Historique
1868 (1e mars).
Un groupe de jeunes artistes, jouissant déjà d'une certaine renommée, fondent la Société Libre des Beaux-Arts.
Quatre membres du comité de la Société des Artistes belges des plus actifs en sont les fondateurs: Edouard Huberti, Constantin Meunier, Charles Degroux, Camille Van Camp.
Il s'agit principalement de paysagistes influencés par l'Ecole de Barbizon et les réalistes sociaux : Louis Artan, Alphonse Asselberghs, Théodore Baron, Hyppolyte de la Charlerie, Marie Collart, Joseph Coosemans, Louis Dubois, Constantin Meunier, Charles De Groux, Edouard Huberti, Edmond Lambrichs, Jules Raeymaekers, Félicien Rops, Eugène Smits, Camille Van Camp, Henri Van der Hecht et Alfred Verwee.
Cette association, créée pour réagir contre l’emprise du peintre néo-classique Navez sur les élèves de l’Académie de Bruxelles, dénonce l'académisme et plaide pour la liberté artistique et la peinture réaliste.
Ouvert, en principe, à tous les styles, il cherche surtout à promouvoir le réalisme en tant que style et théorie.
L'association organise 4 expositions : une en 1868 et trois en 1872.
Membres : e. a. Edouard Agneessens, Louis Artan, Alphonse Asselbergs, Théodore Baron, F. Boudin, Antoine-Félix Bouré, Paul-Jan Clays, Marie Collart-Henrotin, Joseph Coosemans, Charles Degroux, Hippolyte de la Charlerie, Louis Dubois, Adrien-Joseph Heymans, Edouard Huberti, Edmond Lambrichs, Paul Lauters, Constantin Meunier, Jean-Baptiste Meunier, Jules Raeymaekers, Félicien Rops, Eugène Smits, Camille Van Camp, Henri Van der Hecht, Isidore Verheyden et Alfred Verwée.
Trésorier : Camille Van Camp.
La majorité des membres le sont aussi du Cercle artistique et littéraire de Bruxelles et de la Société royale belge des Aquarellistes.
Comme la plupart des membres de la Société sont admis au salon de Bruxelles, le réalisme conquiert progressivement les milieux officiels.
La Société est soutenue par la revue « L’Art libre »
Après sa dissolution en 1875, plusieurs membres rejoignent La Chrysalide
1868.
( / - / ) Première exposition à la galerie du Roi, dans les locaux du Journal La Chronique.
* A côté des tableaux, elle présente également des études et des ébauches, afin de donner au public une idée des différents stades de la réalisation d'une peinture.
PRESSE :
- Stur Karl. Critique de l’Exposition de la Société libre des Beaux-Arts 1868, in Chronique, décembre 1868.
- A l'occasion de cette première exposition Arthur Stevens, frère des peintres'Alfred et Joseph publie un manifeste en faveur du réalisme sous le titre "La Modernité dans l'Art" : https://books.google.be/books?id=aK1BAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
1872.
( / - / ) Bruxelles, La Société Libre des Beaux-Arts (deuxième exposition) collabore à une exposition de bienfaisance à Bruxelles.
( / - / ) Bruxelles, Cercle artistique et littréraire. Société libre des Beaux-Arts. Troisième exposition.
* e. a. Oyens David, Oyens Pieter.
( / - / ) Blankenberghe, .Quatrième exposition de la Société Libre des Beaux-Arts.
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Une rétrospective de ses principaux adhérents eut lieu, en 1932 (12/11-04/12), au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
* Catalogue (140 p. ; 17,8 x 13,5 cm ; photo. n. / bl de quelques artistes) : textes de Gustave Vanzype et de Paul Colin.
1968.
(18/10-12/01/69) Bruxelles, M.R.B.A.: Réalisme et liberté. Les maîtres de la “Société Libre des Beaux-Arts”
* Agneesens Édouard, Artan de St Martin Louis, Asselberghs Alphonse, Baron Théodore, Boulanger Hippolyte, Boure Antoine-Félix, de Charlerie Hippolyte, Clays Paul-Jean, Collart Marie (Mme Henrotin), Coosemans Joseph, Dubois Louis, de Groux Charles, van der Hecht Henri, Hermans Charles, Heymans Adrien-Joseph, Huberti Édouard, Lambrichs Édmond, Lauters Paul, Madou Jean-Baptiste, Meunier Constantin, Oyens David, Pantazis Periclès, Portaels Jean, Robie Jean, Roelofs Willem, Rops Félicien, Smits Eugène, Stevens Alfred, Stevens Joseph, van Camp Camille, Vander Stappen Pierre-Charles, Verheyen Isidore, Verwée Alfred, Wauters Emile.
