La Renaissance septentrionale et les premiers maîtres des Flandres

Référence bibliographique

La Renaissance septentrionale et les premiers maîtres des Flandres

Français

Informations bibliographiques

Auteur
Fierens-Gevaert Hippolyte
Lieu d'édition
Bruxelles
Date de publication
1905
Langue
Français

Périodes historiques

  • Renaissance

Textes de présentation

Pour l'homme médiéval, l’univers visible était un symbole; à travers l'enveloppe des choses, à travers leur réalité, on voulait atteindre l’enseignement de Dieu, car « toute créature, dit Honorius d’Autun, est l’ombre de la vérité et de la vie ». Une forme n'avait de valeur que si elle revêtait un sens symbolique; elle était l'image d’une pensée; et l'idée que nous nous faisons des choses avait pour le moyen âge plus de réalité et d’intérêt que les choses mêmes. L’art se nourrissait de ces abstractions à en mourir; c’est contre elles que dut réagir l’esprit révolutionnaire des maîtres septentrionaux.

 

Nous voici donc revenu au xiv e siècle, le siècle de la Révolution. Elle est internationale. Courajod en avait bien le sentiment, mais pour préciser la pensée du grand professeur disons qu'elle est l’œuvre non seulement des Flamands, mais encore des Hollandais, des Wallons, des Italiens, — - un grand nombre de « Lombards » vivaient à Paris — et, reconnaissons le, des Français eux-mêmes. Et c’est vraiment en France que se manifestent les premiers signes du Renouveau. Comment s'en étonner? Toutes les races chrétiennes n’avaient-elles pas été soumises à la beauté française du XIIIe siècle? La sublime scholastique des imagiers de Chartres, de Paris, de Reims, avait été l’école indiscutée de l'art européen ; le génie de Giotto se serait lui-même enflammé au charme lumineux des miniatures parisiennes. Le prestige d'une telle école ne pouvait mourir au bout de cent ou cent cinquante ans. L’impulsion avait été trop forte. Pendant tout le XIVe siècle, Paris resta le grand foyer artistique de l'Europe septentrionale. Près de la Porte Saint-Denis — appelée Porte aux Peintres — s'alignaient les boutiques des imagiers, ouvriers d’entaillures, huchiers, peintres de retables, etc., où l’on voyait briller les statues d’apôtres enluminées et dorées, les ornements liturgiques en pierre ou en bois, les riches enseigne.

 

Infos complémentaires

Sous-titré : Etude sur l'art flamand