Description
Ce catalogue a été édité à l'occasion de l'exposition présentée salle Saint-Georges, à Liège, du 15 septembre au 29 octobre 1995, dans le cadre du centième anniversaire de la naissance du peintre Robert Crommelynck (Liège, 1895-1968).
"Robert Crommelynck de Liège, que l'on ne confondra pas avec l'écrivain Fernand et son frère le portraitiste Albert Crommelynck, est avant tout un peintre et se définit comme tel", écrit Régine Rémon, conservatrice au musée des Beaux-Arts de Liège (Bal). Attaché à la tradition héritée des maîtres du passé, R. Crommelynck fut, selon le critique Jules Bosmant avec qui il fonda le premier "Salon d'art wallon contemporain" en 1932, "un des meilleurs peintres de la jeune génération et l'un des plus sûrs espoirs de la peinture wallonne." (La peinture et la sculpture au pays de Liège de 1793 à nos jours, 1930). Bosmant voulait à tout prix que Crommelynck devienne le paysagiste de la Fagne : Crommelynck, écrit-il, "n'ambitionne visiblement qu'une chose : donner de la Wallonie -lisez de l'Ardenne et de la Fagne- une épopée plastique comparable à celle que Jacob Smits donna de la Campine : aussi profonde, aussi simple, aussi populaire, aussi constamment vraie et vivante." Au grand dam du critique, l'artiste ne céda pas à cette injonction à refluer exclusivement en Belgitude et trouva également en Espagne où -"l'homme de gauche allait en pèlerinage dans le pays où la République avait été écrasée par Franco"- un territoire pictural exempt de pittoresque superficiel.
Le critique n'en démordra pas, au point que le fossé entre les deux hommes est allé s'élargissant : s'il loue encore à la fin des années soixante "la belle période de Crommelynck avec ses Pietà, ses portraits..., ses études de la Haute Fagne [...]", il ne s'en prend pas moins avec une étonnante virulence à ce "manquement" supposé aux origines : "Vous êtes resté attaché à la peinture figurative, et le paysage seul vous inspire? Je n'ai rien à y redire, mais cherchez donc votre vérité dans ce qui est vôtre, a formé votre personnalité, livrera à vous, et à nul autre, ses intimes secrets : votre terre natale [...]. Par contre, ne vous encourez pas, tantôt ici, tantôt là-bas, vers des cieux exotiques à la recherche d'un pittoresque dont, de toutes façons, vous n'appréhenderez que l'aspect superficiel."