Charles Leplae (Fierens P.)

Référence bibliographique

Charles Leplae (Fierens P.)

Monographie Français Coll. La Gerbe d'Or n° 1

Informations bibliographiques

Auteur
Fierens Paul
Éditeur
Marion
Lieu d'édition
Bruxelles
Date de publication
1941
Langue
Français
Série
Coll. La Gerbe d'Or n° 1

Type de publication

  • Monographie

Description physique

in 12, 47 ill., 12 p.

Presse

- P. D. in Apollo n° 2. Bruxelles, 1 juin 1941, 21.

Dans une nouvelle collection qui paraît sous la direction de P. Fierens et L. Haesaerts, M. Fierens consacre à Charles Leplae une monographie présentée avec élégance et abondamment illustrée (une quarantaine de reproductions en pleine page).

Il s'agit ici d'une première tentative pour situer Leplae dans la sculpture contemporaine, en qui les frères Haesaerts (dans Sélection), Albert Dasnoy dans L'Art et la Vie) et Edgard Leonard (dans Vormen) avaient déjà dé- celé un grand talent.

L'auteur, se plaçant délibérément sur le plan esthétique, s'attache à caractériser la vision et l'évolution du jeune artiste (il n'a pas quarante ans) qui, en sculpteur né, sait penser, voir et sentir par plans et volumes. Il prit conscience de lui-même dans l'ambiance expressionniste et s'affirma d'emblée par originalité, son audace, sa franchise, par un mépris des conventions qui dépassaient même les expériences révolutionnaires d'un Zadkine ou d'un Lipchitz et aspiraient à retrouver le sens de la sculpture dans un assemblage pur et simple de volumes, en dehors de toute prétention à l'imitation.

A cet art évocateur et sincère, il resta fidèle jusqu'au jour où Despiau l'attira dans son atelier et où notre Flamand subit la griserie d'un classicisme nouveau. Leplae retrouve là les lois d'un grand art qui dominait les fluctuations de la mode et devant lequel l'individualisme baissait pavillon sans déchoir.

Mais, personnalité trop forte pour accepter le rôle de disciple ou de suiveur, Leplae, se détachant de Despiau, sans le trahir, va acquérir, dans le cadre du retour à l'humain », un style bien à lui, et le pur classicisme de ses œuvres montre qu'il a définitivement renoncé à tenter de concilier certaines exigences de l'expressionnisme avec celles de son attitude nouvelle : l'observation du concret il s'est élevé non à l'abstraction mais au type. On peut dire qu'actuellement ses héroïnes se distinguent par une beauté qui ne doit rien aux exemples de l'art et qui doit tout aux découvertes personnelles sur quoi l'artiste fonde sa vision. L'esprit du sculpteur, qui est l'ineffable de son moi, sa manière d'envisager les formes, la signification qu'il leur prête, les émotions qu'il en dégage ou leur confie, tout cela prend spontanément l'apparence de ces créatures élues, composées de chair et de muscles, d'âme et de rêve, de réalité et de poésie.

Infos complémentaires

Plus précisément Bruxelles - Paris.