Disciplines et techniques
Peinture, Huile
Peinture, Huile
Information non documentée.
Figuration
Scène de genre
1894. Acheté à l'artiste par Henri Van Cutsem.
1904. G. Charlier, légataire universel de Van Cutsem.
1928. Acquis par le Musée des beaux-Arts de Tournai..
1890. Bruxelles, n° 818.
1920. Anvers, n° 219.
1980. Charleroi. Palais des Beaux-Arts (11/10-23/11). Art et société en Belgique, 1848-1914, n° 158, ill. coul. p. 55.
1985-86. Anvers, n° 58.
1996.-97 Anvers. Musées royaux des Beaux-Arts (24/11-16/02/1997) Tranches de vie. Le naturalisme en Europe 1875-1915 n° 79, ill. coul..
Aucune information complémentaire n'est renseignée.
- Leen De Jong in De l’impressionnisme ay symbolisme. L’avant-garde belge 1880-1900. Ed. Pandora, 1994 pp. 261-262.
Dans un paysage désolé, le long du chemin de halage d'une rivière, un homme tire derrière lui un invisible bateau. La ligne élevée de l'horizon permet à peine d'entrevoir le ciel, mais l'eau qui couvre la majeure partie de la toile reflète les réverbérations et les vibrations lumineuses de l'azur. Le cours de la rivière, d'en bas à gauche vers le haut à droite, est souligné par les digues basses, placées en diagonale, et par l'attitude courbée du haleur.
« La tristesse des choses mêlée à la tristesse des êtres » : c'est ainsi que Lucien Solvay (1897, 68-70) définit Le Haleur dans son livre consacré à Verstraete et il ajoute ailleurs que le peintre atteint dans cette œuvre la plus parfaite harmonie entre l'homme et la nature. Réaliser cette harmonie est un idéal pour tous les peintres réalistes, depuis Courbet jusqu'à Mauve, Lieberman et Uhde, en passant par Millet, Bastien-Lepage et Breton, pour ne nommer que quelques-uns des peintres avec lesquels Verstraete présente de profondes affinités. Les fermiers, pêcheurs et travailleurs de la terre incarnent par excellence l'unité entre l'homme et son environnement.
Le Haleur est une œuvre monumentale et dramatique, ample et claire de composition et de coloris. L'homme, aux contours ramassés, est vu de dos comme les personnages de La Veillée funèbre (1889-1891; Koninklijk Museurn voor Schone Kunsten, Anvers) et de Après l’enterrement (vers 1894; Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles), et comme ceux d'Eugène Laermans et des expressionnistes qui ont suivi.
Alors que dans beaucoup de ses toiles, Verstraete approche son sujet de façon narrative - d'une manière douce et charmante dans ses premières œuvres, mélancolique et même d'humeur sombre ensuite -, il trouve dans ce Haleur l'équilibre entre la narration et le paysage. Ni pur paysagiste, ni pur réaliste social, Verstraete se situe plutôt parmi les meilleurs artistes dans la tradition du naturalisme international. Le thème du haleur est au demeurant un motif de prédilection de ce courant artistique (pensons par exemple à la fameuse toile des Haleurs de la Volga, 1870-1873, d'Ilya Repin, qui parcourut l'Europe en accumulant les succès). Ce thème est aussi un leitmotiv de l'Ecole de La Haye: Anton Mauve, Jacob Maris, J.H. Weissenbruch et Jozef Israëls.
e pleinairisme prudent de Verstraete et son intérêt social lui valurent l'attention du collectionneur et mécène Henri Van Cutsem (1839-1904). Celui-ci possédait plus de quinze toiles, dont Le Haleur, et une centaine de dessins de Verstraete.