Biographie
BOREL France (1952-2021)
France Borel est historienne de l'art et docteur en Philosophie et Lettres.
Directrice de La Cambre de 1992 - 2002.
On lui doit plusieurs ouvrages sur la représentation du corps humain dans l'art et dans la vie quotidienne.
Grande voyageuse (Afrique-Inde-Japon...), elle a publié des essais et des romans notamment "Le Vêtement incarné", "Le Peintre et son miroir", "Confidences vénitiennes".
Elle s'éteint à l'Île Maurice où elle était en voyage, à l'âge de 69 ans.
Bibliographie de France BOREL
- Le Corps spectacle, Bruxelles, Éditions de l’ULB, 1987.
- Le Séducteur immobile, Paris, Séguier, 1989.
- * Dans ce premier roman, par touches impressionnistes, l’auteur raconte l’histoire d’un homme hanté par le projet d’écrire un livre dont il devine — pour des raisons obscures — qu’il sera le dernier. Mais cet écrivain est d’un tempérament distrait, il voyage sans cesse à travers ses souvenirs, ses fantasmes. Et ainsi défilent dans sa mémoire de multiples femmes chatoyantes, gourmandes ou diaboliques : une diva, une anatomiste, un modèle, une botaniste..., des femmes au corps généreux et à la sensualité ardente et dont un des points communs serait un sens rituel et théâtral du dévoilement, du déshabillage aussi...
- Le Modèle ou l’artiste séduit, Genève, Skira, 1990.
- * 199 pp.
- Préface pour Épreuves d’artistes, Namur, Remo Zandona, 1990.
- * 101 pp. ; en flamand, anglais et français
Auteur : Jean-Dominique Burton
Préfacier : France Borel.
- * 101 pp. ; en flamand, anglais et français
- Félix Roulin, Conversation avec France Borel, Gerpinnes, Tandem, 1991.
- * fragment, corps, dessin, sculpture, mythe, matière, modèle, écrit, empreinte
- Le vêtement incarné, Paris, Calmann-Lévy, 1992. Réédition en 1998.
- * De l’Orient à l’Occident, de l’Afrique à l’Océanie, l’homme et la femme transforment leur anatomie pour la rendre plus séduisante, plus attirante. Les critères de beauté, d’érotisme et de sensualité ne cessent de varier avec les civilisations. Tailles de guêpe au XVIIIe siècle, petits pieds des Chinoises, longs cous des Birmanes, oreilles percées ou tatouages des aristocrates russes, des explorateurs et des marins : quelles sont les motivations secrètes de ces parures incarnées et comment se réalisent-elles ? Bousculant les idées reçues, France Borel vient répondre à ces questions en conjuguant les approches ethnologiques, historiques et psychanalytiques. Mêlant les références littéraires et les réflexions esthétiques, livrant des informations rares, elle met en évidence les désirs de métamorphoses du corps qui marquent l’individu de la naissance à la mort et soulignent les étapes importantes de l’existence.
- Journal des décalages horaires. Japon, Gerpinnes, Tandem, 1992.
- * "Tokyo, rendez-vous pour une exposition dans une école désaffectée au centre de la partie la plus ancienne de cette mégalopole de trente millions d'habitants."
- The Splendor of Ethnic Jewelry: From the Colette and Jean Pierre Ghysels Collection, 1994
- Photographies : Bigelow Tyler.
- Collection Broché – 1 mars 2001
- * Au cours de l'histoire de l'humanité, les bijoux et autres types d'ornements corporels ont exprimé une multitude de significations dans la vie des gens - position sociale, statut marital, richesse individuelle, estime de soi. Toutes ces choses et bien plus encore se révèlent dans les objets que les hommes et les femmes utilisent et portent sur et autour de leur corps. Et ceux qui peuvent percevoir et comprendre les significations subtiles de ces objets richement élaborés, finement travaillés et magnifiques en sont d'autant plus riches. Parmi les plus belles collections privées de bijoux ethniques au monde figure celle de Colette et Jean-Pierre Ghysels. Constituée au cours de plus de trente années de voyages autour du monde, de randonnées consciencieuses et de commerce, la collection des Ghysels n'a jusqu'à présent été accessible qu'aux amis du couple et à des érudits sélectionnés. Jamais exposée de manière approfondie, jamais publiée de manière exhaustive, la collection est restée soigneusement protégée à Bruxelles. Publiée ici pour la première fois, la collection Ghysels est mise en lumière par de brillantes photographies - réalisées spécialement pour ce livre - par John Bigelow Taylor et accompagnées d'un texte d'introduction réfléchi et de grande portée par une érudite belge, l'historienne de l'art France Borel. Parmi les quatre cents reproductions en couleur époustouflantes de la collection figurent des pièces de tous les coins du globe - Afrique, Moyen-Orient, royaumes montagneux d'Asie, Inde, le triangle d'or, Indonésie et Malaisie, Philippines, Chine et Japon, Océanie et Amériques. Les matériaux dont elles sont faites couvrent une énorme étendue : or, argent, laiton, bronze et fer ; pierres précieuses et semi-précieuses telles que la cornaline, la turquoise et l'ambre ; fourrure animale, os, dents et plumes ; coquillages, ivoire, bois, cuir, pierre, verre, graines, fibres végétales et argile. La gamme des tailles, des formes et des techniques d'artisanat est tout aussi étonnante. Dans son aperçu général lucide et lisible du sujet et dans les introductions des sections géographiques, France Borel mène la lecture.