+ Van Strydonck Guillaume [à vérifier]
** Catalogue: préface de de Ph. Roberts Jones ; texte d'André A. Moerman, "Les faits et les hommes".
- Philippe Roberts-Jones, conservateur en chef. Préface.
En ce temps, en ce lieu, où le terme « culture » est devenu le slogan de tous ceux qui s’inquiètent du destin de la Nation, on est en droit d’espérer que les témoignages d’une tradition artistique séculaire -- seules réalités culturelles en fait - seront honorés enfin à leur juste valeur et dignement.
Une dynamique de la culture, avec ou sans qualificatif, mais qualifiée, devrait permettre à tout citoyen de contempler les fruits de la civilisation qu’il vit ou subit dans le cadre que ces objets appellent, sans avoir à rougir de conditions qui témoignent d’un degré de développement qu’il vaut mieux, cette fois, s’abstenir de qualifier dans une cité à prétention européenne.
Le département d’art moderne de nos Musées, fermé par l’Etat depuis dix ans pour cause de transformation, entame sa septième saison d’activité dans des locaux provisoires. Ceux-ci, salons d’une ancienne bijouterie à peine aménagée, poursuivent leur destin puisqu’ils abritent d'autres joyaux, moins classiques souvent, mais qui connaissent une fortune sensiblement plus grande. L’indice de fréquentation du public confirme l’excellence du site et la curiosité des amateurs, toujours plus nombreux, répond à une demande réelle.
Toutes les conditions se voient donc réunies pour rencontrer, au sein d’une société de consommation (contestée il est vrai, mais amendée en l’occurrence, puisqu’il s’agit de denrées spirituelles), le plus vif succès et satisfaire à une saine aspiration. Qu’attend-on dès lors pour réaliser, comme il se doit, les espaces nécessaires à présenter des collections qui méritent cet intérêt ? Il n’existe aucune objection valable, on le sait. Faut-il vraiment se résigner ?
Il y a cent ans, en 1868, une poignée d'artistes croyaient. En quoi ? En l’art, le vrai, le beau, Dieu, l’individu... Tout cela librement, avec l’avenir pour but. Peut-être croyaient-ils tout simplement à la vie, à l’œuvre à peindre ou à sculpter. Et ils avaient raison puisqu’ils vivent encore. Autour d’eux, les conventions, les combines, les politiques, les stratégies, les Salons, les grands principes et les faux problèmes, tout comme aujourd'hui, pontifiaient. Et tous ces beaux discours sont morts de froid dans les crevasses de leurs propres paroles, alors que Artan, Boulenger, Dubois, De Groux, Meunier, Stevens ou Rops, éclairent, émeuvent ou charment toujours. Que la Société Libre des Beaux-Arts soit dans l’histoire de la peinture belge un point de départ, une étape ou un aboutissement, elle fut en tout cas la prise de conscience nouvelle d’une sensibilité artistique dont la permanence et le rayonnement ne sont plus å souligner et dont aucune ligne fixe ne peut tracer la frontière ni dans le temps ni dans l’espace, ligne à la fois incertaine comme notre climat et multiple comme les jeux du soleil et des nuages.
Il y a cent ans, un groupe d'hommes voulait agir et créer, non pas selon des slogans agressifs, mais avec des couleurs vivantes. Si chacun a abouti suivant ses possibilités et avec des chances diverses, leur leçon commune fut féconde. Liberté et réalisme notre pays a souvent prouvé que ces deux vocables avaient un sens profond. La liberté, c’est d’être chacun ce que l’on est ; le réalisme, c'est de vouloir le devenir ensemble.
2016.
(19/02-26/03) Du romantisme à l’impressionnisme. La Société Libre des Beaux-Arts.
* Commissaire : Constantin Ekonomides

** Agneessens Edouard, Bellis Hubert, Boulenger Hippolyte, de Braekeleer Henri, Coosemans Joseph, De Blochouse Alexandre, de Groux Charles, de la Hoese Jean, De Simpel Bruno-Alphonse, Degreef Jean, Dubois Louis, Fontaine Victor, Fourmois Théodore, Hennebicq André, Hermans Charles, Heymans Adrien-Joseph, Lauters Paul, Oyens David, Robie Jean, Rops Félicien, Smits Eugène, Stevens Alfred, Stevens Joseph, Tschaggeny Charles, Tschaggeny Edmond, Van Camp Camille, Van der Hecht Guillaume
- Pierre Loze, texte de présentation sur le site de l’association.
