(Le) POUVOIR
Platon (-428 - -348)
La plupart des hommes au pouvoir deviennent des méchants. (Gorgias)
La démocratie est la dictature de l'ignorance (Platon)
Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là en toute beauté et toute jeunesse le début de la tyrannie (Platon, La République).
Aristote (-384 - -322)
Il est aussi dans l’intérêt de garder son peuple pauvre, pour qu’il ne puisse se protéger par les armes, et qu’il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu’il n’ait pas le temps pour la rébellion.
Jamais l’esclavage n’est aussi bien réussi que quand l’esclave est persuadé que c’est pour son bien (Aristote)
Cicéron Marcus Tullius (-106 - -43)
Plus l’effondrement d’un empire est proche, plus ses lois sont folles.
Nous sommes esclaves des lois pour pouvoir être libres (Cicéron)
Machiavel Nicolas (1469-1527)
Celui qui contrôle la peur des âges devient le maître de leurs âmes.
La Boétie Etienne de (1530-1563)
Mais j’arrive à un point qui est, selon moi, le ressort et le secret de la domination, le soutien et le fondement de la tyrannie. Celui qui vous domine n’a que deux yeux, n’a que deux mains, n’a qu’un corps, et n’a rien de plus que le moindre des hommes du grand nombre, sinon l’avantage que vous lui donnez pour vous détruire. D’où a-t-il pris tant d’yeux pour vous épier, si ce n’est de vous ? Tant de mains pour vous frapper, s’il ne les a empruntées de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, d’où les a-t-il, sinon des vôtres ? Comment a-t-il tant de pouvoir sur vous, sinon par vous-mêmes ? Que pourrait-il, si vous ne lui donniez rien, lui résister.
Le tyran tyrannise grâce à une cascade de tyranneaux, tyrannisés sans doute mais tyrannisant à leur tour. Ce sont eux qui tiennent le peuple en bride, qui l’asservissent, qui l’oppriment, et qui, pour être eux-mêmes soumis au tyran, se font ses complices. Ainsi, par degrés, la servitude se répand : cinq ou six ont l’oreille du tyran, et s’y attachent, puis six cents tiennent ces cinq ou six, et six mille tiennent ces six cents. Et ainsi de suite, toujours en chaîne, jusqu’à ce que tout le peuple soit tenu en servitude.(La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576)
Il y a en l’homme une préférence pour la servitude volontaire, parce que la servitude est confortable et qu’elle rend irresponsable.(La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576)
Il est incroyable de voir comme le peuple, dès qu’il est assujetti, tombe soudain dans un si profond oubli de sa liberté qu’il lui est impossible de se réveiller pour la reconquérir : il sert si bien, et si volontiers, qu’on dirait à le voir qu’il n’a pas seulement perdu sa liberté mais gagné sa servitude (La Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576)
Milton John (1608-1674)
Ceux qui ont crevé les yeux du peuple lui reproche d'être aveugle
Montesquieu (1689-1755)
Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. (L’esprit des lois)
Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice.
Un empire fondé par les armes a besoin de se soutenir par les armes.
L'esprit d'égalité extrême, conduit au despotisme d'un seul.
L'amour de la démocratie est celui de l'égalité (Montesquieu).
Voltaire (1694-1778)
La politique est le moyen pour des hommes sans principes de diriger des hommes sans mémoire.
La politique est le moyen pour des hommes et des femmes sans principes de diriger des hommes et des femmes sans mémoire.
Il y a deux types de voleurs : le voleur ordinaire, c’est celui qui vole votre argent, votre portefeuille, votre montre, etc. Et il y a le voleur politique : celui qui vous vole votre avenir, votre éducation, votre santé, votre sourire.
La grande différence entre ces deux types de voleurs, c’est que le voleur ordinaire vous choisit pour le voler alors que le voleur politique, c’est vous qui le choisissez pour qu’il vous vole.
Et l’autre grande différence, c’est que le voleur ordinaire est traqué par la police, tandis que le voleur politique est le plus souvent protégé par un convoi de police !
Pour savoir qui vous gouverne vraiment, cherchez qui vous n’avez pas le droit de critiquer.
Ceux qui peuvent vous faire croire des absurdités pourront vous faire commettre des atrocités (Voltaire)
Franklin Benjamin (1706-1790)
Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.
Rousseau Jean-Jacques (1712-1778)
Quand un peuple ne défend plus ses libertés et ses droits, il devient mûr pour l’esclavage.
Diderot Denis (1713-1784)
Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d'en jouir aussitôt qu'il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c'est la puissance paternelle ; mais la puissance paternelle a ses bornes, et dans l'état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d'une autre origine que de la nature. Qu'on examine bien, et on la fera toujours remonter à l'une de ces deux sources : ou la force et la violence de celui qui s'en est emparé, ou le consentement de ceux qui s'y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux, et celui à qui ils ont déféré l'autorité (Œuvres de Denis Diderot, Éditions Brière, 1821, vol. 1)
Kant Emmanuel (1724-1804)
La possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison.