- Orfèvres lointains. Bijoux d'Asie, d'Afrique, d'Océanie et d'Amérique, Paris, Hazan, 1995 (Réédition en 2001)
- * Collection Colette et Jean-Pierre Ghysels
- * Textes de France Borel, Photographies de John Bigelow Taylor.
- * 256 pp
- * En or, en argent, en cuivre, en bronze ou en fer, incrustés de pierreries ou enrichis de fourrures d'animaux, de griffes, de plumes et de coquillages, ces bijoux de la collection de Colette et Jean-Pierre Ghysels révèlent tous une facture impressionnante, en même temps qu'ils apportent un enseignement capital sur les civilisations et les peuples dont ils proviennent.
- Jeux de plumes, avec dessins de Benoît Jacques, Montigny-sur-Loing, Benoît Jacques Books, 1996.
- * Un des 30 exemplaires du tirage de tête sous emboîtage numéroté, signé par les auteurs et comportant une eau-forte originale ( 10 X 16 cm) de Benoît Jacques signée, datée et numérotée.
20 pages avec neuf textes courts de France Borel ( ancienne directrice de l’ENSAV La Cambre à Bruxelles ) illustrés à la plume par Benoît Jacques. Pliage en accordéon, jaquette volante en bichromie vert et gris.
- * Un des 30 exemplaires du tirage de tête sous emboîtage numéroté, signé par les auteurs et comportant une eau-forte originale ( 10 X 16 cm) de Benoît Jacques signée, datée et numérotée.
- Francis Bacon, le visage en viscères, Paris, les Belles Lettres – Archimbaud,1996.
- * in Bacon, portraits et autoportraits, présenté par Milan Kundera ; suivi de Francis Bacon, le visage en viscères / par France Borel
* 211 pp - * Selon le vœu de Francis Bacon qui, quelque temps avant sa disparition, avait souhaité voir éditer un ouvrage rassemblant ses portraits et autoportraits, ce livre témoigne de la singularité et de l'importance du renouvellement de l'art du portrait opéré par le grand peintre anglo-irlandais.
- * in Bacon, portraits et autoportraits, présenté par Milan Kundera ; suivi de Francis Bacon, le visage en viscères / par France Borel
- Viet View, 1996.
- * De multiples voyages en Himalaya permirent dès 1976 à Jean-Dominique Burton de témoigner de la survie du peuple tibétain en exil. Le Viêt Nam est pour lui une respiration, une confrontation par rapport à une partie de l'Asie qu'il ne connaissait qu'à travers les récits de guerre qui hantèrent sa jeunesse. C'est un Viêt Nam d'aujourd'hui parcouru du nord au sud à la découverte des minorités, de la vie, de la mort, du culte des ancêtres et de ses quelques moines restant, face à la nouvelle religion du dieu dollar.
Fascinant voyage qui fait ressentir dans un même pays, origine et avenir, suscitant ainsi une réflexion sur le bien fondé de ce que l'on appelle progrès.
Ce livre en témoigne à travers les photographies de Jean-Dominique Burton et le texte de France Borel.
- * De multiples voyages en Himalaya permirent dès 1976 à Jean-Dominique Burton de témoigner de la survie du peuple tibétain en exil. Le Viêt Nam est pour lui une respiration, une confrontation par rapport à une partie de l'Asie qu'il ne connaissait qu'à travers les récits de guerre qui hantèrent sa jeunesse. C'est un Viêt Nam d'aujourd'hui parcouru du nord au sud à la découverte des minorités, de la vie, de la mort, du culte des ancêtres et de ses quelques moines restant, face à la nouvelle religion du dieu dollar.
