Femme au corset rouge

1880 Toile 65 x 60 cm Huile

Disciplines et techniques

Peinture, Huile

Matériaux

Information non documentée.

Mouvements et tendances

Figuration

Thèmes

Portrait

Provenance

Catalogue Rassenfosse. Edition Charles Dechevalerie, 1927, p. 65.

 

1921. Liège, Musée de l'Art Wallon. Acquis en 1921 au Salon de la Société des Beaux-Arts. Inv. 797.

Expositions

1920 Liège, Palais des Beaux‑Arts du Parc de la Boverie. Salon 1920

1927 Stockholm / SE, Liljevalchs Konsthall. Äldre och Nyare Belgisk Konst.

1927 Liège. Palais des Beaux-Arts. Rétrospective organisée dans le cadre du Salon de 1927.

1939. Liège, Musée des Beaux-Arts. Cent ans d'art wallon.

1940 Bruxelles. Musées royaux des Beaux-Arts. Les chefs-d'œuvre du Musée de Liège, n° 24.

1949 Liège. Emulation. Artistes wallons.

1949 Groningen / NL. Luikse kunstenaars van heden, n° 26.

1950 Liège, Musée des Beaux-Arts. de Witte Adrien. Rétrospective.

1950 Lyon Musée des Beaux-Arts. Exposition de penture belge contemporaine.

1964 Liège Musée de l'Art wallon. 125e anniversaire de l'Académie des Beaux-Arts de Liège.

1984 Liège Musée de l'Art wallon. Le nu dans les collections du Musée de l'Art wallon, n° 4 (ill. n. et bl.).

 

 

Informations complémentaires

Classé Trésor par la Fédération Wallonie-Bruxelles le 14 mars 2014.

Bibliographie

in Catalogue du Musée de l'Art Wallon. Liège, 1954, p. 563.

 

in Catalogue de l'exposition Le Nu dans les collections du Musée de l'Art wallon et de l'Evolution culturelle de la Wallonie, Liège, 1984, p. 21, n° 4.

La femme au corset rouge est un événement dans l'art liégeois du XlXe siècle. Alors que nos peintres restaient à la remorque de l'évolution artistique, surtout centrée sur Paris, Adrien de Witte, avec cette œuvre, se mêle directement à la bataille impressionniste. Chez Nadar, en 1874, une première exposition réunit Monet, Renoir, Cézanne, Degas... Cette exposition, accueillie par des sarcasmes, constitue l'acte officiel de naissance du mouvement. En 1880, l'impressionnisme, toujours militant, n'avait pas encore triomphé. Adrien de Witte, dans une ville peu accueillante aux beaux-arts et hostile aux mouvements d'avant-garde, ose son chef-d'œuvre. La femme au corset rouge frappe par sa présence extraordinaire, faite de naturel dans l'attitude, d'audace dans le coloris, de lumière triomphante. Que le titre ait été choisi par l'artiste ou imposé par la tradition importe peu. L'essentiel réside bien dans ce corset rouge qui accentue la cambrure de la taille, met en valeur le torse pâle du modèle, dégage à moitié sa poitrine et souligne le rythme ternaire de la composition. Poésie du quotidien, parfum de la femme: tout est dit dans cette œuvre où audace et vigueur se côtoient.

Gaëtane Warzée sur le site du Musée Boverie.

Adrien de Witte, peintre, graveur et dessinateur liégeois signe ici son chef-d’œuvre. L’ancien conservateur du Musée du Louvre, René Huyghe, en évoquant la Femme au corset rouge, n’hésitait pas à la prétendre digne d’un tableau d’Edgard Degas.

Exécutée à Rome en 1880, durant le second séjour italien de l’artiste alors boursier de la Fondation Darchis, la peinture donne à voir un de ses modèles favoris : Luisa Giardini. Adrien de Witte l’a croquée sur le vif, et non durant la traditionnelle séance de pose. Le moment est dérobé à la jeune femme qui se rajuste dans une intimité des plus sensuelles : levant les bras pour mettre de l’ordre à sa coiffure, elle révèle involontairement le galbe de sa poitrine jaillissant de la chemise et du corsage à peine relacé. Le côté instantané auquel s’ajoutent les jeux d’ombres et de lumières confèrent au tableau un caractère impressionniste. Mais bien au-delà de toute appartenance à un mouvement stylistique, la simplicité même de la composition et l’économie de la palette suffisent à lui conférer le statut d’une œuvre de tout premier ordre.

En Italie, les femmes du peuple portaient le corset par-dessus leur chemise, au vu de tous. La couleur de la pièce de lingerie indiquait le statut social de celle qui l’arborait. Le rouge était réservé aux femmes mariées. Depuis le XVIIIe siècle, les représentations figurant des Italiennes vêtues de la sorte étaient légion, toutes écoles confondues. Tableaux d’histoire, scènes de genre et portraits de personnages typiques en costume traditionnel multipliaient les représentations en la matière.

Le trait de génie d’Adrien de Witte est de n’avoir retenu que le détail du fameux vêtement, ainsi sublimé et devenu le sujet essentiel de la composition. L’artiste campe là une jeune paysanne corsetée de rouge, certes, mais dans la veine des femmes à leur toilette et autres scènes intimistes à la mode de son temps. Le tout est peint avec finesse et sensualité, sans vulgarité aucune.

Femme au corset rouge