** Préface de Christian Dotremont.
« L’œil, forêt organique, entre dans la forêt des formes de l’infiniment petit et de l’infiniment grand, dans la forêt des microbes qui croient à la réalité et de ceux qui n’y croient pas, les veines, le sang, les cristaux, les buissons de la forêt vierge qui naît du papier vierge.
Depuis que Corot a peint ses paysages, l’œil découvre beaucoup plus de paysages de Corot dans la nature, et quand il n’y en a pas, il en fait. Corot, lui aussi, a participé aux développements de l’œil.
Depuis que la photographie existe, à son insu l’œil a toujours quelque chose de l’objectif. L’œil se détourne de ce que la photographie a trop pris. Elle l’a pris, elle l’a mis hors réalité » ((extrait repris in Jean-Clarence Lambert, Cobra, un art libre. Paris, éd. Galilée 2008 (1e éd. éd. du Chêne / Fonds Mercator 1983), p. 48.))
« La photographie, comme la peinture (Corot), la poésie (Ponge), la philosophie (Bachelard), participe aux développements de l’œil, elle ‘ a pour mobile de dénuder l’œil’ » (noté par Guy Dotremont)
Cette longue réflexion sur la photographie a été reproduite notamment dans :
- « Les mystères de la Chambre noire : le surréalisme et la photographie » d’Edouard Jaguer. Paris, Flammarion, 1982.
- « Le photographe et ses modèles » de Jacques Meuris dans la Revue de l’Université Libre de Bruxelles n° 3-4. Bruxelles, 1983.