- Bruxelles Art déco 1920-1930, Paris, Norma, 1996
- Textes de Françoise Aubry , France Borel , Naeyer De , Françoise Deville , Éric Hennaut , Anne Lambrichs , Caroline Mierop
- Exposition du même nom, Bruxelles, Fondation pour l'architecture, 25 juin-1er décembre 1996
- Publié sous le titre original "L'architecture Art Déco, Bruxelles, 1920-1930" par les AAM, Bruxelles, 1996
- Hong-Kong : La Charnière, avec photographies de Jean-Dominique Burton, Tandem, coll. « Alentours », 1997.
- * 57 pages
- * Wynants Jena-Marie, “PHOTOGRAPHIE : Hong Kong vu par Jean-Dominique Burton, Il ne s'est rien passé le 1er juillet”, in Le Soir, 26/01/1998.
En juin dernier, Jean-Dominique Burton et France Borel s'envolaient à destination de Hong Kong. Comme eux, des centaines d'envoyés spéciaux venus du monde entier se retrouvaient sur cette île qui se préparait à redevenir chinoise après cent cinquante-six ans de présence anglaise. Loin des préoccupations des journalistes professionnels, le photographe et l'écrivain allaient se promener un mois durant à travers l'île. Quinze jours avant le fatidique 1er juillet, jour de la rétrocession officielle à la Chine, et quinze jours après cette même date : un mois pour sentir la ville avant, pendant, après.
Partout dans le monde, on s'excitait, on échafaudait les hypothèses les plus diverses dans un mélange d'anxiété et d'excitation. Sur place, Jean-Dominique Burton et France Borel découvraient tout autre chose.

- « La Belgique : non peut-être ? », in A. Pickels et J. Sojcher, La Belgique toujours grande et belle, Bruxelles, Complexe, 1999, pp. 369-371.
- Comment peut-on être belge ? En réponse à cette interrogation, les réflexions d'une cinquantaine d'écrivains, d'universitaires et d' "acteurs du champ culturel" originaires d'un pays qu'il n'est pas toujours aisé d'appréhender.
- Comment peut-on être belge ? En réponse à cette interrogation, les réflexions d'une cinquantaine d'écrivains, d'universitaires et d' "acteurs du champ culturel" originaires d'un pays qu'il n'est pas toujours aisé d'appréhender.

- Le Peintre et son miroir. Regards indiscrets, Bruxelles, La Renaissance du livre, 2002.
- * De Léonard de Vinci à Matisse, de Van Eyck à Picasso, de Vélasquez à Bonnard, le miroir habite l'histoire de la peinture occidentale, il en est même une des origines. Omniprésent, il sert d'outil au peintre pour jouer avec les illusions, pour montrer ce qui est caché, pour capter ce qui est secret, pour entraîner ailleurs le regard du spectateur. Avec le miroir, l'artiste forme et déforme le réel, multiplie les mises en scène et circule à travers la mythologie, les allégories et la littérature. L'objet de la vie quotidienne est là, il révèle, réfléchit et fait réfléchir le peintre ; il permet de pénétrer dans l'intimité des créateurs jusqu'à en livrer leurs autoportraits. Ce livre propose un voyage à travers l'histoire de la peinture pour nous faire découvrir les mille facettes des jeux de miroir. Narcisse est envoûté par son image, Vénus, coquette, s'admire alors que les Vanités rappellent la précarité de l'existence et que les anamorphoses brouillent les pistes de la représentation... L'auteur crée un face à face entre peinture et littérature et met à jour des connivences, des complicités dans l'obsession des reflets.
- * De Léonard de Vinci à Matisse, de Van Eyck à Picasso, de Vélasquez à Bonnard, le miroir habite l'histoire de la peinture occidentale, il en est même une des origines. Omniprésent, il sert d'outil au peintre pour jouer avec les illusions, pour montrer ce qui est caché, pour capter ce qui est secret, pour entraîner ailleurs le regard du spectateur. Avec le miroir, l'artiste forme et déforme le réel, multiplie les mises en scène et circule à travers la mythologie, les allégories et la littérature. L'objet de la vie quotidienne est là, il révèle, réfléchit et fait réfléchir le peintre ; il permet de pénétrer dans l'intimité des créateurs jusqu'à en livrer leurs autoportraits. Ce livre propose un voyage à travers l'histoire de la peinture pour nous faire découvrir les mille facettes des jeux de miroir. Narcisse est envoûté par son image, Vénus, coquette, s'admire alors que les Vanités rappellent la précarité de l'existence et que les anamorphoses brouillent les pistes de la représentation... L'auteur crée un face à face entre peinture et littérature et met à jour des connivences, des complicités dans l'obsession des reflets.
