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Gauguin Paul (1848-1903)
Ne copiez pas la nature. L'art est une abstraction. Au contraire, amenez votre art en rêvant devant elle et pensez davantage à la création.
Chercher l'art et l'abstraction dans la nature en rêvant en présence de celle-ci.
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Kandinsky Vassily (1966-1944)
La forme la plus haute de l'art est l'art abstraite
La couleur est un moyen d'exercer une influence directe sur l'âme. La couleur est la touche. L'œil est le marteau. L'âme est le piano aux cordes multiples
L'art abstrait place devant le spectateur le contenu d'un monde intérieur, un monde qui ne peut être vu avec des yeux extérieurs.
L'art peut atteindre son plus haut niveau s'il se dégage de sa situation de subordination vis-à-vis de la nature, s'il peut devenir absolue création et non plus imitation des formes du modèle naturel.
Mondrian Piet (1872-1944)
L'art doit exprimer le réel abstrait, c'est-à-dire l'harmonie et le rythme universels, qui sont la vraie réalité.
L’art abstrait s’exprime par une image des plus concrètes – par la forme la plus réduite et élémentaire. (L’Expression plastique nouvelle dans la peinture » in Cahiers d’art, n° 7)
La nouvelle vision plastique ne trouve aucune expression possible dans la représentation naturelle.
L'œuvre d'art ne doit pas être la reproduction d'une impression, mais l'expression d'une réalité universelle.
L'art est plus réel que la réalité, car dans l'art la réalité est purifiée.
L'art, en réalisant la vision plastique pure, nous montre que l'unité entre la nature et l'esprit peut être atteinte.
Je pense que la destruction de la figuration est nécessaire, non pas parce que la figuration est en soi une erreur, mais parce que l'art est en relation directe avec la vie.
Est beau ce qui procède d'une nécessité intérieure de l'âme. Est beau ce qui est beau intérieurement.
Malevitch Kasimir (1879-1935)
Sous le Suprématisme, j'entends la suprématie du sentiment pur dans l'art créatif. Pour les Suprématistes, l'objet, en tant que tel, est dénué de sens ; le sentiment en tant que tel est donc tout.
La suprématie de la sensation pure dans l'art est le principe de l'art nouveau. L'art ne doit pas servir de propagande pour une idée, ou de décoration, ou d'illustration. Il doit être pur.
Marc Franz (1880-1916)
J’ai, très tôt, perçu l’homme comme un être « laid » ; l’animal me semblait plus beau, plus pur. Malgré tout, j’y décelais aussi médiocrité et laideur. C’est pour cela que mes représentations sont devenues (dictées par une nécessité intérieure) de plus en plus schématiques, abstraites (in Briefe, Schriften und Aufzeichnungen)
Van Doesburg Théo (1883-1931)
L'art n'est pas la représentation de la beauté, mais la beauté elle-même. Il est la réalité absolue de la vision plastique pure.
Nous voulons un art universel, un art qui soit compréhensible par tous, qui soit le résultat d'une construction logique.
Rien n'est plus concret, donc plus réel, qu'une ligne, une couleur, une surface."
Delaunay Robert (1885-1941)
La vision d'un tableau abstrait est une pure réalité.
Buchheister Karl (1890-1964)
J’ambitionne une participation active aux problèmes du temps, en dépassant la pure harmonie esthétique de la couleur et de la forme, n'aboutissant qu'à un art de complaisance. L'œuvre, forçant l’attention du spectateur, fait que la peinture non-figurative devient de plus en plus nécessaire à l'éveil de l'esprit et au développement de l'homme. L’impression donnée par la peinture naît de la conjonction de la force expressive du tableau et de la réceptivité du spectateur. Par l’éducation de sa sensibilité artistique, l'homme cessera d'être soumis à la psychose des masses, et développera, au contraire, la singularité de sa perception. (1953)
Folmer Georges (1895-1977)
L’Art non figuratif est la recherche de la personnalité profonde de l’artiste ; c’est un balancement mesuré de son équilibre, de sa sensibilité, de sa fantaisie… Équilibre des surfaces et des lignes vont de pair avec la mesure et la raison. (Note manuscrite de Georges Folmer, 1950).