Chamfort (Sébastien Roch Nicolas dit) (1740-1794)
Sans le gouvernement, on ne dirait plus en France.
Marat Jean-Paul (1743-1793)
Pour soumettre les hommes, on travaille d'abord à les aveugler
Persuadé d'ailleurs combien il est commode de régner sur un peuple abruti, ils s'efforcent de le rendre tel. Que d'obstacles n'opposent-ils pas aux progrès des lumières ? (...); d'autres empêchent le peuple de réfléchir, en l'amusant continuellement par des parades, des spectacles, des fêtes, ou en le livrant aux fureurs du jeu : tous s'élèvent contre les sages qui consacrent leur voix et leur plume à défendre la cause de la liberté. (Les Chaînes de l'esclavage, 1774).
de Maistre Joseph (1753-1821)
Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite.
Robespierre Maximilien (1758-1794)
Le secret de la liberté est d’éclairer les hommes, comme celui de la tyrannie est de les retenir dans l’ignorance
Von Schiller Friedrich (1759-1805
Les grands arrêteront de dominer quand les petits arrêteront de ramper.
Stendhal (= Henri Beyle) (1783-1842)
Les peuples n’ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur.
Shelley Percy Byssche (1792-1822)
Le pouvoir, telle une ravageuse pestilence, pollue tout ce qu'il touche. (La Reine Mab)
Balzac Honoré de (1799-1850)
La possession du pouvoir, quelque immense qu'il put être, ne donne pas la science de s'en servir.
Tout pouvoir est une conspiration permanente. (Balzac)
Hugo Victor (1802-1885)
Quand la dictature est un fait, la révolution est un droit.
Lincoln Abraham (1809-1865).
Le pouvoir ne doit pas faire ce dont les citoyens sont capables.
Proudhon Pierre-Joseph (1809-1865)
Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni le titre, ni la science, ni la vertu... (Idée générale de la Révolution au 19e siècle, Pierre-Joseph Proudhon, éd. Garnier frères, 1851, chap. Épilogue, p. 341)
Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle une Assemblée nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent (Les Confessions d’un révolutionnaire pour servir à l’histoire de la Révolution de Février, 1849).
Engels Friedrich (1820-1895)
Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre.
Sardou Victorien (1831-1908)
Si vous me refusez le pouvoir absolu, comment diable voulez-vous que je fonde la liberté ?
Lord Acton (Dalberg John Emerich), 1834-1902.
Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument.
Twain Mark (1835-1910)
Il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu’ils ont été trompés.
Parfois, je me demande si le monde est dirigé par des gens intelligents qui nous trompent ou par des crétins qui se prennent au sérieux.
Clémenceau Georges (1841-1929)
Gouverner, c'est tendre jusqu'à casser, tous les ressorts du pouvoir. (La Mêlée sociale)
Le Bon Gustave (1841-1931)
Les foules n’ont jamais eu soif de vérité. Devant les évidences qui leur déplaisent, elles se détournent, préférant l’erreur i l’erreur les séduit. Qui sait les illusionner est aisément leur maître ; qui tente de las désillusionner est toujours leur victime (in Psychologie des foules)
Kropotkine Pierre (1842-1921)
Les libertés ne se donnent pas, elles se prennent
La compétition est la loi de la jungle mais la compétition est la loi de la civilisation.
Ne se courber devant aucune autorité, si respectée qu’elle soit ; n’accepter aucun principe, tant qu’il n’est pas établi par la raison. (Kropotkine P.)
Nietzsche Frédéric (1844-1900)
L’Etat est le plus froid de tous les monstres. Il ment froidement et le mensonge qui s’échappe de sa bouche : « Moi, l’Etat, je suis le Peuple ».
La volonté d'un système est un manque d'intégrité. (Nietzsche, Crépuscule des idoles)
France Anatole (1844-1924)
Après s’être soustraite à l’autorité des rois et des empereurs, après avoir proclamé trois fois sa liberté, la France s’est soumise à des compagnies financières qui disposent des richesses du pays et, par le moyen d’une presse achetée, dirigent l’opinion. (1908)
Jaurès Jean (1859-1914)
La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne veut pas faire la loi.
Je ne plierai pas, je ne m’en irai pas en silence. Je ne me soumettrai pas.
Je ne me retournerai pas. Je ne me conformerai pas. Je ne me coucherai pas. Je ne me tairai pas.
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; ce n’est pas subir la loi du mensonge triomphant. (Jean Jaurès)
Steiner Rudolf (1861-1925)
Il ne faudra pas attendre longtemps après l’n 2000 pour que le monde ait à vivre des choses étranges. La plus grande partie de l’humanité sera sous l’influence de l’Ouest. On verra apparaître, venant d’Amérique, une sorte d’interdiction de penser, non pas directe mais indirecte, une loi qui aura pour but de réprimer toute pensée individuelle. On assistera à une nouvelle forme d’oppression généralisée de la pensée 4 avril 1916)
Alain (Emile-Auguste Chartier, 1868-1951)
Tout pouvoir est triste.