- Confidences vénitiennes. Les derniers jours du Titien, La Renaissance du Livre, 2004.
- (Roman)
- "Mes Vénus vivront, les siècles passeront sur elles, sur leur chevelure soyeuse, sur leur ventre généreux. Elles rayonnent dans leur chair opulente alors que je suis presque mort. Mes doigts sont déformés, raides, comme si leur position essentielle - celle de tenir un pinceau - s'était figée définitivement.
À Venise, Le Titien est centenaire. Dans le silence de son atelier, il cherche à réaliser son ultime autoportrait. Sa mémoire vagabonde, il revit son existence à l'envers. Les souvenirs - la naissance des tableaux, ses passions, ses voyages, ses rencontres - se mêlent aux rêves et dansent avec la mort dans le règne d'une sensualité souveraine e
mélancolique. Ce récit en forme de confidence nous ouvre la porte de l'atelier du grand maître vénitien, saisissant ces moments délicats de création d'une œuvre dans laquelle triomphe la beauté charnelle, délice des yeux : non pas un rêve, mais la volupté la plus visible."
Décès en 2021
Post instagram de La Cambre, 11 février 2021
La communauté de La Cambre vient d'apprendre avec une profonde tristesse le décès de France Borel (1952-2021) qui dirigea l'école de 1992 à 2002. Grande voyageuse passionnée par l'Afrique et l'Asie, nomade jusqu'au dernier jour, elle nous a quittés de façon soudaine dans un lieu qui lui était cher.
Historienne de l'art et docteur en Philosophie et Lettres diplômée de l'ULB, elle fut la première femme nommée à la direction de La Cambre, après y avoir enseigné l'histoire de l'art et l'esthétique durant douze années dans un cours visionnaire qu'elle appelait « Lectures de l'art ». Elle exerce sa fonction avec idéalisme et panache et invite des personnalités emblématiques comme Pierre Alechinsky ou Pierre Restany. On lui doit aussi la mise sur pieds d'un organe de concertation qui préfigurait le Conseil de gestion pédagogique ainsi que l'organisation de deux manifestations importantes : "La Cambre s'expose 1927-1997" à l'occasion des 70 ans de l'école et une vaste exposition transversale sur le thème de l'écologie et de l'environnement en 2002, « Le jour du printemps, l'École s'ouvre » écrivit-elle en introduction.
Femme libre et audacieuse, esthète érudite, elle étudia les questions du corps et de sa représentation dans de nombreux essais Le corps spectacle (éditions de l'Université de Bruxelles, 1987), Le modèle ou l'artiste séduit (Skira, 1990), Le vêtement incarné (Calman-Lévy, 1992), Orfèvres lointains (Hazan, 1995) Le Peintre et son miroir (La Renaissance du Livre, 2002), Bacon. Portraits et autoportraits (avec Milan Kundera, Belles lettres-Arcimbaud, 2003). Elle nous laisse également plusieurs romans et nouvelles ainsi que Jeux de mains avec les dessins de Benoît Jacques (Benoît Jacques Books, 1995) et Hong-Kong Transit avec le photographe Jean-Dominique Burton (Le Soir et ZB22, 1997).
Nous présentons nos sincères condoléances à ses proches et aux personnes qui l'ont connue et appréciée.
(Photo © Franck Christen, 2002)
Denuit Renaud (sur Facebook le 15.05.2021) France BOREL (1952-2021), complément. In Memoriam.
Partie seule à l'île Maurice elle y est décédée, seule. Elle avait voyagé énormément, prioritairement vers l'Orient. Elle avait cessé sinon d'écrire, en tout cas de publier, depuis 2004 : comme un parfum de trajet rimbaldien. J'ai écrit à l'Ambassade de France à Maurice pour avoir des informations, mais je n'ai pas reçu de réponse. Car elle était française (avec la nationalité belge de surcroît depuis la fin des années 1970). Selon une source, elle aurait été terrassée par une rupture d'anévrisme suivie d'un infarctus, puis incinérée sur place ; ses cendres auraient été dispersées dans le Gange et l'Océan, conformément à ses volontés. Je regrette beaucoup que son entourage immédiat (dont j'ignore l'identité, car elle n'avait ni fratrie ni progéniture) n'ait pas jugé bon de publier un avis nécrologique ni d'organiser un hommage à Bruxelles, la ville où elle avait sa maison. Comme je l'ai écrit, à part La Cambre, ce fut un silence médiatique immérité. La littérature et l'art étaient chez elle en fusion.
L'oubli est déjà à l'œuvre
(photo : En Bavière en1983 (© Renaud Denuit))