Biographie
Hippolyte Fierens-Gevaert
(12/08/1870 - 16/12/1926)
Famille nombreuse
Son père, Georges Joseph Fierens, est commissaire-priseur
Après avoir fréquenté l’athénée jusqu’en troisième année, s’inscrit en 1887 au Conservateur royal de Musique de Bruxelles.
* Une de ses sœurs, Caroline, dotée d'une voix magnifique fit carrière à l'opéra de Paris ; ce succès de leur fille avait ébloui les parents du jeune Fierens ; celui-ci avait aussi une fort belle voix et on lui fit interrompre ses humanités pour l'envoyer à la classe de chant au conservatoire.
** Y obtient un Premier Prix de Chant avec mention du jury.
1890.
Entre ensuite à l'Opéra de Lille ; peut-être serait-il devenu un grand chanteur, si sa voix n'eût été abimée “par un refroidissement contracté en ramant sur le canal” (source à préciser).
1891.
Epouse Jacqueline Marthe Gevaert, la fille du musicien François Gevaert (1828-1908), l'illustre directeur du Conservatoire ; les jeunes mariés vont se fixer à Paris.
* Il y vit de 1891 à 1902 et se lance alors dans le journalisme et la critique, sous le nom de Fierens-Gevaert, en hommage à sa femme et à son beau-père.
** Signe des articles de critique dramatique dans le Journal des Débats, la Revue des Deux Mondes, la Gazette des Beaux-Arts, la Revue de Paris, etc..
1897.
Publie son « Essai sur l'art contemporain » (Alcan)
1899.
Publie « La Tristesse contemporaine », un des essais de psychologie littéraire les plus marquants de l'époque.
* Ouvrage couronné par l'Académie des Sciences morales et politiques
1902.
Sa compétence en matière d'art ancien et moderne s'impose bientôt, au point que le Gouvernement belge lui offre la chaire d'Esthétique à l'Université de Liège, et le cours d'histoire de l'art de la Renaissance et des temps modernes, poste vacant suite décès de Camille Renard.
Rentre en Belgique où il s’installe à Bruxelles donnant des leçons hebdomadaires à Liège.
Il est chargé du cours de Philosophie de l'art, et du cours d'Histoire de la musique dès 1906.
1903.
Collabore à la réforme gouvernementale réglementant l'enseignement universitaire de l'histoire de l'art dans le pays. Il en résulte, entre autres, la création à Bruxelles de la Société des cours d'art et d'archéologie, qui deviendra plus tard l'Institut supérieur d'Histoire de l'Art et d'Archéologie de Bruxelles.
Fierens-Gevaert y obtient un poste d'enseignant, en plus de son poste à l'Université de Liège.
1904.
Accepte les fonctions de secrétaire de la Commission des Musées Royaux dont il deviendra le conservateur en chef en 1919.
Ses deux premiers essais sur l'art flamand ont été publiés entre 1905 et 1909 : à La Renaissance septentrionale et les premiers maîtres des Flandres, en 1905, succède Les Primitifs flamands (2 vol., 1908-1909).
1907.
Nommé secrétaire du conseil d'administration des Musées royaux de peinture et de sculpture de Belgique à Bruxelles.
De 1907 à 1926, Fierens-Gevaert assuma la responsabilité de la section belge à la Biennale de Venise.
1910.
Nommé professeur à l'Institut supérieur d'Histoire de l'Art et d'Archéologie nouvellement fondé à l'Université de Liège.
1912.
Participe à la Conférence internationale d'histoire de l'art à Rome.
1914.
Devint membre du conseil d'administration des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Au lendemain de l'armistice, fonde à Bruxelles le Cercle des Amitiés Italiennes ; on y célébrait par des cérémonies appropriées, académiques ou populaires, les anniversaires de Léonard de Vinci, de Raphaël, de Dante, de Canova, etc.
1919-1926. Conservateur en chef des Musées Royaux des Beaux-Arts.
S'attache à réorganiser en profondeur cette institution belge.
- Pour l'enseignement de l'histoire de l'art, il créa un département de documentation, comprenant la bibliothèque, les périodiques et la collection photographique.
- Conçoit le musée comme un lieu dans lequel un public plus large, y compris les jeunes, est invité à apprécier la beauté et à s'initier à l'art. Les premières visites scolaires guidées ont lieu en 1920.
- En 1924, la « Diffusion artistique des Musées Royaux » est fondée, avec pour objectif d'organiser des visites guidées et des conférences.
Certaines de ses expositions sont restées dans les mémoires, en particulier "Van Eyck-Bouts", en 1920, où fut exposé le polyptyque de Gand, de retour en Belgique après le traité de Versailles.
- "L'activité de cet animateur le poussa à se mettre, aussi en dehors de son enseignement, au service de la diffusion artistique. Il multiplia les conférences, les visites guidées, les manifestations artistiques ; il se fit le protagoniste écouté de l'art nouveau, l'organisateur d'expositions d'avant-garde, et ses expositions d'art belge à Venise font époque dans le développement de l'art moderne" (Leo Van Puyvelde in Liber Memorialis, 1867-1935. ULg., édition du Rectorat, 1936)
- "Fierens-Gevaert fut sans doute le seul « officiel » qui aima l'art moderne pour lui-même, et au risque de compromettre sa propre carrière. Son attitude lui valut bien des inimitiés, mais il eut pour lui la jeunesse. Son rôle brillant d'«ambassadeur de l'art belge à l'étranger », en Italie surtout, est à signaler. C'est lui, en effet, qui organisa les expositions biennales à venise où il montre des ensembles importants de Laermans, Jacob Smits, Ensor, Minne, Permeke." (in Grandes figures de la Belgique Indépendante. Brux., Bieleveld, 1934)
1921.
Participe à la Conférence internationale d'histoire de l'art à Paris.
Titres :
Officier de l'Ordre de Léopold ; Commandeur de l'Ordre de la Couronne ; Croix civique de première classe ; Grand officier de la Couronne d'Italie ; Commandeur de la Légion d'Honneur ; Commandeur de l'Ordre de Roumanie ; Commandeur de l'Ordre de François-Joseph d'Autriche.
1926.
(16/12/1926) Meurt subitement dans l'escalier menant à l'atelier du peintre Marcel Caron à qui il rendait visite après son cours à l'Université. Il avait 56 ans.