Tout pouvoir sans contrôle rend fou. (Alain)
Goldman Emma (1869-1940)
La civilisation est le résultat continuel de l’individu ou des groupements d’individus contre l’Etat et même – contre la société, c’est-à-dire contre la majorité hypnotisée par l’Etat et soumise à son culte.
Gandhi (1869-1948)
La désobéissance civile devient un devoir sacré quand l’Etat devient hors-la-loi ou corrompu.
Le jour où le pouvoir de l’amour dépassera l’amour du pouvoir, le monde connaitra la paix.
Un individu conscient et debout est plus dangereux pour le pouvoir que dix mille individus endormis et soumis.
La vraie démocratie ne viendra pas de la prise de pouvoir par quelques-uns mais du pouvoir de tous de s’opposer aux abus de pouvoir. (Gandhi)
Valéry Paul (1871-1945).
Le pouvoir sans abus perd le charme.
Il n'est rien qui me surprenne et me scandalise comme de voir des hommes désirer et rechercher furieusement le pouvoir, quand on ne devrait le prendre qu'avec terreur, et comme un fardeau incommensurable aux forces humaines.
Si l’Etat est fort, il nous écrase.
S’il est faible, nous périssons.
La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde (Valéry Paul).
Russell Bertrand (1872-1970)
La peur collective favorise l’instinct grégaire et la cruauté envers ceux qui n’appartiennent pas au troupeau.
Churchill Winston (1874-1965)
La démocratie est le pire système de gouvernement, à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire.
Le vice inhérent au capitalisme consiste en une répartition inégale des richesses.
La vertu inhérente au socialisme consiste en une égale répartition de la misère (Winston Churchill)
Mann Thomas (1875-1955)
Mais qu’était-ce donc que l’humanisme ?
Rien de moins que l’amour de l’homme et, par conséquent, c’était aussi une politique, une rébellion contre tout ce qui souille l’idée de l’homme et l’avilit.
Einstein Albert (1876-1955)
L’Etat est notre serviteur, et nous ne devons pas en être les esclaves.
Kafka Frank (1883-1924)
Un idiot est un idiot ; deux idiots sont deux idiots. Deux mille idiots sont un parti politique.
Bernanos Georges (1888-1948)
Je pense depuis longtemps déjà que, si un jour, les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction, et moins encore, bien entendu, l’indignation qu’éveille la cruauté, ni même les représailles de la vengeance qu’elle s’attire, mais la docilité, l’absence de responsabilité de l’homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public.
Hitler Adolphe (1889-1945)
La meilleure façon de contrôler un peuple et de le contrôler complètement, c’est de lui retirer un peu de liberté à la fois, pour rogner ses droits par des milliers de réductions minuscules et presque imperceptibles. De cette façon, les gens ne verront pas qu’on leur retire ces droits et ces libertés jusqu’au point où ces changements ne pourront plus être inversés. (Mein Kampf / Mon Combat)
Chaplin Charlie (1889-1977)
Le pouvoir est utile seulement quand vous voulez faire quelque chose de dangereux sinon l’amour suffit à faire tout le reste.
Le pouvoir ne sert que si vous voulez faire quelque chose de négatif.
Sinon l’amour est suffisant pour tout le reste. (Einstein)
Christie Agathe (1890-1976)
Un peuple de moutons finit par engendre un gouvernement de loup.
Gramsci Antonio (1891-1937).
Ne renoncez jamais à expliquer votre point de vue, même s'il vous semble qu'il y a un mur de l'autre côté.
Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à venir et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.
Goering Herman (1893-1946)
Il y a 75 ans on a demandé à Hermann Göring, lors du procès de Nuremberg, comment les Allemands avaient pu accepter tout cela.
Il a répondu :
«C'est très facile et ça n'a rien à voir avec le nazisme ; cela a à voir avec la nature humaine.
Vous pouvez le faire dans un régime nazi, socialiste, communiste, dans une monarchie ou une démocratie : la seule chose dont un gouvernement a besoin pour transformer les gens en esclaves est la peur.
Si vous pouvez trouver quelque chose pour les effrayer vous pouvez leur faire faire tout ce que vous voulez. »
Huxley Aldous (1894-1963)
La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude ...
Seule la répétition constante réussira finalement à graver une idée dans la mémoire d'une foule. La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter.
La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter.
Les gens finiront par aimer leur propre oppression et par adorer les technologies qui détruisent leur capacité à penser.
La victime de la manipulation ignore qu’elle est une victime.
Les murs de sa prison lui sont invisibles, et elle se croit libre. (Aldous Huxley)
Montherlant Henry Millon de (1895-1972)
Il n'y a pas le pouvoir, il y a l'abus de pouvoir, rien d'autre.