Schneider Gérard (1896-1986)
A la suite des recherches et des découvertes accomplies par les grands précurseurs de la fin du siècle dernier, est apparue la possibilité d’une peinture libérée de son sujet figuratif et la nécessité d’une nouvelle esthétique. Nous sommes quelques-uns à avoir éprouvé le besoin d’apporter un caractère spécifique d’expression à cette esthétique, afin que l’œuvre d’art remplisse pleinement sa fonction originale de création. Nous n’avons fait ainsi que poursuivre l’aventure des générations précédentes qui, toutes, aspiraient plus ou moins consciemment à la même fin : l’autonomie de l’expression. Libéré enfin de la fiction sociale, de la tyrannie du réel, de toute règle apprise, la peinture contemporaine acquiert une existence autonome, absolue, disposant de formes, de couleurs et de rythmes à foison. Nous sommes bien au début d’une nouvelle ère artistique que justifiera l’avenir (1953)
Il faut voir la peinture abstraite comme on écoute la musique, sentir l'intériorité émotionnelle de l'œuvre sans lui chercher une identification avec une représentation figurative quelconque. Ce qui est important, ce n'est donc pas de voir l'abstrait, c'est de le sentir. Si une musique me touche, m'émeut, alors j'ai compris quelque chose, j'ai reçu quelque chose ... Dans ce que je considère comme une évolution naturelle j'ai surtout apprécié la théorie surréaliste de la libération du subconscient. L'abstrait c'est la libération de tout conditionnement extérieur, c'est l'aboutissement d'un processus de création individuelle, de développement personnel dont les formes n'appartiennent qu'à moi-même. J'assimilerai cette démarche a l'improvisation musicale : quand je fais du piano pendant plusieurs heures, il m'arrive d'improviser en fonction d'un état psychologique précis ; en peinture quand je prends une brosse ou un pinceau, une mécanique de création se déclenche et ma main vient porter un signe, préciser une forme, qui dépend de mon état intérieur ; c'est une improvisation, une création spontanée.
Poliakoff Serge (1900-1969)
L’existence de l’art abstrait sera beaucoup plus longue que celle de mouvements tels que, pour citer des exemples, le cubisme ou le fauvisme. Elle aura une évolution aux multiples aspects. L’art abstrait est comme un grand arbre dont les branches sont mues par les vents. Il permet à la liberté d’esprit de s’épanouir et à l’homme de s’exprimer, débarrassé des limites des conventions figuratives. Je suis persuadé que je ne verrais jamais de mon vivant la renaissance d’un art figuratif, et que, pour un artiste abstrait sincère, il est impossible de revenir au figuratif (1953).
Rothko Mark (1903-1970)
Il y a plus de force à dire peu qu'à dire tout
Une peinture n'est pas la représentation d'une expérience, c'est une expérience.
L'artiste invite le spectateur à faire un voyage dans le champ de la toile … S'il ne fait pas ce voyage, le spectateur passe à côté de l'expérience essentielle du tableau.
Dali Salvador (1904-1989)
Nous avons tous faim et soif d’images concrètes. L’art abstrait aura servi à cela : rendre sa virginité exacte à l’art figuratif (in Journal d’un génie. Éd. La Table Ronde, 1964)
Hartung Hans (1904-1989)
La toile est un espace où je me confronte à moi-même, où mon énergie et mes émotions se déchargent directement.
Vasarely Victor (1906-1997)
Le peinture abstraite, nouvelle dans sa conception, différente dans sa démarche, se rattache encore à la peinture traditionnelle, par une technique et par une présentation formelles communes, qui la freinent dans son élan et rendent ses conquêtes équivoques. Je suis conscient du fait que le passage d’une condition dans une autre nécessite l’abandon d’anciennes vertus pour s’assurer la possession de nouvelles. Le créateur de nos jours, perd lentement le goût et le savoir de son métier ancestral, en suprême compensation, son époque le dote de nouveaux outils. Un individu ne peut faire qu’une partie du « travail ». C’est de l’ensemble d’une équipe que jaillira la confirmation du pas accompli ; c’est la somme des œuvres produites par des individualités se mouvant dans le même sens, qui exprimera l’époque (1953).
