Flandre

Référence bibliographique

Flandre

Livre

Informations bibliographiques

Auteur
Haesaerts Luc et Paul
Éditeur
Les Chroniques du Jour
Lieu d'édition
Paris
Date de publication
1931

Type de publication

  • Livre

Mouvements et tendances

Écoles

  • Ecole belge
  • Ecole flamande

Description physique

Petit in-4, couverture rigide illustrée en noir et blanc, reliure toile éditeur, dos lisse, 703 pp.
Un des mille exemplaires sur papier couché Strathesk (n° 960).
Avec un frontispice en couleurs et de très nombreuses illustrations en noir et blanc en hors-texte.

 

Textes de présentation

La parution de cet ouvrage monumental, en 1931, constitua un véritable événement éditorial. Ecrite et composée par Luc et Paul Haesaerts (1901-1974), cette première publication fut pour les deux frères un véritable coup de maître dans le monde de l'édition d'art, qui devance plus qu'elle ne préfigure les réalisations ultérieures de Malraux. Sous la plume de Jean Milo, la description de Luc Haesaerts "disposant autour de lui comme un jeu de cartes gigantesque les documents de Flandre, ce premier étage du monument consacré à la peinture flamande [...]" fait d'ailleurs étonnamment penser aux célèbres photographies de Malraux (par M. Jarnoux) en pleine réflexion devant les reproductions du deuxième tome du Musée imaginaire jonchant le sol. A l'origine, ce projet consacré à l'histoire de l'art moderne en Flandre devait comporter trois livres, mais seul le premier verra le jour. On connait d'ailleurs les maquettes prévues pour les couvertures des deux autres volumes jamais publiés : Le Symbolisme et, enfin, L'Expressionnisme.
"Le livre, à tous égards, frappait par sa nouveauté, écrit le peintre Albert Dasnoy.  Il introduisait dans la critique un accent de chaleur et de vécu, et paraissait avoir été écrit tout entier sous le coup d'une révélation première de l'art et de la condition des artistes." Cet enthousiasme, à la sortie du livre, ne concerna pas que les artistes puisqu'un historien d'art aussi réputé que Paul Fierens évoqua, lui aussi, la singularité sans précédent de cette prouesse éditoriale : "Flandre est un livre étonnamment nouveau : 1° par la méthode adoptée, le mode de présentation du texte et des planches ; 2° par le ton, l'esprit et le style ; 3° par le sujet même. Tout cela vivant, c'est le mot, loin des formules habituelles, de l'académisme, de la routine. Tout cela comme un appel direct à la sympathie, à l'intelligence du lecteur, et d'abord aux yeux."
La mise en page et l'usage des planches photographiques inventés par les frères Haesaerts bouleversaient totalement les liens traditionnels entre le texte et l'image. "Quand donc renoncera-t-on à publier des livres d'art qui entassent, sans rigueur aucune, des documents où le choix intervient à peine?, s'interrogent les auteurs. Non, maintenant que les diverses techniques de la reproduction connaissent une telle variété et ont atteint un si haut degré de développement, il n'est plus concevable qu'on prive le lecteur de ce plaisir profond qui peut résulter d'une complète harmonie entre l'illustration et l'écriture d'un ouvrage [...] Quels services un objectif braqué avec intelligence, goût et hardiesse serait à même de rendre à la critique d'art! [...] Travail délicat, difficile, mais qui, mené à bien, permettrait presque de se passer de texte et de disséquer, d'analyser, de reconstruire, de situer les œuvres rien qu'à l'aide de l'image : critique photographique [...] Je me défie des peintures et des sculptures qui ne résistent pas à la fragmentation"!
Les auteurs évitent systématiquement de mélanger texte et clichés, dus au photographe Constant Joosen. "De cette façon, indiquent-ils, qui voudra lire notre œuvre par l'image, sans se soucier de sa rédaction, n'en sera distrait par rien." Les reproductions se présentent ainsi toujours sur le côté pair de la pagination et toujours dans le sens de la composition typographique, "ce qui évite au spectateur la fatigue de faire sans cesse pivoter le livre [...] En un mot, nous avons cherché à créer une atmosphère de calme propice à la méditation en écartant avec soin toutes les causes matérielles qui peuvent troubler la pensée du lecteur aiguillée tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre."
Jean Cassou tint à saluer avec éclat cette parution dans la presse française (La Revue hebdomadaire, 2.4.1932) : "Il existe un miracle belge. Cette petite Belgique est merveilleusement faite pour l'art. La peinture y fleurit avec une prodigieuse exubérance, elle y est cultivée, aimée d'un amour ardent, fraternel, presque corporatif. Raconter l'histoire de la peinture belge depuis un siècle, c'est raconter une légende, riche en suggestions, en surprises, en découvertes [...]. C'est cette histoire que dans un langage non moins assuré, Luc et Paul Haesaerts entreprennent de nous rapporter. Leur ouvrage s'appelle Flandre."

Presse

- Marcel Schmitz in Le Vingtième siècle. Bruxelles, 25/10/1931.

Sous ce titre magnifique : Flandre, dont la seule affirmation découvre des horizons, éveille des sensations auxquelles il en est peu comparables dans le domaine de la pensée et de l'art, MM. Luc et Paul Haesaerts viennent de faire paraître le premier volume de l'ouvrage monumental qu'ils consacrent à l'art depuis 1880 (...).
Cet ouvrage est destiné à faire date dans l'histoire de notre pays, et même dans l'histoire de l'art tout court.
Sa conception en est vraiment neuve, comme en est neuve la présentation qui rompt avec toutes les habitudes en honneur jusqu'à présent dans l'édition du livre d'art.

- Paul Fierens in Les Nouvelles littéraires. Paris, 19/12/1931.

Flandre est un livre étonnament nouveau :
1. par la méthode adoptée, le mode de présentation du texte et des planches ;
2. par le ton, l'esprit et le style ;
3. par le sujet même.
Tout cela vivant, c'est le mot, loin des formules habituelles, de l'académisme, de la routine. Tout cela comme un appel direct à la sympathie, à l'intelligence du lecteur, et d'abord aux yeux.

- Jean Cassou in La Revue hebdomadaire. Paris, 02/04/1932.

Il existe un miracle belge. Cette petite Belgique est merveilleusement faite pour l'art. La peinture y fleurit avec une prodigieuse exhubérance elle y est cultivée, aimée d'un amour ardent, fraternel, presque corporatif.
Raconter l'histoire de la peinture belge depuis un siècle, c'est raconter une légende, riche en suggestions, en surprises, en découvertes (...). C'est cette histoire que dans un langage non moins assuré, Luc et Paul Haesaerts entreprennent de nous rapporter.
Leur ouvrage s'appelle Flandre.

Infos complémentaires

Comme on peut le voir sur la photo, trois volumes étaient prévus ; seul celui titré L'Impressionnisme est paru.