Il est parfois moins admirable d'user de son pouvoir que de se retenir d'en user (La reine morte, 1942)
Un homme à qui le pouvoir monte à la tête est toujours ridicule (Le cardinal d'Espagne, 1960)
Le fascisme ça commence avec les fous, ça se réalise grâce aux salauds et ça continue à cause des cons.
Quand la bêtise gouverne, l’intelligence est un délit (Montherlant)
Durruti Buenaventura, syndicaliste révolutionnaire anarchiste (1896-1936)
Quand la bourgeoisie voit que le pouvoir lui glisse des mains, elle demande de l'aide au fascisme pour maintenir ses privilèges.
Durruti Buenventura (1896-1936)
"Aucun gouvernement ne combat le fascisme pour le détruire. Lorsque la bourgeoisie voit que le pouvoir lui échappe, elle demande au fascisme de l'aider à maintenir ses privilèges ... . Il n'y a que deux voies, la victoire pour la classe ouvrière, qui est la liberté, ou la victoire pour les fascistes, qui signifie la tyrannie. Les deux combattants savent ce qui attend le perdant.
Goebbels Joseph (1897-1945)
Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos idées, nous voulons réduire le vocabulaire de telle façon qu’ils ne puissent plus exprimer que nos idées.
Brecht Berthold (1898-1956)
Comment dire la vérité sur le fascisme, dont on se déclare l’adversaire, si l’on ne veut rien dire contre le capitalisme, qui l’engendre ?
Saint-Exupéry Antoine de (1900-1944)
Une démocratie doit être une fraternité. Sinon, c’est une imposture.
Fromm Erich (1900-1980)
Notre capacité de douter, de critiquer et de désobéir est sans doute le seul moyen d’éviter la fin de la civilisation et d’assumer l’avenir de l’humanité (De la désobéissance et autres essais, 1982)
Malraux André (1901-1976)
Le pouvoir doit se définir par la possibilité d’en abuser (La Voie royale)
Mead Margaret (1901-1978)
Ne dépendez jamais des institutions ou du gouvernement pour résoudre n'importe quel problème. Tous les mouvements sociaux sont fondés guidés, motivés et vus à travers la passion des individus.
Ne doutez jamais qu'un petit nombre de citoyens volontaires et réfléchis peut changer le monde ; en fait, cela se passe toujours ainsi. (Margaret Mead)
Steinbeck John (1902-1968)
Lorsque notre nourriture, nos vêtements, nos toits ne seront plus que le fruit exclusif de la production standardisée, ce sera le tour de notre pensée. Toute idée non conforme au gabarit devra être éliminé.
Anders Günther (1902-1992)
« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.
L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.
En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.
L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels. » (L’Obsolescence de l’homme, 1956)
On diffusera, via la télévision, des divertissements abrutissants, flattant toujours l'émotionnel, l'instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile. Avec un bavardage et une musique incessante, pour empêcher l'esprit de s'interroger, penser, réfléchir. (Anders Gunther)
Popper Karl (1902-1994)
Ceux qui nous promettent le paradis sur terre n’ont jamais produit autre chose que l’enfer.
Orwell George (1903-1950)
A une époque de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire.
Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante.
La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance (1984)
La dictature peut s’installer sans bruit (1984)
La dictature parfaite aura l'apparence de la démocratie, une prison sans murs dans laquelle les prisonniers ne rêveront jamais de fuir. Un système d'esclavage où, grâce à la consommation et au plaisir, les esclaves vont adorer leur esclavage
Un état totalitaire vraiment efficient serait celui dans lequel le tout-puissant comité exécutif des chefs politiques et leur armée de directeurs aurait la haute main sur une population d'esclaves qu'il serait inutile de contraindre, parce qu'ils auraient l'amour de leur servitude. La leur faire aimer - telle est la tâche assignée dans les Etats totalitaires d'aujourd'hui aux ministères de la propagande, aux rédacteurs en chef des journaux et aux maitres d'école. (Le Meilleur des Mondes)
Si tous, en effet, jouissaient de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d'êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s'instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s'apercevrait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n'a aucune raison d'être, et la balaierait. En résumé, une société hiérarchisée n'était possible que sur la base de la pauvreté et de l'ignorance. (1984)
Si les gens ne savent pas bien écrire, ils ne sauront pas bien penser, et s’ils ne savent pas bien penser, d’autres penseront à leur place.
Le crime de penser n'entraîne pas la mort. Le crime de penser est la mort. (1984)
Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. (1984)
Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice.
Le commandement des anciens despotismes était " tu ne dois pas" Le commandement des totalitaires était " tu dois". Notre commandement est" tu es". (1984)
Le langage politique de notre époque consiste presque exclusivement en des phrases préfabriquées vissées les unes aux autres comme les pièces d’un jeu de Meccano d’enfant. C’est le résultat inévitable de l’autocensure. Pour écrire dans une langue simple et pleine de vigueur, il faut penser sans peur et si l’on pense sans peur on ne peut pas être dans l’orthodoxie politique.
