Description physique
1 volume, in-4, 39 pp., pl. en héliographie et chromotypogravure
1 volume, in-4, 39 pp., pl. en héliographie et chromotypogravure
Compte rendu d’Edith Greindl in Apollo n° 10. Bruxelles, 1e mars 1942, p. 25.
Cet important recueil de planches, consacré à la peinture flamande ancienne, est précède d’une brève introduction où l’auteur nous livre succinctement le fruit de longues méditations élaborées dans l’intimité des plus purs chefs-d’œuvre de l’art. Il parvient ainsi à nous faire pénétrer pleinement la conception si particulière des Primitifs flamands. Il nous explique aussi comment le prétendu « réalisme » qu’on rencontre dans ces œuvres résulte de l'objectivité de leurs auteurs. Ce réalisme n’a jamais été pour eux le but qu’ils s’étaient assigné; il émane naturellement du besoin intense de vérité propre à l’esprit de l’époque, qui précédait immédiatement celle de l'Humanisme. On comprend dès lors que dans l’exécution d’un portrait, ces peintres ne se limitent pas à la représentation sincère de l'individu et s’efforcent dc donner un aperçu de l’humanité dans ce que celle-ci possède de plus essentiel et de plus général.
Comme toute naissance d'un style entraine le rejet des formes usitées précédemment, on verra les Primitifs abandonner délibérément la stylisation chère aux artistes du XIV” siècle, pour rechercher une forme plus objective. Leur principal apport consiste dans l’enrichissement du coloris. Par l’accord des valeurs coloristiques et la beauté de la forme, ils parviennent à conférer à leurs œuvres l’unité de composition. Une parfaite connaissance du métier, jointe à des tons originaux, leur permit d’exprimer en des formes plastiques d'une beauté transcendantale leur vision intérieure.
Tout en considérant comme les pages les plus intéressantes de ce volume celles consacrées à l’esprit et la forme des Primitifs, nous nous en voudrions de passer sous silence celles où l’auteur traite de la technique. On a coutume de répéter que les Van Eyck furent les premiers artistes qui se servirent de la peinture à l'huile en Flandre. C’est là une légende tenace que d’aucuns ont voulu défendre en se basant sur les affirmations de deux historiens d’art du XVIe siècle, Vasari et van Mander. Reprenant les textes de ceux-ci, l’auteur constate que Vasari a tenté d’expliquer la perfection des œuvres de Jean Van Eyck par sa technique, mais les commentaires de Vasari demeurent loin d’être concluants. Quant à van Mander, il n’a fait que reprendre à son profit les assertions de son ainé, sans rien ajouter de neuf. En réalité, on sait à présent, grâce à de nombreux textes d'archives, que la peinture à base d'huile était déjà en usage en Flandre au XIVe siècle.
Des notices concises concernant les peintres et les œuvres reproduites, font de ce volume un ouvrage parfaitement documenté. Signalons à côte des excellentes reproductions de détail d’œuvres célèbres, celles de. tableaux moins connus du public tels que : L’Adoration des Mages par Juste de Gand (New-York, coll. George Blumenthal), Saint Etienne par Memling (Cincinnati, coll. E. W. Edwards), Le Christ bénissant par Quentin Metsys (Winterthur, Musée de la Société de l’Art), La Vierge aux Cerise par Quentin Metsys (Cincinnati, coll. E. W. Edwards), Vénus et l’amour par Jean Gossart (Paris, coll. A. Schloss), Saint Jérôme par Josse van Cleve (New-York, coll. Silberman), le-Portrait de Ferdinand d’Autriche par Vermeyen (La Haye, coll. Bachstitz).