Groupe L'Atelier

Groupe d'artistes

Groupe L'Atelier

Marcel Defize fonde un groupe qui se veut être un lieu communautaire de travail autour d'un modèle commun (à «l'atelier», rue des Minimes) et une possibilité de confronter ses idée...

Informations

Création
1934 · Rue des minimes Liège
Dissolution
1939
Nationalité
Belgique
Communauté
Communauté française
Zones géographiques
Liège
Écoles
Ecole belge, Ecole liégeoise, Ecole wallonne
Périodes
1930-1940, 20e siècle

Membres (4)

Présentation

Marcel Defize fonde un groupe qui se veut être un lieu communautaire de travail autour d'un modèle commun (à «l'atelier», rue des Minimes) et une possibilité de confronter ses idées. Ils admirent les grandes époques, s'interrogent sur l'humanisme et débattaient à propos d'Alain ou de Valéry par exemple.
* "Marcel Defize fonda L'Atelier où il se donna pour tâche d'imposer les disciplines nécessaires et auxquelles les peintres sollicités d'une collaboration régulière et totale ne purent tous consentir à s'astreindre." (Léon Koenig, La peinture au Pays de Liège [1939-1942], 1951, p. 78)

"L'Atelier n'est pas seulement une association d'artistes qui occupent un même local et s'offrent de temps à autre un modèle en partageant les frais. Il s'agit d'un groupe de réflexion «longuement poursuivies» et d'expériences collectives «passionnées» (Aloys Moray in cat. Fanny Germeau, 50 ans de peinture, Liège, 1991) qui, outre les arts, aborde la littérature, la philosophie ainsi que les grands problèmes du moment, tels la guerre d'Espagne ou la montée de Rex, «pour en découvrir la valeur sociale et l'enracinement éthique» (Fanny Germeau). Plusieurs de leurs membres, Defize le premier militeront au Parti Communiste et - ou - feront partie du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Les membres de l'Atelier se retrouvent chaque soir pour débattre, parfois tard dans la nuit, des écrits de Valéry, de Malraux, d'Alain et d'autres. Ils participent activement au soutien des républicains espagnols, réalisant des affiches anti-fascistes. L'activité essentielle du groupe est évidemment artistique." (S. Alexandre, Ernest Stroobants in Art et Fact n° 14 / 1995)

"Il [Joseph Koenig] m'emmena certain jour à L'Atelier. L'énoncé d'un exercice infligé à une douzaine d'artistes adultes: Peindre... une pomme (ô Cézanne !) résonna longtemps à mes jeunes oreilles" (Théodore Koenig in Histoire de la peinture chez Phantomas, Bruxelles, éd. Lebeer-Hossmann, 1990, p. 367)

Historique

"En 1934, Scauflaire est membre fondateur de L'Atelier, groupe animé par Marcel Defize. Le centre de ce groupe, situé cour des Mineurs, est surtout un lieu de travail autour d'un modèle commun, où les artistes ont la possibilité de confronter leurs idées. Les membres (Emilie Delbrouck, Julien Hock, Fanny Germeau, Georges et Alix Pauly, Jean Dols, Joseph Koenig, Guillaume Detilleux, François Zolet, Xavier Allard, Gustave Paredis, Ernest Stroobants, Paul Cocagne, Marcel Defize et Edgar Scauflaire) admirent les grandes époques, s'interrogent sur l'humanisme et débattent à propos de Valéry par exemple. Pour Scauflaire, c'est la dernière expérience qu'il consacrera aux recherches en commun." (in E. Scauflaire, éd. Delphine Quirin - Louis Maraite, 1994, p. 51)
* pour Fanny Germeau, Scauflaire ne fit jamais partie du groupe (Entretien avec Serge Alexandre, Art et Fact n° 14, 1995, note 46).
** Ernest Stroobants y aurait été introduit par Gustave Paredis.
*** Hock, les Pauly, J. Dols, J. Koenig étaient liés à Anthologie
**** Il faut y ajouter Jean Rets, le graveur Marcel Dumont et Suzanne Fagard
"Certains artistes comme Xavier Allard, Jean Rets, François Zolet ou, dans une moindre mesure, Joseph Koenig n'y firent qu'un bref passage de parfois seulement quelques semaines." (S. Alexandre, 1995, op. cit., p. 85]