La Société Libre de Beaux-Arts a été fondée par des artistes à Bruxelles, en 1868. Après l'opposition très démonstrative du romantisme au néoclassicisme, dans les années 1830, on a cru pouvoir interpréter la signification de sa création dans les mêmes termes et en faire cette fois un bastion du réalisme en opposition au romantisme et à l'académisme . Mais faut-il toujours regarder ce qui s'est fait en Belgique à la lumière des courants et des antagonismes successifs qui ont animé la vie artistique à Paris ? À y regarder de près, on s'aperçoit que la Société Libre de Beaux-Arts, dès sa création proclamait au contraire dans ses statuts qu'elle admet[tait] toutes les écoles et respect[ait] toutes les originalités. Constantin Ekonomidès a étudié en détail les œuvres des artistes très divers qui ont participé à cette Société qui se réclamait d'un climat de liberté complète, et en a réuni une quarantaine. Il voit au contraire dans sa fondation le premier acte d'indépendance des milieux artistiques belges par rapport au jeu des modes successives et le point de départ d'une volonté de tourner le dos à de vaines polémiques qui avaient empoisonné jusqu'alors la création des années antérieures, avec le désir de privilégier l'expression des talents au détriment de l'intrigue politique. Même si la Société fut dissoute assez rapidement en 1876, c'est à partir de ce moment en effet que s'est développé en Belgique un art plus authentique qui ne sera désormais plus réductible à l'art français et ce climat permettra notamment au luminisme belge d'éclore au sein même du réalisme, comme une expression originale, parallèle de l'impressionnisme français et bien différente par ses techniques. En se penchant de manière aussi précise sur cette courte période l'exposition entend éclairer ce moment que Paul Colin qualifiait comme un des sommets sinon le sommet de notre XIXe siècle.
- Constantin Ekonomidès. Présentation de l'exposition sur le site de l'Association du Patrimoine.
L'exposition que propose l'Association du Patrimoine artistique tente de retrouver cet esprit d’ouverture et de tolérance artistique qui animait les expositions de la Société Libre, et qui anime toujours notre compréhension de la diversité de l'art de cette période. Elle comportera une sélection d'une quarantaine d'œuvres issues exclusivement de collections privées belges. Nous avons étendu nos recherches dans toutes les directions possibles à la recherche des œuvres marquantes d’artistes rarement associés à la Société Libre, afin de rendre justice à un certain nombre parmi eux injustement ignorés par les expositions organisées par le passé.
Ainsi nous présentons pour la première fois au public des dessins d’Alphonse Bruno De Simpel, réalisés aux environs de la forêt de Fontainebleau, des photographies inédites d’Alexandre De Blochouse, peintre et photographe, des dessins et aquarelles d’Edmond Tschaggeny, et des dessins de Camille Van Camp. L’exposition présentera également des œuvres inédites d’Agneessens, Bellis, Boulenger, Coosemans, de Braekeleer, de la Hoese, Hennebicq, Hermans, Heymans, Degreef, Dubois, Fontaine, Lauters, Oyens, Robie, Rops, Smits, Stevens, Van der Hecht et Wauters.
Ce projet auquel notre association avait de longue date consacrée tous ses efforts n’aurait pas pu se réaliser sans la complicité de collectionneurs privés qui ont consenti le prêt de leurs œuvres.
Nous tenons également à exprimer notre reconnaissance aux familles, descendants des peintres, mécènes et homme des lettres, qui ont été liés de près ou de loin à l’histoire de la Société. Notamment les descendants des familles d’Edmond et Charles Tschaggeny, de Jules Léquime, d'Alphonse Asselbergs, de Louis Dubois, d'Henri Olin et d'Edmond Picard, qui ont gracieusement ouvert leurs collections et donné accès à leurs archives familiales.
Pour conclure, citons trois œuvres majeures provenant des anciennes collections Jules Léquime, Prosper Crabbe et Jules Van Praet, qui furent parmi les plus importants collectionneurs de la fin du XIXe siècle en Belgique.
Les Ruines du Château de Keniworth de Guillaume Van der Hecht (ancienne collection, Jules Van Praet)
Jeunes enfants et leur bonne d’Edouard Agneessens (ancienne collection, Jules Léquime)
La lecture de Jean de la Hoese (ancienne collection, Prosper Crabbe)