Presse
Compte rendu par Edith Greindl in Apollo n° 3, juil.-août 1941, p.36
En quelques pages seulement, M. Paul Haesaerts a tracé une excellente synthèse de l'œuvre du grand maître belge du siècle dernier. Après avoir situé l'artiste dans son milieu et son temps, l'auteur s'attache à suivre son évolution. Dans celle-ci, trois périodes s'établissent d'elles-mêmes : durant la période de formation, l'ascendant de Leys demeure encore sensible, en même temps que s'affirme une admiration sans cesse grandissante pour l'œuvre de Vermeer de Delft. Durant la seconde période dite « réaliste », l'artiste ouvre sur le monde un regard sensible qui lui fait découvrir la beauté des choses les plus humbles. C'est à ce moment qu'il crée des œuvres magistrales telles que L'Homme à la chaise, et La Maison du Pilote. Vient ensuite la troisième période s'étendant sur les dernières années de sa brève existence; le peintre assouplit son métier et parvient à une facture nettement impressionniste, d'une virtuosité éblouissante. S'adonnant tour à tour au paysage, à la nature morte et à la figuration d'intérieurs, il livre en peu de temps une série d'œuvres dont chacune est significative. Il s'adonne à l'étude des reflets, des jeux d'ombre et de lumière et parvient à une acuité de vision exceptionnelle qui lui fait voir la coloration particulière des objets à travers un ruissellement de lumière. On ne dira jamais assez à quel point ce magicien de la couleur ouvrit la voie à Louis Thévenet, à James Ensor, gloires de la génération suivante.