Bill Max (1908-1994)
Ce que nous appelons « art concret » se base sur des lois qui sont les propres lois de la création sans emprunter des phénomènes de la nature, ni sous forme de « reproduction » ni sous forme de « transformation », c’est-à-dire sans « abstraction ». L`art concret, dans sa dernière conséquence, est l’expression pure des lois de l’harmonie. Il crée des systèmes et leur donne la vie par des moyens artistiques. Il aspire à l’universel tout en se vouant à l’unique. (1953)
Manessier Alfred (1911-1993)
Il nous faut reconquérir ce poids de réalité perdu, il nous faut nous refaire un cœur, une pensée, une âme à la mesure de 1'homme.
Le réel, la réalité du peintre n’est ni dans le réalisme, ni dans l’abstraction, mais dans la reconquête de son poids d'homme...
La non-figuration me semble être la « chance » actuelle où le peintre peut le mieux remonter vers sa réalité intérieure, reprendre conscience de son essentiel, voire de son essence. Et ce n'est qu`à partir de ce point reconquis, je crois, que le peintre pourra dans l’avenir, remonter lentement en lui-même, retrouver son poids et revitaliser jusqu'à la réalité extérieure du monde.
Jacobsen Robert (1912-1993)
L’artiste abstrait est en perpétuel état d'observation. Mais au lieu de limiter cette dernière à l’apparence extérieure des objets, il la déploie à toutes les activités humaines accessibles à tous nos sens, à tous nos instruments, à notre entendement tout entier. Observer le « développement » de toutes choses dans l'univers nous introduit directement dans le développement de la création artistique qui n'en est qu'un cas particulier. L`investigation la plus aiguë préside à l’étude du matériau, de ses lois et de ses possibilités, à l’observation de ses vivantes fluctuations pour aboutir à l’œuvre d’art, à la connaissance la plus claire des sensations et des émotions perçues par l’artiste et les spectateurs (1953)
Pollock Jackson (1912-1956)
Quand je suis dans ma peinture, je ne suis pas conscient de ce que je fais. C'est seulement après un genre de "période de familiarisation" que je vois ce que j'ai fait. Je n'ai aucune crainte de faire des changements, de détruire l'image, etc., parce qu'un tableau a sa propre vie. J'essaie de la laisser émerger
Jonquières Eduardo (1918-2000)
Problème de forme, la peinture ne peut pourtant pas se borner à être un jeu purement formel.
C'est par le truchement du peintre qu'une peinture qui se veut abstraite demeure à jamais humaine ; le réel, qu’il le veuille ou non, y transparaît. Un tableau qui ne serait que géométrie cesserait d’être une entreprise humaine. Et l'homme, en définitive, est ce qui importe, l’homme absolu.
Lapoujade Robert (1921-1993)
Les toiles ne sont pas un morceau ambigu de nature ou de mine. Aucune recherche de la lumière ou de 1'espace ne les a conditionnées, elles veulent être d’abord de la peinture. Elles procèdent ensuite de constantes psychologiques inévitables, de cette universelle analogie que l’abstraction seule peut conférer au réel : une ligne horizontale peut apparaître comme l'étendue de l'infini, une verticale comme une rupture, comme l'effort désespéré d’un mouvement : un affaissement exprime la désolation. C’est sur la base de ces éléments - essentiels parmi d'autres dans notre expérience - que s'instaure l’évidence plastique.
Richter Gerhard (1932)
Les tableaux abstraits sont des modèles fictifs, parce qu’ils rendent visible une réalité que nous ne pouvons ni voir ni décrire mais dont nous pouvons déduire l’existence.
Quand je peins un tableau abstrait, je ne sais ni avant, ni pendant, à quoi il ressemblera, où je vais et ce dont j'ai besoin pour y parvenir. De ce fait, peindre est une démarche presque aveugle et désespérée qui ressemble à celle d'un être désemparé livré à un univers inintelligible
Mangold Robert (1937 - )
Je considère l’abstraction comme le moyen le plus direct de faire une déclaration avec le minimum de malentendus. (cité par Pierre Sterckx in 50 Géants de l’art américain)