Le discours politique est destiné à donner au mensonge l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air.
Personne ne s'empare du pouvoir dans l'intention d'y renoncer un jour. Le pouvoir n'est pas un moyen, c'est une fin.
Le pouvoir n'est pas un moyen, il est une fin. On n'établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution. La torture a pour objet la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir. (1984)
On n'établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. (1984)
Qui commande le passé, commande l'avenir,
Qui commande le présent, commande le passé. (1984)
Le plus effrayant dans le totalitarisme n'est pas qu'il commette des "atrocités", mais qu'il détruise la notion même de vérité objective : il prétend contrôler le passé aussi bien que l'avenir. (1984)
Sans doute est-il possible d'établir la vérité, mais la plupart des journaux présentent les faits de façon si malhonnête que l'on peut pardonner au lecteur moyen de se laisser berner ou de ne pas parvenir à se former une opinion. Cette incertitude générale quant à la réalité des faits favorise le désir de se cramponner à des convictions irrationnelles. Rien n'étant jamais ni avéré ni démenti de façon indiscutable, on peut tout aussi bien nier avec impudence le fait le plus évident. (Essais, articles, lettres Volume 3)
On sait, en effet, que la propagande totalitaire n’a pas besoin de convaincre pour réussir et même que ce n’est pas là son but. Le but de la propagande est de produire le découragement des esprits, de persuader chacun de son impuissance à rétablir la vérité autour de soi et de l’inutilité de toute tentative de s’opposer à la diffusion du mensonge. Le but de la propagande est d’obtenir des individus qu’ils renoncent à la contredire, qu’ils n’y songent même plus. Cet intéressant résultat, l’abasourdissement médiatique l’obtient très naturellement par le moyen de ses mensonges incohérents, péremptoires et changeants, de ses révélations fracassantes et sans suite, de sa confusion bruyante de tous les instants. Cependant, si chacun, là où il se trouve, avec ses moyens et en temps utile, s’appliquait à faire valoir les droits de la vérité en dénonçant ce qu’il sait être une falsification, sans doute l’air du temps serait-il un peu plus respirable.
Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n'y aura plus de mots pour l'exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. Déjà, dans la onzième édition, nous ne sommes pas loin de ce résultat. Mais le processus continuera encore longtemps après que vous et moi nous serons morts. Chaque année, de moins en moins de mots, et le champ de la conscience de plus en plus restreint. Il n'y a plus, dès maintenant, c'est certain, d'excuse ou de raison au crime par la pensée. C'est simplement une question de discipline personnelle, de maîtrise de soi-même. Mais même cette discipline sera inutile en fin de compte. La révolution sera complète quand le langage sera parfait. Le novlangue c'est l'angsoc et l'angsoc est le novlangue, ajouta-t-il avec une sorte de satisfaction mystique. (1984)
... la « liberté de la presse » consiste à permettre à quelques millionnaires de contraindre plusieurs centaines de journalistes à falsifier leurs opinions. (1984)
Le passé était raturé, la rature oubliée et le mensonge devenait vérité. (1984)
Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu’elles sont opprimées.
Aussi longtemps qu’elles n’ont pas d’élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu’elles sont opprimées.
De la part des prolétaires, rien à craindre ; livrés à eux-mêmes, ils vont continuer de génération en génération et de siècle en siècle à travailler, se reproduire et mourir non seulement sans la moindre velléité de rébellion, mais sans même entrevoir que le monde pourrait être tout autre. Ils ne deviendraient dangereux que dans le cas où les avancées technologiques exigeraient qu'ils aient un niveau d'instruction supérieur ; mais puisque les rivalité militaires et commerciales n'ont plus d'importance, le niveau d'instruction du peuple baisse, au contraire. Les opinions, qu'il se fait ou ne se fait pas, sont considérées comme nulles et non avenues. On peut lui accorder la liberté intellectuelle puisqu'il n'a pas d'intellect. On peut leur accorder la liberté intellectuelle, puisqu'ils n'ont plus d'intellect. (1984)
Ainsi, à travers l’histoire, une lutte qui est la même dans ses lignes principales se répète sans arrêt. Pendant de longues périodes, la classe supérieure semble être solidement au pouvoir. Mais tôt ou tard, il arrive toujours un moment où elle perd, ou sa foi en elle-même, ou son aptitude à gouverner efficacement, ou les deux. Elle est alors renversée par la classe moyenne qui enrôle à ses côtés la classe inférieure en lui faisant croire qu’elle lutte pour la liberté et la justice.