« Ils ne restèrent bientôt plus que 7 puis 4 qui concertent encore aujourd'hui leurs recherches. » (L. Koenig, 1951, op. cit., p. 78)

(29/04-12/05/1939) Liège, Galerie du Journal La Meuse: Les peintres Cocagne Paul, Defize Marcel, Delbrouck Emilie, Germeau Fanny.
DERNIERE EXPOSITION DE L'ATELIER.
"Au début de 1939, nous avons exposé quelques toiles à la galerie du journal La Meuse. C'était notre chant du cygne car la guerre était là. Les choix politiques allaient aussi diviser les gens de l'atelier et les disperser. En '40, il y eut l'évacuation et nous n'avons plus séjourné à l'Atelier, il est resté à l'abandon. La Gestapo l'a visité et nous y avons retrouvé très peu de choses de nos essais, de nos dessins, de nos toiles et de nos sculptures."

 

Presse:

in La Meuse, 29-30/4, p. 6.
in La Meuse, 1/5, p. 4.
Ed. S. [Edgar Scauflaire] in La Wallonie, 6/5

 

" Il y a quelques deux ans, nous avons relaté, dans ces colonnes, la visite que nous avions faite à un groupe d'artistes liégeois, dont l'atelier collectif est installé dans une vieille chapelle de la cour des Minimes. C'est cette même équipe que nous retrouvons aujourd'hui, occupant les cimaises de la Galerie du boulevard de la Sauvenière.
Disons tout de suite  que les espoirs que la critique liégeoise avait fondés sur eux ne sont pas déçus, et que, bien au contraire, il nous plaît de saluer cette exposition comme un des faits marquants de la saison artistique finissante.
Lorsqu'il s'agira un jour ou l'autre d'écrire la chronique du mouvement pictural à Liège, durant ces dix dernières années, on ne pourra, sous peine de lacune grave, omettre de souligner l'intérêt primordial que présente l'activité de cet atelier des Minimes, où des artistes se sont appliqués avec une conscience exceptionnelle, à rechercher le sens de la peinture. En d'autres régions, où le contact entre le public et les artistes est plus immédiat, plus direct voire plus impérieux, il est hors de doute qu'une telle entreprise aurait déjà connu les assauts de la publicité, ne fut-ce qu'à des fins idéologiques ou prétendument culturelles. Nous avons déjà vu cela quelque part, et l'idée d'une école régionale est tellement séduisante, pour ceux qui se sont assigné le rôle de publiciste artistique, que l'on serait tenté de s'étonner de l'absence d'un tel fait, si cet atelier avec ses efforts et ses réalisations n'était né précisément à Liège, terre de l'individualisme et de l'indifférence comme il n'en est nulle part ailleurs.
L'atelier des Minimes représente pour nous un effort tellement louable en soi et l'œuvre auquel celui-ci aboutit est si intéressant que l'on se doit d'y souscrire pleinement et de marquer d'une pierre blanche l'étape heureusement accomplie sur le chemin périlleux de l'art.
On ne peut porter un jugement sur cette exposition sans en mesurer la qualité à l'aune des valeurs courants; il n'et question ici ni d'épater les bourgeois, ni de les séduire, ni de leur concéder un pouce de terrain, en échange de quelque sonnante et trébuchante devise. Ces dames et ces messieurs ne se proposent nullement d'envahir les antichambres, les salons, les boudoirs ou les salles à manger des hôtels les plus richement décorés de notre cité. Que non point ! Ces peintres ont tout simplement décidé de faire de la peinture une chose sérieuse, qui sollicite l'effort continu, ignorant les commodités des contingences et la sonorité des outrances faciles. Ils ont oeuvré, le plus sérieusement du monde, t il résulte de leur labeur un ensemble d'oeuvres qui, selon un air de cousinage sympathique, n'en sont pas moins marquées du sceau de leur personnalité respective. C'est là un bien rare spectacle, aux temps où nous vivons, et c'est mieux encore qu'une exposition intéressante, puisque c'est la preuve qu'une époque comme la nôtre a des rigueurs de méthode et un sens du collectif auxquels peuvent se soumettre des gens talentueux et pas du tout fantaisistes. Autrefois on a bâti de la sorte des édifices qui sont des joyaux. Ce sont des œuvres toutes vivantes ici, et on aujourd'hui on assiste à une démonstration très puissante de la valeur d'une discipline. Une commune volonté de style, dans le dessin, dans la composition des palettes; des différenciations marquantes, définissant les tempéraments respectifs des exposants et en prolongement, une commune aspiration vers une forme d'art plus libre, plus décantée…
(…)
Dans l'ensemble, un groupe remarquable par son unité et ses personnalités nuancées et une des plus impressionnantes réalisations d'atelier qu'il nous ait été donné de voir à Liège." (Signé Herte)

