Henri Evenepoel in Algerië ... (Haesaerts P., en flamand)

Référence bibliographique

Henri Evenepoel in Algerië ... (Haesaerts P., en flamand)

Monographie néerlandais

Informations bibliographiques

Auteur
Haesaerts Paul
Éditeur
Het Kompas
Lieu d'édition
Anvers
Date de publication
1942
Langue
néerlandais

Type de publication

  • Monographie

Description physique

Paul Haesaerts. Henri Evenepoel in Algerië, naar zijn doeken, schetsen, foto’s en brieven. Éd. De Spieghel, Amsterdam, « Het Kompas», Antwerpen, 1941. (recueil in-folio, 8 pages, 8 planches).

 

Presse

Compte rendu d’Edith Greindl in Apollo n° 10. Bruxelles, 1e mars 1942, p. 25

« Il est encore un élève et déjà c’est un maitre », nous dit avec raison l'auteur de cette étude critique des plus attachantes. Plus on y songe, plus on demeure persuadé que c’est là le jugement à porter sur l’œuvre de ce peintre éminemment doué.

Dans les œuvres que l’artiste créa au cours dc son séjour en Algérie, on rencontre à côté de quelques réussites incontestables, bien des pochades et des esquisses de qualité inégale. Dans de telles productions se trahissent les tâtonnements et les recherches de l'artiste. On peut y constater qu'il y affronte avec audace la domination du problème pictural. La fougue, la virtuosité qu‘on y rencontre feraient douter que ce peintre eut développé davantage ses dons, si une mort précoce ne l’avait arraché au travail.

 On sait avec quelle répugnance il accepta la contrainte du séjour lointain que lui imposait une santé fragile. Il partit le cœur gros. Son premier contact avec l’Orient fut marque par un dégoût profond de la misère et du vice côtoyés à chaque pas. A la crise de dépression succéda une période d'intense production. Les premières pochades, brossées à Alger, nous apparaissent comme du bon impressionnisme, à la Pissarro, à la Sisley, à la Monet, sans être encore de l’orientalisme. Un séjour prolongé à Blidah provoque chez Evenepoel un enthousiasme sensible dans les œuvres de cette période. Ayant retrouvé le gout du travail, il s’attaque alors à une toile de plus grandes dimensions : Le Marché arabe. Pourtant, ce morceau peu coloré ne satisfait pas son œil de peintre. En l’espace d’un mois, il produit coup sur coup : Le Petit marché marocain, La Dame nègre à Blidah, l’Annonce de la fête nègre, Le Cimetière arabe, Le Nègre dansant, Les Femmes arabes au narghilé, œuvres qui valent par la finesse du coloris et une plus grande souplesse de formes qu’auparavant. Croyant avoir épuisé ce que l'endroit lui offre en aspects pittoresques, il part vers Tipazza, l’antique cité romaine couverte de ruines antiques. De ce nouveau séjour datent une quarantaine d'esquisses, certes intéressantes, mais dont pourtant aucune ne pourrait être qualifiée de chef-d’œuvre.

Dévoré par la maladie, l‘artiste songe au retour. il abandonne ses pinceaux et visite rapidement quelques cites de la région, gardant de son passage en Algérie un souvenir amer dont ses dernières missives nous livrent l’écho. Ce dont nous lui saurons toujours gré, c’est d’avoir mieux compris l’Orient que les peintres se prévalant d’être « orientalistes», tel un Delacroix. Ce dont nous lui sommes redevables aussi est d'en avoir fixé le charme et la couleur.