Le 1er décembre 1881, sur le modèle de la Jeune-France (fondée en 1878), succédant à la JEUNE REVUE, paraît la Jeune Belgique, mouvement et revue littéraire et artistique, créés par d’anciens étudiants de l’Université catholique de Louvain et de l’Université libre de Bruxelles.
La revue littéraire porte en exergue « Soyons nous »
Elle est fondée dans un contexte marqué par de profondes mutations sociales et politiques.
Elle deviendra le point de ralliement des jeunes écrivains qui s’opposent à l’académisme des auteurs « officiels ».
Sous la bannière de Max Waller, la Jeune Belgique va d'abord cristalliser un esprit de novation et de liberté en devenant l'organe de ralliement de tous les poètes qui se réclament de l'avant-garde.
Elle donne corps au renouvellement littéraire qui commence à percer en Belgique.
À ses débuts, la revue prend parti pour un naturalisme tempéré, celui de Daudet plutôt que celui de Zola, et pour la théorie de l'Art pour l'Art.
Elle réunit autour d'Iwan Gilkin, de Georges Rodenbach, de Max Waller, de Valère Gille et d'Albert Giraud, des poètes proches du Parnasse.
Max Waller dirigera la revue jusqu’à sa mort en 1889.
La rédaction se compose d’Emile Verhaeren, Albert Giraud et Emile Van Arenbergh.
S'y retrouvent également les naturalistes Camille Lemonnier et Georges Eekhoud ; Jules Destrée, le futur fondateur de l'Académie.
Dans le comité de rédaction, deux personnalités fortes s'affrontent : d'une part Max Waller qui se rallie impétueusement au naturalisme et Albert Giraud qui exprime d'extrêmes réserves quant à ce ralliement.
Collaborateurs : Maurice Sulzberger, Victor Witteman, Franz Mahutte, Henri Nizet.
Parmi les membres des premières années, on compte Georges Eekhoud, Iwan Gilkin, Henri Maubel, Georges Rodenbach, André Fontainas, Fernand Séverin, Valère Gille, Jules Destrée, Eugène Demolder, Louis Delattre, Maurice des Ombiaux, Charles van Lerberghe, Grégoire Le Roy, Maurice Maeterlinck.
Au sein de la "Jeune Belgique", les tendances les plus diverses, voire les plus opposées, s'affrontent.
À la fin, et pour éviter l'éclatement, les naturalistes, les parnassiens et les individualistes s'accordent sur une formule, celle de l'art pour l'art et se voudrait et se voudront fidèles à sa seule proclamation : « Nous faisons de la littérature et de l'art avant tout ».
La revue qui publie des œuvres inédites de Stéphane Mallarmé, Joseph Péladan, Joris-Karl Huysmans, Dante Gabriel Rossetti et Paul Verlaine, devient immédiatement un porte-parole important du symbolisme.