"La parenté spirituelle entre les quatre peintres qui exposent actuellement à la galerie d'art du journal La Meuse est immédiatement visible: ils ont une pareille façon d'envisager le sens et la portée de leur art, une même foi dans sa nécessité intrinsèque; ils cherchent sa justification et son indépendance selon des normes identiques. C'est à l'imagination de l'artiste qu'ils confient le soin essentiel de l'œuvre; dès lors, de leur parenté spirituelle même, de leur ressemblance fondamentale, sort la diversité de leurs ouvrages respectifs.
Ne nous abandonnons pas à la tentation de chercher parmi ces quatre amis un chef de file: ce serait, au reste, contraire au respect que chacun d'eux éprouve et professe pour la liberté de chacun des autres. Que, cependant, le travail en commun, l'amitié, le constant amical et fougueux échange des réflexions et des expériences agissent sur les quatre peintres de ce groupe, voilà qui est peu douteux; on ne peut d'ailleurs que s'en féliciter et pour eux et pour ceux à qui se présentent leurs travaux, car ces contacts, s'ils peuvent être dangereux souvent, s'affirment féconds dès qu'ils se produisent entre des personnalités fortes et formées; or en l'occurrence, c'est le cas.
Au catalogue, on a adopté, pour le classement des peintres, l'ordre le plus admissible en raison même de ce qu'il a d'entièrement arbitraire mais de généralement convenu. Faisons de même pour tâcher de rendre quelques-unes des impressions laissées par une visite à l'exposition.
(… = un petit paragraphe par artiste) (non signé)

"Enfin, voilà donc que se montrent dans une exposition remarquable de cohésion et de style, quelques-uns de ces jeunes peintres liégeois qui, dans leurs ateliers de la cour des Minimes, élaborent une œuvre qui, incontestablement, comptera parmi les plus significatives de notre renouveau artistique.
Mmes E. Delbrouck, F. Germeau, Marcel Defize et M. Cocagne, tous quatre très avertis des évolutions de la peinture contemporaine, se sont attachés à en dégager les éléments qui leur permettraient de la prolonger dans une voie originale.
Non seulement ce groupe d'artistes a poussé très loin dans la voie de la perfection la recherche des moyens techniques, mais encore il a su observer son époque et en marquer fortement les thèmes très simples qu'il interprète. Malgré cette forte discipline, chaque individualité de cette compagnie a su néanmoins garder intacte sa propre sensibilité. Et c'est là ce qui fait de cette manifestation d'art si émouvante et que s'y retrouvent, intensément exprimées, les qualités de chacun: (…)
Chez tous quatre, les qualités de peintres s'imposent par l'ampleur et la richesse, les qualités d'artistes par la sincérité de l'émotion et la force avec laquelle elle se trouve exprimée.
Au résumé, on se trouve là devant un ensemble tel qu'on n'en vit plus chez nous depuis bien des années. Puisse un large succès en récompenser les auteurs." (Ed. S. in La Wallonie, 6 mai)