Sitôt qu’elle a atteint son objectif, la classe moyenne rejette la classe inférieure dans son ancienne servitude et devient elle-même supérieure. Un nouveau groupe moyen se détache alors de l’un des autres groupes, ou des deux, et la lutte recommence. (1984)
Si le Parti peut manipuler le passé et décider que tel ou tel événement n'a pas eu lieu, cette idée est assurément bien plus terrifiante encore que celle de la torture ou de la mort à venir. […]
Et si tous les autres acceptent le mensonge imposé par le Parti, si tous les récits concordent avec lui, ce même mensonge passe dans l'histoire et devient vérité. « Qui contrôle le passé contrôle l'avenir », clame un slogan du Parti, « et qui contrôle le présent contrôle le passé. (1984)
Dans notre société, ceux qui sont le mieux éclairés sur l'événement sont aussi ceux qui sont le plus éloignés de voir le monde tel qu'il est. En général, mieux on comprend, plus on se leurre, plus on est intelligent, moins on raisonne sainement. On en trouvera une illustration sans équivoque dans le fait que l'hystérie guerrière augmente avec le niveau social. Ceux qui ont l'attitude la plus sensée vis-à-vis de la guerre sont les peuples-sujets des territoires disputés. Ils la tiennent pour une calamité continuelle qui roule sur leur corps dans son flot à la manière d'une lame de fond. L'identité du vainqueur leur indiffère totalement. Ils ont conscience que le changement de seigneur signifie simplement qu'ils vont continuer à assurer les mêmes tâches pour de nouveaux maîtres qui les traiteront comme les anciens. (1984)
Le travail physique épuisant, le souci de la maison et des enfants, les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et, surtout le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leur esprit. Les garder sous contrôle n'était pas difficile. (1984)
Les films, le football, la bière et surtout le jeu formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile.
Le langage politique est destiné à rendre vraisemblable les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que du vent.
Il n’est pas possible pour un individu conscient de vivre dans une société telle que la nôtre sans vouloir la changer.
La morale, selon moi, est que les révolutions n’engendrent une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes et savent comment virer leurs chefs.”
Une société devient totalitaire quand sa structure devient visiblement artificielle : c’est-à-dire quand la classe dirigeante a perdu sa fonction mais réussit à s’accrocher au pouvoir par la force ou la tricherie. (Pourquoi j’écris et autres textes politiques)
C’est affreux que des gens aussi ignorants aient autant d’influence (Orwell)
Arendt Hannah (1906-1974)
Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple vous pouvez faire ce que vous voulez.
La liberté d'opinion est une farce si l'information sur les faits n'est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l'objet du débat.
Le pouvoir totalitaire s'installe quand la réalité disparaît, quand la frontière entre la fiction et le réel est effacée.
Pour tenter d’instaurer son pouvoir absolu, le régime en place inonde d’informations contradictoires la population jusqu’à ce que plus personne ne soit en mesure de savoir où se trouve la vérité3
Pour s’implanter le Totalitarisme a besoin d’individus isolés et déculturés, déracinés des rapports sociaux organiques, atomisés socialement et poussés à un égoïsme extrême
La mort de l’empathie est l’un des premiers signes, et le plus révélateur, d’une culture sur le point de sombrer dans la barbarie. (Arendt Hannah)
Weil Simone (1909-1943)
Les opprimés en révolte n’ont jamais réussi à fonder une société non oppressive.
La politique m’apparaît comme une sinistre rigolade. (Œuvres, 1999, éditions Gallimard (posthumes))
Le mot de révolution est un mot pour lequel on tue, pour lequel on meurt, pour lequel on envoie les masses populaires à la mort, mais qui n’a aucun contenu (Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale, 1934)
On pense aujourd’hui à la révolution, non comme à une solution des problèmes posés par l’actualité, mais comme à un miracle dispensant de résoudre les problèmes (Oppression et liberté).
Rien au monde ne peut empêcher l’homme de se sentir né pour la liberté. Jamais, quoi qu’il advienne, il ne peut accepter la servitude ; car il pense (Weil Simone) »
Barrault Jean-Louis (1910-1994)
La dictature, c'est "ferme ta gueule" ; la démocratie, c'est "cause toujours".
Camus Albert (1913-1960)
Chaque fois que j'entends un discours politique ou que je lis ceux de nos dirigeants, je suis horrifié de n'avoir, pendant des années, rien entendu qui ait semblé humain. Ce sont toujours les mêmes mots qui racontent les mêmes mensonges. Et le fait que les hommes acceptent cela, que la colère du peuple n'ait pas détruit ces clowns creux, me paraît la preuve que les hommes n'accordent aucune importance à la manière dont ils sont gouvernés ; qu'ils jouent - oui, jouent - avec toute une partie de leur vie et leurs soi-disant "intérêts vitaux". (Carnets, 1937)
Aujourd’hui où tous les partis ont trahi, où la politique a tout dégradé, il ne reste à l’homme que la conscience de sa solitude et de sa foi dans les valeurs humaines et individuelles (Alger Républicain, 1939)
La Terreur est l’hommage que des haineux solitaires finissent par rendre à la fraternité des hommes (L’homme révolté, 1951)
Le bien-être du peuple en particulier a toujours été l’alibi des tyrans.
