temps après son adhésion, Silvin commence à prendre ses distances avec une certaine peinture figurative légère, gentiment frivole, colorée. On n'échappe guère à la pénétration progressive de l'abstraction à l'Apiaw. Tous les adhérents en seront touchés. Les récalcitrants, groupés autour de leur leader Scauflaire - devenu le beau-père de Silvin : deux « natures» qui ne pouvaient que se heurter ! - quitteront l'Apiaw en 1956 et rejoindront les frères-ennemis du Cercle Royal des Beaux-Arts bien proche de l'Emulation. Comme Georges Collignon, comme Léopold Plomteux, comme Maurice Léonard et d’autres, Silvin connaitra d'abord une période construite aujourd'hui un peu injustement oubliée. La critique ne ménage guère, dans une petite ville de province allergique aux aventures mêmes picturales, ces « nouveaux convertis» qui regardent avec délectation du côté de Paris. Avec la bénédiction de l’Apiaw, un certain nombre d'artistes se liguent sous les bannières de Réalité, puis de Réalité Cobra. Les arts plastiques sont en grande effervescence et Silvin reste, avec beaucoup d'autres, aux premières lignes, exposant, polémiquant. En 1958,il succédera doublement à son ami Leon Koenig, nommé conservateur du Musée des Beaux-Arts, en tant que titulaire de la rubrique des arts au Monde du Travail et au secrétariat de l'Apiaw. Notons en passant - pour le (bon) souvenir- que c'est le rédacteur de cette chronique qui remplacera Silvin à l'Apiaw en 1962.
La maturité.
Quand j'ai rencontré Silvin Bronkart pour la première fois il était en mutation. Peut-être un peu tributaire des métamorphoses de la non-figuration, il prenait ses distances avec son expression construite. Il n'était pas le seul. Peu à peu, il devenait gestuel, informel et matiériste. Il s’attardait à couvrir la surface de a toile de pâtes riches, très travaillées, superposées, jouant des épaisseurs et des transparences, des matités et des brillances. Dans son lyrisme un peu misanthrope, il était - si j'ose dire - le « pendant» grave de la lyrique, de la «planétaire » José Picon qui, quoique son prénom ne l'indique pas, est une femme, aujourd'hui la grande dame « historique» et toujours si pleine d’élan, de vitalité créatrice de notre peinture actuelle. Puis Silvin, cet inquiet, ce curieux d'expériences, ce jamais satisfait, abandonna peu à peu le support toile pour le relief. Qui d'entre nous n'a pas un jour pratiqué ce dangereux jeu d’enfants précipiter du plomb fondu dans de l'eau ? Ainsi naissaient, dans leurs contours informels, de nouvelles images qui nous donnaient à rêver. L’accident des formes surgies alimentaient notre rêverie et aux «choses» ainsi nées nous donnions des noms. Silvin va pousser l’art des plombs «ouvrés» - il les appelait ainsi -- à son paroxysme, à la monumentalité. Il intervenait avec sobriété pour accentuer les effets du hasard, scellait ses plombs sur des fonds colorés par des morceaux de toile comme s'il ne pouvait se passer de la couleur. Dans le plomb, il enchâssait des fragments de verre atteignant ainsi au tridimensionnel. Je garde de ses premiers essais une toute petite œuvre qui est parmi mes reliques précieuses car elle est œuvre et geste (rare) d'amitié exprimée par ce fichu et torturé caractère ! Ainsi donc nous revenons à notre point de départ: Silvin et ses toxiques (dans le processus de fabrication non dans le résultat) plombs ouvrés. Il avait, entre-temps, été reconnu au Grand Prix Europe d'Ostende (avec Walter Leblanc). Encouragé par quelques ventes, Silvin travaillait comme un forcené dans la solitude de sa mansarde du Quai des Tanneurs. Il faisait peu de cas des salubres conseils de ses quelques amis... Ainsi va la vie d’un artiste, de cet artiste exceptionnellement doué qui disait que « l'œuvre est un autoportrait ». A son art et à la défense de ce qu’il pensait juste;

Silvin Bronkart a tout donné.

 

 

- in Le Dictionnaire des peintres belges du XIVe siècle à nos jours. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 1995 (rubrique Bronkart Silvin).

Notice par Michèle Wilmotte : Elève en section peinture à l’institut Saint-Luc de Liège où il reçoit le grand prix en 1939. Les distinctions honorifiques du grand prix de la ville d’Ostende le récompensent en 1960 et 1961. Les créations des années quarante évoquent la délicatesse d’un Dufy. A le fin de la guerre, le sujet s’épure, les formes se stylisent. En 1949, il est membre du groupe Cobra, puis il rejoint, dans les années soixante l’abstraction lyrique. L’explosion des couleurs, la sensualité des mouvement sont le fruit d’une expression libre. Après la peinture, il découvre le relief et le plomb. Matière vivante est mise en œuvre sur des tissus.

 

- in Dictionnaire Piron 2003.

Formation en peinture à Saint-Luc à Liège chez Félix Proth (1935-1940). Débute dans un style raffiné qui rappelle Dufy mais, vers 1948, son style s’épure et devient plus stylisé. Membre de Cobra en 1949, il évolue vers l’abstraction lyrique dans les années ’60.

 

Notes

Léopold Plomteux.

Silvin Bronkart était sans doute un des caractères les plus âpres que j'ai connu et rester en bon accord avec lui n'était pas chose facile. Mais il s'agissait avant tout d'un artiste consciencieux et d'un intellectuel perspicace qui poussait très loin |'analyse d'une œuvre ou d'une idée qu'elle soit philosophique, sociale ou morale.
Le monde perçu à travers l’existence quotidienne était pour lui source d'ennui voir de malaise car sa seule réalité viable se situait dans |'œuvre qu'il élaborait méticuleusement.
Malgré les nombreux contacts que nous eûmes à |'époque du groupe « Réalité-Cobra », nous n'étions pas des amis mais je le considérais néanmoins comme un confrère peu banal, intéressant, passionnant et rebutant tout à la fois.
Je garde donc de lui le souvenir d'un artiste sincère et d’une grande honnêteté intellectuelle, car qu'importe ce que fut l'homme et les bons ou mauvais rapports que nous avions. Après tout, seule compte son œuvre et il est à classer parmi les grands artistes du XXe siècle, un de ceux qui eut le courage d'être un chercheur peu intéressé par le succès commercial.

 

Paul Frank.

De nature bilieuse, complexé, insaisissable, malade, Silvin comme je |'ai connu, sortait de l'École St Luc de grandes toiles monumentales et expressives.
Ce fut après, de petites peintures délicieuses, toutes en nuances délicates et poétiques.
Son caractère le porte ensuite vers une fusion d'orfèvrerie de plomb.
Recherche constante empoisonnée qui l'entrainera vers une fin dramatique et prématurée.

 

Armand Silvestre.

Les souvenirs que nous évoquons d'une amitié ne sont pas seulement les évènements affectifs vécus au gré des jours avec leur hasard de bonne ou mauvaise humeur.

Avec Silvin j'ai connu aussi ces interminables conversations, ou paradoxalement, il ne parlait que très rarement de peinture. Et pourtant, c'était l'essentiel de sa vie. Il m'est cependant resté en mémoire une chose, et qui semblait être comme l'idée centrale de sa recherche, c'était l'expression picturale de la matière. Je ne crois pas le trahir en disant de lui qu'il a voulu avec toute sa sensibilité et son intelligence célébrer avec ferveur l'exaltation de la matière.

 

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