Quelle que soit la cause que l’on défende, elle subira un déshonneur permanent si l’on recourt à des attaques aveugles contre des foules d’innocents.
Je ne suis pas fait pour la politique parce que je suis incapable de vouloir ou d’accepter la mort de l’adversaire.
Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté, ou celui qui veut t'enlever ta liberté pour assurer ton pain ?
La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité mais la protection de la minorité.
Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais ce n’est pas pour prendre de ses nouvelles.
Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.
Toutes les révolutions modernes ont abouti à un renforcement de l’Etat. (L’Homme révolté).
Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude.
La révolution n’a jamais aboli les privilèges, elle a changé les privilégiés.
Toute révolution se termine pour devenir l’institution qu’elle a renversée (in L’homme révolté)
La révolte est le mouvement par lequel un être se refuse à être traité en chose et se constitue en sujet (in L’homme révolté)
L’idée de révolution ne retrouvera sa grandeur et son efficacité qu’à partir du moment où elle mettra au centre de son élan la passion irréductible de la liberté.(Camus, 4 juin 1955)
De médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui nous détruire mais ne savent plus nous convaincre. (Camus. Extrait de son discours lors de la réception du Prix Nobel)
Ferré Leo (1916-1993)
Le problème, ce n’est p s forcément la gauche et la droite, c’est le pouvoir. Le pouvoir, c’est un métier, un virus. Le mot le plus horrible que je connais, celui que je hais le plus, c’est le mot pouvoir. Les gens du pouvoir ne songent qu’à ça. Ils se régalent, ils oublient les idées, les idéaux Le désordre, c’est l’ordre moins le pouvoir (1973)
Je ne suis pas un militant. L’anarchie ne doit pas être organisée (Ferré Leo)
Giroud Françoise (1916-2003)
Tout se passe comme si chacun sentait vaguement que le pouvoir n'a plus de pouvoir. (Gais-z-et-contents)
Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom. Il rampe et flotte et quand il montre le bout de son nez, on dit : c’est lui ? Vous croyez. Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser (Françoise Giroud).
Soljenitsyne Alexandre (1918-2008)
Nous savons qu’ils mentent.
Ils savent qu’ils mentent.
Ils savent que nous savons qu’ils mentent.
Nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent.
Et, pourtant, ils persistent à mentir
Dans notre pays, le mensonge est devenu non seulement une catégorie morale, mais aussi un pilier de l’Etat.
Je n’ai pas la force, tout petit individu que je suis, de m’opposer à l’énorme machine totalitaire du mensonge, mais je peux au moins faire en sorte de ne pas être un point de passage du mensonge.
Les gens maléfiques se soutiennent toujours les uns les autres ; c'est leur principale force. (Alexandre Soljenitsyne)
Druon Maurice (1918-2009)
Le fractionnement du pouvoir est la plus sûre manière d'en empêcher l'abus. (Le pouvoir)
On ne rencontre guère, pour se déclarer satisfaits du pouvoir, que ceux qui y participent. (Le pouvoir)
Lessing Doris (1919-2013)
Dans ce que nous appelons le monde libre, la tyrannie mentale la plus puissante est celle du politiquement correct, qui est à la fois omniprésent et aussi invisible qu'un gaz toxique car son influence s'exerce souvent loin de sa source et prend l'aspect d'une intolérance généralisée......nous ne supportons pas d'être libres. L'humanité aime ses chaînes et se hâte d'en forger de nouvelles si les anciennes sont détruites. L'ennui, c'est que les gens ayant besoin de carcans, de dogmes, d'idéologies, sont toujours les plus stupides. Le politiquement correct exclut donc mécaniquement les individus intelligents et créatifs. (Le temps mord).
Bukowski Charles (1920-1994)
L’esclavage n’a jamais été aboli, il a seulement été élargi pour y inclure tout le monde.
Pauwels Louis (1920-1997)
L’homme de qualité exige tout de soi. C’est un souverain.
L’homme sans qualité exige tout des autres. C’est un despote.
Brassens Georges (1921-1981)
La seule révolution possible, c’est d’essayer de s’améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde ira mieux alors.
Kerouac Jack (1922-1969)
Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent.
Zinn Howard (1922-2010)
Historiquement, les choses les plus terribles, guerres, génocides et esclavages, ne sont pas issues de la désobéissance, mais de l’obéissance.
Kissinger Henry (1923- ), ancien secrétaire d’état aux USA
Le pouvoir est l’aphrodisique suprême.
Tournier Michel (1924-2016)
Je sais maintenant pourquoi le pouvoir absolu du tyran finit toujours par le rendre absolument fou. C'est parce qu'il ne sait qu'en faire. (Le Roi des Aulnes, p. 366.)
Rien de tel pour percer l'âme d'un homme que de l'imaginer revêtu d'un pouvoir absolu grâce auquel il peut imposer sa volonté sans obstacle. (Vendredi ou les limbes du Pacifique, p. 8, Folio no 959)
Malcolm X (1925-assassiné en 1965)
Si vous n’êtes pas vigilants, les journaux arriveront à vous faire détester les opprimés et aimer ceux qui les oppriment.
Les médias sont les entités les plus puissantes sur terre, ils ont le pouvoir de rendre les innocents coupables et de faire des coupables des innocents et c’est ça le pouvoir parce qu’ls contrôlent l’esprit des masses. (Malcolm X)
Deleuze Gilles (1925-1995)
LE NOUVEAU FASCISME
Le vieux fascisme si actuel et puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore […]. Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de microfascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma.
Jacquard Albert (1925-2013)
Le système ne choisit pas les meilleurs, il choisit les plus conformes, c’est dangereux.
Castro Fidel (1926-2016)
Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés ; avec le pouvoir, ils survivent rarement
Badinter Robert (1928-2024)
Le fascisme ne se lève pas dans les pays développés comme la tempête en une nuit. Il est d’abord rampant, dissimulé, ordinaire. Il progresse par les mille voies de la haine avivée par les difficultés économiques. Il s’empare des cœurs avant de pervertir les esprits et de prendre le pouvoir.
Chomsky Noam (1928- )
Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu'ils peuvent provoquer des changements.
- Liste des dix stratégies de manipulation de masses.
La stratégie de la distraction.
Créer des problèmes puis offrir des solutions.
La stratégie de la dégradation.
La stratégie du différé.
S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge.
Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion.
Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise.
Encourager le public à se complaire dans la médiocrité.
Remplacer la révolte par la culpabilité.
Connaître les individus mieux qu’il ne se connaissent eux-mêmes.
Créer des problèmes, puis offrir des solutions.
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple, laisser se développer la violence urbaine ou organiser des attentats sanglants afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique, pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.
Tant que le peuple en général est passif, apathique, diverti par le consumérisme ou la haine des plus vulnérables, les puissants pourront faire ce qu’ils veulent. Les survivants seront laissés là à contempler le résultat (Chomsky)
Baudrillard Jean (1929-2007).
Le pouvoir n'existe plus que comme un simulacre. (Oublier Foucault)
Kundera Milan (1929-2023)
La première étape pour liquider un peuple est d'effacer sa mémoire. Détruisez ses livres, sa culture, son histoire. Puis faites écrire de nouveaux livres, fabriquer une nouvelle culture, inventer une nouvelle histoire. D'ici peu, cette nation commencera à oublier ce qu'elle est et ce qu'elle était...
La lutte de l'homme contre le pouvoir est la lutte de la mémoire contre l'oubli. (Le Livre du rire et de l'oubli)
La lutte de l’homme contre le pouvoir, c’est la lutte de la mémoire contre l’oubli (Kundera)
Rocard Michel, ministre français (1930-2016)
La dette est une construction artificielle créée par les banques avec le consentement des états pour dépouiller les peuples et en faire des esclaves à leur solde ? Les gouvernements sont au courant et ils laissent faire ! Honte à eux !
Tutu Desmond (1931-2021)
Rester neutre face à l’injustice, c’est choisir le camp de l’oppresseur.
Eco Umberto (1932-2016)
Les 14 signaux pour reconnaître le Fascisme selon Umberto Eco.
1. Le culte de la tradition
2. Le rejet du modernisme
3 Le culte de l’action
4 Le rejet de l’esprit critique
5 Le rejet de la différence et de la diversité
6 L’exploitation de la frustration
7 L’obsession du complet
8 L’humiliation par la richesse de l’ennemi
9. La vie comme une guerre permanente
10 L’élitisme et le mépris des faibles
11 Le culte de l’héroïsme
12 Le mépris et le contrôle des femmes et des personnes LGBTQIA+
13 Le peuple perçu comme une entité exprimant une volonté& commune
14 L’usage d’un lexique pauvre
Deshusses Jérôme (1941- )
Depuis que l'homme existe, l'idéal n'a pas plus de pouvoir que le pouvoir n'a d'idéal. (Délivrez Prométhée)
Hendrix Jimi (1942-1970)
Lorsque le pouvoir de l’amour vaincra l’amour du pouvoir, le monde connaître la paix.
Marley Bob (1945-1981)
La seule fois où les politiciens disent la vérité, c’est quand ils se traitent entre eux de menteurs.
Ferry Luc (1951- )
Pire qu'un pouvoir occulte, nous découvrons avec la mondialisation une pure absence de pouvoir. (Penser le changement)
Assange Julian (1971- )
Ce n'est pas à l'état de savoir tout de ses citoyens, mais aux citoyens de savoir tout de l'état.